dessin

Halifax en 1750, un an après sa fondation.

Artiste : Thomas Jefferys
Archives publiques de la Nouvelle-Écosse
vers 1750
© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.


Ma femme et moi sommes arrivés à Halifax en 1750, après une longue et pénible traversée de l’océan. Nous n’étions pas vraiment préparés pour ce que nous allions trouver ici. Les premiers colons, qui étaient arrivés seulement l’année précédente, avaient conquis de peine et de misère sur la forêt les logements de fortune qu’ils occupaient. Nous voulions nous rendre là où étaient les terres qu’on nous avait promises et commencer à construire notre maison, mais cela n’était pas possible. Les Acadiens qui vivaient au nord-ouest et la population autochtone n’étaient pas contents de ce nouvel afflux d’immigrants et le gouverneur craignait qu’Halifax ne soit la cible d’attaques. Comme je devais la quasi-totalité du prix de notre passage aux Britanniques, on m’a affecté à la construction de fortifications. Nous avons habité cet hiver-là avec d’autres familles dans des baraquements et nous nous sommes débrouillés comme nous pouvions pour nous nourrir avec ce qu’on nous a donné-pain noir, bœuf et porc salé, beurre, pois séchés, gruau, rhum et mélasse. L’Europe nous manquait terriblement.
Ma femme et moi sommes arrivés à Halifax en 1750, après une longue et pénible traversée de l’océan. Nous n’étions pas vraiment préparés pour ce que nous allions trouver ici. Les premiers colons, qui étaient arrivés seulement l’année précédente, avaient conquis de peine et de misère sur la forêt les logements de fortune qu’ils occupaient. Nous voulions nous rendre là où étaient les terres qu’on nous avait promises et commencer à construire notre maison, mais cela n’était pas possible. Les Acadiens qui vivaient au nord-ouest et la population autochtone n’étaient pas contents de ce nouvel afflux d’immigrants et le gouverneur craignait qu’Halifax ne soit la cible d’attaques. Comme je devais la quasi-totalité du prix de notre passage aux Britanniques, on m’a affecté à la construction de fortifications. Nous avons habité cet hiver-là avec d’autres familles dans des baraquements et nous nous sommes débrouillés comme nous pouvions pour nous nourrir avec ce qu’on nous a donné-pain noir, bœuf et porc salé, beurre, pois séchés, gruau, rhum et mélasse. L’Europe nous manquait terriblement.

© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.

Carte

Les Britanniques détenaient peu de pouvoir en Nouvelle-Écosse. Halifax a été fondé en 1749 pour faire contrepoids à la forteresse française de Louisbourg.

Artiste : H. Holm, World-View Digital Imagery Ltd.
World-View Digital Imagery Ltd.
vers 1998
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Le printemps suivant, on nous a donné, à nous Allemands, des lots à bâtir, de taille relativement petite, situés au nord de l’agglomération principale. Les lots avaient été déboisés et nous nous sommes empressés de planter un potager parmi les souches pour avoir de quoi manger à la fin de l’été lorsque nos rations prendraient fin. Nous avons également construit une petite maison. La couche de terre cultivable était mince et pleine de grosses roches. Pendant tout ce temps-là, je continuai mon travail aux fortifications, lesquelles étaient nécessaires pour assurer la sécurité de la colonie. D’autres Allemands étaient arrivés et avaient construit des hameaux plus loin sur l’isthme, à un endroit où une palissade était en voie de construction. L’année suivante, étant libéré de ma dette, j’ai trouvé à m’engager ici et là pour faire du travail de défrichement. Mais je n’ai guère gagné de quoi nourrir ma famille de plus en plus nombreuse. De nouveaux colons continuaient d’arriver et, parmi eux, certains n’avaient nulle part où aller car le gouvernement ne semblait pas capable d’assurer le bien-être de tous.
Le printemps suivant, on nous a donné, à nous Allemands, des lots à bâtir, de taille relativement petite, situés au nord de l’agglomération principale. Les lots avaient été déboisés et nous nous sommes empressés de planter un potager parmi les souches pour avoir de quoi manger à la fin de l’été lorsque nos rations prendraient fin. Nous avons également construit une petite maison. La couche de terre cultivable était mince et pleine de grosses roches. Pendant tout ce temps-là, je continuai mon travail aux fortifications, lesquelles étaient nécessaires pour assurer la sécurité de la colonie. D’autres Allemands étaient arrivés et avaient construit des hameaux plus loin sur l’isthme, à un endroit où une palissade était en voie de construction. L’année suivante, étant libéré de ma dette, j’ai trouvé à m’engager ici et là pour faire du travail de défrichement. Mais je n’ai guère gagné de quoi nourrir ma famille de plus en plus nombreuse. De nouveaux colons continuaient d’arriver et, parmi eux, certains n’avaient nulle part où aller car le gouvernement ne semblait pas capable d’assurer le bien-être de tous.

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dessin

Vue de la ville et du port d'Halifax à partir de Dartmouth sur la rive opposée.

Artiste : R. Short
Archives publiques de la Nouvelle-Écosse
vers 1764
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peinture

Halifax en 1763. Le port naturel est l'un des meilleurs au monde.

Artiste : Dominique Serres
Art Gallery of Nova Scotia
vers 1763
35.6 x 50.6 cm
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Toujours est-il que j’étais impatient de donner suite au projet du gouverneur de commencer un nouveau peuplement vers le Sud-Ouest, à une journée de bateau d’où nous étions, car là nous pourrions au moins avoir les terres qu’on nous avait promises. Le 8 juin 1753 fut un jour heureux pour nous, car c’est ce jour-là que nous partîmes pour le port de Lunenburg avec une flottille de bateaux transportant familles, bagages, matériaux de construction et provisions. En tant que membre de la milice, je fus l’un des premiers à accoster pour m’assurer que nous pouvions débarquer sans danger. Cet endroit avait déjà été habité-certaines terres étaient défrichées. Sous les ordres du colonel Lawrence, nous nous mîmes en frais de construire un fortin pour nous défendre et des baraques pour nous loger. Mais le projet de défense, soigneusement mis au point par le colonel, ne put réfréner notre hâte de construire notre maison à nous et de commencer enfin la nouvelle vie dont nous rêvions depuis si longtemps. Onze jours plus tard, à l’issue de notre premier service religieux, chacun reçut le lot de canton qui lui était destiné. Avant la fin de l’été, ch Pour en lire plus
Toujours est-il que j’étais impatient de donner suite au projet du gouverneur de commencer un nouveau peuplement vers le Sud-Ouest, à une journée de bateau d’où nous étions, car là nous pourrions au moins avoir les terres qu’on nous avait promises. Le 8 juin 1753 fut un jour heureux pour nous, car c’est ce jour-là que nous partîmes pour le port de Lunenburg avec une flottille de bateaux transportant familles, bagages, matériaux de construction et provisions. En tant que membre de la milice, je fus l’un des premiers à accoster pour m’assurer que nous pouvions débarquer sans danger. Cet endroit avait déjà été habité-certaines terres étaient défrichées. Sous les ordres du colonel Lawrence, nous nous mîmes en frais de construire un fortin pour nous défendre et des baraques pour nous loger. Mais le projet de défense, soigneusement mis au point par le colonel, ne put réfréner notre hâte de construire notre maison à nous et de commencer enfin la nouvelle vie dont nous rêvions depuis si longtemps. Onze jours plus tard, à l’issue de notre premier service religieux, chacun reçut le lot de canton qui lui était destiné. Avant la fin de l’été, chaque famille avait plus ou moins son toit et son jardin à elle.

© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.

Carte

Vue par satellite de la région d'Halifax-Lunenburg.

Artistes : H. Holm, S. Gaetz, D. Robinson
World-View Digital Imagery Ltd.
vers 1998
© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.


Carte

Vue par satellite de la région de Lunenburg.

Artistes : H. Holm, S. Gaetz, D. Robinson
World-View Digital Imagery Ltd
vers 1998
© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.


Carte

Vue par satellite de la région d'Halifax.

Artistes : H. Holm, S. Gaetz, D. Robinson
World-View Digital Imagery Ltd.
vers 1998
© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.


Nous aurions mieux fait de retourner à Halifax pour l’hiver, comme d’autres l’ont fait, car la petite maison que nous avions construite était difficile à chauffer. Je me suis tenu au chaud comme j’ai pu en défrichant nos 30 acres de terre situées à l’extérieur de l’agglomération. Mais cela a été plus difficile pour ma femme et les petits.

L’année suivante, en 1754, nous avons agrandi le potager en ajoutant des pommes de terre, du lin pour l’huile et le textile, de l’avoine, des navets et de l’orge. J’ai vendu à un armateur-négociant de Boston du bois d’œuvre coupé dans ma propre forêt. Les potagers ne donnèrent cependant pas beaucoup en raison de la sécheresse. À la fin de l’été, on nous distribua du bétail, mais le fourrage était si rare qu’une bonne partie de celui-ci ne passa pas l’hiver.
Nous aurions mieux fait de retourner à Halifax pour l’hiver, comme d’autres l’ont fait, car la petite maison que nous avions construite était difficile à chauffer. Je me suis tenu au chaud comme j’ai pu en défrichant nos 30 acres de terre situées à l’extérieur de l’agglomération. Mais cela a été plus difficile pour ma femme et les petits.

L’année suivante, en 1754, nous avons agrandi le potager en ajoutant des pommes de terre, du lin pour l’huile et le textile, de l’avoine, des navets et de l’orge. J’ai vendu à un armateur-négociant de Boston du bois d’œuvre coupé dans ma propre forêt. Les potagers ne donnèrent cependant pas beaucoup en raison de la sécheresse. À la fin de l’été, on nous distribua du bétail, mais le fourrage était si rare qu’une bonne partie de celui-ci ne passa pas l’hiver.

© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.

Église

La « Little Dutch Church » de Halifax construite en 1754-1755. Certaines pierres tombales conservent aujourd'hui encore la trace du passage des premiers colons allemands.

Photographe : Heather Holm
vers 1998
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L’année 1755 fut une année de grande affliction pour les Acadiens qui furent déportés de la Nouvelle-Écosse. Une bonne partie de leur bétail a abouti à Lunenburg par des moyens divers-une bénédiction pour nous, compte tenu de nos pertes de l’hiver précédent.
L’année 1755 fut une année de grande affliction pour les Acadiens qui furent déportés de la Nouvelle-Écosse. Une bonne partie de leur bétail a abouti à Lunenburg par des moyens divers-une bénédiction pour nous, compte tenu de nos pertes de l’hiver précédent.

© 2009, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.

Peinture

Les Acadiens étaient des Français catholiques qui menaient une existence agréable et paisible depuis des générations, grâce à la culture des marais de la baie de Fundy. Ne sachant pas à qui les Acadiens accordaient leur allégeance à la reprise de la guerre avec la France, les Britanniques les déportèrent en 1755-une tragédie pour les Acadiens et un revers économique pour la Nouvelle-Écosse.

Artiste : Claude Picard
Lieu historique national de Grand-Pré
vers 1987
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Les quelques années qui suivirent furent difficiles pour notre petite communauté. La guerre avait repris entre la France et l’Angleterre. Nous devions renforcer les fortifications et nous défendre contre les incursions des peuplades indigènes et les efforts de la part des fugitifs acadiens pour nous faire fuir nos habitations. Les conditions climatiques ont du reste été particulièrement mauvaises au cours de toutes ces années. Mais nous étions déjà allés si loin que nous ne pouvions plus reculer.

Après 1760, nos pires difficultés étaient passées. Nous étions autosuffisants. Notre industrie et notre population croissaient et s’étendaient. Nos enfants allèrent à l’école. Après la guerre d’indépendance des États-Unis, des loyalistes d’origine allemande s’établirent parmi nous et nous apportèrent leur connaissance de la construction navale et de la pêche.

Il fait bon penser à l’Allemagne et se rappeler toutes ces années de difficultés que nous avons connues à notre arrivée ici ! Cela me donne une véritable satisfaction de penser que ce que j’ai aujourd’hui, c’est à mes efforts que je le dois. Voilà pourq Pour en lire plus
Les quelques années qui suivirent furent difficiles pour notre petite communauté. La guerre avait repris entre la France et l’Angleterre. Nous devions renforcer les fortifications et nous défendre contre les incursions des peuplades indigènes et les efforts de la part des fugitifs acadiens pour nous faire fuir nos habitations. Les conditions climatiques ont du reste été particulièrement mauvaises au cours de toutes ces années. Mais nous étions déjà allés si loin que nous ne pouvions plus reculer.

Après 1760, nos pires difficultés étaient passées. Nous étions autosuffisants. Notre industrie et notre population croissaient et s’étendaient. Nos enfants allèrent à l’école. Après la guerre d’indépendance des États-Unis, des loyalistes d’origine allemande s’établirent parmi nous et nous apportèrent leur connaissance de la construction navale et de la pêche.

Il fait bon penser à l’Allemagne et se rappeler toutes ces années de difficultés que nous avons connues à notre arrivée ici ! Cela me donne une véritable satisfaction de penser que ce que j’ai aujourd’hui, c’est à mes efforts que je le dois. Voilà pourquoi je peux maintenant dire que ce pays est vraiment le mien.

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Le chantier naval de Lunenburg, vers 1900

Le chantier naval de Lunenburg, vers 1900

Artiste : Inconnu. Peut-être Lewis A. Hirtle
Fisheries Museum of the Atlantic
vers 1900
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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • décrire les conditions des immigrants nouvellement venus à Halifax dans les années 1750.
  • décrire le développement du canton de Lunenburg.
  • raconter l’histoire de Lunenburg.
  • se sensibiliser aux émotions vécues par les immigrants allemands venus au Canada entre 1750 et 1752.

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