Lorsque les loyalistes sont arrivés au Nouveau-Brunswick, la région était habitée par les Mi’kmaq et les Malécites, deux peuples autochtones qui vivaient aux Maritimes de temps immémoriaux. Malgré la présence grandissante des colons français puis britanniques, ces peuples ont réussi à conserver leur culture tout en apprenant à cohabiter avec leurs voisins européens. L’arrivée des loyalistes s'est révélée pénible pour les autochtones du Nouveau-Brunswick. Non seulement les immigrants ont progressivement envahi leurs lieux traditionelle de chasse et de pêche, mais aussi ils se sont vus imposer des croyances et des coutumes euroaméricaines.

Le récit de la première rencontre d’Edward Winslow avec les peuples autochtones de la région en dit long sur l’attitude condescendante de nombreux loyalistes. Dans une lettre du 7 juillet 1783 à son ami Ward Chipman, Edward Winslow raconte en détail ce qui s’est passé la veille : « Hier, j’ai eu l’honneur d Pour en lire plus

Lorsque les loyalistes sont arrivés au Nouveau-Brunswick, la région était habitée par les Mi’kmaq et les Malécites, deux peuples autochtones qui vivaient aux Maritimes de temps immémoriaux. Malgré la présence grandissante des colons français puis britanniques, ces peuples ont réussi à conserver leur culture tout en apprenant à cohabiter avec leurs voisins européens. L’arrivée des loyalistes s'est révélée pénible pour les autochtones du Nouveau-Brunswick. Non seulement les immigrants ont progressivement envahi leurs lieux traditionelle de chasse et de pêche, mais aussi ils se sont vus imposer des croyances et des coutumes euroaméricaines.

Le récit de la première rencontre d’Edward Winslow avec les peuples autochtones de la région en dit long sur l’attitude condescendante de nombreux loyalistes. Dans une lettre du 7 juillet 1783 à son ami Ward Chipman, Edward Winslow raconte en détail ce qui s’est passé la veille : « Hier, j’ai eu l’honneur d'être présenté à trois chefs indiens, un grand prêtre, des squaws et autres. C’était vraiment très ridicule. Je serai heureux de vous raconter l’événement en détail un de ces jours. Vous trouverez sûrement cela bien amusant. »1

Bon nombre de loyalistes, dont Edward Winslow, étaient en faveur d’établir des « écoles pour Indiens » relevant de la New England Company.2  Cette société fondée dans le seul but de « civiliser » et de « convertir au christianisme » les peuples autochtones de l’Amérique du Nord a concentré la plupart de ses activités sur le territoire britannique du Nouveau-Brunswick après la Révolution américaine.  Edward Winslow a été nommé commissaire de la New England Company en 1791.

Devant à l’origine être situées un peu partout dans la province, notamment à St. Andrews, Woodstock, Fredericton, Sheffield, Sussex et Miramichi, les écoles pour Indiens ont fusionné au milieu des années 1790. Les élèves ont été réunis dans un seul établissement à Sussex Vale où, croyait-on, une exposition soutenue à l’agriculture devait faciliter le processus d’acculturation et d’assimilation. Dans une lettre écrite en 1804, Edward Winslow a expliqué pourquoi Sussex Vale a été choisi lieu des école pour Indiens en précisant que certains commissaires pensaient que Fredericton serait le meilleur endroit où établir l’école. D’autres localités ont aussi été proposées et après mûre réflexion, il a été décidé que Sussex Vale offrait le plus grand nombre d’avantages et c’est donc là qu'a été érigé le collège. L’établissement est entouré d’un bon nombre de terres fertiles déboisées qui sont de grande culture. Ces terres appartiennent à d’excellents fermiers de bonne réputation. Nous pensions, écrit-il, que ces circonstances offriraient aux Indiens la meilleure occasion de suivre le programme d’agriculture et de constater les avantages associés à de bonnes habitudes de travail.3

Enseigner aux autochtones du Nouveau-Brunswick comment exploiter la terre n’était qu’un aspect du programme d’acculturation des écoles. La foi chrétienne a aussi été utilisée en vue d'anéantir la culture autochtone, pas avec autant de succès que ne le souhaitait Winslow. Dans cette lettre de 1804, il se plaint du fait que les autochtones ne se convertissent pas au christianisme tout en faisant l'éloge de l'école qui aide ceux qui sont dans le besoin : 

« ...bien que les Indiens n’aient pas adhéré à la religion chrétienne avec tout l’empressement que le pieux témoin l’aurait espéré, ils considéraient néanmoins cet endroit comme un refuge où les personnes âgées et handicapées pouvaient se remettre de l’épuisement associé au mode de vie des sauvages et où les jeunes garçons et filles étaient nourris, vêtus et instruits dans la mesure où ils le voulaient.»4

Malgré les prétentions d’Edward Winslow comme quoi l’établissement de Sussex Vale était un endroit où les autochtones pouvaient se remettre de l’épuisement associé au mode de vie qu’ils avaient choisi, l’école n’a jamais eu les résultats espérés. Les élèves, ayant hâte de retourner dans leur famille, partaient aussitôt que possible. Une lettre de Geoge Leonard, trésorier du conseil du Nouveau-Brunswick de la New England Company, à l’intention d’Edward Winslow en 1804, laisse sous-entendre une des raisons possibles de cet état de la situation :  on ne leur donnait tout simplement pas assez à manger. Dans sa lettre, George Leonard affirme que ces « pauvres créatures » étaient privées de « leur pain ».5 Mais il a fallu attendre jusqu’en 1826 pour reconnaître officiellement que le projet de Sussex Vale avait échoué et fermer les portes de « l’école pour Indiens ».

Corey Slumkoski
Université du Nouveau-Brunswick

1 Letter from Edward Winslow to Ward Chipman, 7 July 1783, Winslow Family Papers, Volume 2-105.

2 Une excellente analyse de la bienveillance supposée de la New England Company manifestée au Nouveau-Brunswick se trouve dans l’article de Judith Fingard, intitulé « The New England Company and the New Brunswick Indians, 1786-1826 : A Comment on the Colonial Perversion of British Benevolence »,  Acadiensis, I, 2 (spring 1972), p. 29-42.

3 Notes respecting the Indians and Acadians of New Brunswick, 1804, Winslow Family Papers, Volume 12-111.

4 Notes respecting the Indians and Acadians of New Brunswick, 1804, Winslow Family Papers, Volume 12-111.

5 Letter from George Leonard to Edward Winslow, 4 January 1804, Winslow Family Papers, Volume 12-60.


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Objectifs d'apprentissage

Les apprenants seront en mesure de comprendre les premières méthodes utilisées par les loyalistes pour tenter d’assimiler les autochtones du Nouveau-Brunswick.

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