Jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, les veillées servent de prétexte à se réunir en famille et à fêter en compagnie de musiciens. Deux grandes révolutions dans la technologie du son, le reproducteur de son, au début du siècle suivant, et l'arrivée de la radio, dans les années 1920, viennent changer la vie quotidienne des Canadiens.

L'invention de Thomas Edison : le cylindre

Le phonographe à cylindre de l'Américain Thomas Edison (1847-1931) pénètre dans les foyers canadiens bien nantis après 1891, au moment où sa compagnie commercialise une série d'enregistrements de musique sur cylindres.

L'invention de Berliner : le disque plat

Après avoir créé le gramophone, Emile Berliner (1851-1929), un Américain d'origine allemande, invente le disque plat, qui tourne à 78 tours à la minute. En 1900, il installe son usine à Montréal. Le succès de son invention est immédiat et la Berliner Gramophone publie alors un catalogue de disques qu'elle expédie par la poste.

Les trois grands de l'industrie d Pour en lire plus
Jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, les veillées servent de prétexte à se réunir en famille et à fêter en compagnie de musiciens. Deux grandes révolutions dans la technologie du son, le reproducteur de son, au début du siècle suivant, et l'arrivée de la radio, dans les années 1920, viennent changer la vie quotidienne des Canadiens.

L'invention de Thomas Edison : le cylindre

Le phonographe à cylindre de l'Américain Thomas Edison (1847-1931) pénètre dans les foyers canadiens bien nantis après 1891, au moment où sa compagnie commercialise une série d'enregistrements de musique sur cylindres.

L'invention de Berliner : le disque plat

Après avoir créé le gramophone, Emile Berliner (1851-1929), un Américain d'origine allemande, invente le disque plat, qui tourne à 78 tours à la minute. En 1900, il installe son usine à Montréal. Le succès de son invention est immédiat et la Berliner Gramophone publie alors un catalogue de disques qu'elle expédie par la poste.

Les trois grands de l'industrie du son

Les trois grands de l'industrie du son, Berliner Gramophone, Edison et Columbia, accaparent le marché. La vente par catalogue des grands magasins contribue à permettre l'accès à ces nouveaux appareils de divertissement partout au Canada. Le catalogue d'Eaton de 1899 propose, pour la première fois, des appareils à cylindre : le Columbia Graphophone et le Eagle Graphophone, semblable au modèle B de Columbia.

Le Graphophone de Columbia, destiné à jouer les disques plats, fait son entrée dans le catalogue d'Eaton de 1903, concurrençant ainsi le phonographe de Edison. L'édition de 1904-1905 propose des disques bruns de 7 pouces et le gramophone modèle A de Berliner Gramophone. Profitant de l'expansion rapide de ce marché, Eaton publie, en 1903, un catalogue de disques. Au cours de ses deux premières années à Montréal, la Berliner Gramophone aurait produit quelque 2000 disques; en 1912, la production annuelle atteint les deux millions d'exemplaires.

De 1907 à 1910, Eaton met en vente un tourne-disque, le Eatonia, tandis que les gramophones de la Berliner disparaissent de son catalogue. La compagnie continue toutefois d'y proposer la marque Columbia et les phonographes Edison. Il faut attendre 1910 pour y voir apparaître des modèles de la Victor Talking Machine, distribués au Canada par la Berliner. Pour la première fois, Eaton offre un meuble muni d'un haut-parleur intégré, donc sans pavillon.

© Société du Musée canadien des civilisations

Photo couleur d'dun gramophone mécanique

Gramophone mécanique de table, modèle VV – VIII, 1913, Talking Machine, Camden, New Jersey.

Don de Gaétan Pilon.
1913
2002.0001.
© Musée des ondes Emile Berliner


Photo couleur de graphophone de Columbia

Le modèle BX, très semblable à celui-ci, apparaît dans le catalogue d'Eaton (Toronto), printemps-été 1900, p. 174.

Musée des ondes Emile Berliner

© Musée des ondes Emile Berliner


Page d'un catalogue de le graphophone Duke

Catalogue d'Eaton, printemps-été 1910, p. 173.

Utilisation autorisée par Sears Canada

F-229
© Archives publiques de l'Ontario, fonds T. Eaton Co.


Disparition du cylindre au profit du disque plat

Le tout nouveau Victrola XI trône dans le catalogue d'Eaton de 1913 : il se vend au même prix que dans le catalogue de la Berliner de 1912. En 1913 et en 1914, Eaton met en vente les populaires Victrola VIII et IX. Comme les consommateurs préfèrent les disques, plus faciles à entreposer et moins fragiles, aux embarrassants cylindres, la compagnie cesse, en 1914, de vendre des phonographes à cylindre.

Eaton, en 1917 et en 1918, propose des gramophones His Master's Voice. À partir de 1918, elle consacre une page complète aux disques Victor et Columbia. En 1919 et en 1920, la compagnie vend des gramophones, modèles au plancher, sous la marque Symphony, qui change de nom, l'année suivante, pour Eatonola. Les tourne-disques portables, intégrés dans une valise, apparaissent en 1924; ils se vendront pendant plusieurs années.

Jusqu'à la fin des années 1930, le catalogue Eaton ne propose que des gramophones mécaniques. Le Victor Orthophonic, présenté comme une révolution dans la technologie du son, est mis en marché en 1925 par la Victor Talking Machine. En 1929 et en Pour en lire plus
Disparition du cylindre au profit du disque plat

Le tout nouveau Victrola XI trône dans le catalogue d'Eaton de 1913 : il se vend au même prix que dans le catalogue de la Berliner de 1912. En 1913 et en 1914, Eaton met en vente les populaires Victrola VIII et IX. Comme les consommateurs préfèrent les disques, plus faciles à entreposer et moins fragiles, aux embarrassants cylindres, la compagnie cesse, en 1914, de vendre des phonographes à cylindre.

Eaton, en 1917 et en 1918, propose des gramophones His Master's Voice. À partir de 1918, elle consacre une page complète aux disques Victor et Columbia. En 1919 et en 1920, la compagnie vend des gramophones, modèles au plancher, sous la marque Symphony, qui change de nom, l'année suivante, pour Eatonola. Les tourne-disques portables, intégrés dans une valise, apparaissent en 1924; ils se vendront pendant plusieurs années.

Jusqu'à la fin des années 1930, le catalogue Eaton ne propose que des gramophones mécaniques. Le Victor Orthophonic, présenté comme une révolution dans la technologie du son, est mis en marché en 1925 par la Victor Talking Machine. En 1929 et en 1930, Eaton offre le nouveau modèle 43 Victor Orthophonic. Dans son catalogue de 1939-1940, elle met en vente le premier modèle électrique, qui comprend aussi une radio, sous sa marque, Viking, marque qui mettra en vente, en 1946, des tourne-disques de table. L'année suivante, Eaton présente un modèle qui combine radio et tourne-disques, le Astra, au design très moderne. Au début des années 1950, la compagnie vend toujours un combiné à pile pour les foyers sans électricité.

La guerre des vitesses

La fin des années 1940 a vu apparaître ce que l'on a appelé « la guerre des vitesses ». En effet, en 1948, Columbia met sur le marché le disque long jeu (33 tours, sur vinyle) pour remplacer le 78 tours. RCA Victor réplique en lançant, l'année suivante, le disque 45 tours.

En 1952 et en 1953, Eaton offre le populaire tourne-disques de plastique de RCA Victor, mis en marché en même temps que l'arrivée du 45 tours. Ce modèle a l'avantage de se brancher sur le haut-parleur d'un récepteur radio ou celui d'un téléviseur. À cette époque, les tourne-disques possédaient trois vitesses - 33, 45, 78 tours - et Eaton introduit son premier modèle Viking présentant cette caractéristique.

© Société du Musée canadien des civilisations

Page d'un catalogue noir et blanc d'un Victrola

Catalogue d'Eaton, Toronto, automne-hiver 1913-1914, p. 270.

Archives publiques de l'Ontario, fonds T. Eaton Co. Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

F-229
© Archives publiques de l'Ontario, fonds T. Eaton Co.


Photo couleur de Tourne-disque Vicking modèle EMC 3 4167

Ce tourne-disque était fabriqué pour Eaton à Kitchener, en Ontario, par la Dominion Electrohome Industries Ltd.

Don de Laval Rhainds.

2002.3604
© Musée des ondes Emile Berliner


Photo couleur d'un tourne-disque RCA Victor

Ce tourne-disque, vendu 19$ par Eaton, a été très populaire auprès des adolescents des années 1950.

Don de Claude Côté

1997.0348
© Musée des ondes Emile Berliner


La radio à galène

Une autre invention viendra révolutionner l'écoute de la musique chez soi. Bien des amateurs construisent eux-mêmes leur récepteur radio à galène pour capter les ondes. La première programmation commence à Montréal par la diffusion, à partir du premier décembre 1919, d'émissions de la station expérimentale de la compagnie Marconi, XWA, qui devient CFCF en novembre 1920. La programmation régulière débute le 21 mai 1920. CKAC, inaugure sa programmation régulière en langue française le 27 septembre 1922. Devant l'engouement des Canadiens pour la radio, le catalogue d'Eaton de 1922-1923 offre des postes de radio à galène avec écouteurs et consacre une page entière à toutes les pièces nécessaires pour monter soi-même ce type de récepteur. Devant cette vogue, le catalogue d'Eaton de 1924 annonce la parution d'un catalogue spécial de pièces.

Le haut-parleur

Un récepteur à piles, muni d'un haut-parleur, permet à plusieurs personnes d'écouter la radio. En 1925 et en 1926, Eaton vend un modèle à cinq lampes et haut-parleur. La popularité de la radio se propage Pour en lire plus
La radio à galène

Une autre invention viendra révolutionner l'écoute de la musique chez soi. Bien des amateurs construisent eux-mêmes leur récepteur radio à galène pour capter les ondes. La première programmation commence à Montréal par la diffusion, à partir du premier décembre 1919, d'émissions de la station expérimentale de la compagnie Marconi, XWA, qui devient CFCF en novembre 1920. La programmation régulière débute le 21 mai 1920. CKAC, inaugure sa programmation régulière en langue française le 27 septembre 1922. Devant l'engouement des Canadiens pour la radio, le catalogue d'Eaton de 1922-1923 offre des postes de radio à galène avec écouteurs et consacre une page entière à toutes les pièces nécessaires pour monter soi-même ce type de récepteur. Devant cette vogue, le catalogue d'Eaton de 1924 annonce la parution d'un catalogue spécial de pièces.

Le haut-parleur

Un récepteur à piles, muni d'un haut-parleur, permet à plusieurs personnes d'écouter la radio. En 1925 et en 1926, Eaton vend un modèle à cinq lampes et haut-parleur. La popularité de la radio se propage jusque sur la page de couverture de son catalogue. À l'hiver 1926-1927, le modèle Minerva, fabriqué spécialement pour la compagnie, se vend 99 $. La page de couverture du Eaton's Radio Catalogue de 1927-1928 montre un appareil qui incorpore un haut-parleur dans un meuble.

Des modèles combinant radio et tourne-disques

Très tôt, les compagnies produisent des modèles combinant récepteur radio et tourne-disque, que Sonora a mis en marché vers 1924. Cependant, on ne les retrouve dans le catalogue d'Eaton qu'à la fin des années 1930. Devenus des meubles indispensables dans presque tous les foyers, ils occupent fièrement l'espace central des salons. Au début des années 1930, Eaton vend des radios de plancher Marconi, Eveready, Fada , Brunswick, Westinghouse, Zenith, Philco, Sonora, De Forest, Crosley et Victor, à pile et à électricité.

Le format réduit

Le format et le prix de vente des appareils radio commencent à baisser et, en 1934, Eaton offre de petits modèles de table, en bois, fabriqués par Victor, Philco et Sparton, en plus de son modèle Viking. Le catalogue de 1939 propose, pour la première fois, une radio portable Viking et le populaire Little Nipper de RCA Victor. Après la Deuxième Guerre mondiale, les compagnies fabriquent des modèles de petit format, en bois, en bakélite, aux couleurs vives, comme le modèle B 4000 de Northern Electric, le 501 de Westinghouse, au design canadien unique, qui se place dans différentes positions. Le modèle BP6C de RCA Victor, une radio à pile portable, donne un avant-goût du nouveau design des années 1950. Le catalogue d'Eaton de 1952 illustre le Nipper de RCA Victor. En 1955-1956, la compagnie propose le Crosley, le premier radio-réveil, muni d'une prise de courant pour la cafetière. Le modèle portable P-233 de RCA Victor, à piles et à électricité, devient aussi abordable.

Un récepteur radio pour toutes les bourses

Au milieu des années 1950, Eaton offre une grande variété de modèles pour toutes les bourses, depuis le modeste 418 de General Electric, à 23,95 $, jusqu'au sophistiqué SX-96 de Hallicrafters, à 449 $.

© Société du Musée canadien des civilisations

Page d'un catalogue noir et blanc des Récepteurs radio et haut-parleurs

Catalogue d'Eaton, automne-hiver 1925-1926, p. 391.

Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

F-229
© Archives publiques de l'Ontario, fonds T. Eaton Co.


Photo couleur d'un radio de RCA Victor

Radio de RCA Victor, modèle M45A, 1946

Don de Fernande Rochon
1946
1999.0303
© Musée des ondes Emile Berliner


Page d'un catalogue noir et blanc des radios

Gamme d’appareils radios offert dans le catalogue d’Eaton. Toronto, automne-hiver 1956-1957, p. 414.

Utilisation autorisée par Sears Canada Inc.

© Archives publiques de l'Ontario, fonds T. Eaton Co.


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • observer et énumérer les caractéristiques du mode de vie au début du 20e siècle;
  • comparer l’évolution de la société canadienne et québécoise durant quelques décennies;
  • expliquer les ressemblances et les différences entre la société d’autrefois et celle d’aujourd’hui;
  • discuter des événements marquants de l’époque (crise économique, Guerres mondiales, syndicalisation, mouvement féministe) et de l’impact qu’ils ont eu sur la société canadienne et québécoise.

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