Bienheureux le corsaire américain possédant un chapeau. Goudronné, son couvre-chef le protège de la furie du Saint-Laurent en automne !Aventuriers ou pêcheurs, combattants ou négociants, les membres d'équipage de navire corsaire doivent tous naviguer.

C'est donc dans le monde maritime que les corsaires sont la plupart du temps recrutés. Généralement âgés de 17 à 50 ans, ils s'embarquent et s'engagent comme corsaires pour le salaire et, parfois, pour la gloire!

Bien que les corsaires doivent faire passer les intérêts de l'État avant les leurs, on sait qu'en réalité l'attrait du profit l'emporte. Le gouverneur de Plaisance, Costebelle, s'en plaint d'ailleurs au Ministre de la Marine.

« Ils sont plus friands de biens que de gloire et de corsaire à corsaire, pour peu que les forces soient égales, rarement engagent-ils d'opiniâtre combat. »
BAC, MG1 Série C11C, 10/11/1707

En Amérique du Nord, le butin de course est assez différent du butin des corsaires des Antilles. L'or du nord, c'est la morue! Bien qu'elle puisse rapporter un bon profit, la morue peut malheureusement se gâter et les Pour en lire plus
Bienheureux le corsaire américain possédant un chapeau. Goudronné, son couvre-chef le protège de la furie du Saint-Laurent en automne !Aventuriers ou pêcheurs, combattants ou négociants, les membres d'équipage de navire corsaire doivent tous naviguer.

C'est donc dans le monde maritime que les corsaires sont la plupart du temps recrutés. Généralement âgés de 17 à 50 ans, ils s'embarquent et s'engagent comme corsaires pour le salaire et, parfois, pour la gloire!

Bien que les corsaires doivent faire passer les intérêts de l'État avant les leurs, on sait qu'en réalité l'attrait du profit l'emporte. Le gouverneur de Plaisance, Costebelle, s'en plaint d'ailleurs au Ministre de la Marine.

« Ils sont plus friands de biens que de gloire et de corsaire à corsaire, pour peu que les forces soient égales, rarement engagent-ils d'opiniâtre combat. »
BAC, MG1 Série C11C, 10/11/1707

En Amérique du Nord, le butin de course est assez différent du butin des corsaires des Antilles. L'or du nord, c'est la morue! Bien qu'elle puisse rapporter un bon profit, la morue peut malheureusement se gâter et les profits disparaître. En somme, les équipages corsaires n'ont aucune assurance de prendre leur pied!

© 2006, Musée maritime du Québec et du Musée naval de Québec

Chapeau de marin, fin XVIIIe siècle

Ce chapeau est fait de paille recouverte de toile goudronnée, afin d’en assurer l’imperméabilité.

Peabody Essex Museum, Salem

no M995
© Peabody Essex Museum, Salem


Les équipages corsaires sont souvent constitués de marins de métier. Pour faire la course, il faut savoir naviguer et même très bien naviguer. En effet, les corsaires doivent maîtriser leur navire de manière à en tirer tout le potentiel de vitesse et de précision. Outre la vitesse, ils comptent parfois sur l'effet de surprise. Pour approcher un navire sans se faire remarquer, ils ont avantage à bien louvoyer!

Les équipages corsaires proviennent de différents ports. Les principaux sont Louisbourg à l'Île Royale, Plaisance à Terre-neuve, Port-Royal en Acadie et Québec. On a même retracé des marins corsaires provenant de Montréal. Il arrive aussi que des capitaines corsaires recrutent leur équipage dans plus d'un port. Il est vrai que la population n'est pas très nombreuse et les bons marins manquent parfois à l'appel.

Morin et son équipage hivernent

Navire corsaire : Le Trompeur
Août 1712
Capitaine : Jacques François Morin
Port d'attache : Québec

Le Trompeur appareille en août 1712. À s Pour en lire plus
Les équipages corsaires sont souvent constitués de marins de métier. Pour faire la course, il faut savoir naviguer et même très bien naviguer. En effet, les corsaires doivent maîtriser leur navire de manière à en tirer tout le potentiel de vitesse et de précision. Outre la vitesse, ils comptent parfois sur l'effet de surprise. Pour approcher un navire sans se faire remarquer, ils ont avantage à bien louvoyer!

Les équipages corsaires proviennent de différents ports. Les principaux sont Louisbourg à l'Île Royale, Plaisance à Terre-neuve, Port-Royal en Acadie et Québec. On a même retracé des marins corsaires provenant de Montréal. Il arrive aussi que des capitaines corsaires recrutent leur équipage dans plus d'un port. Il est vrai que la population n'est pas très nombreuse et les bons marins manquent parfois à l'appel.

Morin et son équipage hivernent

Navire corsaire : Le Trompeur
Août 1712
Capitaine : Jacques François Morin
Port d'attache : Québec

Le Trompeur appareille en août 1712. À son bord quelques membres d'équipage dont deux « sauvages » et des hommes de Québec se déclarant flibustiers! Les membres d'équipage manquants seront recrutés par la suite au Cap-Breton.

En mer, ils prennent deux navires anglais : la Mutine et la Gaillarde. Trop loin de Québec pour remonter le fleuve avant qu'il ne gèle, l'équipage choisit d'hiverner avec ses prises en Acadie.

Or, le printemps revenu, plusieurs membres de l'équipage choisissent de rester en Acadie et de ne pas rentrer à Québec avec le Trompeur et ses prises. Ils vendent donc leurs parts du butin à d'autres marins, et l'équipage qui vient déclarer les prises à Québec est différent de celui qui les a faites!

Le recrutement et la presse de marins

Pendant toutes les périodes de conflit, les différents États doivent s'assurer du recrutement de la Marine royale et ils doivent aussi encourager les habitants hardis à partir en course. Il en résulte une compétition entre les Marines royales et les corsaires.

Pour empêcher que les bons candidats marins ne succombent aux promesses de butin des corsaires et délaissent ainsi la Marine royale, le Secrétaire aux colonies de Grande-Bretagne, en 1778, intervient en émettant de nouvelles instructions. Il devient formellement interdit aux navires corsaires d'employer à leur bord des marins de la Marine royale.

La presse de marins

Pour recruter ses hommes, la Marine anglaise envoie des patrouilles armées dans les lieux publics pour effectuer la « presse de marins ». Les hommes capables sont carrément enlevés de force pour servir sur les bateaux. Appliquée par les autorités anglaises dans la vallée du Saint-Laurent, cette pratique a parfois donné lieu à des abus cruels. La presse va parfois très loin : en 1778, au Québec, un marin est tué lors d'une telle opération.

Musée maritime du Québec and Naval Museum of Québec

L’arrivée des bateaux provenant de France, 1660, vers 1931

L’arrivée des bateaux provenant de France, 1660, vers 1931

Lawrence R. Batchelor
Reproduit avec la permission du ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (2005).
vers 1931
C-011924
© Bibliothèque et Archives du Canada


: Liste d’équipage du Trompeur commandée par Jacques-François Morin dit Bonsecours, 1712

Liste d’équipage du Trompeur commandée par Jacques-François Morin dit Bonsecours, 1712

Archives nationales du Québec, Québec
1712
TL5 d482 K
© Archives nationales du Québec, Québec


Rudimentaire, voilà bien le mot pour résumer les conditions de vie à bord des navires corsaires. Il faut imaginer à quel point l'équipage dispose de peu d'espace. Il n'y a aucune commodité à bord. Pas moyen de prendre un bain, et pas de bon lit non plus! Les marins doivent dormir dans leurs branles tout près de la cuisine et parmi les rats et les canons.

Durant les longs périples, la très grande proximité entre les membres d'équipage, le manque de vitamine et des vêtements peu appropriés favorisent l'éclosion d'épidémies. Nombre de marins perdent la vie de maladies comme le scorbut et les fièvres.

L'hygiène

L'eau à bord des navires est une denrée fort précieuse. On comprend dès lors que les membres d'équipage ne la gaspillent pas. Pas question de laver sa chemise à tous les jours, pas même à toutes les semaines!

Le navire, bien entendu, doit être entretenu. Les marins balaient les ponts, mais avec tout ce qui encombre le bâtiment, il n'est pas facile de le maintenir salubre. Avec le temps, les navires s'imprègnent des mauvaises odeurs. Parfois trop souillés, certains navi Pour en lire plus
Rudimentaire, voilà bien le mot pour résumer les conditions de vie à bord des navires corsaires. Il faut imaginer à quel point l'équipage dispose de peu d'espace. Il n'y a aucune commodité à bord. Pas moyen de prendre un bain, et pas de bon lit non plus! Les marins doivent dormir dans leurs branles tout près de la cuisine et parmi les rats et les canons.

Durant les longs périples, la très grande proximité entre les membres d'équipage, le manque de vitamine et des vêtements peu appropriés favorisent l'éclosion d'épidémies. Nombre de marins perdent la vie de maladies comme le scorbut et les fièvres.

L'hygiène

L'eau à bord des navires est une denrée fort précieuse. On comprend dès lors que les membres d'équipage ne la gaspillent pas. Pas question de laver sa chemise à tous les jours, pas même à toutes les semaines!

Le navire, bien entendu, doit être entretenu. Les marins balaient les ponts, mais avec tout ce qui encombre le bâtiment, il n'est pas facile de le maintenir salubre. Avec le temps, les navires s'imprègnent des mauvaises odeurs. Parfois trop souillés, certains navires doivent alors être détruits!

La nourriture

La nourriture des marins est peu variée et leur ration typique est constituée essentiellement de biscuits de mer et de vin. C'est ce qu'ils consomment au déjeuner! Au dîner, le matelot mange un peu de lard salé, du bœuf ou de la morue. Parfois, quelques légumes sont ajoutés au bouillon de cuisson de la viande salée. Enfin, au souper, hormis le vin et le biscuit, les matelots ont en moyenne quatre onces de légumes tels que des fèves et des pois.

Les vêtements

L'équipage corsaire ne porte pas d'uniforme et, trop souvent, n'a pas de vêtements de rechange! Les matelots vont même parfois travailler sans soulier, leurs hardes entièrement mouillées.

Pour affronter la rigueur du climat nord-atlantique, les matelots n'ont qu'une chemise, des culottes de toile et un bonnet. Certains ont la chance d'avoir une veste, des bas de laine et des sabots ou des souliers.

Les tâches à bord

Capitaine : Commandant à bord du navire, il est responsable de la bonne marche de l'expédition.

Officiers mariniers et non mariniers : Ils sont responsables des quatre aspects fondamentaux de la bonne conduite d'un voilier : le pilotage, le canonnage, l'entretien et la manœuvre.

Chirurgiens : Rarement présents à bord des navires corsaires, les chirurgiens ne pratiquent qu'une médecine rudimentaire. Ils ont certes appris à panser les malades. En revanche, ils pratiquent les saignées et les purges, que l'on croit alors curatives. Aujourd'hui, on sait que ces pratiques affaiblissent les malades plutôt que de les soigner.

Matelots : Ils manœuvrent les voiles, les ancres et tirent du canon.

Mousses : Les hommes à tout faire!

© 2006, Musée maritime du Québec et du Musée naval de Québec

Lard salé, 1760

Ce lard salé a été retrouvé dans un baril sur l’épave du Machault. À l’époque, puisqu’il est impossible de réfrigérer les aliments, la conservation de la viande et du poisson se fait soit par salage, fumage ou séchage.

Agence Parcs Canada, Épave du Machault

© Agence Parcs Canada


Comme elle est avant tout un acte de guerre, la course requiert un équipement approprié. Sans un navire bien armé, il n'y a pas de course.

L'équipage, de son côté, doit manier différents types d'armes. Outre les armes blanches comme les sabres d'abordage, les poignards et les haches d'abordage, les corsaires utilisent également des pistolets, des fusils tromblons, des mousquets et parfois des espingoles.

N'étant généralement pas constitué de soldats de métier, l'équipage corsaire fournit souvent ses propres armes. Les armes employées se révèlent donc très disparates. Tout le contraire de la Marine royale qui bénéficie d'un équipement réglementaire, donc plus homogène.

Les armes du navire

Le principal défi pour un corsaire est d'être rapide afin de chasser les ennemis de l'État. Ainsi, la plupart des navires corsaires ne sont armés que de 10 à 20 canons et sont d'une taille plutôt petite.

Lorsqu'ils ont le choix, les corsaires privilégient les canons courts au détriment des canons longs. On compte aussi beaucoup de pierriers, qui sont des petits canons mobile Pour en lire plus
Comme elle est avant tout un acte de guerre, la course requiert un équipement approprié. Sans un navire bien armé, il n'y a pas de course.

L'équipage, de son côté, doit manier différents types d'armes. Outre les armes blanches comme les sabres d'abordage, les poignards et les haches d'abordage, les corsaires utilisent également des pistolets, des fusils tromblons, des mousquets et parfois des espingoles.

N'étant généralement pas constitué de soldats de métier, l'équipage corsaire fournit souvent ses propres armes. Les armes employées se révèlent donc très disparates. Tout le contraire de la Marine royale qui bénéficie d'un équipement réglementaire, donc plus homogène.

Les armes du navire

Le principal défi pour un corsaire est d'être rapide afin de chasser les ennemis de l'État. Ainsi, la plupart des navires corsaires ne sont armés que de 10 à 20 canons et sont d'une taille plutôt petite.

Lorsqu'ils ont le choix, les corsaires privilégient les canons courts au détriment des canons longs. On compte aussi beaucoup de pierriers, qui sont des petits canons mobiles montés sur des pivots. Généralement, cinq hommes d'équipage sont requis pour manier les canons.

Quant aux projectiles utilisés, ils sont très variés. Les traditionnels boulets ronds conservent la prééminence, mais ne sont pas les seuls. Afin d'abîmer la mâture et les cordages, les marins emploient des boulets ramés qui tournoient dans les airs. Lorsque ces boulets sont entourés d'une toile imbibée d'huile, on les nomme bombes incendiaires. Il y a encore les boulets en étoile qui tournoient rapidement et déchirent les voiles. On trouve finalement les mitrailles et les grappes, des projectiles qui se détachent en dizaines de petits morceaux.

Les armes personnelles

Sabres de bord et épées
Les épées et sabres de bord servent à plusieurs desseins dont, évidemment, le premier est de blesser ou de tuer l'ennemi durant un combat. Les épées et les sabres sont aussi utilisés par les marins lors des abordages afin de couper et briser les cordages qui entravent leur chemin.

Hache d'abordage
Parmi les autres armes blanches on trouve la hache d'abordage qui, en plus d'être une arme offensive, peut servir à endommager la coque d'un navire ennemi et à couper des cordages.

Pique d'abordage
L'une des armes les plus populaires et les plus efficaces est la pique d'abordage. Utilisée lors des attaques corsaires, elle sert à blesser l'ennemi tout en le maintenant à distance. Du point de vue défensif, elle peut empêcher que l'ennemi n'accède au pont d'un navire.

Grappin
D'une utilisation spécifique aux abordages, le grappin est lancé afin que ses pointes s'agrippent sur le navire ennemi. Il est utilisé pour tirer le navire que l'on aborde et pour le maintenir de force au flanc du nôtre afin de permettre aux corsaires d'y monter.

Armes à feu
Très utiles lors des abordages et dans les raids que font les corsaires sur terre, les armes à feu sont utilisées plus spécifiquement dans l'intention de blesser ou de tuer un adversaire. Les pistolets, souvent portés à la ceinture, sont retenus par des crochets. Les mousquets, espingoles et tromblons complètent l'arsenal d'armes à feu des corsaires.

© 2006, Musée maritime du Québec et du Musée naval de Québec

Sabre de corsaire, vue générale, 1740-1750, Le Conardel, Charles (18e)

Ce sabre de bord, dit d’abordage, a probablement appartenu au capitaine de la frégate corsaire l’Aimable-Gernot (1747-1749).

Musée national de la Marine/A. Fux, Armoire de prêt
1740 - 1750
© Musée national de la Marine/A. Fux, Armoire de prêt


Caronade, 1805

Plus courte et plus légère qu’un canon, la caronade a l’avantage d’être très efficace en combat rapproché. Puisque le boulet sort à une plus grande vitesse, il cause davantage de dommages au navire ennemi et à son équipage, blessé par les nombreuses éclisses de bois.

Musée naval de Québec

© Musée naval de Québec


Boulet étoilé et sac, 1760

Lorsque le sac se désagrège, il libère le boulet qui inflige de nombreux dommages aux cordages et aux voiles en plus de blesser l’ennemi.

Agence Parcs Canada, Épave du Machault
1760
© Agence Parcs Canada


Boulet ramé

Ce type de boulet sert à endommager les voiles et mâts des navires ennemis.

David Saint-Pierre

© Collection archéologique de la ville de Québec


Hache d’abordage XVIII<sup>e</sup> siècle

Arme très répandue chez les corsaires. Plutôt facile à manier, elle se termine d’un côté par un tranchant et de l’autre côté par une pique.

Gilles Sirois
XVIIIe siècle
© Fonds d'exposition de l'Association des descendants de capitaines corsaires, France


Mousquets

Haut: Français, 1774-1777
Centre: Américain, 1775-1776
Bas: Anglais, 1765-1775

Carol Highsmith

no VAFO 124; 137; 109
© George C. Neumann Collection, Valley Forge National Historical Park


Grappin, 1770

Le grappin est utilisé pour tirer un navire et le maintenir en place lors de l’abordage.

Musée Stewart au Fort de l’Ile Sainte-Hélène
1770
no 1966.11
© Musée Stewart au Fort de l’Ile Sainte-Hélène


Bien qu'il soit spectaculaire, le combat naval n'occupe qu'une infime partie du temps des corsaires. En effet, les corsaires ont de longues distances à parcourir et ne rencontrent pas toujours l'ennemi.

De plus, les armateurs, qui investissent dans le transport de marchandises, incitent généralement les marins à se rendre sans résistance. Les corsaires, quant à eux, préfèrent être faits prisonniers que de perdre la vie. Ainsi, même si les corsaires cherchent à prendre le contrôle d'un navire, ils ne recourent pas systématiquement au combat.

Or, les combats s'imposent parfois. Par un coup de semonce, le navire corsaire somme le navire ennemi de se rendre. S'il riposte ou refuse d'obtempérer, alors c'est le branle-bas de combat!

Un Terre-neuvier vs un corsaire anglais

Le Notre-Dame de Grâce

Cinq mai 1708, à l'aube
Port d'attache : La Rochelle, France
Position : Une lieue et demie à ouest-sud-ouest de Belle Isle

Avec ses 97 hommes d'équipage et ses dix canons de petit calibre, le navire est sur ses gardes. Soud Pour en lire plus
Bien qu'il soit spectaculaire, le combat naval n'occupe qu'une infime partie du temps des corsaires. En effet, les corsaires ont de longues distances à parcourir et ne rencontrent pas toujours l'ennemi.

De plus, les armateurs, qui investissent dans le transport de marchandises, incitent généralement les marins à se rendre sans résistance. Les corsaires, quant à eux, préfèrent être faits prisonniers que de perdre la vie. Ainsi, même si les corsaires cherchent à prendre le contrôle d'un navire, ils ne recourent pas systématiquement au combat.

Or, les combats s'imposent parfois. Par un coup de semonce, le navire corsaire somme le navire ennemi de se rendre. S'il riposte ou refuse d'obtempérer, alors c'est le branle-bas de combat!

Un Terre-neuvier vs un corsaire anglais

Le Notre-Dame de Grâce

Cinq mai 1708, à l'aube
Port d'attache : La Rochelle, France
Position : Une lieue et demie à ouest-sud-ouest de Belle Isle

Avec ses 97 hommes d'équipage et ses dix canons de petit calibre, le navire est sur ses gardes. Soudain, l'équipage aperçoit deux frégates anglaises à ses trousses.

C'est l'attaque! Le corsaire anglais canonne le navire de pêche français pendant trois quarts d'heure. Attendant le moment favorable, le Terre-neuvier répond au feu anglais au moment de l'abordage. Grâce à la mousqueterie et à une bonne bordée de canon, l'équipage repousse l'attaque corsaire!

Malheureusement, le capitaine, M. Noël Lhomme, reçoit un coup de mousquet au-dessus de l'oeil droit. Il meurt trois jours plus tard. L'équipage, pour sa part, a la chance d'être sain et sauf.

Un convoi britannique attaqué

Navire d'escorte : Le Fame

Convoi de navires marchands britanniques
Port d'attache : Londres
Destination : Québec

Au cours de l'été 1780, Le Fame, navire marchand britannique légèrement armé, participe à l'escorte d'un convoi en direction de Québec. Dispersé dans le Golfe du Saint-Laurent, le convoi est à la merci d'un corsaire américain qui s'est amené sur sa route.

Comme le corsaire n'affiche pas ses couleurs, le capitaine du navire marchand lui demande de s'identifier. Quand le capitaine adverse lui répond « Damn'd your blood! » (Que vous soyez maudit!), il n'y a plus de doute possible, c'est un corsaire américain!

Sans donner plus d'explications, le corsaire y va d'une charge de canons. Le capitaine rassemble ses papiers et ses effets personnels, certain qu'il sera pris. Heureusement pour les Anglais, le convoi rejoint les navires isolés et réussit à repousser le corsaire. Pour cette fois, le combat est évité.

L'attaque du Trompeur

Navire corsaire canadien : Le Trompeur

Le 5 août 1712
Port d'attache : Québec
Position : Golfe du Saint-Laurent

Parfois les corsaires mettent pied à terre pour livrer combat. Exemple : lorsque le petit équipage du Trompeur suit trois bâtiments battant pavillon anglais jusqu'au fond d'une baie.

Afin de prendre l'ennemi en tenaille, les corsaires décident de surprendre les Anglais en attaquant par terre et par mer. Faisant mine de vouloir riposter, les Anglais prennent plutôt la fuite à bord de deux navires et abandonnent le troisième aux corsaires.

Dans son interrogatoire de retour en juin 1713, René Denault, âgé de 21 ans et se déclarant flibustier, demeurant au Cul-de-sac de Québec, explique ce que la prise contenait :

« Environ dans les deux bâtiments dix ou douze barriques de sel, et environ deux milliers de morues petites et grandes tranchées et salées et quelques papiers qu'on dit être des passeports ou commissions. »
ANQ-Q, TL5D 482 G, 19/06/1713

© 2006, Musée maritime du Québec et du Musée naval de Québec

Le vaisseau Le Vengeur en combat de 13 prairial (1er juin 1794), 1844

Le vaisseau Le Vengeur en combat de 13 prairial (1er juin 1794), 1844

Victor Ferdinand Perrot

C-016225
© Library and Archives Canada/Bibliothèque et Archives Canada


Journal de bord du Fame, 1780

Ce journal de bord est celui du navire anglais Fame. Il consigne trois voyages de ravitaillement entre l’Angleterre et Québec auquel le Fame prend part. En pleine Guerre d’indépendance américaine, le voyage du Fame de 1780 est marqué par la rencontre de corsaires américains dans le Golfe du Saint-Laurent.

Philips Library, Peabody Essex Museum

no 6561779/83 f
© Philips Library, Peabody Essex Museum


Le pillage des zones terrestres fait partie des activités des corsaires. Ces derniers convoitent les postes de pêche comme ceux de Percé et de Mingan. Emportant tout objet de valeur, ils brûlent les installations de pêche et les habitations entourant ces postes. Or, cette pratique disparaît graduellement au début du XVIIIe siècle.

Pourtant, des « corsaires pilleurs » durant la Guerre d'Indépendance américaine (1775-1783) reprennent leurs activités. Bien décidés à nuire au commerce anglais, les Américains pillent les installations des grands marchands britanniques de la Baie des Chaleurs tels les Robins et Shoolbred. Ils iront même jusqu'au poste de pêche de Sept-Îles!

Plunterage

Le droit de plunterage est une pratique du monde maritime. Lors d'une prise, les membres de l'équipage d'un navire armé en course peuvent s'approprier, à titre individuel, les effets personnels de leur homologue ennemi.

Ainsi, le capitaine peut prendre les effets du capitaine ennemi ou adverse, le chirurgien, s'il y en a un, le coffre du chirurgien sur le navire ennemi, le Pour en lire plus
Le pillage des zones terrestres fait partie des activités des corsaires. Ces derniers convoitent les postes de pêche comme ceux de Percé et de Mingan. Emportant tout objet de valeur, ils brûlent les installations de pêche et les habitations entourant ces postes. Or, cette pratique disparaît graduellement au début du XVIIIe siècle.

Pourtant, des « corsaires pilleurs » durant la Guerre d'Indépendance américaine (1775-1783) reprennent leurs activités. Bien décidés à nuire au commerce anglais, les Américains pillent les installations des grands marchands britanniques de la Baie des Chaleurs tels les Robins et Shoolbred. Ils iront même jusqu'au poste de pêche de Sept-Îles!

Plunterage

Le droit de plunterage est une pratique du monde maritime. Lors d'une prise, les membres de l'équipage d'un navire armé en course peuvent s'approprier, à titre individuel, les effets personnels de leur homologue ennemi.

Ainsi, le capitaine peut prendre les effets du capitaine ennemi ou adverse, le chirurgien, s'il y en a un, le coffre du chirurgien sur le navire ennemi, le matelot, la boîte contenant les effets personnels de son homologue et ainsi de suite.

Le pillage de Percé en 1690

La flotte de Phips part de Boston vers la mi-mai 1690. Des navires de guerre, des transports de troupes et de ravitaillement, mais aussi quelques corsaires composent cette flotte. Son objectif ultime est de prendre la Nouvelle-France. Après la prise et le pillage de Port-Royal dans la Baie de Fundy, une partie de la flotte s'en prend aux installations de pêche de l'Île Bonaventure et de Percé.

Pendant huit jours, les corsaires pillent et incendient le poste de pêche et les petites chapelles de l'Île Bonaventure et de Percé.

Le père Emmanuel Jumeau assiste, impuissant, au désastre :

« Ils mirent ensuite le feu aux quatre coins de l'Église, qui fut bientôt réduite en cendres, de même que celle de notre Mission en l'Isle de Bonaventure, qui eut aussi une pareille destinée, après qu'ils en eurent brisé les images, et coupé tous les ornements à grands coups de sabre. »

Extrait d'une lettre du Père Jumeau au Père Chestien Leclercq, 15 octobre 1690.

Le pillage de Mingan en 1778

Navire corsaire américain : Fame
Port d'attache : Salem au Massachusetts

Après avoir dévasté les postes de pêche de la Baie des Chaleurs, le capitaine du Fame prend à son bord un jeune Canadien français. Faisant office de pilote, le Canadien conduit les Américains jusqu'au poste de Mingan pour y piller les fourrures.

Le corsaire effectue également une prise : le navire de Joseph Colard. Ce capitaine perd ainsi toute sa marchandise dont 712 peaux de phoque. En revanche, lui et son équipage ont la chance d'être libérés.

Par bravade ou par vantardise, le corsaire ira jusqu'à se moquer des navires du roi qui sont au Bic. Il prétend être en mesure de les prendre!

© 2006, Musée maritime du Québec et du Musée naval de Québec

Bague-sceau, vers 1690

Cette petit boîte contient les effets personnels d’un marin: porte-bonheur, objets précieux, ustensiles, dés à jouer et nécessaire de couture.

Photo : Marc Gadreau, Réserve d’archéologie du Québec.
Épave et collection archéologique du Élizabeth and Mary

© Réserve d’archéologie du Québec


Nécessaire de marin (Ditty box), vers 1812

Cette petit boîte contient les effets personnels d’un marin: porte-bonheur, objets précieux, ustensiles, dés à jouer et nécessaire de couture.

Peabody Essex Museum
vers 1812
no M950
© Peabody Essex Museum


Les activités corsaires ont des impacts majeurs dans la vie quotidienne des gens et dans leur vie économique. Puisque la course est une forme de guerre privée qui génère des profits, du moins si elle est fructueuse, elle peut devenir une source de revenus supplémentaires pour les marins et les capitaines des équipages corsaires.

En revanche, l'absence d'un nombre important d'hommes partis en mer crée des déséquilibres sociaux. En effet, si un grand nombre de pêcheurs et de paysans partent pendant une même période, il arrive que l'on manque de main-d'œuvre pour cultiver la terre et que les pêches soient délaissées. Certaines familles en souffrent et, si les activités de course prennent de l'ampleur, c'est toute une ville qui peut en subir les conséquences.
Les activités corsaires ont des impacts majeurs dans la vie quotidienne des gens et dans leur vie économique. Puisque la course est une forme de guerre privée qui génère des profits, du moins si elle est fructueuse, elle peut devenir une source de revenus supplémentaires pour les marins et les capitaines des équipages corsaires.

En revanche, l'absence d'un nombre important d'hommes partis en mer crée des déséquilibres sociaux. En effet, si un grand nombre de pêcheurs et de paysans partent pendant une même période, il arrive que l'on manque de main-d'œuvre pour cultiver la terre et que les pêches soient délaissées. Certaines familles en souffrent et, si les activités de course prennent de l'ampleur, c'est toute une ville qui peut en subir les conséquences.

© 2006, Musée maritime du Québec and Naval Museum of Québec

Élie Galermont est un nouveau marin sur le navire corsaire « La T ». Après une prise, il se rend compte que son capitaine les entraînent dans l’illégalité et agit davantage comme un pirate que comme un corsaire au service du roi. Élie n’aime pas beaucoup cette affaire et décide de partir à la recherche de preuves afin de dénoncer son capitaine à son retour. À travers différents jeux, aide Élie Galermont fouille le navire afin de trouver des preuves pour dénoncer le capitaine.

Jeu 2
Seuls les meilleurs marins peuvent s’embarquer sur le navire du Capitaine Ménard. Aidez-le à choisir les membres d’équipage pour son expédition corsaire. Pour chaque personnage, lisez son métier et ses caractéristiques. Cliquez sur les marins que vous voulez engager.

Suivez ce lien pour jouer le jeu.
Élie Galermont est un nouveau marin sur le navire corsaire « La T ». Après une prise, il se rend compte que son capitaine les entraînent dans l’illégalité et agit davantage comme un pirate que comme un corsaire au service du roi. Élie n’aime pas beaucoup cette affaire et décide de partir à la recherche de preuves afin de dénoncer son capitaine à son retour. À travers différents jeux, aide Élie Galermont fouille le navire afin de trouver des preuves pour dénoncer le capitaine.

Jeu 2
Seuls les meilleurs marins peuvent s’embarquer sur le navire du Capitaine Ménard. Aidez-le à choisir les membres d’équipage pour son expédition corsaire. Pour chaque personnage, lisez son métier et ses caractéristiques. Cliquez sur les marins que vous voulez engager.

Suivez ce lien pour jouer le jeu.

© 2006, Musée maritime du Québec et du Musée naval de Québec

Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • identifier le rôle et l’importance des corsaires sur la population, l’économie de la colonie ainsi que le développement du territoire;
  • définir ce qui caractérise un corsaire et les différences qui existent entre eux et les pirates;
  • établir des liens entre les évènements du passé et le présent (continuité);
  • développer une démarche de recherche et de traitement de l’information en géographie et en histoire, ce qui lui permettra de développer sa pensée critique et historique.

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