Une image du registre le plus vieux de la manufacture, sur le thème, déchiffrant les registres : débits et crédits.

Nous avons la chance de pouvoir consulter différents types de livres comptables de la manufacture de carrosserie Campbell. L’étude de ces divers livres des débuts de l’entreprise jusqu’à sa fermeture nous en dit long sur cette manufacture de carrosserie séculaire, assez typique d’ailleurs en son genre.

Leslie Van Patter
Paul Bogaard, Adèle Hempel, Johanne Gnassi
19-20e siècle
2005.15.2109
© 2007, Tantramar Heritage Trust. Tous droits réservés.


Nous avons pu reconstruire l’activité de la manufacture de carrosserie en étudiant l’édifice et son aménagement intérieur, en se référant au contexte historique, et en voyant ce que les artéfacts qui ont subsisté avaient à nous dire – les machines, les outils à main, les gabarits, les pièces laissées en plan, tout - de l’arbre secondaire jusqu’aux pots de peinture. Nous devons également nous pencher sur les documents écrits pour voir ce qu’ils ont à nous livrer.

Dans le cas de la manufacture de carrosserie Campbell, nous disposons de documents généalogiques sur la famille et sur leurs employés, de vieilles coupures de presse ainsi que des vestiges de catalogues, d’étiquettes de livraison et de manuels de peinture. Nous avons aussi les livres comptables de l’entreprise. Les coupures de presses sont probablement les plus faciles à déchiffrer, car il est facile pour nous de comprendre l’information véhiculée. Par contre, cette information est plutô Pour en lire plus
Nous avons pu reconstruire l’activité de la manufacture de carrosserie en étudiant l’édifice et son aménagement intérieur, en se référant au contexte historique, et en voyant ce que les artéfacts qui ont subsisté avaient à nous dire – les machines, les outils à main, les gabarits, les pièces laissées en plan, tout - de l’arbre secondaire jusqu’aux pots de peinture. Nous devons également nous pencher sur les documents écrits pour voir ce qu’ils ont à nous livrer.

Dans le cas de la manufacture de carrosserie Campbell, nous disposons de documents généalogiques sur la famille et sur leurs employés, de vieilles coupures de presse ainsi que des vestiges de catalogues, d’étiquettes de livraison et de manuels de peinture. Nous avons aussi les livres comptables de l’entreprise. Les coupures de presses sont probablement les plus faciles à déchiffrer, car il est facile pour nous de comprendre l’information véhiculée. Par contre, cette information est plutôt sommaire et ne nous donne qu’un aperçu bien sélectif.

Les livres comptables sont les plus difficiles à déchiffrer mais ils peuvent être une véritable mine d’information. Seuls les grands livres peuvent témoigner de l’activité de l’entreprise sur le long terme.

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Cette image capture le compte édité de la manufacture de la carrosserie des Campbell dans un journal local en juin 1870.

Nous avons retrouvé cet article de presse concernant la manufacture de carrosserie Campbell écrit à une époque où l’histoire de la manufacture est peu documentée. Ce court récit nous en dit long, mais ce n’est qu’une infime partie de la réalité. En fait il soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Leslie Van Patter
Paul Bogaard, Adèle Hempel, Michael Doan, Johanne Gnassi
19-20e siècle
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Les divers livres comptables nous présentent différentes facettes de l’histoire de l’entreprise. Au fil des décennies, les Campbell ont acheté plusieurs « grands livres » reliés dans lesquels ils consignaient leurs opérations commerciales. Mais ces grands livres pouvaient être organisés de différentes façons. Nous avons retrouvé plusieurs exemplaires de registres et de livres comptables qui consignent les mêmes opérations de façon différente, ainsi que des carnets et des grands livres résumant leurs diverses entreprises. Conséquemment, nous disposons de différents types de livres comptables qui peuvent tous nous livrer une facette de l’histoire de l’entreprise, mais seulement si l’on est à l’écoute de ce qu’ils peuvent nous révéler. En voici cinq exemples.

Grand livre « A » - 1853-1861 Nous croyons que ce grand livre contient les toutes premières transactions de l’entreprise. On y consign Pour en lire plus
Les divers livres comptables nous présentent différentes facettes de l’histoire de l’entreprise. Au fil des décennies, les Campbell ont acheté plusieurs « grands livres » reliés dans lesquels ils consignaient leurs opérations commerciales. Mais ces grands livres pouvaient être organisés de différentes façons. Nous avons retrouvé plusieurs exemplaires de registres et de livres comptables qui consignent les mêmes opérations de façon différente, ainsi que des carnets et des grands livres résumant leurs diverses entreprises. Conséquemment, nous disposons de différents types de livres comptables qui peuvent tous nous livrer une facette de l’histoire de l’entreprise, mais seulement si l’on est à l’écoute de ce qu’ils peuvent nous révéler. En voici cinq exemples.

Grand livre « A » - 1853-1861 Nous croyons que ce grand livre contient les toutes premières transactions de l’entreprise. On y consigne chaque transaction selon une suite chronologique en indiquant s’il s’agit d’un « débit » [la MCC doit recevoir une somme d’un client] ou un « crédit » [la MCC doit payer une somme à un fournisseur]. Les grands livres organisés de cette façon sont appelés « registre » ou « journal » et donnent l’historique de ce qui s’est passé. Les montants encourus par la vente de produits, les réparations ou les services rendus à un client sont consignés comme une « dette » due à la MCC. Il faut se rappeler qu’à l’époque il était rare qu’un client paie immédiatement pour ses achats comme c’est la coutume aujourd’hui. Les crédits des clients sont consignés dans les livres lorsque ces derniers remboursent progressivement, ou encore lorsqu’ils paient avec un boisseau de pommes de terre par exemple. On crédite aussi les heures ou les jours travaillés par les clients débiteurs, ou encore les matériaux que la manufacture se procure d’un particulier. Les planches et les bardeaux pour réparer l’édifice, le fer du forgeron, la location de chevaux pour les funérailles – tous sont inscrits dans la colonne des « crédits ». Au fil du temps, chaque client accumule des débits et des crédits et pour faire le bilan il faut que toutes les transactions soient retranscrites laborieusement dans un livre séparé : un grand livre dans lequel est consigné le compte cumulatif de chaque client – un livre comptable.

Grand livre « C » : 1886-1920 Ce livre présente les comptes de chaque client cumulés sur une période de plus de 30 ans; il y a compte pour chaque client. Le grand livre n’est pas organisé par ordre alphabétique parce que l’on devait ajouter un compte pour chaque nouveau client. Heureusement, un index permettait de retrouver le compte d’un client dans ce livre de plus de 800 pages!

On utilise ces comptes pour réconcilier le cumul des débits et des crédits, et pour faire le point sur le compte du client. Toute entreprise est en droit de s’attendre à ce que ses clients règlent leurs comptes de temps en temps, mais le grand livre nous révèle que certains clients ont mis des années à régler.

Nous présumons qu’il y avait un livre comptable dans lequel on transférait les écritures de journal du grand livre « A », mais nous ne l’avons pas retrouvé. Il en va de même pour le registre ou journal d’où provenaient les comptes inscrits dans « C » , mais ce grand livre a également disparu. Tous les livres couvrant la période allant de 1862 à 1885 manquent à l’appel.

Carnets des propriétaires : 1897-1929 Pendant un bon nombre d’années, le propriétaire a gardé un petit carnet dans lequel on retrouve plusieurs des informations du grand livre « C ». Dans son carnet il inscrivait le nombre de véhicules vendu (à qui et pour combien), le nombre de véhicules sur patins et une liste des clients qui avaient fait faire d’importantes réparations (incluant le travail de peinture) à leur voiture, wagon ou traîneau. Le propriétaire a également inscrit une liste des clients pour lesquels il avait organisé des pompes funèbres. Les résumés annuels sont contenus dans 8 carnets reliés en cuir rouge et couvrent une période de plus de trente ans. Ces documents sont peut être uniques en leur genre au Canada.

Le dernier grand livre : 1940-1951 Nous avons retrouvé un nombre de grands livres et de registres couvrant la dernière décennie d’opération de la MCC et nous donnerons quelques exemples tirés de deux de ces livres. Un de ces grands livres est organisé de la même façon qu’un registre c'est-à-dire par ordre chronologique. Il illustre le genre de ventes et de réparations effectuées jusqu’au milieu des années 40. Le dernier grand livre est également organisé chronologiquement, mais puisque les affaires ne sont plus très bonnes, l’on ne se préoccupe plus de transcrire les transactions dans une livre comptable. De plus, le grand livre sert à consigner non seulement les transactions de la manufacture de carrosserie mais également celles de la ferme Campbell et celles de leurs autres entreprises. La dernière transaction de la manufacture de carrosserie est inscrite au grand livre en mars 1951.

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Une animation basée sur le premier livre à jours gardé par les Campbell, qui permet à bourdonner les articles choisis.

Les tous premiers documents de la manufacture de carrosserie Campbell reflètent l’activité de l’entreprise; on y vend et répare des voitures, des wagons, des chariots et des pungs. De plus ces deux pages font état d’un métier à tisser, de la réparation d’une roue d’un fuseau, et t d’un établi de cordonnerie. En guise de paiement, les Campbell recevaient parfois du comptant mais le plus souvent les clients travaillaient pour eux ou payaient en nature. Cela nous porte à croire que l’économie de l’époque était fondée sur le troc. On trouve même un crédit pour 20 boisseaux de pommes de terre!

Une animation présentant le premier livre à jours qui fut gardé par les Campbell, comprenant les années 1853 jusqu’à 1862. Ouvert aux deux premières pages, il y a un clignotant sur deux articles. Une fois choisi, le premier de ces derniers bourdonne sur le premier record d'un chariot qui fut vendu, et transcrit l'article:
"Le 12 août 1853 James Anderson est "débité " 15 livres pour un nouveau chariot."
En choisissant le deuxième article qui clignote, on bourdonne dans deux listes:
« Oliver Wood » est crédité de 19 jours de travail, en valeur de 7 livres 12 shillings, mais doit payer chaque jour pour mettre son cheval dans le pâturage des Campbell.

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Leslie Van Patter, Paul Bogaard, Johanne Gnassi
19-20e siècle
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Une animation basée sur le livre de comptes "C" avec les comptes des années 1880 aux années 1920.

Ce grand livre est organisé par comptes individuels et donne les crédits et débits accumulés par chaque client sur une période de quarante ans. La page que vous voyez montre le compte de Wm. C. Milner, un des meilleurs clients des Campbell. On y détaille les réparations à ses différents véhicules : voiture, voiture d’enfant, traîneau, Surrey et divers véhicules de ferme. Monsieur Milner a même acheté une toute nouvelle voiture de luxe. Du côté droit du livre sont inscrits les paiements périodiques effectués par Milner soit par chèque soit en argent comptant.

Une animation présentant le livre de comptes "C" avec différents comptes des années 1880 aux années 1920s. Ouvert au compte de Wm C. Milner là où des articles clignotent. Une fois choisi, on bourdonne sur ces listes:
"Le 8 juin 1897, Milner est débité de 120 $ pour un nouveau" phaéton ". En juillet il ajoute des "amortisseurs de boue," et deux ans après il est chargé de l’intérêt. (En 1904 le phaéton est de retour pour des réparations.)"

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19-20e siècle
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Une animation basée sur des cahiers gardés par les Campbell, avec des échantillons provenant de l’année 1911.

Chaque année à partir de la fin des années 1890 et jusqu’à la fin des années 20, George Campbell puis ses fils tiennent une fiche de contrôle des voitures de la manufacture. Les pages que vous avez devant vous sont des listes qui détaillent les nouvelles voitures sur roues et les nouveaux pungs incluant tous les véhicules sur patins. Sur ces pages on inscrit aussi combien de voitures ont été réparées ou repeintes – en 1911 on en compte 78. En bref, le nombre de voitures en réparation est à peu près le même que l’ensemble des nouvelles voitures sur roues ou patins et cette proportion variera peu au fil des décennies.

Une animation basée sur les cahiers gardés par les Campbell des années 1890 aux années 1920. Les pages de l’année 1911 sont présentées avec deux surligneurs. Quand le premier est choisi, on bourdonne la page et cette explication est fournie:
"Le montant de nouveaux véhicules en 1911 est 48, y compris différentes tailles de "camion" (un wagon de ferme) et de chariots avec trois espèces de corps sur trois choix différents de train d'atterrissage.
Quand la seconde est choisie, le bourdonnement fournit cette explication:
"Le montant de nouveaux pungs est 25, quelque uns avec le corps du « piano » et autres avec le corps du "Corning", et au moins un avec deux sièges".

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Une animation basée sur le dernier livre à jours gardé par les Campbell, avec des listes jusqu'à l’année 1945.

Les deux pages du dernier registre font état des réparations effectuées sur des traîneaux, voitures et pungs. On y retrouve beaucoup d’information sur l’entreprise des pompes funèbres devenue l’entreprise principale des Campbell. Des indications sur la fabrication et sur la vente du dernier pung figure dans ce registre.

Une animation basée sur le dernier livre à jours gardé par les Campbell, avec des listes jusqu'à 1945. Deux pages de l’année 1944 sont présentées, avec un article clignotant, enregistrant le dernier pung vendu par cette usine. Une fois choisi, on bourdonne sur la liste avec cette transcription:
"Le 1er janvier 1944, Carl McLeod est débité 95,00 $ pour un nouveau pung (avec d'autres remarques indiquant que cette transaction fut transférée à un autre livre de comptes)."

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Cette image montre le pung de la famille McLeod, quand cette famille le redonna à la manufacture, maintenant un musée.

La famille McLeod a entreposé et préservé leur pung pendant près de 60 ans jusqu’à ce qu’elle décide de le rendre au musée de la carrosserie Campbell à l’endroit même où il avait été fabriqué. Le musée ne l’a pas encore restauré mais a déjà choisi l’endroit où il sera exposé. Il s’agit après tout du dernier pung à être fabriqué et vendu par une manufacture centenaire. Le musée est très fier de cette acquisition.

Paul Bogaard
Leslie Van Patter, Adèle Hempel, Johanne Gnassi
vers 1945
2006.39.10
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Une animation basée sur le dernier registre gardé par les Campbell, illuminant les derniers salaires payés à George Roger

Au cours des dernières années d’opération de la manufacture, les Campbell ont gardé ce grand livre qui comprend les transactions de la carrosserie (appelée « atelier »), celles de la ferme et des transactions d’ordre général. Vous noterez les titres « argent comptant » et « grand livre » qui indiquent qu’ils avaient passé à l’époque à un système de comptabilité en partie double. Les grands livres de la MCC relatent aussi l’historique de l’emploi de George Rogers depuis son embauche comme apprenti alors qu’il n’était qu’un adolescent jusqu’ à sa dernière paye 62 ans plus tard!

Une animation basée sur le dernier registre gardé par les Campbell, enregistrant de diverses transactions comprenant les derniers registres de la manufacture de la carrosserie. À la page présentée, au début de l’année 1948, il y a seulement des salaires enregistrés pour le "magasin", comprenant deux articles qui clignotent. Une fois choisi, on bourdonne sur cette liste, avec cette transcription:
"Le 9 et le 15 janvier 1948, George Rogers est payé 9,00 $ et 13,00 $ pendant ses derniers jours de travail. (James O'Neal est également montré, ayant gagné 20,00 $ par semaine.)"

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Objectifs d'apprentissage

Dans le projet <<Le Témoignage des Livres de Compte>> les élèves et leurs enseignants vont pouvoir intégrer les objectifs suivants:

• Découvrir le procédé des recherches historiques dans le contexte de documents complexes;

• Examiner la grande variété de documents nécessaires pour élaborer des comptes rendus historiques;

• Établir les différences entre les types différents de documentation historique;

• Découvrir les types différents de livres de compte;

• Découvrir les premiers systèmes de débit et crédit, et les complications intrinsèques à la comptabilité en partie simple;

• Faire des recherches, identifier et décrire le changement d’une monnaie canadienne basée sur la livre sterling à une monnaie basée sur le dollar;

• Faire la preuve d’une compréhension de la manière dont on peut mettre sur un graphique les données tirées de documents historiques;

• Discuter et analyser la manière dont on peut faire un compte rendu intéressant tiré de témoignages historiques qui ne sont jamais complets.

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