Dans les années 1910 et 1920, il était possible, pour les consommateurs, d'acheter leur maison au moyen de catalogues de vente par correspondance. Une fois le modèle choisi dans un des recueils de maisons gratuits, ils s'en procuraient les plans pour un prix minime. Ils commandaient ensuite le matériel requis pour la construction de la maison, qui leur était alors expédié par train.

Eaton n'est que l'une des nombreuses entreprises qui vendent des maisons par correspondance dans les années 1910 et 1920. Sears Roebuck est un joueur important aux États-Unis, mais ne possède aucun bureau ou usine au Canada. Parmi les autres compagnies actives dans l'Ouest canadien, il y a la Mills Timber and Trading Co., de Vancouver, en Colombie-Britannique, qui expédie des maisons et des immeubles commerciaux préfabriqués, principalement des banques, de 1904 à 1911 environ. Les United Grain Growers et leurs précurseurs occupent ensuite une place dans ce marché de 1914, environ, à 1926. Il y a également l'Université de la Saskatchewan et le Manitoba Agricultural College qui distribuent des catalogues de plans de maison même s'ils ne participent pas à l'industrie du bois. Mais le principal Pour en lire plus
Dans les années 1910 et 1920, il était possible, pour les consommateurs, d'acheter leur maison au moyen de catalogues de vente par correspondance. Une fois le modèle choisi dans un des recueils de maisons gratuits, ils s'en procuraient les plans pour un prix minime. Ils commandaient ensuite le matériel requis pour la construction de la maison, qui leur était alors expédié par train.

Eaton n'est que l'une des nombreuses entreprises qui vendent des maisons par correspondance dans les années 1910 et 1920. Sears Roebuck est un joueur important aux États-Unis, mais ne possède aucun bureau ou usine au Canada. Parmi les autres compagnies actives dans l'Ouest canadien, il y a la Mills Timber and Trading Co., de Vancouver, en Colombie-Britannique, qui expédie des maisons et des immeubles commerciaux préfabriqués, principalement des banques, de 1904 à 1911 environ. Les United Grain Growers et leurs précurseurs occupent ensuite une place dans ce marché de 1914, environ, à 1926. Il y a également l'Université de la Saskatchewan et le Manitoba Agricultural College qui distribuent des catalogues de plans de maison même s'ils ne participent pas à l'industrie du bois. Mais le principal concurrent d'Eaton, dans le domaine de la vente de maisons par correspondance, est la Canadian Aladdin Company.

© Société du Musée canadien des civilisations

Page d'un catalogue couleur avec des dessins des maisons

Détail de la dernière de couverture.

Saskatchewan Western Development Museum. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

© Sears Canada Inc.


Au début des années 1900, au moment où se peuplent les Prairies canadiennes, le catalogue d’Eaton constitue en quelque sorte le centre commercial des familles d’agriculteurs. Une salopette pour papa, une nouvelle robe pour maman et un cadeau de Noël spécial pour les enfants : tous ces articles proviennent du magasin Eaton de Winnipeg. Le catalogue offre en effet tous les articles ménagers essentiels et, de 1910 à 1932, on y trouve même un choix de modèles de maisons.

La section des maisons du catalogue d’Eaton est un phénomène exclusif à l’Ouest canadien. Celles-ci sont présentées uniquement dans le catalogue édité à Winnipeg et dans certains recueils de plans. Les annonces publicitaires y montrent des sapins de Douglas, dont le diamètre atteint plus de 2 m et la première branche est située à 60 m du sol. Le bois est exempt de nœud et provient d’arbres qui ne sont plus coupés aujourd’hui.
La vente de maisons par correspondance fonctionne de la manière suivante. Quelques maisons sont présentées dans le catalogue régulier pour susciter l’intérêt des lecteurs. La publication fait la promotion de recueils de plans gratuits qui Pour en lire plus
Au début des années 1900, au moment où se peuplent les Prairies canadiennes, le catalogue d’Eaton constitue en quelque sorte le centre commercial des familles d’agriculteurs. Une salopette pour papa, une nouvelle robe pour maman et un cadeau de Noël spécial pour les enfants : tous ces articles proviennent du magasin Eaton de Winnipeg. Le catalogue offre en effet tous les articles ménagers essentiels et, de 1910 à 1932, on y trouve même un choix de modèles de maisons.

La section des maisons du catalogue d’Eaton est un phénomène exclusif à l’Ouest canadien. Celles-ci sont présentées uniquement dans le catalogue édité à Winnipeg et dans certains recueils de plans. Les annonces publicitaires y montrent des sapins de Douglas, dont le diamètre atteint plus de 2 m et la première branche est située à 60 m du sol. Le bois est exempt de nœud et provient d’arbres qui ne sont plus coupés aujourd’hui.
La vente de maisons par correspondance fonctionne de la manière suivante. Quelques maisons sont présentées dans le catalogue régulier pour susciter l’intérêt des lecteurs. La publication fait la promotion de recueils de plans gratuits qui décrivent en détail les maisons : dessins d’artiste, plans d’étage et renseignements sur le bois, les portes, les fenêtres, le revêtement de plancher et le matériel. Peu d’exemplaires des recueils de plans subsistent encore aujourd’hui, car ils étaient gratuits.

Quand le consommateur arrête son choix, il achète le plan annoncé dans le recueil pour 2,50 $; toutefois, la concurrence fait chuter ce prix à 1 $. Lorsqu’un consommateur commande une maison, cette somme est soustraite du montant de la facture. Et les commandes ne manquent pas ! Des centaines de maisons Eaton parsèment le paysage de l’Ouest canadien et beaucoup abritent la quatrième ou la cinquième génération de la famille sur le même quart de section de terrain. Le bois arrive de la Colombie-Britannique en wagon couvert, et les travaux de menuiserie sont réalisés à Winnipeg. Les frais de transport sont payés à la gare ferroviaire la plus près, puis le bois est transporté jusqu’à la ferme à l’aide d’un attelage et d’un chariot.

Eaton propose une quarantaine de plans de maison différents. Bien que les grandes maisons carrées, à un étage et demi, soient souvent appelées les « maisons Eaton », des constructions de toutes les formes et de toutes les dimensions sont disponibles. La maison à étage mansardé est le modèle le plus populaire. Il existe encore peu de maisons de plain-pied, mais la maison d’Art Dunlap, située près de Harris, en Saskatchewan, prouve la durabilité de ce type de construction. Érigée en 1916 et abandonnée en 1956, elle tient encore fièrement debout.

© Société du Musée canadien des civilisations

À l'autre extrémité de la gamme se trouvent les maisons à étage et demi. La famille de Chris et Kathleen Bolink habite l'une d'elles près de Monarch, en Alberta.

La maison à étage mansardé est le modèle le plus populaire d'Eaton et le
« Earlsfield », le style le plus commun, est encore utilisé dans l'Ouest canadien. Ce modèle fut offert pour la première fois en tant que plan n° 68 dans le catalogue printemps-été de 1912; le prix affiché était 696,50 $, FAB de l'usine - franco à bord, c'est-à-dire « frais de transport compris ». En 1916, il devient la maison moderne n° 668 et son coût grimpe à 887,50 $. Les frais de transport du bois sont inclus, mais pas ceux de la peinture, du matériel, des clous et du papier, expédiés de Winnipeg. La plomberie intérieure coûte 150 $ et le chauffage à air chaud se chiffre à 90 $. Les recueils de plans de 1919 et de 1920 présentent ce modèle sous le nom d'Earlsfield sans toutefois en préciser le prix.

En 1919 et en 1920, tous les noms des maisons d'Eaton commencent par le préfixe « Ea » : Eatoncourt, Eastbourne, Easton, Eager, Earlswood et Earlscourt, entre autres. Le modèle Pour en lire plus
À l'autre extrémité de la gamme se trouvent les maisons à étage et demi. La famille de Chris et Kathleen Bolink habite l'une d'elles près de Monarch, en Alberta.

La maison à étage mansardé est le modèle le plus populaire d'Eaton et le
« Earlsfield », le style le plus commun, est encore utilisé dans l'Ouest canadien. Ce modèle fut offert pour la première fois en tant que plan n° 68 dans le catalogue printemps-été de 1912; le prix affiché était 696,50 $, FAB de l'usine - franco à bord, c'est-à-dire « frais de transport compris ». En 1916, il devient la maison moderne n° 668 et son coût grimpe à 887,50 $. Les frais de transport du bois sont inclus, mais pas ceux de la peinture, du matériel, des clous et du papier, expédiés de Winnipeg. La plomberie intérieure coûte 150 $ et le chauffage à air chaud se chiffre à 90 $. Les recueils de plans de 1919 et de 1920 présentent ce modèle sous le nom d'Earlsfield sans toutefois en préciser le prix.

En 1919 et en 1920, tous les noms des maisons d'Eaton commencent par le préfixe « Ea » : Eatoncourt, Eastbourne, Easton, Eager, Earlswood et Earlscourt, entre autres. Le modèle le plus populaire demeure le Earlsfield. Est-il possible d'imaginer les séances de remue-méninges nécessaires pour trouver tous ces noms commençant par « Ea » ?

Les maisons qui ressemblent au modèle Earlsfield ne proviennent pas toutes d'Eaton. Si certaines s'inspirent du plan, leur bois provient d'ailleurs; d'autres viennent des United Grain Growers. Néanmoins, Earlsfield est un modèle distinctif, difficile à oublier. Outre la maison des McGrath, à Fielding, en Saskatchewan, on retrouve des maisons Earlsfield dans plusieurs localités de l'Alberta : Edmonton, Consort, Mannville, Irma, Nobleford, Viking, Coronation, Camrose et Carrot Creek. En Saskatchewan, on peut en voir dans plus d'endroits encore : Conquest, Wawota, Lafleche, Central Butte, Lancer, Griffin, Craik, Eastend, Cabri, Wapella, Creelman, Tisdale, Star City, Ponteix, Reford, Verwood, Elrose, Maple Creek et North Battleford. Au Manitoba, il y en a à Glenboro, à Killarney, à Holland et à Shoal Lake.

Beaucoup de gens croient à tort que les maisons d'Eaton sont préfabriquées. Bien qu'elles soient expédiées en un seul envoi, ces maisons ne sont pas préfabriquées; même le bois n'est pas coupé. Des entreprises, comme Canadian Aladdin, offrent des maisons prétaillées, alors qu'une autre propose des matériaux préfabriqués.

© Société du Musée canadien des civilisations

Page d'un catalogue avec des dessins noir et blanc d'un maison

Le modèle Eastrare, offert dans le recueil de plans de maisons d’Eaton, 1919

Saskatchewan Western Development Museum. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.
1919
© Sears Canada Inc.


Photo couleur de le modèle du maison Eastacre

Construit en 1916 par Alex Dunlap, à Harris, en Saskatchewan.

Les Henry
1999-06
© Société du Musée canadien des civilisations


Page d'un catalogue avec des dessins noir et blanc d'un maison

Pésentée dans le catalogue de maisons, immeubles et matériaux d'Eaton, 1917-1918, p. 30.

Local History Room, Saskatoon Public Library. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

© Local History Room, Saskatoon Public Library. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.


Photo couleur de la maison moderne no 666

Construite par W. A. Van Lohuizen près de Monarch, en Alberta, en 1918. La maison est présentement habitée par la troisième génération de Bolink.

Les Henry

© Les Henry


Fracture d'Eaton jaunissement

Facture pour des matériaux achetés d'Eaton et destinés à la maison des McGrath, à Fielding, Saskatchewan.

Collection Kevin-McGrath.

© Collection Kevin-McGrath.


La plus grande entreprise de vente de maisons par correspondance au pays était la Canadian Aladdin Co. Ltd., dont le siège social se trouvait dans l'immeuble du Canadien Pacifique, à Toronto. Il s'agissait d'une filiale de l'American Aladdin Co., installée à Bay City, au Michigan. Le premier nom de Canadian Aladdin est Sovereign Construction (nommée d'après les fondateurs, O. E. Sovereign et W. J. Sovereign); la raison sociale originale de la Aladdin Co. était la North American Construction Ltd.

Outre le siège social de Toronto, Canadian Aladdin possède des bureaux à Saint John, à Winnipeg et à Vancouver, ainsi que des usines en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Colombie-Britannique. Alors qu'Eaton est présent dans le secteur de la vente de maisons par correspondance de 1910 à 1932, et seulement dans l'Ouest canadien, Canadian Aladdin fait des affaires d'un océan à l'autre de 1905, environ, à 1952. L'entreprise est moins connue qu'Eaton, mais elle s'avéra un joueur beaucoup plus important dans le marché de la vente de maisons par catalogue.

Les maisons de Canadian Aladdin sont prétaillées à l'usine et expédiées à la gare ferroviaire la plus près du client. Pour en lire plus
La plus grande entreprise de vente de maisons par correspondance au pays était la Canadian Aladdin Co. Ltd., dont le siège social se trouvait dans l'immeuble du Canadien Pacifique, à Toronto. Il s'agissait d'une filiale de l'American Aladdin Co., installée à Bay City, au Michigan. Le premier nom de Canadian Aladdin est Sovereign Construction (nommée d'après les fondateurs, O. E. Sovereign et W. J. Sovereign); la raison sociale originale de la Aladdin Co. était la North American Construction Ltd.

Outre le siège social de Toronto, Canadian Aladdin possède des bureaux à Saint John, à Winnipeg et à Vancouver, ainsi que des usines en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Colombie-Britannique. Alors qu'Eaton est présent dans le secteur de la vente de maisons par correspondance de 1910 à 1932, et seulement dans l'Ouest canadien, Canadian Aladdin fait des affaires d'un océan à l'autre de 1905, environ, à 1952. L'entreprise est moins connue qu'Eaton, mais elle s'avéra un joueur beaucoup plus important dans le marché de la vente de maisons par catalogue.

Les maisons de Canadian Aladdin sont prétaillées à l'usine et expédiées à la gare ferroviaire la plus près du client. Un manuel de construction et un ensemble de plans accompagnent le bois et les matériaux. L'entreprise prétend que toute personne capable de tenir un marteau peut construire une maison, et s'engage à rembourser aux clients 1 $ pour chaque nœud trouvé dans un wagon de bois expédié par son personnel. Est-il possible d'imaginer une garantie équivalente aujourd'hui ? Les propriétaires des parcs à bois débités seraient contraints de verser de l'argent aux clients.

Les maisons de Canadian Aladdin sont des produits de qualité, et il en existe vraisemblablement des centaines encore au pays. Les recherches sur ces maisons se poursuivent et l'auteur, qui possède une importante collection de catalogues d'Aladdin, s'affaire actuellement à identifier des maisons de cette entreprise.

© Société du Musée canadien des civilisations

Page d'un catalogue avec des dessins noir et blanc d'une maison et le plan

Vendu par la Canadian Aladdin. Aladdin Homes: Sovereign System, 1919, p. 30.

Saskatchewan Western Development Museum.

© Saskatchewan Western Development Museum.


Photo couleur de le modèle du maison Edmonton

Le modèle « Edmonton » vendu par la Canadian Aladdin, propriété de Les et Shannon Dawe, au sud de Dinsmore, en Saskatchewan.

Les Henry
2000 03
© Les Henry


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • observer et énumérer les caractéristiques du mode de vie au début du 20e siècle;
  • comparer l’évolution de la société canadienne et québécoise durant quelques décennies;
  • expliquer les ressemblances et les différences entre la société d’autrefois et celle d’aujourd’hui;
  • discuter des événements marquants de l’époque (crise économique, Guerres mondiales, syndicalisation, mouvement féministe) et de l’impact qu’ils ont eu sur la société canadienne et québécoise.

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