Zongorã est le nom de la guitare dans les villages du nord de la Transylvanie (Maramures, l’Oas). Il parait que l’instrument, qui (probablement) existe dans la musique « savante » de la protipendade locale depuis plusieurs centaines d’années, pénètre dans la musique paysanne vers la fin du siècle dernier. Béla Bartók, au cours de ses enquêtes de terrain de 1913, le « découvre » en Maramures et signale le fait qu’il n’a que deux cordes, placées à une distance de quinte juste (ré - la).

Depuis lors, la guitare-zongorã multiplie le nombre de ses cordes : maintenant elle en a quatre, accordées en accord majeur (ré - fa# - la ou la - do# - mi), signe que les gens du pays rapportent déjà résolument leur musique à la tonalité « classique » . Vers les années 60, elle devient aussi l’instrument d’accompagnement de l’Oas voisin.

La zongorã est maniée par des musiciens modérément doués, qui ne doivent pas sa Pour en lire plus
Zongorã est le nom de la guitare dans les villages du nord de la Transylvanie (Maramures, l’Oas). Il parait que l’instrument, qui (probablement) existe dans la musique « savante » de la protipendade locale depuis plusieurs centaines d’années, pénètre dans la musique paysanne vers la fin du siècle dernier. Béla Bartók, au cours de ses enquêtes de terrain de 1913, le « découvre » en Maramures et signale le fait qu’il n’a que deux cordes, placées à une distance de quinte juste (ré - la).

Depuis lors, la guitare-zongorã multiplie le nombre de ses cordes : maintenant elle en a quatre, accordées en accord majeur (ré - fa# - la ou la - do# - mi), signe que les gens du pays rapportent déjà résolument leur musique à la tonalité « classique » . Vers les années 60, elle devient aussi l’instrument d’accompagnement de l’Oas voisin.

La zongorã est maniée par des musiciens modérément doués, qui ne doivent pas savoir autre chose que de frapper ses cordes (avec un plectre en bois ou en matière plastique) dans un rythme régulier - celui imposé par la mélodie - et de changer de temps en temps l’accord, en déplaçant l’index de la main gauche sur toutes les cordes à la fois. Les musiciens (zongoras) achètent l’instrument dans les magasins, en remplacent les cordes et l’utilisent dans une position inhabituelle : avec l’éclise appuyée contre leur flanc gauche (ou droit s’il est gaucher comme le musicien apparaissant sur la photo), la face de l’instrument plus ou moins tournée vers le visage. Les zongoras sont souvent des chanteurs : ils interprètent des chansons lyriques, les chants de bãut (à boire), les dant et les criées pour les mélodies de danse ( Bãrbãtescul et Învârtita en Maramures, Dantul et Roata en Oas).

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Zongorã (la guitare préparée de Maramures)

La zongorã (la guitare préparée de Maramures)

L'instrument n'existe pas dans les collections du Musée ; il a été prêté par un collectionneur privé.

Musée du paysan roumain, Roumanie

Bois, plastique, cordes métalliques
94 cm x 34 cm, H : 8 cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


La zongorã (la guitare préparée de Maramures)

L'instrument n'existe pas dans les collections du Musée ; il a été prêté par un collectionneur privé

Musée du paysan roumain, Roumanie

Bois, plastique, cordes métalliques
94 cm x 34 cm, H : 8 cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


Selon quelques historiens, la guitare pénètre dans les territoires roumains au cours du XVIe siècle. Elle est tout d’abord l’instrument musical des élites : il n’y a que 150 ans, il était encore bien vu pour les demoiselles bien éduquées d’apprendre à jouer un peu, pour pouvoir divertir les invités de la famille. Dans la même période, la guitare, adoptée par les musiciens des petits ensembles traditionnels d’Olténie (dans le Sud) et de Maramures (extrémité Nord-Ouest du pays), devient « populaire ». En Olténie, elle remplace le luth local appelé cobzã. En Maramures, où elle n’a pas l’air de remplacer aucun instrument antérieur, la guitare prend le nom de zongorã. Ce nom - qui signifie en hongrois « piano » - témoigne encore sur son origine « savante ».

Les musiciens paysans transforment la guitare-zongorã en instrument d’accompagnement harmonico-rythmique. Cette mutation fonctionnelle a des répercussion sur l&rs Pour en lire plus

Selon quelques historiens, la guitare pénètre dans les territoires roumains au cours du XVIe siècle. Elle est tout d’abord l’instrument musical des élites : il n’y a que 150 ans, il était encore bien vu pour les demoiselles bien éduquées d’apprendre à jouer un peu, pour pouvoir divertir les invités de la famille. Dans la même période, la guitare, adoptée par les musiciens des petits ensembles traditionnels d’Olténie (dans le Sud) et de Maramures (extrémité Nord-Ouest du pays), devient « populaire ». En Olténie, elle remplace le luth local appelé cobzã. En Maramures, où elle n’a pas l’air de remplacer aucun instrument antérieur, la guitare prend le nom de zongorã. Ce nom - qui signifie en hongrois « piano » - témoigne encore sur son origine « savante ».

Les musiciens paysans transforment la guitare-zongorã en instrument d’accompagnement harmonico-rythmique. Cette mutation fonctionnelle a des répercussion sur l’accordage, la façon de tenir l’instrument et la technique de son jeu. La zongorã n’a que trois ou quatre cordes (au début du siècle elle en avait deux), accordées en accord majeur (au début du siècle en quinte juste). Pour pouvoir obtenir des successions de trisons plaqués, les musiciens (zongoras) appuient fermement l’instrument sur leur flanc ou le genou gauche, déplacent l’index de la main gauche sur le manche (en changeant de cette manière l’accord) et frappent les cordes avec un plectre. De nos jours, il n’est pas imaginable que la guitare-zongorã joue des mélodies. Tout ce que les musiciens savent faire est de bien souligner le rythme, surtout celui des mélodies de danse.


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Zongorã : audio

Zongorã : audio

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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