Le laboratoire est un lieu d’investigation et de création de savoirs nouveaux. Nous pouvons le comparer à l’atelier d’un artiste, lequel s’avère également un lieu de recherche tout autant que de production de connaissances et de formes inédites. La complexité du monde qui nous entoure s’y trouve investie. Cette partie de l’exposition aborde le travail d’artistes qui rendent compte du processus scientifique en inventant différents protocoles d’expérimentation, en révélant une relation souvent livresque au savoir, en brevetant leur découverte ou, encore, en manipulant une matière vivante qui évolue et se transforme. Leurs créations engagent la collaboration de scientifiques, tirent profit des possibilités offertes par des instruments étrangers à l’art et suggèrent un désir de maîtriser l’inconnu.
Le laboratoire est un lieu d’investigation et de création de savoirs nouveaux. Nous pouvons le comparer à l’atelier d’un artiste, lequel s’avère également un lieu de recherche tout autant que de production de connaissances et de formes inédites. La complexité du monde qui nous entoure s’y trouve investie. Cette partie de l’exposition aborde le travail d’artistes qui rendent compte du processus scientifique en inventant différents protocoles d’expérimentation, en révélant une relation souvent livresque au savoir, en brevetant leur découverte ou, encore, en manipulant une matière vivante qui évolue et se transforme. Leurs créations engagent la collaboration de scientifiques, tirent profit des possibilités offertes par des instruments étrangers à l’art et suggèrent un désir de maîtriser l’inconnu.

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

Brevet rédigé avec la collaboration de l’ingénieur Martin Snelgrove.

Photo : Catherine Richards
2000
© Catherine Richards


Avec l’œuvre Méthode et dispositif pour trouver l’amour, Catherine Richards s’intéresse à la brevetabilité des inventions. En fait, elle remet en question la réglementation qui régit ce système de propriété intellectuelle et qui exclut certaines catégories d’invention et de création comme les théories scientifiques, les œuvres d’art ou encore les méthodes thérapeutiques. Utilisant la codification et le vocabulaire du brevet comme matière artistique, l’artiste formule, avec l’aide de l’ingénieur Martin Snelgrove, une méthode pour découvrir l’amour. Un dispositif d’une grande complexité émerge des procédures qu’elle développe sur pas moins d’une trentaine de pages, illustrant comment les émotions sont devenues un langage complexe à saisir et proposant une interprétation scientifique pour y remédier. L’aridité du brevet montre combien notre époque voit surgir des individus à la vie affective hors de contrôle, branchés à toutes sortes de réseaux et d’appareils qui ne facilitent pas nécessairement l’établissement de relations.

L’œuvre faisait partie de l’exposition Pour en lire plus
Avec l’œuvre Méthode et dispositif pour trouver l’amour, Catherine Richards s’intéresse à la brevetabilité des inventions. En fait, elle remet en question la réglementation qui régit ce système de propriété intellectuelle et qui exclut certaines catégories d’invention et de création comme les théories scientifiques, les œuvres d’art ou encore les méthodes thérapeutiques. Utilisant la codification et le vocabulaire du brevet comme matière artistique, l’artiste formule, avec l’aide de l’ingénieur Martin Snelgrove, une méthode pour découvrir l’amour. Un dispositif d’une grande complexité émerge des procédures qu’elle développe sur pas moins d’une trentaine de pages, illustrant comment les émotions sont devenues un langage complexe à saisir et proposant une interprétation scientifique pour y remédier. L’aridité du brevet montre combien notre époque voit surgir des individus à la vie affective hors de contrôle, branchés à toutes sortes de réseaux et d’appareils qui ne facilitent pas nécessairement l’établissement de relations.

L’œuvre faisait partie de l’exposition Tissus excitables tenue à la Galerie d’art d’Ottawa en 2000. Pour faire l’expérience du brevet, les visiteurs étaient invités à signer un accord de confidentialité avant d’être autorisés à voir l’installation.

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

Un brevet : Méthode et dispositif pour trouver l’amour (2000)

Ce projet tire son origine de Cœurs électrisés, une œuvre où j’examinais les liens entre la physique, les émotions et les nouvelles technologies de la communication. Pour Cœurs électrisés, nous avions créé, mon collaborateur le professeur W. Martin Snelgrove et moi, un site Web offrant une simulation d’intimité — un jeu interactif en temps réel basé sur Java — qui nous avait conduits à nous interroger sur la médiation des émotions par la technologie.

Pendant la création de Cœurs électrisés, en 1996, je suis devenue de plus en plus convaincue que la médiation des émotions — avec la perspective de percer d’immenses nouveaux marchés qu’elle laissait implicitement entrevoir — faisait partie des préoccupations culturelles/technologiques de l’heure. Nous avons inventé, en développant ces idées, un système d’appariement. Bien que nous employions le mot amour dans le titre du brevet, le système s’applique à tout type d’appariement, jusqu’aux applications dan Pour en lire plus
Un brevet : Méthode et dispositif pour trouver l’amour (2000)

Ce projet tire son origine de Cœurs électrisés, une œuvre où j’examinais les liens entre la physique, les émotions et les nouvelles technologies de la communication. Pour Cœurs électrisés, nous avions créé, mon collaborateur le professeur W. Martin Snelgrove et moi, un site Web offrant une simulation d’intimité — un jeu interactif en temps réel basé sur Java — qui nous avait conduits à nous interroger sur la médiation des émotions par la technologie.

Pendant la création de Cœurs électrisés, en 1996, je suis devenue de plus en plus convaincue que la médiation des émotions — avec la perspective de percer d’immenses nouveaux marchés qu’elle laissait implicitement entrevoir — faisait partie des préoccupations culturelles/technologiques de l’heure. Nous avons inventé, en développant ces idées, un système d’appariement. Bien que nous employions le mot amour dans le titre du brevet, le système s’applique à tout type d’appariement, jusqu’aux applications dans le domaine de la sécurité. Le financement considérable dont j’aurais eu besoin pour produire une œuvre technologique à partir de ces idées était effarant. Nous avons donc trouvé une autre solution et créé l’œuvre sous la forme d’un brevet.

Le brevet présentait d’importants attributs. Il impliquait un examen de la propriété intellectuelle qui privatise de plus en plus l’activité humaine. Il représentait un nouvel environnement pour les œuvres, car les brevets sont, à bien des égards, semblables aux galeries d’art dans la mesure où ils maintiennent la frontière bien établie entre le sujet et l’objet intacte. Nous avons donc utilisé le brevet en tant que site, au même titre que j’avais jusqu’ici utilisé ce lieu d’exposition contextuel du XIXe siècle qu’est la galerie d’art.

Le brevet constitue un milieu protégé d’un autre genre, réservé à ceux qui ont les moyens de se l’offrir. Il impose une forme fixe qui offrait une occasion extraordinaire de réunir, en tant qu’agents de désir, la science et l’art. Enfin, on aurait dit que le brevet était spécialement conçu pour nous permettre de spéculer sur un domaine de plus en plus étudié dans les laboratoires de recherche et exploité en surveillance.

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

Catherine Richards vit et travaille à Ottawa, où elle est professeure au Département d'arts visuels de l'Université d'Ottawa. Elle détient un baccalauréat en littérature anglaise de l'Université York, ainsi qu’un baccalauréat en arts visuels de l'Université d'Ottawa. Lauréate de nombreux prix, elle été la première artiste en résidence au Musée des beaux-arts du Canada. En 1991, elle présentait Spectral Bodies au Département d’informatique de l’Université de l’Alberta et au Banff Centre for the Arts, œuvre qui a fait d’elle la première artiste canadienne à utiliser un système de réalité virtuelle.


www.catherinerichards.ca

expositions (sélection)
2004 : The 14th Biennale of Sydney: On Reason and Emotion, Sydney (Australie) 2003 : Tissus excitables, Galerie d’art d’Ottawa, Ottawa (Ontario) 2000 : Engaging the Virtual, Dalhousie Art Gallery, Halifax (Nouvelle-Écosse) 1997 : Catherine Richards : Coeurs électrisés, M Pour en lire plus

Catherine Richards vit et travaille à Ottawa, où elle est professeure au Département d'arts visuels de l'Université d'Ottawa. Elle détient un baccalauréat en littérature anglaise de l'Université York, ainsi qu’un baccalauréat en arts visuels de l'Université d'Ottawa. Lauréate de nombreux prix, elle été la première artiste en résidence au Musée des beaux-arts du Canada. En 1991, elle présentait Spectral Bodies au Département d’informatique de l’Université de l’Alberta et au Banff Centre for the Arts, œuvre qui a fait d’elle la première artiste canadienne à utiliser un système de réalité virtuelle.


www.catherinerichards.ca

expositions (sélection)

  • 2004 : The 14th Biennale of Sydney: On Reason and Emotion, Sydney (Australie)
  • 2003 : Tissus excitables, Galerie d’art d’Ottawa, Ottawa (Ontario)
  • 2000 : Engaging the Virtual, Dalhousie Art Gallery, Halifax (Nouvelle-Écosse)
  • 1997 : Catherine Richards : Coeurs électrisés, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (Ontario)

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

brevet

Titre de propriété industrielle qui confère à l’auteur d’une découverte ou d’une invention un droit exclusif d’exploitation pour un temps déterminé. Un dépôt légal doit cependant être fait.

codification

Opération par laquelle un code est employé pour convertir une information (un mot ou une image par exemple) sous une autre forme de représentation. Cette mise en place de codes permet ainsi de structurer les informations en systèmes organisés.

propriété intellectuelle

Ce terme recouvre les droits d’utilisation d’une création de l’esprit. La propriété industrielle en constitue un premier aspect et comprend les inventions, les marques, les modèles industriels et les indications géographiques. Le droit d'auteur concerne pour sa part les oeuvres littéraires, les films, les œuvres musicales, les œuvres d'art ainsi que les créations architecturales.
brevet

Titre de propriété industrielle qui confère à l’auteur d’une découverte ou d’une invention un droit exclusif d’exploitation pour un temps déterminé. Un dépôt légal doit cependant être fait.

codification

Opération par laquelle un code est employé pour convertir une information (un mot ou une image par exemple) sous une autre forme de représentation. Cette mise en place de codes permet ainsi de structurer les informations en systèmes organisés.

propriété intellectuelle

Ce terme recouvre les droits d’utilisation d’une création de l’esprit. La propriété industrielle en constitue un premier aspect et comprend les inventions, les marques, les modèles industriels et les indications géographiques. Le droit d'auteur concerne pour sa part les oeuvres littéraires, les films, les œuvres musicales, les œuvres d'art ainsi que les créations architecturales.

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • démontrer qu’il comprend le lien qui existe entre la science et l’art;
  • tenter d’expliquer l’état d’esprit de l’artiste au moment où elle a réalisé cette œuvre.

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