En général, les Acadiens qui sont revenus dans les Maritimes ne sont pas rétablis sur leurs anciennes terres étant donné qu’elles étaient désormais habitées par des colons anglais et que les autorités britanniques préféraient qu’ils se dispersent en petits groupes. 

Au Nouveau-Brunswick ils se sont établis dans le nord, dans l’est et dans la vallée de la rivière Saint-Jean. Ceux revenus dans la région de Fredericton ont été forcés de s’installer au nord-ouest et au nord-est entre 1784 et 1786, après l'arrivée des loyalistes. 

…la nature transitoire et locale des institutions acadiennes a marqué l’histoire de ce peuple. Aucune institution acadienne ne pouvait servir toute la communauté acadienne. Par exemple, les prêtres étaient généralement des missionnaires, et non des résidants. Il y avait peu d’écoles et souvent les enseignants étaient des instituteurs itinérants qui transmettaient leur petit Pour en lire plus
En général, les Acadiens qui sont revenus dans les Maritimes ne sont pas rétablis sur leurs anciennes terres étant donné qu’elles étaient désormais habitées par des colons anglais et que les autorités britanniques préféraient qu’ils se dispersent en petits groupes. 

Au Nouveau-Brunswick ils se sont établis dans le nord, dans l’est et dans la vallée de la rivière Saint-Jean. Ceux revenus dans la région de Fredericton ont été forcés de s’installer au nord-ouest et au nord-est entre 1784 et 1786, après l'arrivée des loyalistes. 

…la nature transitoire et locale des institutions acadiennes a marqué l’histoire de ce peuple. Aucune institution acadienne ne pouvait servir toute la communauté acadienne. Par exemple, les prêtres étaient généralement des missionnaires, et non des résidants. Il y avait peu d’écoles et souvent les enseignants étaient des instituteurs itinérants qui transmettaient leur petit bagage de connaissances dans les maisons des habitants. Il n’y avait aucun journal acadien, aucun établissement d’enseignement supérieur et aucun avocat ou médecin, ni de classe moyenne. Et, par-dessus tout, ils ne se considéraient pas comme faisant partie d’une nation étant donné qu’ils étaient isolés les uns des autres et qu’il n’existait aucune institution acadienne importante. 

Toute une génération d’Acadiens s'est déplacée à gauche et à droite vers les 1749 à 1786. Néanmoins, ils ont réussi à créer une nouvelle Acadie malgré le fait d'être plus dispersés qu’à l’époque du régime français. Ils devaient alors créer des institutions, des structures et un certain cadre organisationnel puisque même l’unité familiale avait été détruite en raison des 30 années pendant lesquelles ils avaient été séparés. Il s’agissait d’une tâche extrêmement difficile et on ne peut pas dire que cette période ait donné lieu à de grandes réussites.

Pendant ce temps, les autorités anglaises continuaient l’anglicisation de la colonie qu’ils avaient commencée en 1749. Dans le but d’encourager l’émergence d’un caractère typiquement britannique dans la province, on a privé dès le début les catholiques de leurs droits politiques en obligeant toute personne à prêter un serment religieux pour exercer une fonction publique.

[Le sujet prêtait un premier serment d’allégeance à la Couronne britannique. Le second serment visait à renier les descendants de James II qui prétendaient à la Couronne britannique. Puis la formulation de deux autres serments visait à exclure tous les catholiques : un des serments dénonçait l’autorité spirituelle du Pape dans tout le royaume britannique et l’autre faisait jurer au sujet qu’il ne croyait pas au sacrement de l’Eucharistie.] 

En Nouvelle-Écosse, les catholiques n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1789 et, dans les deux autres colonies (le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard), ils ont dû attendre jusqu’en 1810. Jusqu’en 1830, année où la Grande-Bretagne a décrété l’émancipation des catholiques en territoire britannique, ils n’avaient pas le droit de siéger à l'Assemblée législative.

…Les Acadiens pratiquaient l’économie de marché, d’abord dans le domaine de la pêche et plus tard, en exploitation forestière. Cependant, dans ces deux domaines, des hommes d’affaires tenaces leur rendaient la vie difficile. Ils les payaient en coupons échangeables seulement à leurs magasins. Dans certains ports de mer, l’activité commerciale contribuait juste un peu à diversifier l’économie acadienne. En somme, à part quelques exceptions, tels Joseph Gueguen de Cocagne et Otho Robichaud de Néguac, très peu d’Acadiens ne vivaient dans l’aisance à la fin du 19e siècle. 

Certains Acadiens ont subi les conséquences de la déportation de façon beaucoup plus immédiate. Les fermiers de Minoudie (N.-É.) et de Memramcook (N.-B.) ont appris qu’ils habitaient sur les terres du gouverneur Joseph Wallett Des Barres et qu’ils devraient payer une rente annuelle à leur seigneur et à ses héritiers. Après plusieurs années de tentatives infructueuses pour prendre possession de ces terres, les colons de Minoudie ont décidé de s’installer dans le sud-est du Nouveau-Brunswick pendant que les colons de la région de Memramcook ont été forcés de racheter leurs terres. Il a fallu attendre les années 1840 pour que cette question soit réglée de façon définitive. 

En ce qui a trait à l’éducation, il y a eu très peu d’écoles acadiennes avant 1820 et  il n’y a eu aucun établissement d’enseignement supérieur en français avant 1854. De plus, les autorités gouvernementales de l’époque semblaient plus préoccupées par l’enseignement supérieur que par les écoles primaires. 
- Extraits de Léon Theriault , « Acadie, 1763-1978: synthese historique », dans  Jean Daigle, ed. The Acadians of the Maritimes: Thematic Studies, Moncton: Centre d'études acadiennes, L'Université de Moncton, 1982, p. 49-52.
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Objectifs d'apprentissage

Les apprenants seront en mesure de comprendre ce que faisaient les Acadiens avant, pendant et après l’arrivée des loyalistes.

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