Type de poste de radio utilisé pour écouter de la musique folklorique au milieu du 20e siècle.

Quand Louise Manny présentait ses émissions de chansons folkloriques dans les années 1950, on l'écoutait dans différentes régions de la province grâce à des postes de radio comme celui-là.

Unknown
Musée régional Restigouche Regional Museum
vers 1950
Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Musée régional Restigouche Regional Museum. Tous droits réservés.


Manny à Beaverbrook (le 27 mars 1950) dans laquelle elle décrit sa collection et la promotion de chansons folkloriques.

Newcastle, Nouveau-Brunswick, Canada Le 27 mars 1950 Cher Lord Beaverbrook, Je vais à Halifax le 2 avril, pour une émission de la CBC qui sera un genre de dialogue avec Helen Creighton, spécialiste des chansons folkloriques de la Nouvelle Écosse, pour discuter des chansons folkloriques des Maritimes. J'espère que l'émission sera couronnée de succès. J'ai reçu de nombreuses lettres des personnes de la région qui aiment les émissions sur les chansons folkloriques. C'est la première fois qu'un grand nombre de ces personnes entendent les chansons qu'elles aiment traiter avec respect. À propos des disques, j'espère que l'original existe quelque part. Le tirage est fait à bas prix à partir de l'original. Les disques que vous m'avez donnés sont assez usés. Je les fait toujours tourner avec soin en utilisant « l'aiguille à épine », mais la station de radio locale les a souvent fait jouer et ils commencent à être usés. Vous m'avez aussi envoyé ceux que vous aviez et ils commencent à être usés. J'ai pensé qu'il serait bon d'en reproduire une nouvelle série avec les meilleures chansons pour leur utilisation à la radio ou pour des conférences. J'aimerais bien obtenir d'autres enregistrements ce printemps. J'ai pensé à organiser un genre de festival à l'hôtel de ville. Je pourrais enregistrer les chanteurs à partir d' un magnétophone. Nous pourrions alors choisir les meilleures chansons. Il est difficile de prévoir comment tournera une chanson avant de l'avoir entendue. Est-ce qu'on devrait se limiter aux chansons du Nouveau-Brunswick? Après tout, WEXFORD LASS a été l'une de nos plus grandes réussites et nous l'avions acceptée par erreur. Je vous enverrai plus tard une plus longue lettre à ce sujet. J'aimerais recueillir le plus grand nombre de chansons possible avant que la Bibliothèque du Congrès entende parler de notre grande richesse et envoie quelqu'un ici pour enregistrer nos chansons. Je suis contente de l'accueil favorable réservé aux discussions historiques. Les écoles qui ont des postes de radio les écoutent. Les enfants aiment bien entendre parler de personnages locaux qu'ils connaissent. Je vous prie d'agréer, cher Lord Beaverbrook, mes sincères salutations. Louise Manny

Louise Manny
Beaverbrook Canadian Correspondence (MG H 156), Archives & Special Collections, Harriet Irving Library, University of New Brunswick
1950-03-27
CANADA Provinces de l'Atlantique, Provinces de l'Atlantique, CANADA
12245
© 2007, Archives & Special Collections, Harriet Irving Library, UNB. Tous droits réservés.


Manny à Beaverbrook (le 5 mai 1950) décrivant le succès de son émission de radio locale sur les chansons folkloriques.

Newcastle, Nouveau-Brunswick, Canada Le 5 mai 1950 Cher Lord Beaverbrook, Je voulais vous écrire depuis un certain temps à propos des chansons folkloriques. J'espère que ma lettre se rendra jusqu'à vous, car nous espérons tous que vous êtes en route pour revenir en Amérique du Nord et au Nouveau-Brunswick. Ce que j'aimerais faire c'est d'organiser une sorte de festival en juin (quand nos chanteurs n'auront plus le rhume) afin d'enregistrer toutes les chansons des personnes qui voudront bien venir à Newcastle et à Chatham. Il y a beaucoup de chansons intéressantes que nous n'avons pas encore enregistrées. Je suis réellement d'avis que nous devrions enregistrer toutes les chansons traditionnelles possibles. Il y a de vieilles ballades écossaises, anglaises et irlandaises que les premiers colons ont apportées ici et qui sont encore chantées. Elles ont peut-être été enregistrées ailleurs, mais nous trouverons peut-être des variantes intéressantes. Aussi, la collection de chansons folkloriques locales nous donne un aperçu de la culture locale et de la façon de vivre et de penser à Miramichi. Je ne veux pas enregistrer de chansons importées récemment, mais plutôt celles qui sont chantées dans la région de Miramichi depuis une centaine d'années. Depuis octobre dernier, j'ai enregistré deux émissions radiophoniques par semaine (gratuitement) sur les chansons folkloriques. Je parle de la chanson folklorique en général, je racoute son histoire puis je la fais jouer. Vous seriez surpris de voir à quel point cela intéresse toutes sortes de gens. Ceux dans les régions rurales évidemment sont contents d'entendre « leurs » chansons à la radio. Je suis heureuse de constater aussi l'intérêt des personnes plus sophistiquées qui considéraient auparavant ces chansons un peu rustres. Comme vous le savez, nos chansons sont chantées sur une échelle de 5 tons dans le style déclamatoire ou « rubato parlando ». Au premier abord, elles semblent bizarres aux personnes dans le domaine de la musique. Toutefois, elles présentent une qualité musicale unique et représentent une forme de musique importante. Je suis heureuse de vous signaler que la qualité de nos enregistrements est superbe – meilleure que celle des enregistrements de la Nouvelle-Écosse et, pour la plupart, meilleure que ce que j'ai entendu de la collection de la Bibliothèque du Congrès. Je crois vous avoir déjà mentionné que j'ai participé à 4 émissions pour la CBC. Il s'agissait de conversations avec Helen Creighton de la Nouvelle-Écosse illustrées par l'écoute de parties de nos chansons. Ses chansons étaient surtout des chansons traditionnelles tandis que les miennes portaient sur les bûcherons et l'exploitation forestière dans la région de Miramichi. Ces émissions n'ont pas encore été diffusées, mais elles ont été enregistrées et sont prêtes pour la diffusion... Je vous prie d'agréer, cher Lord Beaverbrook, mes sincères salutations. Louise Manny

Louise Manny
Beaverbrook Canadian Correspondence (MG H 156), Archives & Special Collections, Harriet Irving Library, University of New Brunswick
1950-05-05
CANADA Provinces de l'Atlantique, Provinces de l'Atlantique, CANADA
12269
© 2007, Archives & Special Collections, Harriet Irving Library, UNB. Tous droits réservés.


(Oh! Les frères Jones ont construit un moulin
Sur le versant d'une colline
Et ils ont travaillé tous les jours et toutes les nuits
Mais le moulin n'a jamais été une réussite.)


Il semble avoir été de coutume à Miramichi dans les années 1880 et 1890 d'écrire des chansons satiriques à propos des frères Jones et de leurs moulins. Lord Beaverbrook se rappelle avec joie le refrain ci-dessus qu'il avait entendu sur les rues de Newcastle quand il était enfant. Il le chantait souvent quand il se trouvait en bonne compagnie en disant que c'était la chanson préférée de sa femme. Vers la fin des années 1940, lorsqu'il a donné à l'Université du Nouveau-Brunswick des cloches sonnant au quart d'heure, il s'est organisé pour que les cloches imitent l'air de cette chanson.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Lord Beaverbrook chantait cette chanson pour briser la glace à des rencontres internationales. On dit qu'il l'a enseignée à tous les diplomates qu'il connaissait, de Churc Pour en lire plus

(Oh! Les frères Jones ont construit un moulin
Sur le versant d'une colline
Et ils ont travaillé tous les jours et toutes les nuits
Mais le moulin n'a jamais été une réussite.)


Il semble avoir été de coutume à Miramichi dans les années 1880 et 1890 d'écrire des chansons satiriques à propos des frères Jones et de leurs moulins. Lord Beaverbrook se rappelle avec joie le refrain ci-dessus qu'il avait entendu sur les rues de Newcastle quand il était enfant. Il le chantait souvent quand il se trouvait en bonne compagnie en disant que c'était la chanson préférée de sa femme. Vers la fin des années 1940, lorsqu'il a donné à l'Université du Nouveau-Brunswick des cloches sonnant au quart d'heure, il s'est organisé pour que les cloches imitent l'air de cette chanson.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Lord Beaverbrook chantait cette chanson pour briser la glace à des rencontres internationales. On dit qu'il l'a enseignée à tous les diplomates qu'il connaissait, de Churchill à Molotov. À de nombreuses réunions sur lesquelles reposait le sort de différentes nations, il a détendu l'atmosphère en chantant la chanson des frères Jones et de leur moulin. Quand Molotov a chanté avec lui cette chanson, on croit que c'est peut-être parce qu'il pensait que la chanson célébrait le déclin du système capitaliste.

John Jones, le père des frères Jones, est venu de Camborne, dans Cornwall, en 1840 à l'âge de 34 ans. Il s'est établi au départ à Chatham, où son fils James est né en 1844. Peu après, la famille Jones a déménagé près d'un ruisseau se déversant dans la rivière Nor'West Miramichi et ce ruisseau a ensuite été nommé Jone’s Brook. À cet endroit, John Jones a bâti un moulin à grains pour offrir ses services à la communauté et il a élevé une famille de dix enfants.

John père est mort en 1866. Ses fils, James et John, ont assumé la direction de l'entreprise. James s'occupait du moulin à grains tandis que John gérait la scierie près de là. Le ruisseau servait de force motrice aux deux moulins. Quand une section du chemin de fer Intercolonial a été construite sur les terres des Jones aux environs de 1870, le nom de la localité est devenu Jones’s Crossing tel qu'on l'appelle encore aujourd'hui.

John Jones fils est mort en 1940 à l'âge de 96 ans à sa demeure de Jones’s Crossing. Il était le dernier membre survivant de cette famille de dix enfants. 




Traduction d'un extrait de l'ouvrage Songs of Miramichi par Louise Manny, (pages 124 et 125)

 


© 1968, Brunswick Press. Tous droits réservés.

Nick Underhill interprète la chanson Les frères Jones « The Jones Boys »

Oh! Les frères Jones ont construit un moulin
Sur le versant d'une colline
Et ils ont travaillé tous les jours et toutes les nuits
Mais le moulin n'a jamais été une réussite.

Inconnu
Nick Underhill
vers 1959
CANADA Nord du Nouveau-Brunswick, Nouveau-Brunswick, Nord du Nouveau-Brunswick, CANADA
© 1962, Folkway Records. Tous droits réservés.


Collection importante d'enregistrements et d'appareils à enregistrer.

Le Musée acadien de l’Université de Moncton a présenté une exposition ayant pour thème la musique. Cette exposition, organisée et montée par le Musée acadien, se donnait pour but de fournir au public intéressé l’unique occasion de voir l’ensemble complet des artefacts de sa collection d’objets liés au monde merveilleux de la musique.

Musée acadien, Université de Moncton
vers 1997
CANADA Provinces de l'Atlantique, Provinces de l'Atlantique, CANADA
© 2007, Musée acadien, Université de Moncton. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

Les apprenants comprendront comment la musique folklorique est devenue accessible pour la population générale du Nouveau-Brunswick.


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