Une gravure, carte et artéfact dépeints dans une image pour illustrer le thème de ce module, un emplacement stratégique.

Au tournant du dix-neuvième siècle, les terres endiguées du Tantramar constituent les terres agricoles les plus fertiles des provinces maritimes. Les chariots, traîneaux et voitures essentiels à l’expansion de cette économie rurale ont présidé à la création d’une des plus anciennes manufactures préindustrielles au Canada.

Leslie Van Patter, Johanne Gnassi
Paul Bogaard, Adèle Hempel, Johanne Gnassi
18-19e siècle
Sackville, Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Tantramar Heritage Trust. Tous droits réservés.


À partir de 1850, la manufacture de carrosserie Campbell est en opération pendant cent ans le long des vastes marais du Tantramar qui séparent le Nouveau-Brunswick de la Nouvelle-Écosse.

Pourquoi cette époque? et pourquoi cet endroit en particulier?

Au cours des décennies précédant le milieu du 19e siècle, les marais offrent les meilleures terres agricoles des Maritimes.1 Ces terres sont déjà cultivées par les colons acadiens dès les années 1670 et au début des années 1700, le village de Tintamarre est établi sur le site même que choisiront plus tard les Campbell pour fonder leur manufacture de carrosserie.2 Mais les Acadiens comme les habitants des premières nations avant eux n’ont pas besoin d’une manufacture pour leurs chariots et traîneaux.

Les marées de la Baie de Fundy, parmi les plus hautes de la planète, déposent depuis des millénaires le limon brun et riche qui s’étend sur des dizaines de mètres à l’inté Pour en lire plus
À partir de 1850, la manufacture de carrosserie Campbell est en opération pendant cent ans le long des vastes marais du Tantramar qui séparent le Nouveau-Brunswick de la Nouvelle-Écosse.

Pourquoi cette époque? et pourquoi cet endroit en particulier?

Au cours des décennies précédant le milieu du 19e siècle, les marais offrent les meilleures terres agricoles des Maritimes.1 Ces terres sont déjà cultivées par les colons acadiens dès les années 1670 et au début des années 1700, le village de Tintamarre est établi sur le site même que choisiront plus tard les Campbell pour fonder leur manufacture de carrosserie.2 Mais les Acadiens comme les habitants des premières nations avant eux n’ont pas besoin d’une manufacture pour leurs chariots et traîneaux.

Les marées de la Baie de Fundy, parmi les plus hautes de la planète, déposent depuis des millénaires le limon brun et riche qui s’étend sur des dizaines de mètres à l’intérieur du Tantramar. Les vastes marais salants qui en résultent n’ont pas leur pareil en Amérique du nord.3 Cette riche ressource a permis à des générations d’autochtones de subsister le long de la rivière. On a d’ailleurs retrouvé leurs artéfacts tout le long du périmètre de cette unique région, juste au-delà de la portée des plus hautes marées. Les Acadiens ont maîtrisé la portée des marées! Et c’est là que commence notre récit.
1 Wynn, G. Timber Colony: A Historical Geography of Early Nineteenth Century New Brunswick. Toronto: University of Toronto Press, 1981. 71; and Wynn, G., “Late Eighteenth-Century Agriculture on the Bay of Fundy Marshlands,” in Buckner & Frank, eds., The Acadiensis Reader: Volume 1 – Atlantic Canada Before Confederation. Fredericton: Acadiensis Press, 1985. 44-53.

2 Surette, Paul. Atlas of te Acadian Settlement of the Beaubassin: 1660 to 1755 -- Tintamarre and Le Lac. Sackville: Tantramar Heritage Trust, 2004. 98-118.

3 Atlantic Geological Society. 2001. The Last Billion Years: A Geological History of the Maritime Provinces of Canada. Halifax: Nimbus, 2001. 193, 201-202.

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L’endiguement des terres du Tantramar démontre ce qui évoqua la manufacture de la carrosserie Campbell.

Cliquez sur cette animation pour repérer notre emplacement et pour voir comment les marées de Fundy ont façonné le Tantramar.

Cette animation se rapproche en intervalle d’une image du satellite de la terre, à l’Amérique du nord, à la baie de Fundy, et à la tête des marais du Tantramar. « Haute marée » démontre les marais remplis (« avant l’endiguement »), et ensuite avec « l’endiguement acadien » qui se transforme en « terre reprise ». Une étoile est placée à l’ endroit exact d’un campement mi’kmaq, colonie acadienne, et ensuite habitation britannique qui évoque la carrosserie Campbell.

Tantramar Interactive Inc.
Paul Bogaard, Leslie Van Patter, Adèle Hempel, Johanne Gnassi
18-19e siècle
Sackville, Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Tantramar Heritage Trust. Tous droits réservés.


Juste au nord de l’étoile qui apparaît à la conclusion de l’animation précédente, les Mi’kmaq ont fondé un village important. Ils ont déjà trouvé des moyens de transporter des personnes et leurs biens, été comme hiver… sans besoin d’une manufacture.

L’été, ils se déplacent grâce au fameux canoë conçu pour naviguer le long des cours d’eau bien avant la construction de routes. Nous utilisons encore cette invention autochtone, quand nous voulons nous éloigner des routes et des chemins de fer. L’hiver, ils se déplacent au moyen d’un simple traîneau que l’on appelle encore aujourd’hui toboggan. Différentes versions de ce moyen de transport sont encore utilisées aujourd’hui.1 Dans les deux cas nous avons continué d’utiliser les noms donnés par les Amérindiens.

Les images suivantes tentent de faire honneur à cet héritag Pour en lire plus
Juste au nord de l’étoile qui apparaît à la conclusion de l’animation précédente, les Mi’kmaq ont fondé un village important. Ils ont déjà trouvé des moyens de transporter des personnes et leurs biens, été comme hiver… sans besoin d’une manufacture.

L’été, ils se déplacent grâce au fameux canoë conçu pour naviguer le long des cours d’eau bien avant la construction de routes. Nous utilisons encore cette invention autochtone, quand nous voulons nous éloigner des routes et des chemins de fer. L’hiver, ils se déplacent au moyen d’un simple traîneau que l’on appelle encore aujourd’hui toboggan. Différentes versions de ce moyen de transport sont encore utilisées aujourd’hui.1 Dans les deux cas nous avons continué d’utiliser les noms donnés par les Amérindiens.

Les images suivantes tentent de faire honneur à cet héritage et de faire la lumière sur la curieuse affaire du pung.

L’histoire de Diane Mitchell

Lorsque nous avons contacté Diane Mitchell pour obtenir la permission d’utiliser l’enregistrement de tepaqan (voir ci-dessous) tiré du Dictionnaire sonore Mi’gmaq-Mi’kmaq (http://www.mikmaqonline.org), elle nous a raconté l’histoire suivante concernant le pung :
« Ma mère avait l’habitude d’appeler un traîneau tiré par un cheval un pangeji’j; le suffixe « -ji’j » dans un mot mi’gmaq indique un diminutif, donc un petit traîneau tiré par un cheval. Ma mère s’appelle Mali Mise’l (Mary Mitchell en anglais) et elle vient de Listuguj. Elle est née en 1910 et, quand elle était jeune, les voitures tirées par des chevaux étaient la norme. Je me suis toujours demandée s’il s’agissait d’un mot anglais auquel on avait ajouté un suffixe mi’gmaw ou s’il s’agissait d’un vieux mot mi’gmaq ».

Dans une étude assez ancienne2... pung est décrit comme « un ancien terme de Nouvelle-Angleterre (et des provinces maritimes) qui décrit une sorte de traîneau plutôt rudimentaire, une boîte oblongue faite de planches placées sur des patins, utilisée pour transporter des marchandises sur la neige à l’aide de chevaux… une abréviation d’un terme plus ancien, fort probablement une corruption de toboggan ».
1 Whitehead, Ruth Holmes and Harold McGee. The Micmac: How Their Ancestors Lived Five Hundred Years Ago. Halifax: Nimbus Publishing, 1983. 38-40.

2 Chamberlain, Alexander F., "Algonkian Words in American English: A Study in the Contact of the White Man and the Indian." The Journal of American Folklore, Vol.15, No.59 (1902): 240-267.

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Le mot « toboggan » donné par un Mi’kmaq dans sa langue maternelle, suivi par: «Avez-vous jamais possédé un vieux tob

Jouez cette bande sonore afin d’entendre la prononciation de « toboggan » donné par un Mi’kmaq dans sa langue maternelle.

Le mot « toboggan » donné par un Mi’kmaq dans sa langue maternelle, suivi par une phrase complète: «Avez-vous jamais possédé un vieux toboggan? »

Leslie Van Patter, Bryson Gilbert
Diane Mitchell, Mi'gmaq-Mi'kmaq Online, Paul Bogaard, Adèle Hempel, Johanne Gnassi
19e siècle
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Les Acadiens ont appris à contrôler la portée des marées.

En alliant la construction de digues faites à partir de la riche argile et des herbes indigènes du marais et celle d’aboiteaux drainant la décharge l’eau douce, les Acadiens ont acquis plus de terres agricoles arables qu’ils pouvaient cultiver…et ce sans avoir à couper les forêts au-delà de leurs fermes situées sur les hautes terres. (voir http://www.museeacadien.ca/french/musee/visite/aboiteau.htm)

Regardez encore l’étoile qui pirouette à la fin de l’animation…c’est l’emplacement du plus grand des villages acadiens sur ce vaste marais.1 Tintamarre a été établi à l’endroit où culmine la marée, là où l’influence des puissantes marées est la plus faible.
Les Acadiens ont appris à contrôler la portée des marées.

En alliant la construction de digues faites à partir de la riche argile et des herbes indigènes du marais et celle d’aboiteaux drainant la décharge l’eau douce, les Acadiens ont acquis plus de terres agricoles arables qu’ils pouvaient cultiver…et ce sans avoir à couper les forêts au-delà de leurs fermes situées sur les hautes terres. (voir http://www.museeacadien.ca/french/musee/visite/aboiteau.htm)

Regardez encore l’étoile qui pirouette à la fin de l’animation…c’est l’emplacement du plus grand des villages acadiens sur ce vaste marais.1 Tintamarre a été établi à l’endroit où culmine la marée, là où l’influence des puissantes marées est la plus faible.
1 Surette, Paul. Atlas of te Acadian Settlement of the Beaubassin: 1660 to 1755 -- Tintamarre and Le Lac. Sackville: Tantramar Heritage Trust, 2005. 98-140.
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Une gravure du 19e siècle d’une rivière passant à travers des marais, ayant des bétails, avec de la production des foin

Les colons acadiens du 18e siècle obtiennent des terres agricoles fertiles grâce à l’endiguement des marais du Tantramar. Ils récoltent le foin, une variété de récoltes et font l’élevage du bétail. Tout comme leurs amis Mi’qmaq, ils n’ont pas besoin de manufactures de chariots, pungs ou navires.

Picturesque Canada
Leslie Van Patter, Paul Bogaard, Adèle Hempel, Johanne Gnassi
18e siècle
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Lorsque les Français et les Britanniques s’affrontent pour le contrôle de la région dans les années 1750, la bataille qui change le cours des événements a lieu non loin d’ici juste de l’autre côté du marais. Lorsque la fumée se dissipe que les Britanniques décide du même coup de disperser les colons acadiens – c’est ce que l’on a appelé « le grand dérangement » – il se trouve des colons du Yorkshire et de la Nouvelle-Angleterre avides de prendre avantage des terres endiguées fertiles. Comme les Acadiens avant eux, ils s’adonnent à la culture de diverses récoltes, mais s’enrichissent surtout grâce à l’élevage du bétail. Au cours des décennies qui suivent, ils étendent le système de digues, drainent plusieurs des lacs restants et découvrent que le foin, qui pousse librement sans culture est un produit d’exportation encore plus lucratif.1

Au cours des premières décennies du 19e siècle, toute cette activi Pour en lire plus
Lorsque les Français et les Britanniques s’affrontent pour le contrôle de la région dans les années 1750, la bataille qui change le cours des événements a lieu non loin d’ici juste de l’autre côté du marais. Lorsque la fumée se dissipe que les Britanniques décide du même coup de disperser les colons acadiens – c’est ce que l’on a appelé « le grand dérangement » – il se trouve des colons du Yorkshire et de la Nouvelle-Angleterre avides de prendre avantage des terres endiguées fertiles. Comme les Acadiens avant eux, ils s’adonnent à la culture de diverses récoltes, mais s’enrichissent surtout grâce à l’élevage du bétail. Au cours des décennies qui suivent, ils étendent le système de digues, drainent plusieurs des lacs restants et découvrent que le foin, qui pousse librement sans culture est un produit d’exportation encore plus lucratif.1

Au cours des premières décennies du 19e siècle, toute cette activité souligne le besoin pressant d’une manufacture capable de fournir des chariots et des traîneaux plus sophistiqués et éventuellement des voitures à prix abordable.
1 William Hamilton. At the Crossroads: A History of Sackville new Brunswick. Gaspereau Press, 2004. 19-88.
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 Une autre gravure du XIXe siècle, celle-ci représente la récolte du foin aux marais du Tantramar, qui exige des traîneau

Tout au long du 19e siècle sur le Tantramar la production de foin prend le pas sur les autres cultures. Elle donne lieu à une demande pour des chariots à foin spécialement adaptés qui ne sauraient être construits que dans une manufacture de carrosserie locale.

Picturesque Canada
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18-19e siècle
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Jusqu’en 1800, on se plaint constamment de l’état lamentable des routes qui rend le passage des véhicules à roues presque impossible si ce n’est que pour des courses locales. Mais à compter de 1850, il y a des routes et des embranchements permettant aux diligences de transporter régulièrement des passagers et du courrier. Il y a une demande croissante pour des voitures, des cutters l’hiver et des chariots à foin spécialisés sur le Tantramar.

Dès 1820, les premières voitures importées dans la région font leur apparition et en 1830 il y a des indications que des voitures sont faites dans les scieries et dans les ateliers de menuiserie locaux. Ronald Campbell lui-même apprend le métier de carrossier dans les années 1820 et 1830 et dix ans plus tard il s’affiche comme « le fabricant de voitures de Sackville ». Au début des années 1850, il lance son entreprise de carrosserie avec son fils George. Ensemble, ils remettent en état un édifice qui a servi de tannerie dans les années 1840. La col Pour en lire plus
Jusqu’en 1800, on se plaint constamment de l’état lamentable des routes qui rend le passage des véhicules à roues presque impossible si ce n’est que pour des courses locales. Mais à compter de 1850, il y a des routes et des embranchements permettant aux diligences de transporter régulièrement des passagers et du courrier. Il y a une demande croissante pour des voitures, des cutters l’hiver et des chariots à foin spécialisés sur le Tantramar.

Dès 1820, les premières voitures importées dans la région font leur apparition et en 1830 il y a des indications que des voitures sont faites dans les scieries et dans les ateliers de menuiserie locaux. Ronald Campbell lui-même apprend le métier de carrossier dans les années 1820 et 1830 et dix ans plus tard il s’affiche comme « le fabricant de voitures de Sackville ». Au début des années 1850, il lance son entreprise de carrosserie avec son fils George. Ensemble, ils remettent en état un édifice qui a servi de tannerie dans les années 1840. La collection de livres de compte des Campbell est ininterrompue à partir de 1853 et elle indique qu’ils sont propriétaires de leur nouvel établissement dès 1855. L’étoile qui pirouette dans l’animation précédente marque l’emplacement de leur entreprise.

L’entreprise qui compte au départ les deux Campbell prend vite de l’ampleur et au moins neuf employés (et à l’occasion douze employés) y travaillent jusqu’à la fin du 19e siècle. Au vingtième siècle elle voit ses effectifs diminuer jusqu’en 1951, époque à laquelle les deux derniers employés reçoivent leur dernier chèque de paie, déposent leurs outils et mettent la clé sous la porte. Au cours des dernières dix années de production, on n’effectuait que des réparations car il n’y avait plus de demande pour les chariots à foin spécialisés et les voitures tirées par des chevaux avaient été remplacées depuis longtemps par les voitures à moteur. Le dernier véhicule à être vendu est un type de traîneau appelé pung. Puis avec l’apparition des chasse-neige sur les routes même le pung a disparu.

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Cette image finale reproduit la façade du Musée de la carrosserie Campbell telle que vue aujourd’hui, après de rénovati

Construit originalement pour y accueillir une tannerie au début des années 1840, l’édifice a été converti en 1855 et devient la manufacture de carrosserie ayant été en service le plus longtemps au Canada.

Paul Bogaard
Leslie Van Patter, Adèle Hempel, Johanne Gnassi
19e siècle
Sackville, Nouveau-Brunswick, CANADA
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Objectifs d'apprentissage

Dans le projet <<Sur le Tantramar>> les élèves et leurs enseignants vont pouvoir intégrer les objectifs suivants :

• Repérer et découvrir la région du Tantramar des provinces maritimes;

• Examiner des thèmes de l’histoire canadienne et du patrimoine culturel du Mi’kmaq et des colonisateurs acadiens et britanniques de cette région;

• Établir des liens entre l’héritage culturel de ces peuples et la manière dont ils ont résolu leurs difficultés de transport;

• Découvrir une période importante de l’histoire canadienne, où les Acadiens se sont appliqués à endiguer les marais de l’Acadie;

• Discuter et analyser le développement de l’agriculture et des routes, et l’impact des deux sur le transport;

• Faire des recherches, identifier et décrire les facteurs derrière le changement de petit atelier à la manufacture pour combler le besoin croissant dans le transport.

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