Molly Brant, dont le nom indien est Koñwatsi-tsiaiéñni, est une héroïne canadienne peu connue. On la connaît surtout comme étant la sœur de Joseph Brant, chef des Mohawks et fondateur de Brantford. Elle mérite d’être reconnue car elle a toutefois joué un rôle important auprès des Amérindiens et des Britanniques à Kingston au cours de la période loyaliste.
Molly Brant, dont le nom indien est Koñwatsi-tsiaiéñni, est une héroïne canadienne peu connue. On la connaît surtout comme étant la sœur de Joseph Brant, chef des Mohawks et fondateur de Brantford. Elle mérite d’être reconnue car elle a toutefois joué un rôle important auprès des Amérindiens et des Britanniques à Kingston au cours de la période loyaliste.

© 2007, Cataraqui Archaeological Research Foundation. Tous droits réservés.

Molly Brant est née en 1736, probablement dans la vallée de l’Ohio Valley,1 là où sa famille a demeuré pendant un certain temps. Lorsque son père, Peter, est mort, sa mère, Margaret, est retournée à Canajoharie avec ses deux enfants, Molly et Joseph. C’est à Canajoharie qu’elle a épousé Nickus Brant, le beau-père de Molly. Ce dernier était propriétaire d’une grosse maison à ossature de bois, il vivait et se vêtait comme les Européens, et, fait intéressant, M. Brant considérait William Johnson, le futur époux de Molly, comme un ami personnel.2 Molly était bien éduquée puisqu’elle avait étudié dans les écoles missionnaires britanniques, donc elle parlait et écrivait bien l’anglais.3

Molly a épousé Sir William Johnson et au moment de la naissance de leur premier fils, elle devait avoir environ 23 ans, et Sir William en avait 44. Ils ont eu 7 autres enfants.4 Leur famille a d’abord ha Pour en lire plus
Molly Brant est née en 1736, probablement dans la vallée de l’Ohio Valley,1 là où sa famille a demeuré pendant un certain temps. Lorsque son père, Peter, est mort, sa mère, Margaret, est retournée à Canajoharie avec ses deux enfants, Molly et Joseph. C’est à Canajoharie qu’elle a épousé Nickus Brant, le beau-père de Molly. Ce dernier était propriétaire d’une grosse maison à ossature de bois, il vivait et se vêtait comme les Européens, et, fait intéressant, M. Brant considérait William Johnson, le futur époux de Molly, comme un ami personnel.2 Molly était bien éduquée puisqu’elle avait étudié dans les écoles missionnaires britanniques, donc elle parlait et écrivait bien l’anglais.3

Molly a épousé Sir William Johnson et au moment de la naissance de leur premier fils, elle devait avoir environ 23 ans, et Sir William en avait 44. Ils ont eu 7 autres enfants.4 Leur famille a d’abord habité à Fort Johnson, de 1759 à 1763. Après avoir fait construire Johnson Hall,5 ils y ont emménagé et y sont restés de 1763 à 1774.

Les documents contemporains démontrent clairement que, pour Molly Brant, la vie à Johnson Hall était des plus civilisée. Elle menait une existence qui ne correspondait pas du tout à l’opinion qu’avaient la plupart des Européens au sujet des Amérindiens de cette époque. Les Européens voyaient les Amérindiens comme étant une race inférieure et ils les appelaient les sauvages. Johnson Hall était encore plus élégant que Fort Johnson, et il était plus grand.

Plusieurs aspects de son éducation mohawk traditionnelle lui ont été utiles en tant qu’épouse de Sir William. Les femmes iroquoises détenaient plus de pouvoir et un statut plus élevé dans leur société que les femmes blanches dans la leur.6 Molly a visiblement réussi à conserver son pouvoir et son statut dans la demeure des Johnson. Il semblerait également qu’elle était responsable de la gestion quotidienne du ministère des Affaires indiennes lorsque Sir William était absent.

Une anglaise qui fréquentait Johnson Hall à l’époque, décrit Molly Brant : « Elle a de beaux traits; elle a le teint clair, un peu olive . . . Elle était parfois réservée, et son calme et sa dignité révélaient qu’elle était fière d’être amérindienne et qu’elle était consciente de son pouvoir. Elle n’avait pas l’habitude de s’imposer, mais quiconque se trouvait en sa présence la remarquait. »7

Il est surprenant qu’une femme d’action, de nature dominante, ait en partie délaissé des traditions qui lui donnaient du pouvoir et de l’influence. Elle aurait certainement admis que l’acculturation des Mohawks allait leur faire perdre du pouvoir économique et de l’influence politique dans leur société.8 Elle aimait toutefois visiblement le rôle qu’elle jouait dans la société mohawk et dans la société coloniale; Sir William, en tant que surintendant des Affaires indiennes, a tiré profit de cette influence auprès des Mohawks, et il est certain que ce poste de surintendant lui a permis, à elle, de conserver son pouvoir et son influence.9

Sir William Johnson est mort subitement, en juillet 1774, à l’âge de 59 ans.10 Il est impossible d’évaluer l’ampleur du bouleversement sur le plan émotif et politique dans la vie de Molly Brant à ce moment-là. Tout porte à croire qu’elle est allée de l’avant. Elle a déménagé à Canajoharie avec ses huit enfants, tous âgés de moins de 15 ans.11 Molly a rapidement rétabli son influence auprès des Mohawks en établissant un commerce de traite.12
  1. Wilson, 1976: 55; Graymont, 1981: 26.
  2. Green, 1989: 236.
  3. Wilson, 1976: 55; Graymont, 1979: 416.
  4. Wilson, 1976: 56; Green, 1989: 246; Graymont, 1979: 417.
  5. Johnson Hall State Historic Site; Wilson, 1976: 56.
  6. Graymont, 1981: 31.
  7. Wilson, 1976: 56; Johnson Hall State Historic Site.
  8. Green, 1989: 236.
  9. Wilson, 1976: 56; Thomas, 1989: 143; Green, 1989: 238; Graymont, 1979: 417; Graymont, 1976: 31.
  10. Wilson, 1976: 56; Thomas, 1989: 143; Green, 1989: 239; Graymont, 1979: 417.
  11. Thomas, 1989: 143; Thomas 1986: 66; Graymont, 1979: 417.
  12. Graymont 1979: 417; Johnson Hall State Historic Site.

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Au début de la Révolution américaine, Molly Brant a hébergé et nourri des loyalistes, et elle envoyait des armes et des munitions à ceux qui se battaient pour le Roi. On dit aussi qu’elle a fait parvenir des renseignements aux militaires britanniques qui ont permis aux forces américaines de se rendre à Oriskany en 1777.1 De telles actions, et le fait que les patriotes gagnaient du terrain, l’ont éventuellement obligé à partir comme plusieurs autres l’avaient fait avant elle. Elle a quitté la vallée des Mohawks avec sa famille, deux esclaves masculins et deux servantes en 1777, et elle est allée à Fort Niagara. Puis, ses plus jeunes enfants ont été envoyés à l’école à Montréal.2

À ce moment-là plus que jamais, on s’attendait à ce que Molly utilise son influence sur les guerriers mohawks. Molly était une femme intelligente qui se servait de l’administration coloniale pour accroître son pouvoir politique et pour promouvoir les int& Pour en lire plus
Au début de la Révolution américaine, Molly Brant a hébergé et nourri des loyalistes, et elle envoyait des armes et des munitions à ceux qui se battaient pour le Roi. On dit aussi qu’elle a fait parvenir des renseignements aux militaires britanniques qui ont permis aux forces américaines de se rendre à Oriskany en 1777.1 De telles actions, et le fait que les patriotes gagnaient du terrain, l’ont éventuellement obligé à partir comme plusieurs autres l’avaient fait avant elle. Elle a quitté la vallée des Mohawks avec sa famille, deux esclaves masculins et deux servantes en 1777, et elle est allée à Fort Niagara. Puis, ses plus jeunes enfants ont été envoyés à l’école à Montréal.2

À ce moment-là plus que jamais, on s’attendait à ce que Molly utilise son influence sur les guerriers mohawks. Molly était une femme intelligente qui se servait de l’administration coloniale pour accroître son pouvoir politique et pour promouvoir les intérêts de son peuple. De façon similaire, le gouvernement se servait d’elle comme instrument de contrôle politique.3 Faisant la description d’une importante force iroquoise qui s’était rassemblée sur l’Île Carleton, le commandant du fort indique que « leur bon comportement inhabituel [était] en grande partie attribuable à l’influence qu’avait Miss Molly Brant sur eux, une influence [qui était] beaucoup plus grande que celle de tous les chefs réunis ».4 Au cours de la guerre, Molly a continué d’utiliser son influence pour préparer des guerriers au combat, leur remonter le moral, et renforcer leur loyauté envers le Roi.5

Après la guerre, aucune disposition n’a été prise dans le Traité de Paris de 1783 au sujet des Iroquois. Ils ont dû mener leurs propres négociations.6 On sait que Joseph Brant a fait parvenir une pétition au gouverneur Haldimand au nom des Iroquois; il semblerait aussi que Molly ait utilisé son influence dans l’intérêt de son peuple à ce moment-là.7 On a éventuellement concédé aux Iroquois des terres sur la Baie de Quinte. Ceci ne fit toutefois pas l’affaire de tous et les Iroquois demandèrent des terres supplémentaires sur le bord de la rivière Grand.8 Les Mohawks qui étaient allés à Montréal pendant la guerre se sont installés le long de la Baie de Quinte, où ils étaient dirigés par John Deserontyou, alors que ceux qui s’étaient réfugiés à Fort Niagara se sont installés sur le bord de la rivière Grand avec Joseph Brant.9
  1. Graymont, 1981: 26; Green, 1989: 239-40.
  2. Johnson Hall State Historic Site.
  3. Green, 1989: 240.
  4. Wilson, 1976: 56; Johnson Hall State Historic Site.
  5. Graymont, 1981: 31.
  6. Tooker, 1981: 12; Petrie, 1978: 39; Quinn, 1980: 77.
  7. Green, 1989: 241.
  8. Wilson, 1976: 57; Petrie, 1978: 39-43.
  9. Tooker, 1976: 12.

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En 1783, il a été décidé que le site de l’ancien fort français à Cataraqui, d’abord choisi pour les Iroquois, conviendrait parfaitement à l’établissement des autres loyalistes. Des mesures ont été prises pour déménager les troupes, l’équipement, et même des bâtiments de l’Île Carleton, située du côté américain de la nouvelle frontière. C’est à ce moment-là que Molly a décidé de s’établir à Cataraqui.1 Elle reçut une généreuse pension militaire pour son service au Roi durant la guerre, au montant de 100 livres.2 Dans une lettre datée du 10 septembre 1783, du Major Mathews au Gouverneur Haldimand, aucune objection n’est émise à la demande de Molly Brant de lui faire construire une maison.3 Molly a vécu dans les casernes jusqu’à ce que sa maison soit construite.

Contrairement aux autres loyalistes, Molly n’a pas dû tirer un lot au hasard. Pour en lire plus
En 1783, il a été décidé que le site de l’ancien fort français à Cataraqui, d’abord choisi pour les Iroquois, conviendrait parfaitement à l’établissement des autres loyalistes. Des mesures ont été prises pour déménager les troupes, l’équipement, et même des bâtiments de l’Île Carleton, située du côté américain de la nouvelle frontière. C’est à ce moment-là que Molly a décidé de s’établir à Cataraqui.1 Elle reçut une généreuse pension militaire pour son service au Roi durant la guerre, au montant de 100 livres.2 Dans une lettre datée du 10 septembre 1783, du Major Mathews au Gouverneur Haldimand, aucune objection n’est émise à la demande de Molly Brant de lui faire construire une maison.3 Molly a vécu dans les casernes jusqu’à ce que sa maison soit construite.

Contrairement aux autres loyalistes, Molly n’a pas dû tirer un lot au hasard. On lui a assigné la propriété Ferme Lot A dans le canton de Kingston, le long de la frontière au nord de la ville. Il s’agissait d’une propriété de 116 acres au lieu de 200 acres (grandeur habituelle) car la réserve du clergé empiétait sur son terrain.4 Elle était cependant aussi dépourvue que les autres. Elle n’avait probablement apporté avec elle que quelques objets personnels.

Des documents historiques et de récents articles décrivent Molly Brant comme une femme solide qui avait conservé son héritage autochtone, souvent au mépris des Européens de l’époque. Molly est un personnage controversé car elle était à la fois pro-Britannique et pro-Iroquois. Elle tenait à s’exprimer dans la langue mohawk, elle s’habillait toujours comme les Mohawks, et elle encourageait ses enfants à faire de même. Elle a défendu les intérêts des Iroquois avant, pendant et après la Révolution américaine. Elle a hébergé et nourri son peuple. Elle protestait lorsqu’elle croyait que le gouvernement ignorait les Iroquois.5

Molly Brant, une véritable héroïne canadienne, est morte le 16 avril 1796 à l’âge de 60 ans. Elle a été enterrée au cimetière de l’Église St-Paul, à Kingston.

Plus de 200 ans après sa mort, nous devrions continuer d’honorer cette femme exceptionnelle. Tel que l’a dit Ian Wilson, rendant hommage à Molly Brant, « La postérité a très peu rendu justice à cette femme remarquable. De son vivant, les Indiens et les blancs la respectaient. Des soldats, des hommes d’État, des gouverneurs et des généraux lui ont fait éloge. Sa vie dans la vallée de l’Ohio, la vallée des Mohawks, puis à Kingston, n’a pas été facile. Sa vie fut remplie de danger et d’incertitude dans un monde où rien ne semblait réglé. Elle a survécu à tous ces émois en conservant sa dignité, son honneur et sa distinction en tant que mère et en tant que chef.. »6
  1. Quinn, 1980: 78-79; Green, 1989: 241.
  2. Green, 1989: 241; Thomas, 1989: 146; Graymont, 1979: 418.
  3. Cruikshank and Watt, 1984: 108.
  4. Bazely, 1993: 4.
  5. Green, 1989: 241.
  6. Wilson, 1976: 57.

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Molly Brant, une image d'un timbre canadien

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Lieux d'aisances, maison de Molly Brant à Kingston, fouille 1989

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Coin de la maison de Molly Brant à Kingston, une fondation partielle, fouille 1989

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Brosse à dents en ivoire des lieux d'aisances de la maison de Molly Brant à Kingston, fouille 1989

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Boutons des lieux d'aisances de la maison de Molly Brant à Kingston, fouille 1989

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Bol des lieux d'aisances de la maison de Molly Brant à Kingston, fouille 1989

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Objectifs d'apprentissage

  1. Analyser les changements dans la culture autochtone après la rencontre avec les Français et les Anglais dans la région de Kingston. 
  2. En apprendre davantage au sujet de l’impact du commerce des fourrures sur l’organisation économique des communautés autochtones, tout en examinant plus précisément le rôle joué par Molly Brant dans la relation entre les Amérindiens canadiens et les Britanniques.
  3. Étudier, en faisant de la recherche, l’impact de la rencontre avec les premières nations sur le développement de la culture et de l’identité canadienne en ce qui concerne l’évolution de Kingston, qui était un poste de fourrure et qui est devenu un centre politique et commercial prospère pour le pays.

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