Erza Butler Eddy est venu s’installer dans la région de Hull en 1851. Il était alors un jeune homme originaire du Vermont, il avait peu d’argent, mais il a commencé à se construire un empire. Il a loué le premier étage d’un atelier de forgeron, et là, lui et sa femme ont fabriqué des allumettes en utilisant des morceaux de bois rejetés par les scieries. Ils ont effectué le trempage des allumettes à la main, les ont mises en boîte, puis les ont vendues porte à porte.

Au cours des dix années suivantes, E. B. Eddy a élargi ses opérations pour inclure le bois d’œuvre. Il a vendu des seaux, des planches à laver et des pinces à linge en bois. Dès 1870, il était propriétaire d’une fabrique d’allumettes qui produisait près de un million d’allumettes par jour.

La Compagnie E. B. Eddy a survécu à un incendie et à une économie changeante grâce à sa souplesse. Par exemple, lorsque l’industrie du bois d’œuvre a commencé à décliner, Eddy a converti ses opérations vers la production de pâte à papier et de papier. Il est mort en 1906, mais l’entreprise à continué à prospérer. Elle a été l’un des plus gros em Pour en lire plus
Erza Butler Eddy est venu s’installer dans la région de Hull en 1851. Il était alors un jeune homme originaire du Vermont, il avait peu d’argent, mais il a commencé à se construire un empire. Il a loué le premier étage d’un atelier de forgeron, et là, lui et sa femme ont fabriqué des allumettes en utilisant des morceaux de bois rejetés par les scieries. Ils ont effectué le trempage des allumettes à la main, les ont mises en boîte, puis les ont vendues porte à porte.

Au cours des dix années suivantes, E. B. Eddy a élargi ses opérations pour inclure le bois d’œuvre. Il a vendu des seaux, des planches à laver et des pinces à linge en bois. Dès 1870, il était propriétaire d’une fabrique d’allumettes qui produisait près de un million d’allumettes par jour.

La Compagnie E. B. Eddy a survécu à un incendie et à une économie changeante grâce à sa souplesse. Par exemple, lorsque l’industrie du bois d’œuvre a commencé à décliner, Eddy a converti ses opérations vers la production de pâte à papier et de papier. Il est mort en 1906, mais l’entreprise à continué à prospérer. Elle a été l’un des plus gros employeurs de la région de Hull-Ottawa pendant plus d’un siècle. La Compagnie a changé de propriétaire plusieurs fois, et certaines parties ont été achetées par d’autres firmes, mais ses usines de papier sont restées en activité dans la région jusqu’en 2007.

© 2013, Commission de la capitale nationale. Tous droits réservés.

Publicité imprimée illustrant l’entreprise manufacturière E. B. Eddy.

À différents moments dans son histoire, la Compagnie E. B. Eddy a produit du bois d’œuvre et de planches, des allumettes, de la pâte à papier, de la pâte chimique et une grande variété de produits de papier.

Mortimer Litho. Co
1884
Bibliothèque et Archives Canada / C-121146


Au tournant du 20e siècle, la classe ouvrière canadienne-française constituait 80 p. 100 de la population de Hull. Les femmes de la classe ouvrière, elles, avaient trois possibilités de survie : elles pouvaient rentrer au couvent, elles pouvaient se marier ou elles pouvaient travailler en usine. Le travail des femmes en usine était essentiellement limité aux tâches qui nécessitaient de la dextérité et de la concentration, comme le travail offert dans les fabriques de textile ou d’allumettes. À Hull, au Québec, travailler dans une fabrique d’allumettes voulait dire travailler à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy.

Qui étaient les ouvriers dans les fabriques d’allumettes? La plupart d’entre eux étaient des femmes canadiennes-françaises. Elles étaient généralement jeunes et non mariées — certaines n’avaient même que 12 ou 13 ans —, et elles travaillaient à l’usine jusqu’au moment de se marier. D’autres étaient des veuves ou, comme Donalda Charron, des femmes célibataires. Elles travaillaient des semaines de 48 heures. Elles étaient parfois payées à la pièce (un certain montant pour chaque boîte d’al Pour en lire plus
Au tournant du 20e siècle, la classe ouvrière canadienne-française constituait 80 p. 100 de la population de Hull. Les femmes de la classe ouvrière, elles, avaient trois possibilités de survie : elles pouvaient rentrer au couvent, elles pouvaient se marier ou elles pouvaient travailler en usine. Le travail des femmes en usine était essentiellement limité aux tâches qui nécessitaient de la dextérité et de la concentration, comme le travail offert dans les fabriques de textile ou d’allumettes. À Hull, au Québec, travailler dans une fabrique d’allumettes voulait dire travailler à la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy.

Qui étaient les ouvriers dans les fabriques d’allumettes? La plupart d’entre eux étaient des femmes canadiennes-françaises. Elles étaient généralement jeunes et non mariées — certaines n’avaient même que 12 ou 13 ans —, et elles travaillaient à l’usine jusqu’au moment de se marier. D’autres étaient des veuves ou, comme Donalda Charron, des femmes célibataires. Elles travaillaient des semaines de 48 heures. Elles étaient parfois payées à la pièce (un certain montant pour chaque boîte d’allumettes produite, par exemple), mais à partir de 1921, la plupart d’entre elles gagnaient un salaire horaire de 0,15 $ à 0,37 $. (Comparons ce salaire à celui des briqueteurs spécialisés, qui gagnaient environ 0,80 $ l’heure.) Elles étaient nettement sous-payées, même en fonction des normes de l’époque.

Ces allumettières avaient pour tâche de tremper les allumettes dans du phosphore (c’est ce qui rendait les allumettes combustibles) ou de les mettre dans des boîtes. Ce travail était dangereux pour deux raisons. La première, c’est que l’inhalation des vapeurs de phosphore pouvait mener à une nécrose de la mâchoire, une maladie qui consiste en la décomposition puis la mort des os de la mâchoire. On appelait cela phossy jaw, et c’est l’une des raisons pour lesquelles divers pays ont commencé à interdire l’utilisation du phosphore blanc pour produire des allumettes dès les années 1870. Le Canada a interdit les allumettes au phosphore blanc en 1914.

Cependant, l’interdiction d’utiliser du phosphore blanc n’a pas résolu le deuxième danger, qui était celui des incendies. Les premières allumettes (allumettes sans frottoir) s’allumaient à la moindre friction. Si bien qu’il y avait parfois jusqu’à 20 petits incendies avec lesquels composer dans la même journée. Les femmes travaillaient souvent avec des seaux d’eau à proximité de sorte qu’elles pouvaient éteindre de petits feux avant qu’ils ne s’étendent. De nombreuses allumettières ont été blessées ou sont mortes à cause des incendies à la fabrique. Il était commun d’avoir des cicatrices aux mains ou au visage.

Même celles qui échappaient à la nécrose de la mâchoire et aux dangereux incendies avaient une vie difficile. En effet, les maladies étaient courantes et souvent mortelles. Les travailleurs pauvres vivaient de pain et de gras. La classe ouvrière était si mal payée qu’elle ne pouvait se permettre de luxe comme les fruits et les légumes. Cette mauvaise alimentation, combinée à de longues heures de travail et à des hivers froids, rendait la population susceptible d’attraper des maladies comme la rougeole, la grippe et la scarlatine. De mauvaises conditions d’hygiène menaient au choléra et à la typhoïde.

© 2013, Commission de la capitale nationale. Tous droits réservés.

Photo d’un quartier ouvrier de Hull, au Québec.

Cette photo a été prise dans les années 1940, mais elle donne tout de même une idée des conditions de vie des ouvriers de la fabrique d’allumettes et d’autres travailleurs pauvres dans les années 1920. Ils logeaient dans de petites maisons en bois et payaient leur loyer à de riches propriétaires anglophones. Les incendies étaient fréquents et pouvaient raser un quartier en un rien de temps.

Commission de la capitale nationale
vers 1940
Collection Gréber/ Commission de la capitale nationale


Objectifs d'apprentissage

Les élèves décriront les conditions de travail des allumettières au début du 20e siècle; décriront les conditions de vie de la classe ouvrière à Hull, au début du 20e siècle; et définiront la Compagnie E. B. Eddy comme un employeur important de la région de Hull-Ottawa.

Cette collection d’objets d’apprentissage a été créée par la Commission de la capitale nationale pour accompagner le plan de leçon d’un travail pour lequel les élèves créent un faux mur Facebook qui raconte l’histoire de Donalda Charron et de la Compagnie d’allumettes E. B. Eddy. Ceci fait partie de l’exposition virtuelle « Les voix de la capitale ».


Page d'accueil du Centre des enseignants | Trouvez des ressources d'apprentissage et des plans de leçons