Le défilé du dragon chinois autour de 1960

Spectateurs assis en haut de l'enseigne du Ho Ho Chop Suey pour avoir une meilleure vue du défilé du dragon chinois autour de 1960. Photo Don LeBlanc, Bibliothèque Municipale de Vancouver 79795B

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L'enseigne du Ho Ho de nuit

L'enseigne du Ho Ho de nuit. Le Ho Ho n'est devenu le Foo's Ho Ho qu'en 1998, quand Joanne Lam Sam et feu son mari James reprirent l'affaire. Archives de la Ville de Vancouver; CVA 780-475 F14-E-1 Classeur #20

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L'enseigne du Bao Bei 2012

D'après la propriétaire du Bao Bei, Tannis Ling, le défi auquel sera confronté Chinatown dans les prochaines années, sera de trouver un juste milieu entre le cœur historique de Chinatown et la nouvelle génération d'entrepreneurs locaux qui cherchent à créer de nouveaux ancrages dans cette zone. Photo Phoebe Glasford

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Vancouver Chinatown 2012

Une subvention de la Municipalité de Vancouver qui apporte son soutien à la mise en place d’enseignes lumineuses à Chinatown et dans le Downtown Eastside lui a permis de financer l’installation de celle du Bao Bei devant le restaurant. Photo Brandy Waterfall

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Jim Wong-Chu devant Foo's Ho Ho

“Il faut bien comprendre que l’existence de Chinatown émane de cette isolation imposée par une société qui à l’époque était relativement raciste. Non mais, il faut attendre 1947, après la Deuxième Guerre Mondiale, pour que Chinatown, les habitants de Chinatown sortent du quartier, achètent un terrain et commencent à vivre comme des gens normaux." Jim Wong-Chu, historien de Chinatown.

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Tannis Ling nous dit ce qui l'a poussée à installer une enseigne à l'extérieur de son restaurant.

NARRATEUR
Tannis Ling nous dit ce qui l’a poussée à installer une enseigne à l’extérieur de son
restaurant.

TANNIS LING
J’avais toujours rêvé d’accrocher une enseigne lumineuse, parce que ça me rappelle le vieux Chinatown.

Je savais que la ville essayait de revitaliser ce quartier en proposant des subventions et en encourageant de plus en plus les gens à accrocher des enseignes comme celle-ci.

J’ai toujours aimé le visuel des enseignes lumineuses et la façon dont ça nous rattache au passé, et à quel point elles animent la rue.

NARRATEUR
L’inspiration à la fois pour l’enseigne du Bao Bei et pour le design très particulier du lieu émane d’un livre, nous confie Tannis

TANNIS LING
J’ai trouvé ce livre, qui s’intitule Hong Kong Apothecary. C’est juste un livre d’images, une collection d’étiquettes et de bouteilles, il y a beaucoup de motifs chargés et certaines formes qui se répètent souvent. Du coup, je voulais utiliser ce genre de style apothicaire et asiatique délicat.

NARRATEUR
Alors que le style du Bao Bei évoque la nostalgie du design ancien des commerces
chinois, le menu et la vision de Tannis sur son propre commerce sont résolument
tournés vers le présent et l’avenir. La façon dont Tannis envisage Bao Bei est aux
antipodes des restaurants chinois classiques.

TANNIS LING
J’ai pris soin de créer un environnement attrayant et confortable pour que les gens qui viennent ici dînent dans un cadre intime plutôt que de se retrouver dans un immense restaurant avec des tables immenses et des lumières très vives, sans musique ni programmation au bar.

A l’époque, dans les années 60, Chinatown était un lieu plein d’excitation et je voulais vraiment essayer de recréer ce genre d’atmosphère ici.

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La propriétaire du Bao Bei, Tannis Ling, partage ses réflexions sur la transformation de Chinatown et ce que cela entraîne.

NARRATEUR
La propriétaire du Bao Bei, Tannis Ling, partage ses réflexions sur la transformation de Chinatown et ce que cela entraîne.

TANNIS LING
On dirait que ça arrive très vite. Tout à coup cette dernière année, Chinatown s’est
enflammée. Et vous savez, ça m’inquiète, c’est clair.

Vous savez, quelqu’un m’expliquait que le Chinatown de Washington DC s’est
totalement embourgeoisé et même au-delà. Ils ont un Starbucks et un Bath, Bed, and Beyond avec des caractères chinois en dessous. Franchement, c’est la dernière chose que je voudrais pour ce quartier.

Mais en même temps, franchement, on a besoin d’une impulsion pour faire revenir les gens et qu’ils dépensent de l’argent, et le quartier a besoin d’être revitalisé. Mais c’est délicat. C’est un équilibre subtil. Par exemple, jusqu’où on peut aller?

NARRATEUR
Tannis reconnaît qu’elle mélange de façon unique ses influences orientales et occidentales.

TANNIS LING
Vous voyez, ce n’est pas facile de trouver quelqu’un comme moi, qui est Asiatique,
ayant grandi ici, qui est attaché à sa culture et à ses racines, mais qui néanmoins a un esprit tourné vers la modernité, plutôt du côté occidental. Alors, d’après moi, celui qui combinerait ces deux styles de pensée serait le meilleur commerçant du coin. Mais, on dirait qu’il n’y a pas beaucoup de gens comme moi.

NARRATEUR
D’après Tannis, le défi auquel sera confronté Chinatown dans les prochaines années, sera de trouver un juste milieu entre le cœur historique de Chinatown et la nouvelle génération d’entrepreneurs locaux qui cherchent à créer de nouveaux ancrages dans cette zone.

TANNIS LING
Ça ne peut pas rester le vieux Chinatown pour toujours, mais on ne veut pas non
plus se diriger dans cette voie totalement différente, qui ne ressemble pas du tout à
Chinatown.

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Jamie Lee Hamilton a grandi à Strathcona et fréquente Foo's depuis son adolescence, dans les années 70.

NARRATEUR
Foo’s Ho Ho compte une longue lignée d’adeptes, constituée de nombreux résidents vancouverois de longue date. Jamie Lee Hamilton a grandi à Strathcona et fréquente Foo’s depuis son adolescence, dans les années 70.

JAMIE LEE HAMILTON
Ouais, j’allais souvent au Ho Ho Chop Suey, c’est comme ça qu’on l’appelait à l’époque. Il y avait une ambiance très intéressante. C’était très éclectique, tu vois, des gens de tous les horizons. Le décor avait un côté très "Cité Interdite". Tu vois, avec beaucoup de rouge et de doré. Et c’était tout simplement génial.

Et tu vois, c’était excitant de marcher dans les rues de Chinatown. C’était comme
le Hollywood de Vancouver. L’éclairage, les gens, l’animation, les cabarets, la vie
nocturne.

NARRATEUR
Ce qui reste de la signalisation lumineuse de Foo’s ne constitue qu’un vestige de ce qui ornait la rue Pender dans le Chinatown de l’époque glorieuse des néons. Une enseigne spectaculaire s’enroulait le long du mur du New Sun Ah Hotel, qui abrite Foo’s. Cette enseigne a été enlevée pour être réparée en 1987, et est ensuite devenue la propriété du Museum of Vancouver. Jamie Lee Hamilton se souvient de l’ancienne enseigne.

JAMIE LEE HAMILTON
L’enseigne d’origine, tu sais, le bol de riz avec la cuillère et la fumée qui montait. C’était vraiment coloré et lumineux. J’ai envie de dire qu’il y avait vraiment un côté spectacle. Je trouvais ça approprié. C’était glamour.

NARRATEUR
L’historien de la ville, John Atkin, se souvient de l’enseigne de Foo’s comme d’un phare lumineux qui invitait à rentrer pour déguster une nourriture délicieuse.

JOHN ATKIN
On trouvait ce genre d’enseignes figuratives qui clamaient sans détour, "Voilà ce que vous allez trouver à l’intérieur". Le Ho-Ho à Chinatown faisait la même chose. " On est un boui-boui de chop suey, et voici le gros bol, voici les baguettes et voilà la fumée". Et c’est exactement cela que vous allez trouver ici.

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Liz Lee nous confie pourquoi, selon elle, on se sent comme à la maison chez Foo's.

NARRATEUR
Jim Wong-Chu, historien de Chinatown et client de longue date de Foo’s revient sur les raisons qui font de ce restaurant un endroit tellement à part.

JIM WONG-CHU
Foo’s Ho Ho sert une cuisine unique. C’est une cuisine chinoise à l’ancienne. Et pour ce qui est de ses origines, elles remontent probablement à cent-cinquante, voire deux cent ans.

C’est un style de cuisine qui vient des villages. C’est très différent des styles de cuisine hong-kongaises ou cantonaises que l’on trouve aujourd’hui.

Et cette cuisine était réellement unique. Elle a subi des croisements et s’est
canadianisée en quelque sorte. C’est de là que viennent vos Egg Foo Young, vos plats aigres doux, et chop suey et tout le reste.

Vous savez, cet endroit fait les meilleurs Egg Foo Young de la ville. Et il faut un certain tour de main. C’est un plat très simple, mais pas facile à réussir.

NARRATEUR
Après la mort de son mari en 2009, la propriétaire de Foo’s Ho Ho, Joanne Lam Sam, avait besoin d’aide pour continuer de faire tourner le restaurant. Liz Lee, amie et cliente de longue date, a proposé son aide pour gérer et faire marcher le restaurant. Liz nous confie pourquoi, selon elle, on se sent comme à la maison chez Foo’s.

LIZ LEE INTERVIEW n°1
Je crois que les gens viennent ici parce qu’ils se sentent comme à la maison.Vous voyez, il n’y a pas de "code vestimentaire". Vous venez, quelle que soit votre apparence.

J’ai fait les "moon-yets" de mes enfants ici. C’est une fête pour célèbrer leur premier mois de vie. Et tous mes petits-enfants, il y en a six, ont fêté leur "moon-yets" ici aussi.

Avec ma mère, on venait toujours ici pour la Fête des Mères, ou bien on cuisinait à
la maison, mais on préférait plutôt venir ici. Je crois que ce qui continuera de faire marcher cet endroit, c’est la tradition.

NARRATEUR
Bien que le Foo’s Ho Ho ait une clientèle solide et fidèle, qui adore la cuisine et adore Joanne, l’avenir du restaurant est incertain dans un Chinatown en constante transformation. Jim Wong-Chu nous en dit plus.

JIM WONG CHU
Chinatown est en train de changer, vous savez, on vit au jour le jour. On ne sait pas où ça va nous mener, mais on essayera de faire avec.

Vous voyez, ici on goûte à une cuisine qu’il est pratiquement impossible de trouver
ailleurs. C’est comme un voyage dans le temps. C’est quelque chose de très précieux et de très inhabituel. Et je pense que ça vaut la peine d’être préservé.

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Objectifs d'apprentissage

Cette activité de l’exposition La Ville Illuminée est une introduction à l’histoire de l’immigration chinoise à Vancouver. Les photos et descriptions de l’enseigne historique du Foo’s Ho Ho’s à Chinatown, ainsi qu’une série d’entretiens avec des clients permettra aux élèves de se faire une idée de deux éléments essentiels pour les immigrants au Canada : la nourriture et les lieux de rencontre. On demandera aux élèves de comparer la portée de ce restaurant traditionnel avec celle d’un restaurant proposant une cuisine fusion moderne, le Bao Bei. Les élèves pourront fonder leurs remarques sur les photos et entretiens fournis. En conclusion, on demandera aux élèves d’établir des liens entre leur propre patrimoine et la place qu’il occupe aujourd’hui dans leur vie en créant leur propre restaurant fusion et son enseigne.

Objectifs d’apprentissage:

- Démontrer de bonnes capacités de recherche, notamment par l’accès à des informations visuelles et auditives et leur évaluation, afin de synthétiser ses idées et de se former une opinion critique
- Initier les élèves à l’histoire de l’immigration chinoise à Vancouver
- Acquérir des connaissances sur les facteurs historiques et contemporains déterminants pour l’identité civique canadienne et qui incluent la culture, la langue, le patrimoine et la communauté
- Explorer les liens entre nourriture et identité culturelle
- Démontrer des capacités de communication écrite, orale et graphique
- S’exprimer et écouter pour élargir la réflexion en proposant des informations et en formulant des idées originales

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