Au milieu du 19e siècle, la recherche de la transcendance qui caractérise le romantisme s’exprime à travers la peinture et le paysage. Elle se retrouve aussi dans le courant du symbolisme.

Le symbolisme, que l’on pourrait qualifier d’expression des idées par les formes, rejette à la fois le dogmatisme académique et la prétendue scientificité de l’impressionnisme. Il se manifeste de façon diffuse en Russie et au Canada. Des artistes comme le Russe Mikhail Vroubel et le Canadien Ozias Leduc, aussi différents soient-ils, représentent bien la dimension spirituelle de ce courant. Leurs œuvres constituent davantage une représentation de leur âme que de simples fenêtres ouvertes sur leur nature.

Cette quête de spiritualité se poursuit dans l’œuvre de Kandinsky, membre du mouvement Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu), qui publie, en 1911 Du spirituel dans l’art. Il y affirme que l’harmonie des couleurs et des formes doit être basée sur une seu Pour en lire plus
Au milieu du 19e siècle, la recherche de la transcendance qui caractérise le romantisme s’exprime à travers la peinture et le paysage. Elle se retrouve aussi dans le courant du symbolisme.

Le symbolisme, que l’on pourrait qualifier d’expression des idées par les formes, rejette à la fois le dogmatisme académique et la prétendue scientificité de l’impressionnisme. Il se manifeste de façon diffuse en Russie et au Canada. Des artistes comme le Russe Mikhail Vroubel et le Canadien Ozias Leduc, aussi différents soient-ils, représentent bien la dimension spirituelle de ce courant. Leurs œuvres constituent davantage une représentation de leur âme que de simples fenêtres ouvertes sur leur nature.

Cette quête de spiritualité se poursuit dans l’œuvre de Kandinsky, membre du mouvement Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu), qui publie, en 1911 Du spirituel dans l’art. Il y affirme que l’harmonie des couleurs et des formes doit être basée sur une seule chose, le contact efficace avec l’âme humaine. Kandinsky s’intéresse à la théosophie, doctrine spirituelle qui connaît un regain d’intérêt pendant la première moitié du 20e siècle. Au Canada, le paysage atteint une dimension transcendante avec des peintres du Groupe des Sept, et plus particulièrement avec Lawren Harris. Ce dernier, largement influencé par la théosophie, approfondira son interprétation de la nature en stylisant ses représentations du paysage et en les réduisant à des formes élémentaires.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peinture

La Vallée, par Franklin Carmichael (1890-1945), 1921.

Franklin Carmichael
Edmonton Art Gallery
1921
huile sur toile
109,9 x 91,4 cm
© Edmonton Art Gallery


Quand on décida d’inclure cette vue de la vallée d’un cours d’eau à proximité de Toronto dans l’exposition américaine de 1923 du Groupe des Sept, la critique new-yorkaise Helen Appleton Read la remarqua particulièrement et la décrivit ainsi : « … une petite rivière d’un vert glaciaire qui serpente entre de vertes collines et des formes simplifiées gris-vert d’arbres, un tableau tout à fait délicieux, frais, inhabituel, pas trop décoratif, avec rien de suranné dans sa facture, malgré la compétence évidente de l’artiste [Franklin Carmichael] . » Ce tableau fut donné en 1926 à l’Edmonton Art Gallery, que l’on appelait alors l’Edmonton Museum of the Arts. Il devint, d’ailleurs, la première œuvre du Groupe des Sept dont un établissement public ait fait l’acquisition à l’ouest de Thunder Bay (Ontario).
Quand on décida d’inclure cette vue de la vallée d’un cours d’eau à proximité de Toronto dans l’exposition américaine de 1923 du Groupe des Sept, la critique new-yorkaise Helen Appleton Read la remarqua particulièrement et la décrivit ainsi : « … une petite rivière d’un vert glaciaire qui serpente entre de vertes collines et des formes simplifiées gris-vert d’arbres, un tableau tout à fait délicieux, frais, inhabituel, pas trop décoratif, avec rien de suranné dans sa facture, malgré la compétence évidente de l’artiste [Franklin Carmichael] . » Ce tableau fut donné en 1926 à l’Edmonton Art Gallery, que l’on appelait alors l’Edmonton Museum of the Arts. Il devint, d’ailleurs, la première œuvre du Groupe des Sept dont un établissement public ait fait l’acquisition à l’ouest de Thunder Bay (Ontario).

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Peinture

Matin, lac Supérieur, par Lawren Stewart Harris (1885-1970) vers 1921.

Lawren Stewart Harris
Musée des beaux-arts de Montréal Achat, legs William Gilman Cheney
vers 1921
huile sur toile
86,3 x 101,6 cm
© Musée des beaux-arts de Montréal.


Après avoir peint des scènes urbaines au début de sa carrière, Harris trouvera dans le paysage du nord du Lac Supérieur, le plus vaste des Grands Lacs, le paysage mystique qu’il cherchait depuis longtemps. Le véritable sujet du tableau est la totalité du ciel au-dessus du lac et l’implacable lumière venue d’en haut comme une révélation. De ce point de vue, les îles ou les rochers n’ont pas plus de substance que les énormes nuages. Harris affirmait que l’air vivifiant venu du Nord était comme le souffle de l’Esprit sur l’Amérique entière. On sait qu’il avait adhéré à la théosophie et qu’il tentait, à travers son œuvre, de faire le lien entre le quotidien et le monde mystique. Après 1921, Harris n’a plus daté ses œuvres, estimant que ses toiles devaient transcender le temps.
Après avoir peint des scènes urbaines au début de sa carrière, Harris trouvera dans le paysage du nord du Lac Supérieur, le plus vaste des Grands Lacs, le paysage mystique qu’il cherchait depuis longtemps. Le véritable sujet du tableau est la totalité du ciel au-dessus du lac et l’implacable lumière venue d’en haut comme une révélation. De ce point de vue, les îles ou les rochers n’ont pas plus de substance que les énormes nuages. Harris affirmait que l’air vivifiant venu du Nord était comme le souffle de l’Esprit sur l’Amérique entière. On sait qu’il avait adhéré à la théosophie et qu’il tentait, à travers son œuvre, de faire le lien entre le quotidien et le monde mystique. Après 1921, Harris n’a plus daté ses œuvres, estimant que ses toiles devaient transcender le temps.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peinture

Entrée du port, Petite-Rivière, par James Edward Hervey MacDonald (1878-1932) , 1922.

James Edward Hervey MacDonald
Edmonton Art Gallery
1921
huile sur carton
21,5 x 26,4 cm
© Edmonton Art Gallery


MacDonald était un peintre accompli qui excellait à représenter les effets de lumière et d’atmosphère. En 1922, il fit de la peinture dans le nord de l’Ontario et sur la côte Atlantique. Dans cette esquisse vivante d’un port du comté de Lunenburg (Nouvelle-Écosse), il se sert de couleurs claires et vives pour rendre les reflets sur les voiliers amarrés et les bâtiments disséminés à proximité du rivage. Au cours du même voyage, MacDonald a peint une autre vue du rivage sud de la Nouvelle-Écosse, Plage de l’Atlantique et banc de brouillard près de Petite-Rivière (Nouvelle-Écosse), où il a plutôt cherché à saisir la lumière vaporeuse du crépuscule.
MacDonald était un peintre accompli qui excellait à représenter les effets de lumière et d’atmosphère. En 1922, il fit de la peinture dans le nord de l’Ontario et sur la côte Atlantique. Dans cette esquisse vivante d’un port du comté de Lunenburg (Nouvelle-Écosse), il se sert de couleurs claires et vives pour rendre les reflets sur les voiliers amarrés et les bâtiments disséminés à proximité du rivage. Au cours du même voyage, MacDonald a peint une autre vue du rivage sud de la Nouvelle-Écosse, Plage de l’Atlantique et banc de brouillard près de Petite-Rivière (Nouvelle-Écosse), où il a plutôt cherché à saisir la lumière vaporeuse du crépuscule.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peinture

Le Glacier, par Arthur Lismer (1885-1969), en 1928.

Arthur Lismer
Art Gallery of Hamilton - Don du Comité des dames, 1960
1928
huile sur toile
101,5 x 126,7 cm
© Marjorie Lismer Bridges


Arthur Lismer fit son seul voyage dans les Rocheuses en 1928. Dans cette toile, il se sert de couleurs fluides, aux nuances de pierres précieuses pour peindre des formes massives et imbriquées d’où rayonne une lumière intérieure. Il a écrit : « Le monde des apparences existe, comme pour l’adepte d’une religion, en tant que moyen d’extase. Un point de départ, pour ainsi dire, dans un monde où l’ordre divin de l’existence, le fil doré de l’intention pure, brille comme un chemin de feu dans le royaume de l’esprit, et la spéculation relative aux choses techniques et objectives est remplacée par la contemplation esthétique sur la nature de la beauté… »
Arthur Lismer fit son seul voyage dans les Rocheuses en 1928. Dans cette toile, il se sert de couleurs fluides, aux nuances de pierres précieuses pour peindre des formes massives et imbriquées d’où rayonne une lumière intérieure. Il a écrit : « Le monde des apparences existe, comme pour l’adepte d’une religion, en tant que moyen d’extase. Un point de départ, pour ainsi dire, dans un monde où l’ordre divin de l’existence, le fil doré de l’intention pure, brille comme un chemin de feu dans le royaume de l’esprit, et la spéculation relative aux choses techniques et objectives est remplacée par la contemplation esthétique sur la nature de la beauté… »

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Peinture

Un lac au Labrador, par Alexander Young Jackson (1882-1974), en 1930.

Artiste: Alexander Young Jackson, Photo : Ned Pratt
Art Gallery of Newfoundland and Labrador - don de Celanese Canada, Inc.
1930
huile sur toile
81,5 x 102 cm
© Succession du Dr Naomi Jackson Groves


L’huile sur toile d’Alexander Young Jackson A Lake in Labrador [Un lac au Labrador] , de 1930, est particulièrement intéressante car on trouve dans les collections publiques assez peu d’images du Labrador de cette époque, relatives soit au paysage, soit à certains aspects de la colonisation humaine. Elle a probablement été peinte d’après des esquisses exécutées en 1927, année où Jackson a fait un voyage dans l’Arctique avec le docteur Frederick Banting, à bord du vapeur terre-neuvien Beothic. Le Labrador était un beau sujet pour un artiste sur lequel les grands espaces aux lignes ondoyantes exerçaitent un attrait esthétique et spirituel. Dans un texte sur l’œuvre de Jackson, l’historien de l’art Dennis Reid fait allusion à une toile d’une date analogue à celle reproduite ici, qui est bercée par les « les rythmes doux, sinueux d’un tab Pour en lire plus
L’huile sur toile d’Alexander Young Jackson A Lake in Labrador [Un lac au Labrador] , de 1930, est particulièrement intéressante car on trouve dans les collections publiques assez peu d’images du Labrador de cette époque, relatives soit au paysage, soit à certains aspects de la colonisation humaine. Elle a probablement été peinte d’après des esquisses exécutées en 1927, année où Jackson a fait un voyage dans l’Arctique avec le docteur Frederick Banting, à bord du vapeur terre-neuvien Beothic. Le Labrador était un beau sujet pour un artiste sur lequel les grands espaces aux lignes ondoyantes exerçaitent un attrait esthétique et spirituel. Dans un texte sur l’œuvre de Jackson, l’historien de l’art Dennis Reid fait allusion à une toile d’une date analogue à celle reproduite ici, qui est bercée par les « les rythmes doux, sinueux d’un tableau de Jackson à l’époque de sa maturité ». Cet auteur signale aussi l’aptitude de l’artiste à communiquer au spectateur une sensation de richesse des coloris, dont la gamme semble complète, alors qu’en fait, sa palette est relativement restreinte. Ces deux caractéristiques sont manifestes dans A Lake in Labrador.

© Art Gallery of Newfoundland and Labrador

Peinture

Soleil et tumulte, par Emily Carr (1871-1945), vers 1938.

Emily Carr
Art Gallery of Hamilton - Legs de H.S. Southam, C.M.G., LL.D., 1966
vers 1938
huile sur papier monté sur carton
87 x 57,1 cm
© Art Gallery of Hamilton


Emily Carr croyait avoir pour but, en tant qu’artiste, de révéler l’énergie spirituelle présente dans la nature. Ses efforts pour que ses paysages évoquent un sentiment de mouvement et d’énergie s’achevèrent finalement quand elle mit au point la méthode et les matériaux voulus pour répondre à ses aspirations artistiques. Elle se mit à peindre sur du papier kraft bon marché avec de la peinture blanche pour bâtiment qu’elle teinta et dilua avec de l’essence de térébenthine. Cette technique lui permit d’obtenir la transparence et la fluidité de l’aquarelle tout en empêchant les couleurs de baver ou de flotter sur le papier. Elle lui permettait aussi de travailler plus spontanément dans la nature, saisissant sa réaction à son environnement dans des images gestuelles et inspirées de la forêt de la Colombie-Britannique.
Emily Carr croyait avoir pour but, en tant qu’artiste, de révéler l’énergie spirituelle présente dans la nature. Ses efforts pour que ses paysages évoquent un sentiment de mouvement et d’énergie s’achevèrent finalement quand elle mit au point la méthode et les matériaux voulus pour répondre à ses aspirations artistiques. Elle se mit à peindre sur du papier kraft bon marché avec de la peinture blanche pour bâtiment qu’elle teinta et dilua avec de l’essence de térébenthine. Cette technique lui permit d’obtenir la transparence et la fluidité de l’aquarelle tout en empêchant les couleurs de baver ou de flotter sur le papier. Elle lui permettait aussi de travailler plus spontanément dans la nature, saisissant sa réaction à son environnement dans des images gestuelles et inspirées de la forêt de la Colombie-Britannique.

© 2003, RCIP. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • comprendre l’influence de la géographie sur la culture;
  • comprendre que l’art peut représenter des expériences vécues par les gens;
  • examiner comment les principaux mouvements artistiques européens ont influencé l’interprétation des paysages dans la peinture canadienne;
  • connaître les différences et les similitudes entre la peinture de paysage russe et canadienne avant 1940;
  • se rendre compte du développement d’un style de peinture de paysage typiquement canadien;
  • ê tre capable de poser un regard critique sur différents styles artistiques;
  • reconnaître les émotions que peut susciter l’art.

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