Les élèves étudieront l'importance des gîtes le long de la frontière canadienne en ce qui touche à la nourriture, à l'hébergement, aux transports et aux communications.

Après avoir examiné des photos, et après avoir lu des extraits provenant d’entrevues historiques relatives aux gîtes dans l’est de l’Ontario à la fin des années 1800, les élèves répondront à des questions à réflexion.

Les élèves étudieront l'importance des gîtes le long de la frontière canadienne en ce qui touche à la nourriture, à l'hébergement, aux transports et aux communications.

Après avoir examiné des photos, et après avoir lu des extraits provenant d’entrevues historiques relatives aux gîtes dans l’est de l’Ontario à la fin des années 1800, les élèves répondront à des questions à réflexion.


© 2007, Davenport Centre - Heritage Hall. Tous droits réservés.

Si tu souhaites devenir historien, tu dois avoir de bonnes capacités à résoudre les casse-tête. Seul dans un document historique secondaire, comme un livre ou un carnet, ou encore un article de revue, on a pu rassembler les morceaux d’un casse-tête du passé, pour présenter l’ensemble obtenu sans trop d’efforts.

Les historiens doivent décider l’emplacement des morceaux du casse-tête et énoncer des théories sur l’information manquante pour des morceaux perdus au fil du temps. Le type et le nombre de morceaux de casse-tête qui constituent un élément historique varient grandement.

Dans l’étude historique des gîtes le long de la rivière Bonnechère, très peu de morceaux ont été consignés à l’époque. Peut-être parce qu’on ne pensait pas à ce moment qu’ils auraient une certaine valeur, comme l’histoire de nos chambres d’hôtes locales qui n’est pas consignée. Si c’est le cas, un historien curieux sera Pour en lire plus

Si tu souhaites devenir historien, tu dois avoir de bonnes capacités à résoudre les casse-tête. Seul dans un document historique secondaire, comme un livre ou un carnet, ou encore un article de revue, on a pu rassembler les morceaux d’un casse-tête du passé, pour présenter l’ensemble obtenu sans trop d’efforts.

Les historiens doivent décider l’emplacement des morceaux du casse-tête et énoncer des théories sur l’information manquante pour des morceaux perdus au fil du temps. Le type et le nombre de morceaux de casse-tête qui constituent un élément historique varient grandement.

Dans l’étude historique des gîtes le long de la rivière Bonnechère, très peu de morceaux ont été consignés à l’époque. Peut-être parce qu’on ne pensait pas à ce moment qu’ils auraient une certaine valeur, comme l’histoire de nos chambres d’hôtes locales qui n’est pas consignée. Si c’est le cas, un historien curieux sera chanceux dans l’avenir de trouver une publicité de gîte touristique et d’autres éléments.

Une source d’information précieuse est l’entrevue orale historique dans le cadre de laquelle un étudiant en histoire pose des questions à quelqu’un qui peut partager une partie de son expérience d’une certaine époque ou d’un lieu. Souvent, c’est la seule manière de recueillir ce type d’information et elle serait perdue au décès de la personne interrogée. Il s’agit à n’en pas douter de morceaux de casse-tête très spéciaux.

Les passages qui suivent sont des extraits d’entrevues réalisées auprès de personnes qui ont vécu, visité ou qui ont connu les gîtes, principalement le long de la rivière Bonnechère dans l’est de l’Ontario, autour des années 1900. Quand tu liras les souvenirs des jours passés, tu pourras constater qu’ils sont différents. Cela peut compliquer le casse-tête. Selon ta propre expérience, tu as probablement davantage conscience des gens et des choses qui te touchent au quotidien, tandis que des éléments moins importants de ta vie sont moins inoubliables. Ton frère, ta sœur ou ton voisin se rappellent probablement des mêmes choses différemment. De quoi te rappelleras-tu au sujet de ton quartier dans soixante ans quand un jeune historien viendra te poser des questions pour décrire l’époque de ta jeunesse?

Les extraits provenant de publications, de documents originaux et de vieilles photos sont d’autres outils de recherche précieux qui t’aideront dans tes recherches.

Activité
Partie 1 : RECHERCHE SUR LES GÎTES

Avant de commencer la recherche, lis la partie 2 ci-dessous pour mieux comprendre de quoi il s’agit. Dès que tu as compris ce qu’il faut faire, examine les ressources primaires suivantes pour connaître les voix, images et goûts des gîtes au début du Canada.

1. Lis les extraits d’entrevues suivants :
Passage 1: Hannah Hyland parle à Rory MacKay au sujet des gîtes, 1976 et 1977
Passage 2: Michael Garvey parle à Rory MacKay au sujet des gîtes, 1977
Passage 3: Mary Garvey parle à Rory MacKay au sujet des gîtes, 1976
Passage 4: Henry McGuey parle à Rory MacKay au sujet des gîtes, 1976

2. Lis les extraits de publications suivants :
Extrait 1 : provenant de Life in the lumber Camps of McLachlin Brothers, Arnprior, Ontario par Charles Macnamara, 1940
Extrait 2 : provenant de A History of Killaloe Station par Martin Garvey, 1967
Extrait 3 : provenant de Report, Field Notes and Diary of the Township of Burns par Thomas Bolger, 1874

3 : Examine les photos suivantes et prends des notes :
Photo 1 : le gîte Lafleur, environ 1950
Photo 2 : le bon de repas des frères McLachlin, 1905

Partie 2 : QUESTIONS À RÉFLEXION
À l’aide des recherches que tu as effectuées, réponds aux questions suivantes :

1a) Dresse la liste des aliments qui étaient généralement mangés dans les gîtes.
b) Quels aliments sauvages servaient à compléter les aliments cultivés sur les fermes et aux gîtes?

2. Explique à l’aide d’exemples comment il y avait quelque variété dans certains plats mais pas dans d’autres.

3. Explique pourquoi il y avait une concentration si élevée de gîtes à Basin. (Suggestion : Pense à l’emplacement de ces gîtes en rapport avec Killaloe et les camps de bûcherons du parc Algonquin.)

4a) Énumère cinq différences entre passer la nuit dans un gîte touristique actuel et la nuit dans un gîte traditionnel des années 1900.
b) Donne deux similitudes.

5. Les bons de repas et d’hébergement que les hommes présentaient aux gîtes comme paiement étaient imprimés sur du papier bleu. Pourquoi?

6a) Explique pourquoi il était difficile de préparer et servir des repas lorsqu’on ne savait jamais vraiment combien de visiteurs se présenteraient au gîte.
b) Énumère des tâches que la famille qui dirigeait le gîte pouvait accomplir pour pallier cette incertitude?

7a) Quel était le meilleur moment de l’année pour acheter et transporter des aliments à Basin?
b) Quel était le mode de transport préféré?

8) On achetait les aliments en quelles quantités?

9) Quelle boisson, qu’on ne trouvait pas dans les camps de bûcherons, pouvait aussi attirer les hommes dans les gîtes?


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Partie 2 : QUESTIONS À RÉFLEXION

1 a) Les aliments qu’on trouvait généralement dans les gîtes étaient les fèves, le porc salé, les pommes de terre et les navets, servis avec du thé et parfois de la mélasse comme dessert.

b) les aliments sauvages servant à compléter ceux cultivés au gîte pouvaient inclure du gibier (de la viande de chevreuil, d’orignal, de lapin, de canard, de poisson), des œufs de perdrix et selon toute vraisemblance des baies pour les tartes (aux framboises, bleuets).

2. Les aliments de base comme le pain, les fèves et les pommes de terre étaient servis à chaque repas mais il y avait une certaine variété dans les mets, principalement concernant les viandes car des viandes sauvages et domestiques étaient utilisées. Il y avait peut-être une certaine variété entre les gîtes par rapport aux légumes car certains étaient situés sur des fermes qui cultivaient des navets et des carottes, en plus des pommes de terre cultivées ou achetées.

3. Il y avait une concentration de gîtes sur le vieux chemin Bonnechère à Basin Depot car c’était à un jour de voyage de la gare de Killaloe. Le trafic sur le chemin était Pour en lire plus

Partie 2 : QUESTIONS À RÉFLEXION

1 a) Les aliments qu’on trouvait généralement dans les gîtes étaient les fèves, le porc salé, les pommes de terre et les navets, servis avec du thé et parfois de la mélasse comme dessert.

b) les aliments sauvages servant à compléter ceux cultivés au gîte pouvaient inclure du gibier (de la viande de chevreuil, d’orignal, de lapin, de canard, de poisson), des œufs de perdrix et selon toute vraisemblance des baies pour les tartes (aux framboises, bleuets).

2. Les aliments de base comme le pain, les fèves et les pommes de terre étaient servis à chaque repas mais il y avait une certaine variété dans les mets, principalement concernant les viandes car des viandes sauvages et domestiques étaient utilisées. Il y avait peut-être une certaine variété entre les gîtes par rapport aux légumes car certains étaient situés sur des fermes qui cultivaient des navets et des carottes, en plus des pommes de terre cultivées ou achetées.

3. Il y avait une concentration de gîtes sur le vieux chemin Bonnechère à Basin Depot car c’était à un jour de voyage de la gare de Killaloe. Le trafic sur le chemin était décrit comme « intense » et « dix attelages à la fois ». Tous les hommes qui voyageaient vers les camps de bûcherons du parc Algonquin devaient passer par là et juste au-dessus de Basin, plusieurs d’entre eux partaient dans différentes directions.

4 a) Les gîtes étaient élémentaires, surpeuplés et tous les hommes dormaient dans une pièce sur de simples lits ou sur le plancher. De nos jours, les gîtes touristiques accueillent des visiteurs, hommes et femmes, dans des chambres privées et présentent des salles à manger et des salons bien meublés et décorés.
Les gîtes n’avaient pas de matelas, de douche ou de bain.
Les gîtes étaient uniquement des endroits où on pouvait dormir et manger dans plusieurs régions de la frontière du Canada; de nos jours, les chambres d’hôtes représentent une option parmi d’autres qu’un couple ou une famille peut choisir pendant un voyage.
La nourriture servie dans un gîte provenait d’aliments de base de la ferme et les passants mangeaient ce qui était servi. Les gîtes touristiques actuels présentent une plus grande variété.
Par nécessité, les gîtes fournissaient habituellement un endroit et de la nourriture pour les cheveux, alors que maintenant on offre généralement aux voyageurs un stationnement pour leur véhicule.
On pourrait débattre qu’il était plus dispendieux de rester dans un gîte car 25 cents représentaient environ le quart du salaire quotidien!

b) Les gîtes traditionnels et les chambres d’hôtes se ressemblent car en règle générale, les visiteurs restent, mangent et visitent la famille hôte dans leur maison.
Les gîtes et les grandes chambres d’hôtes servent les repas comme le déjeuner à des heures différentes (décalées) si la salle à manger est trop petite pour accueillir tous les visiteurs en même temps.

5. Les bons de repas et d’hébergement étaient imprimés sur du papier bleu de façon à ce que les hommes qui ne pouvaient pas lire puissent les reconnaître.

6 a) À l’ère de tels gîtes, il n’y avait pas de téléphone et la livraison du courrier était irrégulière. Par conséquent, la communication était limitée. Cela signifiait que les voyageurs ne pouvaient pas faire de réservation à l’avance et que les familles hôtes devaient préparer les aliments selon leur expérience. Elles devaient faire preuve d’ingéniosité dans leur préparation des aliments car si elles en faisaient trop, ils se gaspilleraient et si elles n’en faisaient pas assez, les hommes avaient faim et attendaient leur repas. Selon toute vraisemblance, il était pratique d’avoir de la viande conservée, comme du porc salé, en cas d’urgence lorsqu’il n’y avait plus de viande fraîche. Les pommes de terre ou autres légumes-racines cuits en grande quantité une journée pouvaient être cuits de nouveau le jour suivant si on en avait trop préparé.

b) La famille hôte préparait des aliments qui se conservaient bien (en conserves, séchés et fumés) pour dépanner quand des groupes inattendus arrivaient. Elle avait des plans bien élaborés pour nourrir de nombreux visiteurs inattendus (qui pelaient les navets, cuisinaient les biscuits… Tout le monde participait à la tâche).

7 a) Pour la plus grande partie de l’année, le vieux chemin Bonnechère était un sentier sommaire et tortueux pour un cheval et son attelage mais en hiver, il avait une bonne base de neige compactée et de glace. Les routes étaient entretenues par les sociétés forestières (labourage, roulage, déblaiement) pour faciliter le déplacement des carrioles d’approvisionnement. Cela simplifiait aussi la vie des familles des gîtes. En hiver, les lacs et rivières gelés offraient d’autres routes pour se déplacer.

b) Un cheval et une lourde carriole; pour les distances inférieures, un plus petit traîneau était utilisé.

8. On achetait les aliments à la caisse, au sac ou une plein carriole.

9. Dans les gîtes, les hommes pouvaient boire de l’alcool ou du vin spiritueux; l’alcool était interdit dans les camps de bûcherons.


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Extraits d’une entrevue accordée à Rory MacKay par Hannah (McGuey) Hyland (fille de Dennis McGuey)

« Eh bien, il y avait… ce porc salé, ils le faisaient frire. Et le matin, ils servaient des fèves au lard cuites au four. Des fois, ils faisaient des tartes, mais pas toujours. Le plus souvent, il y avait du porc avec des patates, et presque toujours de la mélasse pour dessert. On voyait rarement autre chose que de la mélasse sur la table… Ah oui, quand ils avaient défriché et semé les potagers, ils avaient parfois des légumes. Mais ils n’ont jamais pu en cultiver assez pour tout l’hiver, voyez-vous. Il fallait en acheter…

Et puis, parfois, [ma mère] accueillait 40 hommes, quand nous étions petits, voyez-vous, ma mère était là, à ce moment, quand mon oncle n’y était plus… elle accueillait plus de 40, peut-être 50 hommes là, le soir… Ah oui, ils avaient leurs baraques dans le bois, voyez-vous. Et le Basin était une halte [pour la compagnie], voyez-vous, une halte pour les bûcherons… Une équipe remontait jusqu’au Basin, il pouvait y avoir 50 ou 60 hommes dans une équipe, et ils restaient au Basin. Ils r Pour en lire plus

Extraits d’une entrevue accordée à Rory MacKay par Hannah (McGuey) Hyland (fille de Dennis McGuey)

« Eh bien, il y avait… ce porc salé, ils le faisaient frire. Et le matin, ils servaient des fèves au lard cuites au four. Des fois, ils faisaient des tartes, mais pas toujours. Le plus souvent, il y avait du porc avec des patates, et presque toujours de la mélasse pour dessert. On voyait rarement autre chose que de la mélasse sur la table… Ah oui, quand ils avaient défriché et semé les potagers, ils avaient parfois des légumes. Mais ils n’ont jamais pu en cultiver assez pour tout l’hiver, voyez-vous. Il fallait en acheter…

Et puis, parfois, [ma mère] accueillait 40 hommes, quand nous étions petits, voyez-vous, ma mère était là, à ce moment, quand mon oncle n’y était plus… elle accueillait plus de 40, peut-être 50 hommes là, le soir… Ah oui, ils avaient leurs baraques dans le bois, voyez-vous. Et le Basin était une halte [pour la compagnie], voyez-vous, une halte pour les bûcherons… Une équipe remontait jusqu’au Basin, il pouvait y avoir 50 ou 60 hommes dans une équipe, et ils restaient au Basin. Ils repartaient du Basin pour aller dans les camps. Eh bien, dans ce temps-là, la maison des McIntyre était six milles plus loin que celle des McGuey et quand ils avaient parcouru les huit milles depuis le Basin – à pied, n’oubliez pas – c’était l’heure du dîner. Et ensuite, s’ils devaient aller trop loin, ils arrêtaient souper chez les McIntyre. Ceux qui sortaient du camp, certains pouvaient s’arrêter pour coucher chez les McIntyre, parfois un groupe descendait jusque chez McGuey, pour dormir là…

Oui, mon père vendait de l’alcool et mon oncle Bill McIntyre vendait de l’alcool…

Tout le long de la [rivière] Bonnechere, beaucoup de gens avaient établi des haltes… Le long de la route Bonnechere, vers Killaloe. C’était la seule route et tout le monde construisait le long de la route…

[Ma mère] avait une salle à manger et elle servait à manger aux hommes. Quand les hommes avaient fini leur repas, c’était notre tour, les enfants, d’aller dans la salle à manger. Nous mangions pratiquement la même chose que les hommes, c’était les restes du repas des hommes, voyez-vous. Les enfants finissaient les restes…

Elle cultivait beaucoup de navets et quand elle manquait de patates, il fallait acheter un traîneau de patates. Alors on allait dans le bout de Wilno, à un mille de la maison, pour aller chercher un chargement de patates. Ils avaient une cave sous la maison et un caveau à légumes pour empêcher les patates et les autres légumes de geler, voyez-vous.

Eh bien, quand j’étais petite, ils allaient en chercher à Eganville. Ils descendaient à Eganville pour charger quelques traîneaux. Ils prenaient de la farine et du sucre, c’était surtout de la cassonade à l’époque, et du thé. Ils achetaient des caisses de soixante livres de thé. La caisse de thé. Soixante livres à la fois. Et de la farine et du sucre. Ils achetaient des sacs. Tout ce qu’ils voulaient, il y avait tout. Mais il n’y avait pas de conserves…

Elle remplissait des baquets de cinquante livres de beurre pour les vendre aux camps… On ne vendait jamais rien d’autre. Seulement du bœuf et du beurre…

Il fallait payer vingt-cinq sous [pour passer la nuit dans notre halte]; les hommes qui payaient eux-mêmes devaient donner les vingt-cinq sous à ma mère, mais pour ceux qui travaillaient pour [la société forestière] McLachlins, elle l’inscrivait dans le livre. Ensuite, elle se faisait payer au Basin. Elle envoyait la facture au commis qui travaillait au Basin et quand c’était réglé, elle l’effaçait du livre. Si un homme payait lui-même l’hébergement et McLachlins payait les repas, elle envoyait la facture à McLachlins et ils la payaient. »


© 1976, Archives du musée du parc Algonquin. Tous droits réservés.

« Oh, à la ferme, nous étions capables d’accueillir…des gens. Nous avions de la place pour, peut-être, dix attelages de chevaux… Il fallait une journée pour venir de Killaloe jusque chez nous, vous savez…

Il y avait toujours beaucoup de gibier, parce qu’on n’observait pas strictement les règlements de chasse, d’après moi… Ah oui, ils cultivaient de l’avoine et de l’orge et tout ce qu’ils pouvaient faire pousser. Des navets, toutes sortes de légumes et tout. Des patates. Des patates et du bétail, bien sûr. Nous avions quelques moutons et nous gardions des bovins…

Mais la maison, elle était grande. En entrant par la porte de devant, à gauche, il y avait un salon et derrière, une chambre à coucher. Et de ce côté-ci, il n’y avait qu’une seule grande pièce… avec une grande table, très longue, pour manger et ici, on faisait la cuisine… Et le bar se trouvait là-bas, juste à côté de cette pièce… Il y avait plusieurs chambres en haut… [dont] une grande chambre pour les invités. »

« Oh, à la ferme, nous étions capables d’accueillir…des gens. Nous avions de la place pour, peut-être, dix attelages de chevaux… Il fallait une journée pour venir de Killaloe jusque chez nous, vous savez…

Il y avait toujours beaucoup de gibier, parce qu’on n’observait pas strictement les règlements de chasse, d’après moi… Ah oui, ils cultivaient de l’avoine et de l’orge et tout ce qu’ils pouvaient faire pousser. Des navets, toutes sortes de légumes et tout. Des patates. Des patates et du bétail, bien sûr. Nous avions quelques moutons et nous gardions des bovins…

Mais la maison, elle était grande. En entrant par la porte de devant, à gauche, il y avait un salon et derrière, une chambre à coucher. Et de ce côté-ci, il n’y avait qu’une seule grande pièce… avec une grande table, très longue, pour manger et ici, on faisait la cuisine… Et le bar se trouvait là-bas, juste à côté de cette pièce… Il y avait plusieurs chambres en haut… [dont] une grande chambre pour les invités. »


© 1977, Archives du musée du parc Algonquin. Tous droits réservés.

« La maison Sligo, c’est là que tous les hommes arrêtaient, voyez-vous, quand ils allaient vers les camps…

La maison Sligo a été la première, suivie de la maison McDonald. Il n’y avait que quelques verges, voyez-vous, à côté de la maison, quand on a construit cet espace pour héberger les hommes et leur servir à manger, à l’époque où mon père était propriétaire…

Mais le prêtre qui a écrit ce livre dit que Paddy Garvey avait une halte assez grande pour accueillir 150 ou 200 hommes. »

« La maison Sligo, c’est là que tous les hommes arrêtaient, voyez-vous, quand ils allaient vers les camps…

La maison Sligo a été la première, suivie de la maison McDonald. Il n’y avait que quelques verges, voyez-vous, à côté de la maison, quand on a construit cet espace pour héberger les hommes et leur servir à manger, à l’époque où mon père était propriétaire…

Mais le prêtre qui a écrit ce livre dit que Paddy Garvey avait une halte assez grande pour accueillir 150 ou 200 hommes. »


© 1976, Archives du musée du parc Algonquin. Tous droits réservés.

« Eh bien, à plusieurs reprises, j’ai vu mon père héberger cinquante attelages de chevaux pour la nuit. Nous avions une halte et il a fait construire un grand abri, voyez-vous, et il leur chargeait seulement vingt-cinq sous par attelage pour la nuit… c’était beaucoup d’argent, à l’époque… Ce n’était pas facile de gagner ces vingt-cinq sous, dans le temps. Il fallait travailler longtemps…

Nous avions un bâtiment pour les oiseaux de basse-cour, vous savez, un genre de poulailler… [Il y avait aussi] une laiterie. Les écrémeuses n’existaient pas, dans le temps. Il fallait traire les vaches et mettre le lait dans des plats. Et la crème remontait à la surface. On mettait la crème dans une baratte et il fallait la battre avec le manche…[pour faire du beurre]. Ma mère faisait elle-même son beurre… Elle en faisait trop, trop pour nous, alors elle en vendait aux camps.

Eh bien, la salle à manger était aménagée avec une longue table…et des bancs de chaque côté pour s’asseoir et…cette table, je vous le dis, elle faisait peut-être vingt pieds de long, parce que, parfois, on n’a même pas quinze hommes, mais parfois Pour en lire plus

« Eh bien, à plusieurs reprises, j’ai vu mon père héberger cinquante attelages de chevaux pour la nuit. Nous avions une halte et il a fait construire un grand abri, voyez-vous, et il leur chargeait seulement vingt-cinq sous par attelage pour la nuit… c’était beaucoup d’argent, à l’époque… Ce n’était pas facile de gagner ces vingt-cinq sous, dans le temps. Il fallait travailler longtemps…

Nous avions un bâtiment pour les oiseaux de basse-cour, vous savez, un genre de poulailler… [Il y avait aussi] une laiterie. Les écrémeuses n’existaient pas, dans le temps. Il fallait traire les vaches et mettre le lait dans des plats. Et la crème remontait à la surface. On mettait la crème dans une baratte et il fallait la battre avec le manche…[pour faire du beurre]. Ma mère faisait elle-même son beurre… Elle en faisait trop, trop pour nous, alors elle en vendait aux camps.

Eh bien, la salle à manger était aménagée avec une longue table…et des bancs de chaque côté pour s’asseoir et…cette table, je vous le dis, elle faisait peut-être vingt pieds de long, parce que, parfois, on n’a même pas quinze hommes, mais parfois il en arrive vingt-cinq. On ne savait jamais combien allaient arriver ou partir, alors il fallait voir grand. Et parfois, il fallait servir un repas, puis recommencer juste après…

À la halte, on pouvait servir à peu près tous les steaks qu’on nous demandait. Si vous vouliez de l’orignal, on pouvait vous en donner. Si vous vouliez du gibier, on vous en donnait. Si vous vouliez du bœuf, on en avait et si vous vouliez du lapin, pas de problème. Nous avions toutes sortes de produits et aucune loi ne nous empêchait de les servir… On servait ce qu’on avait préparé. C’est bien ça. Si vous vouliez de bonnes fèves au lard maison, c’est là qu’il y en avait… Ils n’avaient pas besoin d’apporter leur assiette. Elles étaient déjà sur la table…

La compagnie pour laquelle ils travaillaient payait mon père. Lui et ma mère notaient le nom des hommes qu’ils hébergeaient et envoyaient la facture au camp…

Eh bien, mes sœurs et ma mère faisaient la cuisine… On en avait suffisamment pour nous. Mais c’est tout, à part les navets et les carottes. On cultivait tous ces produits pour nous… Oui, nous avions des poulets. Nous voulions des œufs et nous voulions, voyez-vous, nous pouvions attraper autant de perdrix qu’on voulait. Les bois étaient remplis de perdrix. Mais nous voulions des œufs, voyez-vous. Alors nous avions nos propres œufs…

Oui, bien sûr, on leur servait des navets. À l’époque, on en cultivait tellement qu’il fallait même en donner aux bovins. Beaucoup d’entre eux aimaient les navets et ma mère en faisait cuire de grands chaudrons aussi, vous savez…on leur disait de venir déjeuner à six heures… S’ils voulaient déjeuner plus tôt, c’était possible, mais ils se levaient habituellement à six heures. »


© 1976, Archives du musée du parc Algonquin. Tous droits réservés.

« On ne confiait pas aux conducteurs d’attelage l’argent nécessaire à voyage : plusieurs d’entre eux l’auraient dépensé pour boire à la première halte. On leur donnait des coupons, de petits formulaires en trois exemplaires laborieusement remplis (un par un) par Peter Tait, le magasinier. Cela leur donnait droit à l’hébergement et aux repas, pour eux et leurs chevaux. Comme certains d’entre eux ne savaient pas lire, le coupon « dîner, foin et écurie » était imprimé sur papier bleu. Sans le mentionner explicitement, le coupon « hébergement » donnait aussi droit au repas du soir et au déjeuner. Certains exemplaires le précisaient cependant. Le midi, il en coûtait 50 cents pour un homme et son attelage. Pour un dollar, on passait la nuit. On ne chargeait rien pour le lit; très souvent, le conducteur couchait à même le sol, enroulé dans sa propre couverture. »

« On ne confiait pas aux conducteurs d’attelage l’argent nécessaire à voyage : plusieurs d’entre eux l’auraient dépensé pour boire à la première halte. On leur donnait des coupons, de petits formulaires en trois exemplaires laborieusement remplis (un par un) par Peter Tait, le magasinier. Cela leur donnait droit à l’hébergement et aux repas, pour eux et leurs chevaux. Comme certains d’entre eux ne savaient pas lire, le coupon « dîner, foin et écurie » était imprimé sur papier bleu. Sans le mentionner explicitement, le coupon « hébergement » donnait aussi droit au repas du soir et au déjeuner. Certains exemplaires le précisaient cependant. Le midi, il en coûtait 50 cents pour un homme et son attelage. Pour un dollar, on passait la nuit. On ne chargeait rien pour le lit; très souvent, le conducteur couchait à même le sol, enroulé dans sa propre couverture. »


© 1940, Archives de l’Ontario. Tous droits réservés.

« Comme, à l’époque, l’auteur habitait à Mount Pleasant, dans le canton de Guthrie, district de Nipissing, il a vu et compté, des environs de 16 heures à la tombée de la nuit, jusqu’à quarante attelages de chevaux transportant le ravitaillement pour les installations forestières existantes. Ces quarante attelages ne représentaient qu’une partie de la circulation quotidienne sur la route Bonnechere, mais l’auteur commençait à compter à 16 heures parce qu’il trouvait vraiment impressionnant de voir autant d’attelages en même temps; parfois, il pouvait en apercevoir dix à la fois. »

« Comme, à l’époque, l’auteur habitait à Mount Pleasant, dans le canton de Guthrie, district de Nipissing, il a vu et compté, des environs de 16 heures à la tombée de la nuit, jusqu’à quarante attelages de chevaux transportant le ravitaillement pour les installations forestières existantes. Ces quarante attelages ne représentaient qu’une partie de la circulation quotidienne sur la route Bonnechere, mais l’auteur commençait à compter à 16 heures parce qu’il trouvait vraiment impressionnant de voir autant d’attelages en même temps; parfois, il pouvait en apercevoir dix à la fois. »


© 1967, Martin Garvey. Tous droits réservés.

[TRADUCTION] « Une route fréquentée, en très bon état, traverse le canton le long de la Bonnechere; les bûcherons l’empruntent pour approvisionner les terres intérieures. Dans le canton, il y a un colon (Francis Currier) qui habite le lot 8, concession 11; il exploite un hôtel ou une halte et possède une très bonne maison avec dépendances. En hiver, cette route est extrêmement fréquentée. »

[TRADUCTION] « Une route fréquentée, en très bon état, traverse le canton le long de la Bonnechere; les bûcherons l’empruntent pour approvisionner les terres intérieures. Dans le canton, il y a un colon (Francis Currier) qui habite le lot 8, concession 11; il exploite un hôtel ou une halte et possède une très bonne maison avec dépendances. En hiver, cette route est extrêmement fréquentée. »


© 1874, Thomas Bolger. Tous droits réservés.

Photo du gîte Lafleur, établi initialement au milieu des années 1800 par Francis Currier.

« Il y a une route très droite traversant le canton en bordure de la rivière Bonnechère qui est utilisée par les ouvriers forestiers pour transporter les approvisionnements à l'intérieur des terres. Un pionnier (Francis Currier) qui vit dans le canton sur le lot 8 con 11 tient un gîte et possède une maison et des bâtiments imposants. Le transport est important le long de cette route durant l'hiver »
~ Thomas O. Bolger, PLS, relevé de1874 de la population du canton de Burns

Fred Gossard
vers 1958
Ontario, CANADA
© 1958, Fred Gossard. Tous droits réservés.


Photo : Le bon de passage des frères McLachlin, 1905

Reproduction d’un bon de passage représentatif pour le gîte et le repas pour un homme et ses chevaux. Émis le 6 septembre 1905 par les frères McLachlin, à Arnprior.

Frères McLachlin
vers 1905
Ontario, CANADA
F209 MU1957_1
© 2007, Archives publiques de l'Ontario. Tous droits réservés.


Hanna (McGuey) Hyland parle de la halte à Rory MacKay, 1976

R : Je vois. Quel genre de repas servait-on à la halte?
H : Eh bien, en général, il y avait du porc… ce porc salé, ils le faisaient frire. Et le matin, ils servaient des fèves au lard cuites au four. Des fois, ils faisaient des tartes, mais pas toujours. Le plus souvent, il y avait du porc avec des patates, et presque toujours de la mélasse pour dessert. On voyait rarement autre chose que de la mélasse sur la table.

Hanna (McGuey) Hyland, Rory MacKay
vers 1900
Ontario, CANADA
© 1976, Friends of Algonquin Park. Tous droits réservés.


Martin Garvey parle de la maison Garvey à Rory MacKay, 1976

R : À quoi ressemblait la maison de ferme à l’intérieur?
M : À l’intérieur? Ben … elle était grande. Après toute ces années, peut-être qu’elle me semble plus grande qu’elle ne l’était vraiment. Avec le temps, comme on dit, les choses ont toujours l’air plus grandes … mais si on pouvait y retourner, ce serait peut-être beaucoup plus petit.
R : C’est vrai.
M : Mais la maison, elle était grande. En entrant par la porte d’en avant, à gauche, il y avait un salon et derrière, une chambre à coucher. Et de ce côté-ci, il n’y avait qu’une seule grande pièce. C’était le temps … le temps des pionniers, hein. Il y avait une seule grande pièce, avec une grande table, très longue, pour manger, et ici, on faisait la cuisine, et les gens mangeaient. Le bar était là-bas, juste à côté de cette pièce.
R : À côté de la grande pièce?
M : Oui. À côté de la grande pièce. La salle du bar était au milieu.
R : Ok. À quoi ressemblait l’extérieur de la maison?
M : C’était une maison en bois rond, mais de l’extérieur, ça ne paraissait pas du tout parce que les pièces étaient entaillées à mi-bois. Ils font encore ça de nos jours. Ici, on voit les planches et ensuite une planche plus étroite pour les joints.
R : Pour les joints.
M : C’est ça.
R : Et c’était fixé par des clous ou par des chevilles?
M : Oui, oui, c’était fixé par des clous.
R : Par des clous.
M : Et c’était peint. Ils l’avaient peinte en blanc et vert

Rory Mackay, Martin Garvey
vers 1900
Ontario, CANADA
© 1976, Friends of Algonquin Park. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

* organiser, interpréter et communiquer les résultats des questions à l’aide de différentes méthodes (par ex. des graphiques, des diagrammes, des présentations orales, des articles de presse, des présentations hypermédia et des vidéos)
* utiliser correctement la terminologie alimentaire et nutritionnelle (par ex. les éléments nutritifs, l’héritage alimentaire, les aliments du pays et les traditions alimentaires)
* utiliser les recherches provenant d’une variété de sources de premier ordre (par ex. des entrevues, des observations, des statistiques, des recherches démographiques et des documents originaux) ainsi que de sources de seconde main (par ex. des documents imprimés, des articles sur Internet, des CD-ROM et des vidéos)
* évaluer les ressources imprimées et électroniques sur les aliments et la nutrition pour en déterminer la validité, la fiabilité, l’exactitude, la partialité et la pertinence
* faire preuve d’aptitudes à parler en public et à écouter dans un petit groupe
* faire preuve d’une capacité à assumer différents rôles au sein de petits groupes (par ex. président, rapporteur)
* faire preuve d’une compréhension de l’héritage alimentaire canadien
* faire preuve d’aptitudes dans la résolution de problèmes et de conflits, ainsi que dans la planification collaborative (par ex. en ce qui touche la division du travail, la gestion du temps, la participation équitable, la responsabilité d’un aspect de l’activité), tout en pouvant expliquer la nécessité de ces aptitudes en invoquant une théorie organisationnelle
* révéler une utilisation appropriée des méthodes de recherche en sciences sociales dans l’examen de questions associées à la nourriture


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