Le cymbalum est signalé en Roumanie à la fin du XVIIIe siècle : il fait alors partie de l’ensemble de « musique de chambre » de la cour du prince valaque Alexandru Ipsilanti. Les documents ultérieurs n’en parlent plus : comme il arrive souvent, au moment où il devient populaire, un instrument n’intéresse plus les « lettrés ». Pourtant, après 1877 - l’année de l’indépendance de la Roumanie (qui comprend alors la Valachie et la Moldavie) - on voit le cymbalum dans les dessins et photos représentant les « ensembles de musique nationale » envoyés à l’étranger, en guise d’ambassadeurs de la nation roumaine.

C’est à partir de la littérature et de documents ethnologiques tardifs qu’on apprend que, vers la fin du siècle, il est aussi présent dans les taraf (ensembles de musique traditionnelle) urbains et ruraux. Là, il remplace la vieille cobzã (sorte de luth) : ayant une sonorité discrète, cette dernière ne correspond Pour en lire plus
Le cymbalum est signalé en Roumanie à la fin du XVIIIe siècle : il fait alors partie de l’ensemble de « musique de chambre » de la cour du prince valaque Alexandru Ipsilanti. Les documents ultérieurs n’en parlent plus : comme il arrive souvent, au moment où il devient populaire, un instrument n’intéresse plus les « lettrés ». Pourtant, après 1877 - l’année de l’indépendance de la Roumanie (qui comprend alors la Valachie et la Moldavie) - on voit le cymbalum dans les dessins et photos représentant les « ensembles de musique nationale » envoyés à l’étranger, en guise d’ambassadeurs de la nation roumaine.

C’est à partir de la littérature et de documents ethnologiques tardifs qu’on apprend que, vers la fin du siècle, il est aussi présent dans les taraf (ensembles de musique traditionnelle) urbains et ruraux. Là, il remplace la vieille cobzã (sorte de luth) : ayant une sonorité discrète, cette dernière ne correspond plus aux exigences des communautés villageoises. Mais le petit cymbalum subit bientôt le même sort : autour de la Deuxième Guerre, il est substitué ou doublé par l’accordéon. À son tour, l’accordéon cède aujourd’hui la place à l’orgue électronique...

Pourtant, le cymbalum n’est pas vaincu. On l’entend encore dans les fêtes de mariage de campagne du Sud et de l’Est du pays, car les vieux paysans ne peuvent pas se passer de ses formules d’accompagnement (tiituri). D’ailleurs, tout récemment, les musiciens ont trouvé une solution ingénieuse pour les satisfaire - ils enregistrent les tiituri du cymbalum, ils les rentrent dans la mémoire de leurs orgues électroniques et ils les passent pendant leurs exécutions « modernes » : « c’est comme ça qu’on fait du neuf », disent-ils.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Cymbalum (tambal)

Le cymbalum (le tambal)

Musée du paysan roumain, Roumanie
vers 1991
Bois, cordes métalliques
Lo max :94cm Lo :57cm H :7cm, Cordes :57-85cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


Cymbalum (Tambal) 2

Le cymbalum (le tambal)

Musée du paysan roumain, Roumanie
vers 1991
Bois, cordes métalliques
Lo max :94cm Lo :57cm H :7cm, Cordes :57-85cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


Le tambal (tympanon ou cymbalum) est un instrument d’accompagnement harmonique très populaire en Moldavie, Valachie et Olténie (provinces de l’Est et du Sud de la Roumanie). Apparenté au santur et aux instruments de la même famille du Moyen Orient, le tambal pénètre en Roumanie autour du XVIIIe siècle, en prenant quelques formes spécifiques :

a) le petit cymbalum (tambalul mic), dont les variétés sont le tambal accordé « à la roumaine » et le tambal accordé « à la hongroise » ; et
b) le grand cymbalum (tambalul mare) ou « de concert ».

Le petit cymbalum est utilisé par les ensembles traditionnels des villages (les taraf), tandis que le grand cymbalum fait partie des taraf des villes et des ensembles de musique folklorique « officielle ». Le dernier entre quelques fois dans la composition des taraf de Transylvanie et de Banat.

Le tambal mic est fabriqué d’une planche épaisse de forme trapézoïdale, sur laquelle sont tendues les cordes (dont Pour en lire plus

Le tambal (tympanon ou cymbalum) est un instrument d’accompagnement harmonique très populaire en Moldavie, Valachie et Olténie (provinces de l’Est et du Sud de la Roumanie). Apparenté au santur et aux instruments de la même famille du Moyen Orient, le tambal pénètre en Roumanie autour du XVIIIe siècle, en prenant quelques formes spécifiques :

a) le petit cymbalum (tambalul mic), dont les variétés sont le tambal accordé « à la roumaine » et le tambal accordé « à la hongroise » ; et
b) le grand cymbalum (tambalul mare) ou « de concert ».

Le petit cymbalum est utilisé par les ensembles traditionnels des villages (les taraf), tandis que le grand cymbalum fait partie des taraf des villes et des ensembles de musique folklorique « officielle ». Le dernier entre quelques fois dans la composition des taraf de Transylvanie et de Banat.

Le tambal mic est fabriqué d’une planche épaisse de forme trapézoïdale, sur laquelle sont tendues les cordes (dont les plus aiguës groupées à deux et à trois), fixées par des « clous » (cuie) et légèrement relevées par de petits ponts-chevalets. Le musicien frappe alternativement les cordes avec les mains droite et gauche, avec deux mailloches. Il réalise ses accords par le truchement des formules mélodico-rythmiques consacrées, appelées tiiturã (de horã, de sârbã, de geampara, nemteascã, etc.). Quand les sonorités de l’instrument sont trop fortes, il les étouffe à l’aide d’un mouchoir glissé entre les cordes. Un bon instrumentiste est capable de jouer aussi quelques mélodies simples, en s’accompagnant en même temps.

Muni d’une courroie en cuir, le tambal mic peut être joué en marchant ; raison pour laquelle il est utilisé comme instrument de cortège nuptial.


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Cymbalum : audio

Cymbalum : audio

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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