Entre 1860 et 1940, les milieux culturels et artistiques de la Russie et du Canada sont radicalement différents. En Russie, la littérature, le théâtre, la musique, le ballet et les arts visuels sont soutenus par un mécénat éclairé et connaissent un apogée au début du 20e siècle. Au Canada, bien que l’on perçoive une émulation dans les années 1860, la vie artistique se manifeste de façon beaucoup plus modeste ; les artistes font encore figure de marginaux dans un milieu essentiellement préoccupé par son développement économique.

Pourtant, une même volonté de représenter le paysage local selon ses propres caractéristiques anime les peintres des deux pays. L’idée de considérer le paysage comme un reflet de l’identité russe ou canadienne se manifeste dans leurs œuvres. Les styles de représentation se libèrent peu à peu des influences extérieures. Les peintres s’attachent le plus souvent à représenter le paysage rura Pour en lire plus
Entre 1860 et 1940, les milieux culturels et artistiques de la Russie et du Canada sont radicalement différents. En Russie, la littérature, le théâtre, la musique, le ballet et les arts visuels sont soutenus par un mécénat éclairé et connaissent un apogée au début du 20e siècle. Au Canada, bien que l’on perçoive une émulation dans les années 1860, la vie artistique se manifeste de façon beaucoup plus modeste ; les artistes font encore figure de marginaux dans un milieu essentiellement préoccupé par son développement économique.

Pourtant, une même volonté de représenter le paysage local selon ses propres caractéristiques anime les peintres des deux pays. L’idée de considérer le paysage comme un reflet de l’identité russe ou canadienne se manifeste dans leurs œuvres. Les styles de représentation se libèrent peu à peu des influences extérieures. Les peintres s’attachent le plus souvent à représenter le paysage rural, mais ils s’intéressent parfois aussi au paysage urbain, qui exprime à la fois les transformations qui s’opèrent dans les modes de vie et leurs conséquences sur l’environnement architectural.

Cette affirmation « nationale » connaît différentes phases. En Russie, dès la première exposition itinérante des peintres « Ambulants », en 1871, les artistes déclarent leur intention de rejeter les grands courants de la peinture étrangère. Plus tard, d’autres peintres puiseront leur inspiration au cœur de la riche culture populaire russe afin de créer un art nouveau. Au Canada, dès les années 1870, les peintres « luministes » posent un regard plus américain sur le paysage. À la fin du 19e siècle, certains adaptent les techniques impressionnistes aux conditions particulières du pays. Dans les années 1920, l’intérêt du Groupe des Sept pour les espaces sauvages et inexplorés impose une image typique du paysage canadien.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peinture

Exploitation forestière en hiver, à Beaupré, par Maurice Galbraith Cullen (1866-1934), 1896.

Maurice Galbraith Cullen
Art Gallery of Hamilton - Don du Comité des dames, 1956
1896
huile sur toile
63,9 x 79,9 cm
© Art Gallery of Hamilton


Exploitation forestière en hiver, à Beaupré fut un des premiers tableaux pour lesquels l’artiste adapta les techniques de l’impressionnisme au paysage canadien. Maurice Cullen participa à de nombreuses campagnes d’esquisses à Beaupré, aux abords de Québec, avec des contemporains comme William Brymner, James W. Morrice et Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. Cullen était fasciné par les effets de lumière reflétés par la neige, la glace et l’eau ainsi que par la gamme des couleurs et des teintes qui en résultait. Sa palette est proche de celle des impressionnistes français, mais ses formes sont massives et il mélange ses couleurs avec maîtrise. La surface de son œuvre est recouverte d’un empâtement épais dans les zones neigeuses baignées de soleil et une lumière bleue se manifeste dans la zone ombragée.
Exploitation forestière en hiver, à Beaupré fut un des premiers tableaux pour lesquels l’artiste adapta les techniques de l’impressionnisme au paysage canadien. Maurice Cullen participa à de nombreuses campagnes d’esquisses à Beaupré, aux abords de Québec, avec des contemporains comme William Brymner, James W. Morrice et Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. Cullen était fasciné par les effets de lumière reflétés par la neige, la glace et l’eau ainsi que par la gamme des couleurs et des teintes qui en résultait. Sa palette est proche de celle des impressionnistes français, mais ses formes sont massives et il mélange ses couleurs avec maîtrise. La surface de son œuvre est recouverte d’un empâtement épais dans les zones neigeuses baignées de soleil et une lumière bleue se manifeste dans la zone ombragée.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peinture

Paysage d’hiver avec un cheval tirant un traîneau, par James Wilson Morrice (1865-1924), vers 1896-1897.

James Wilson Morrice
Musée des beaux-arts de Montréal - Legs David R. Morrice
vers 1896-1897
huile sur panneau
12,5 x 16 cm
© Musée des beaux-arts de Montréal


Morrice montre ici une vue légèrement en surplomb de la rue principale d’un village québécois. Il sait rendre la blancheur aveuglante de la neige et les ombres violacées de l’hiver canadien. Cette vue témoigne aussi de l’attachement de ce grand voyageur pour la terre canadienne qu’il visitait régulièrement à l’époque des fêtes de Noël. L’influence impressionniste que Morrice a subie durant son séjour prolongé en France est évidente dans ce paysage. On sait que l’hiver intéressa des peintres impressionnistes, notamment Claude Monet. Cependant, peindre l’hiver canadien est autrement plus difficile que représenter la neige autour de Vétheuil ou d’Argenteuil, au nord de Paris. On rendra hommage à Morrice et à son collègue et ami, le peintre canadien Maurice Cullen, d’avoir été parmi les premiers à relever le défi.
Morrice montre ici une vue légèrement en surplomb de la rue principale d’un village québécois. Il sait rendre la blancheur aveuglante de la neige et les ombres violacées de l’hiver canadien. Cette vue témoigne aussi de l’attachement de ce grand voyageur pour la terre canadienne qu’il visitait régulièrement à l’époque des fêtes de Noël. L’influence impressionniste que Morrice a subie durant son séjour prolongé en France est évidente dans ce paysage. On sait que l’hiver intéressa des peintres impressionnistes, notamment Claude Monet. Cependant, peindre l’hiver canadien est autrement plus difficile que représenter la neige autour de Vétheuil ou d’Argenteuil, au nord de Paris. On rendra hommage à Morrice et à son collègue et ami, le peintre canadien Maurice Cullen, d’avoir été parmi les premiers à relever le défi.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peniture

La Citadelle, Québec, par James Wilson Morrice (1865-1924), 1897.

Artiste : James Wilson Morrice, Photo : Jean-Guy Kérouac
Musée national des beaux-arts du Québec - Legs David R. Morrice en 1978
1897
huile sur toile
49 x 65,3 cm
© Musée national des beaux-arts du Québec


Morrice revient au Canada à l’automne 1896, après avoir peint en Bretagne durant l’été de la même année. En visite sur la côte de Beaupré, non loin de Québec, en janvier 1897, il rencontre le peintre Maurice Cullen, originaire de Terre-Neuve. Au contact de ce dernier, et stimulé par la lumière éclatante de l’hiver canadien, il éclaircit sa palette de couleurs. Lors de ce séjour dans la région de Québec, l’artiste réalisera deux toiles, dont une vue de nuit, représentant la Citadelle de Québec. Si le sujet a été fréquemment abordé dans la peinture nord-américaine tout au long du 19e siècle, l’intention de James Wilson Morrice est davantage de créer ici un effet de lumière saisissant, contrasté par l’ajout, au premier plan, de taches de couleur rouge et noire. La facture moderne pour l’époque de ce tableau, amène l’artiste à prendre ses dista Pour en lire plus
Morrice revient au Canada à l’automne 1896, après avoir peint en Bretagne durant l’été de la même année. En visite sur la côte de Beaupré, non loin de Québec, en janvier 1897, il rencontre le peintre Maurice Cullen, originaire de Terre-Neuve. Au contact de ce dernier, et stimulé par la lumière éclatante de l’hiver canadien, il éclaircit sa palette de couleurs. Lors de ce séjour dans la région de Québec, l’artiste réalisera deux toiles, dont une vue de nuit, représentant la Citadelle de Québec. Si le sujet a été fréquemment abordé dans la peinture nord-américaine tout au long du 19e siècle, l’intention de James Wilson Morrice est davantage de créer ici un effet de lumière saisissant, contrasté par l’ajout, au premier plan, de taches de couleur rouge et noire. La facture moderne pour l’époque de ce tableau, amène l’artiste à prendre ses distances vis-à-vis de l’imposante citadelle, intégrant tout naturellement celle-ci à la superposition des différents registres qui composent son œuvre.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Vue de Québec, de la berge opposée du fleuve, by James Wilson Morrice (1865-1924), 1897.

James Wilson Morrice
Edmonton Art Gallery
1897
huile sur panneau
17,7 x 25,2 cm
© Edmonton Art Gallery


James Wilson Morrice a passé la plupart de sa vie professionnelle en France. Il a toutefois réalisé cette peinture ainsi que deux autres études au Canada, lors d’une visite rendue à sa famille, à l'occasion de Noël. Il se fonda sur trois esquisses pour faire une toile ultérieure, Le Traversier, Québec, qu’il peignit en 1907 et qui fut exposée au Musée du Jeu de Paume à Paris. Morrice peignait souvent des vues du Saint-Laurent ; on peut voir au loin le promontoire couvert de neige et des flèches d’église de Québec. Les tons chauds du support en bois nu sont visibles dans tout ce paysage ; ils contrastent avec le gris-bleu perle du fleuve. Dans une lettre à Edmund Morris, l’artiste signale : « Nous avons eu du temps froid : moins 30. Difficile de travailler dehors — la peinture se rigidifie. » Il est possible, en fait, qu’il ait peint ses esquisses à l’intérieur.
James Wilson Morrice a passé la plupart de sa vie professionnelle en France. Il a toutefois réalisé cette peinture ainsi que deux autres études au Canada, lors d’une visite rendue à sa famille, à l'occasion de Noël. Il se fonda sur trois esquisses pour faire une toile ultérieure, Le Traversier, Québec, qu’il peignit en 1907 et qui fut exposée au Musée du Jeu de Paume à Paris. Morrice peignait souvent des vues du Saint-Laurent ; on peut voir au loin le promontoire couvert de neige et des flèches d’église de Québec. Les tons chauds du support en bois nu sont visibles dans tout ce paysage ; ils contrastent avec le gris-bleu perle du fleuve. Dans une lettre à Edmund Morris, l’artiste signale : « Nous avons eu du temps froid : moins 30. Difficile de travailler dehors — la peinture se rigidifie. » Il est possible, en fait, qu’il ait peint ses esquisses à l’intérieur.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peinture

Saint-Faustin, par Ludger Larose (1868-1915), 1899.

Artiste : Ludger Larose, Photo : Patrick Altman
Musée national des beaux-arts du Québec
1899
huile sur toile
45 x 80,6 cm
© Musée national des beaux-arts du Québec


Larose poursuit sa formation artistique à Paris à la fin du 19e siècle comme plusieurs de ses collègues québécois. De retour au pays après ses études, il partage sa carrière entre l’enseignement et sa production personnelle. Dans cette vue de Saint-Faustin, situé dans la région des Laurentides, au nord de Montréal, le peintre brosse un paysage pittoresque caractérisé par la représentation d’un village typique du Québec, de peuplement francophone et catholique. L’originalité de ce tableau réside dans le fait que l’artiste témoigne avec justesse de l’implantation, en milieu rural, des maisons de village qui sont construites habituellement de part et d’autre d’un chemin principal. Au cœur de cette petite agglomération, on retrouve l’église paroissiale qui domine, par son clocher élancé vers le ciel, l’ensemble de ce paysage aux contours harmonieux.
Larose poursuit sa formation artistique à Paris à la fin du 19e siècle comme plusieurs de ses collègues québécois. De retour au pays après ses études, il partage sa carrière entre l’enseignement et sa production personnelle. Dans cette vue de Saint-Faustin, situé dans la région des Laurentides, au nord de Montréal, le peintre brosse un paysage pittoresque caractérisé par la représentation d’un village typique du Québec, de peuplement francophone et catholique. L’originalité de ce tableau réside dans le fait que l’artiste témoigne avec justesse de l’implantation, en milieu rural, des maisons de village qui sont construites habituellement de part et d’autre d’un chemin principal. Au cœur de cette petite agglomération, on retrouve l’église paroissiale qui domine, par son clocher élancé vers le ciel, l’ensemble de ce paysage aux contours harmonieux.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • comprendre l’influence de la géographie sur la culture;
  • comprendre que l’art peut représenter des expériences vécues par les gens;
  • examiner comment les principaux mouvements artistiques européens ont influencé l’interprétation des paysages dans la peinture canadienne;
  • connaître les différences et les similitudes entre la peinture de paysage russe et canadienne avant 1940;
  • se rendre compte du développement d’un style de peinture de paysage typiquement canadien;
  • être capable de poser un regard critique sur différents styles artistiques;
  • reconnaître les émotions que peut susciter l’art.

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