Billet pour le premier Festival de la chanson folklorique de Miramichi qui a eu lieu à Newcastle, les 3, 4 et 5 septembre

FESTIVAL DE LA CHANSON FOLKLORIQUE DE MIRAMICHI Théâtre Beaverbrook et Hôtel de ville Newcastle Les 3, 4 et 5 septembre COMMANDITAIRES – CLUB ROTARY DE NEWCASTLE Secrétaire – Mlle Louise Manny ANIMATRICE - Ken Homer de CBC Radio Caravan Prix pour les chansons folkloriques remis aux chanteurs du comté de Northumberland : 1. Le plus vieux chanteur ou la plus vieille chanteuse 2. Le meilleur chanteur 3. La meilleure chanteuse 4. Le meilleur jeune chanteur ou la meilleure jeune chanteuse (moins de 25 ans) 5. Le meilleur chanteur ou la meilleure chanteuse en français 6. Le meilleur chanteur ou la meilleure chanteuse autochtone en micmac Aussi : Prix du meilleur chanteur invité (de l'extérieur du comté de Northumberland) BILLETS : Pour tous les jours du festival au prix de 1,00 $ Chaque chanteur ou chanteuse obtiendra 6 laissez-passer pour la famille et les amis. Utiliser la simple formule d'inscription ou écrivez à Mlle Louise Manny à Newcastle.

Susan Butler
vers 1958
Nouveau-Brunswick, CANADA
Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Susan Butler Collection. Tous droits réservés.


Introduction au Festival de la Chanson Folklorique de Miramichi de Helen Creighton

C’est en 1958 que Louise Manny (Newcastle, Nouveau-Brunswick) a fondé un festival de la chanson folklorique qui, par la suite, s’est déroulé à chaque année. Les participants venaient des communautés de bûcherons et de pêcheurs du Nord-Est du Nouveau-Brunswick. Le festival avait lieu dans une grande salle et des prix étaient décernés aux participants pour toutes sortes de raisons. On a notamment remis un prix à un homme dont la prestation n’avait rien d’exceptionnel mais, comme Louise Manny l'a déclaré, il avait une grosse famille à faire vivre et, par conséquent, méritait une récompense.

Pendant les cinq premières années du festival, j’ai été l’un des trois juges du festival. C’était, pour moi, le point culminant de la saison. Les participants téléphonaient parfois pour demander s’ils pouvaient chanter telle ou telle chanson. Si Louise Ma Pour en lire plus

Introduction au Festival de la Chanson Folklorique de Miramichi de Helen Creighton

C’est en 1958 que Louise Manny (Newcastle, Nouveau-Brunswick) a fondé un festival de la chanson folklorique qui, par la suite, s’est déroulé à chaque année. Les participants venaient des communautés de bûcherons et de pêcheurs du Nord-Est du Nouveau-Brunswick. Le festival avait lieu dans une grande salle et des prix étaient décernés aux participants pour toutes sortes de raisons. On a notamment remis un prix à un homme dont la prestation n’avait rien d’exceptionnel mais, comme Louise Manny l'a déclaré, il avait une grosse famille à faire vivre et, par conséquent, méritait une récompense.

Pendant les cinq premières années du festival, j’ai été l’un des trois juges du festival. C’était, pour moi, le point culminant de la saison. Les participants téléphonaient parfois pour demander s’ils pouvaient chanter telle ou telle chanson. Si Louise Manny ne la connaissait pas, elle nous demandait notre opinion, puis, elle leur répondait : « Non, vous ne pouvez pas la chanter; les juges me disent que ce n’est pas une chanson folklorique. » C’est ainsi qu’on a transmis le message que les chansons devaient être traditionnelles. Le festival a permis de sauvegarder des chants qui se seraient peut-être perdus. Un fait intéressant à souligner : au festival, tous ceux qui avaient une enregistreuse pouvait l’utiliser.

Comme les Acadiens vivaient sur la côte nord-est, il était rare qu’on n’entende pas une ou deux chansons en français. Allan Kelly est l’un des interprètes les plus prolifiques. Il est bilingue et, d’après Ronald Labelle (auteur des notes du présent document), il chanterait toujours. C’est un homme heureux qui chante des chansons drôles et d’autres plus tragiques. C’est un homme plein de surprises: il pouvait chanter une chanson triste et enchaîner avec une autre qui déclenchait l’euphorie du public; il pouvait chanter une chanson en français suivie d’une autre en anglais. 



 - La fleur du rosier: chansons folkloriques d’Acadie, 1988Recueillies par Helen Creighton, publiées par Ronald Labelle, p. v


© 1988, University of Cape Breton Press. Tous droits réservés.

Chanteurs assis sur la scène du Festival de la chanson folklorique de Miramichi en 1961.

Larry Hughes joue du banjo tandis que le regardent l'animateur, Ken Homer, et des chanteurs dont Allan Kelly, John Holland, Johnny Gilks, Arthur MacDonald, Nick Underhill et Wilmot MacDonald.

Inconnu
Musée du Nouveau-Brunswick, Saint John
vers 1961
CANADA Nord du Nouveau-Brunswick, Nouveau-Brunswick, Nord du Nouveau-Brunswick, CANADA
989-108-304
© 2007, Musée du Nouveau-Brunswick, Saint John, N.B.. Tous droits réservés.


Cette année marque le 25e anniversaire du Festival de la chanson  folklorique de la Miramichi, qui aura lieu du 1er au 3 juillet à Newcastle au Nouveau-Brunswick. Bien qu’en principe, après 25 ans d’existence, le festival devrait être bien établi dans la région et constituer un élément vital de la vie communautaire, il se trouve que le taux de participation est en déclin. Chaque année, de moins en moins de vieux chanteurs de ballades sont au rendez-vous, et, souvent, ils sont remplacés par des chanteurs locaux qui ne possèdent pas le répertoire varié et unique de leurs prédécesseurs. En effet, le festival se transforme lentement en concert amateur local. De plus, les spectateurs, qui avaient l’habitude d’arriver en masse, se font de moins en moins nombreux. Il y a cinq ans, les concerts, tenus à l’hôtel de ville, étaient à guichets fermés. L'assistance diminue d'année eu année. En 1981, la salle était à moitié vide.

On peut s’attendre Pour en lire plus
Cette année marque le 25e anniversaire du Festival de la chanson  folklorique de la Miramichi, qui aura lieu du 1er au 3 juillet à Newcastle au Nouveau-Brunswick. Bien qu’en principe, après 25 ans d’existence, le festival devrait être bien établi dans la région et constituer un élément vital de la vie communautaire, il se trouve que le taux de participation est en déclin. Chaque année, de moins en moins de vieux chanteurs de ballades sont au rendez-vous, et, souvent, ils sont remplacés par des chanteurs locaux qui ne possèdent pas le répertoire varié et unique de leurs prédécesseurs. En effet, le festival se transforme lentement en concert amateur local. De plus, les spectateurs, qui avaient l’habitude d’arriver en masse, se font de moins en moins nombreux. Il y a cinq ans, les concerts, tenus à l’hôtel de ville, étaient à guichets fermés. L'assistance diminue d'année eu année. En 1981, la salle était à moitié vide.

On peut s’attendre à ce que le taux de participation au plus vieux festival folklorique annuel au Canada continue de chuter à mesure que les vieux chanteurs disparaissent. En fait, il se peut que le chanteur de ballades le plus renommé de Miramichi, Wilmot MacDonald, ne soit pas de la partie cette année en raison de problèmes de santé. Parmi les excellents chanteurs pour lesquels les folkloristes faisaient des centaines de miles, il ne reste que quelques artistes, par exemple Allan Kelly et Marie Hare.

Aujourd’hui, lorsque les gens parlent du festival, ils évoquent souvent les années passées et le fait qu’il a perdu de la vigueur. On attribue toujours la baisse de la participation à l’absence des vieux chanteurs, mais il se pourrait qu’elle découle de problèmes sous-jacents. En effet, le festival a toujours été fortement associé à la région de Miramichi. Presque tous les chanteurs sont de la région et ils chantent au sujet du mode de vie typique des gens de Miramichi. Les ballades locales racontent la vie dans les camps de bûcherons, la drave sur les rivières et les aventures en pleine mer.

Or, Miramichi a perdu de l’importance dans les secteurs de la foresterie et du transport maritime. Les établissements fondés à Chatham ont soit fermé leurs portes ou sont déménagés. La région souffre de négligence et du déclin de la population; en effet, les jeunes sont nombreux à quitter. La fierté associée à la région de Miramichi a évidemment souffert de ces problèmes.

Le Festival de la chanson folklorique de la Miramichi reflétait la riche culture de la région. Et, comme les autres festivals folkloriques véritablement authentiques au pays, il permettait aux membres de cette culture d’exprimer leur fierté d’appartenance. Il semblerait que le festival soit ainsi une autre victime du déclin de la région de Miramichi.

La participation des jeunes membres de la collectivité est importante pour la vitalité et la réussite d’un festival. Or, les jeunes de la région ne s’intéressent pas à leur patrimoine culturel et l’on constate que les ballades locales ne seront préservées que par leur collecte par des personnes de l’extérieur. Une des rares exceptions à cette règle est la fille d’Allan Kelly, Germaine Smith, qui connaît bon nombre des chansons traditionnelle du répertoire de son père. À mesure que les années passent, la fin du festival de Miramichi approche. Chaque année, l’organisatrice, Daisy Mitchell, espère en vain trouver une jeune personne pour la remplacer. Âgée de 83 ans, elle s’inquiète à juste titre du manque de successeur.

On pourrait se demander pourquoi dans l’ensemble, les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises s’inquiètent si peu du sort de leur seul festival folklorique. Les francophones et les anglophones organisent de nombreuses activités locales, tels des festivals d’été, des concours de violon et des foires, mais on ne fait aucun effort pour établir un festival folklorique annuel d’une plus grande envergure. Les francophones organisent beaucoup d’activités culturelles, mais on accorde souvent peu d’importance à la musique folklorique. Le « Frolic acadien », un concert tenu chaque été dans un champ à Cap-Pelé, a été dissout en 1980 en raison de problèmes organisationnels et administratifs. Le « Frolic », un festival de musique folklorique et rock, a souffert du même problème qui a dévasté les festivals du genre ailleurs. Depuis les dernières années, le « Festival acadien » de Caraquet prend de l’importance à titre de point central de la culture acadienne au Nouveau-Brunswick. Toutefois, on n’accorde pas de rôle prédominant à la musique folklorique pendant ces activités, qui servent à faire valoir le nationalisme acadien. En outre, depuis 1980, la « Foire brayonne » est devenue un festival culturel pour les gens du Madawaska, au nord-ouest du Nouveau Brunswick. Mais, là encore, la musique folklorique ne fait que figurer parmi les nombreux volets des festivités visant à montrer que la « République du Madawaska » a sa propre identité.

Il est à espérer que les organisateurs des festivités, pour marquer le 200e anniversaire du Nouveau-Brunswick en 1984, pourront organiser une activité permettant aux Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises de célébrer ensemble leurs traditions folkloriques riches et variées. Si cela devait se produire, il se pourrait que la chute du festival de Miramichi soit suivie de la naissance d’un festival folklorique provincial, ce qui éviterait la disparition de la musique folklorique néo-brunswickoise authentique de la scène publique. 



Traduction d'un extrait du Revue de musique folklorique canadienne, volume 16.3 (1982)
© 1982, Revue de musique folklorique canadienne. Tous droits réservés.

La rivière Miramichi est la deuxième plus longue dans le Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick. Ses bras Nord-Ouest et Sud-Ouest ainsi que leurs affluents, les petites rivières qui se déversent dans la partie principale de la Miramichi, forment un réseau hydrographique qui couvre le comté de Northumberland.

La prononciation de « Miramichi » peut être intimidante pour ceux qui voient le mot écrit pour la première fois. Il faut mettre l’accent sur la première et la dernière syllabes. On dit que Miramichi est le plus ancien mot autochtone donné à un lieu-dit en Amérique du Nord. Plusieurs sens lui ont été donnés, mais aucun n’est exact. Il est possible qu’il désigne la rivière et ses bras; toutefois, personne ne sait vraiment d’où vient le mot.

La rivière Miramichi a été pendant de nombreuses années le refuge des sportifs, particulièrement des amateurs de pêche au saumon. L’exploitation forestière était l’une de ses principales Pour en lire plus
La rivière Miramichi est la deuxième plus longue dans le Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick. Ses bras Nord-Ouest et Sud-Ouest ainsi que leurs affluents, les petites rivières qui se déversent dans la partie principale de la Miramichi, forment un réseau hydrographique qui couvre le comté de Northumberland.

La prononciation de « Miramichi » peut être intimidante pour ceux qui voient le mot écrit pour la première fois. Il faut mettre l’accent sur la première et la dernière syllabes. On dit que Miramichi est le plus ancien mot autochtone donné à un lieu-dit en Amérique du Nord. Plusieurs sens lui ont été donnés, mais aucun n’est exact. Il est possible qu’il désigne la rivière et ses bras; toutefois, personne ne sait vraiment d’où vient le mot.

La rivière Miramichi a été pendant de nombreuses années le refuge des sportifs, particulièrement des amateurs de pêche au saumon. L’exploitation forestière était l’une de ses principales industries.

La région a longtemps été décrite comme « Le paradis des chasseurs ». Lord Beaverbrook, l’un des plus grands bienfaiteurs et homme d’État du Nouveau-Brunswick, a grandi sur les berges de la rivière Miramichi. C’est lui qui a jeté les bases du plus ancien festival en Amérique du Nord, le Festival de la chanson folklorique de Miramichi. Jeune garçon, il avait une devise: « Nous sommes des meneurs, que ceux qui le peuvent, nous suivent. » Et, sur le plan du folklore local, c’est bien ce que les résidents de la Miramichi sont depuis quarante ans : des meneurs.

En 1947, Lord Beaverbrook a demandé à Louise Manny, une amie historienne de la région : « Pourquoi n’iriez-vous pas recueillir les chansons folkloriques du Nouveau- Brunswick? Je vous enverrai une bonne enregistreuse. » Louise Manny était très sceptique. « Je ne crois pas que de telles chansons existent », lui a-t-elle répondu. Lord Beaverbrook a répliqué qu’elle pourrait être surprise. Il lui a chanté quelques lignes de la chanson « The Jones Boys » –

« Ah, les Jones Boys construisirent un moulin
Sur le versant d'une colline,
Et ils ont travaillé toute les jours et toutes les nuits
Mais le moulin n'a jamais été une réussite. »

Il s’agissait de l’une des chansons préférée de Lord Beaverbrook qu'il a chantée toute sa vie, alors qu’il poursuivait son travail d’éditeur et qu’il bâtissait son empire de presse. Il l’a enseignes à son ami, Sir Winston Churchill, qui, à son tour, l'a montrée à plusieurs grands hommes d’État.

Louise Manny a accepté la mission que lui avait confiée Lord Beaverbrook et elle est parte, avec son amie Bessie Crocker, à la recherche de chansons folkloriques. Elles ont été très surprises : elles ont entendu des chansons en gaélique et en français, des ballades médiévales et du dix-huitième siècle, des chansons du Maine et d’autres parties des États-Unis… et des chansons locales. Cette première collecte constitue la collection Beaverbrook. Une fois sa mission accomplie, Louise Manny a continué à recueillir des chansons pour sa propre collection. Elle a lutté aussi avec ferveur pour la préservation du folklore. À la fin des années quarante, elle a fait de la radio. Dans le cadre de son émission hebdomadaire, elle invitait des gens avec qui elles avait communiqué à venir y chanter leurs chansons.

En 1958, Louise Manny, appuyée par le New Brunswick Travel Bureau, le gouvernement provincial, le Newcastle Rotary Club et des dons privés, a inauguré le premier Festival de la chanson folklorique de Miramichi. Le festival se tenait à l’hôtel de ville Lord Beaverbrook Town Hall de Newcastle. Trois soirées de spectacles étaient au programme. Dans les années qui ont suivi, une matinée pour les enfants s’y est greffé. Parmi les interprètes, nombreux étaient ceux dont les chants avaient été enregistrés à la fin des années quarante pour les collections Beaverbrook et Manny.

Les chansons folkloriques de la Miramichi sont interprétée sans aucun accompagnement. L’interprète n’a que la voix nue, que la mélodie et que sa seule présence sur scène pour avoir un impact sur les spectateurs. Ceux qui connaissent leurs gammes et qui ont l’habitude des harmonies et des accompagnements sont susceptibles de trouver les chansons monotones. Or, tous ceux qui ont cherché à les comprendre ont été frappés par leur sincérité et leur charme. Il faut bien écouter la chanson, non le chanteur. Chaque chanson raconte une histoire.

Le festival se tient au début du mois d’août et constitue un attrait touristique depuis vingt-huit ans. C’est un festival tout simple; il accueille des gens de la région et d’ailleurs qui aiment se rassembler chaque année et chanter les chansons traditionnelles qui ont contribué à la culture de la province.

L’âge des interprètes varie: il y a des adolescents et des personnes qui ont près de quatre-vingt-dix ans. Nous avons encore parmi nous deux interprètes qui ont participé au tout premier festival en 1958. On pourrait dire d’Allan Kelly et de Marie Hare qu’ils sont le roi et la reine du Festival de la chanson folklorique de Miramichi. Ils connaissent plein de chants folkloriques et ont tous les deux fait un disque. Marie Hare a participé à de nombreux festivals au Canada et aux États-Unis. Allan Kelly a remporté bien du succès aux festivals de la chanson folklorique de Terre-Neuve.

Or, la trajectoire des festivals est souvent jonchée d’obstacles. Au bout de vingt-cinq ans, le Festival de la chanson folklorique de Miramichi ne semblait plus avoir aucun avenir. Trouver les interprètes constituait le plus grand obstacle. Au fil des ans, plusieurs interprètes étaient décédés. Les jeunes ne semblaient s’y intéresser. Pendant quelques années, le festival a reposé sur les épaules d’une poignée de gens. La promotion était inexistante. Or, au début des années 1980, le vent a tourné. Les jeunes ont commencé à s’y intéresser : ils voyaient la nécessité de garder vivant ce musée vivant. Ainsi, un quart de siècle plus tard, le Festival de la chanson folklorique de Miramichi a fait peau neuve. Les jeunes ont appris les chansons. Certains imitaient si parfaitement les interprètes décédés qu’on avait l’impression qu’ils étaient sortis de leur tombe et qu’ils étaient là, devant nous, sur la scène.

Le festival s’étend maintenant sur cinq jours. Les trois premiers se déroulent à Miramichi et il y a un invité spécial en soirée. Un concert folklorique se tient dans la ville avoisinante de Chatham les deux derniers jours et met en vedette une personne ou un groupe renommé. Le dernier spectacle est une pièce de théâtre en plein air qui porte sur l’histoire du Nouveau-Brunswick.

Le festival a certainement évolué, mais il est essentiellement le même. Bien des chansons sont encore interprétée sans accompagnement. Certains interprètes s’accompagnent à la guitare. Des gigueurs et des violoneux sont présents. À la fin de chaque spectacle, les interprètes et les spectateurs prennent un café ensemble. Tout le monde est invité à signer le livre des visiteurs dans l’entrée. Le livre permet aux organisateurs d’avoir une idée de la provenance des spectateurs. Le maître de cérémonie demande généralement s’il y a des gens dans la salle qui viennent d’autres provinces ou des États-Unis. S’il y en a, la foule les applaudit chaleureusement en guise d’accueil dans la Miramichi.

Le 28e festival a accueilli des visiteurs de l’Ontario, de la Floride, de Boston, de Vancouver, de l’Angleterre, pour n’en citer que quelques-uns. Le Festival de la chanson folklorique de Miramichi n’a jamais fait de profits. Il survit grâce à la générosité des organismes locaux et des médias. Chaque interprète, à l’exception de l’interprète vedette, reçoit un petit cachet pour sa participation au festival.

Le comité du festival est constitué de douze membres, qui donnent de leur temps à chaque année afin de produire un spectacle annuel. Les objectifs du groupe sont les suivants :
1. Poursuivre le travail de Lord Beaverbrook et de Louise Manny.
2. Offrir des ateliers dans les écoles.
3. Préserver la simplicité et l’atmosphère du festival.
4. Encourager les interprètes des régions avoisinantes à nous rendre visite et à échanger leur musique.

On m’a souvent posé la question suivante : « Pourquoi êtes-vous intéressée à la musique folklorique? C’est vieux jeu. » Je crois qu’il y a quelque chose d’authentique dans ce genre de musique. Il ne faut pas oublier que la musique folk est et continue d'être dans une large mesure à l’origine de notre musique moderne. La musique folklorique existe depuis des siècles.

Les visiteurs de notre coin de pays courent les festivals. C’est pour eux l’occasion de redécouvrir leurs racines et leurs traditions. Ils ne se lassent pas d’entendre les chansons que leurs parents et leurs grands-parents chantaient « dans le bon vieux temps ».

Quand on met un festival sur pied, il faut voir petit. Il faut d’abord s’assurer qu’il comble un besoin puis, en définir les objectifs et enfin, dénicher les personnes qui connaissent les airs d’antan. Dans notre région, Louise Manny a compilé les chansons qu’elle a recueille dans un livre intitulé « Songs of the Miramichi » (Chansons de la Miramichi). La présentation des pièces musicales est signée James R. Wilson, un ethnomusicologue de renom. C’était le rêve de Louise Manny de publier un tel livre. Elle a pu voir les fruits de son labeur peu de temps avant de décéder.

La vingt-neuvième saison du Festival de la chanson folklorique de Miramichi aura lieu du 4 au 8 août 1986. C’est un exploit en soi. C’est vivant que les résidents de la Miramichi aiment leur patrimoine. Venez nous rendre visite cet été et remonter avec nous le cours du temps.

Revue de musique folklorique canadienne, volume 20.2 (1986)


© 1986, Revue de musique folklorique canadienne. Tous droits réservés.

Susan Butler, directrice du Festival de la chanson folklorique de Miramichi, Ordre du Canada

Susan Butler est une bénévole dévouée, une artiste de talent et une conservatrice de musique traditionnelle. Elle a organisé et participé à de nombreux concerts en vue de recueillir des fonds pour des oeuvres de charité aux niveaux local, provincial et national. À titre de directrice générale bénévole du Miramichi Folksong Festival Inc. pendant plus d'une vingtaine d'années, elle en a élargi la portée en invitant des musiciens célèbres à se joindre aux talents locaux pour des spectacles de musique traditionnelle et folklorique contemporaine. Au cours des années, elle a réuni un grande nombre de chansons régionales et folkloriques qu'elle aimerait publier sous peu dans un recueil afin de préserver le patrimoine musical de la région de Miramichi.

Susan Butler
vers 2006
Nouveau-Brunswick, CANADA
© 2007, Susan Butler Collection. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

Les apprenants comprendront comment la musique folklorique du Nouveau-Brunswick a été préservée pour les générations actuelles et futures.


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