« Anishinabe » signifie « le peuple » en langue algonquine. Le peuple ojibway du Canada, qui vit dans le Nord de l’Ontario, au Manitoba (à l’est du lac Winnipeg, dans la région d’Interlake et dans certaines parties de la prairie du Nord) et en Saskatchewan se désigne par ce mot.

Les légendes célestes des Anishinabes font partie d’un système complexe de croyances spirituelles. La connaissance des étoiles est intégrée à de nombreux aspects de leur culture, notamment les légendes, le symbolisme et les traditions religieuses.

Certains chefs spirituels ont une connaissance spéciale des étoiles et des planètes. Autrefois, ces astronomes autochtones se servaient de leurs connaissances pour orienter les affaires quotidiennes de leur communauté.

Les Anishinabes se sont donné des moyens de communiquer avec les forces puissantes des cieux. Les légendes et enseignements traditionnels issus de cette communication entre les mortels et le monde des esprits se sont transmis de généra Pour en lire plus
« Anishinabe » signifie « le peuple » en langue algonquine. Le peuple ojibway du Canada, qui vit dans le Nord de l’Ontario, au Manitoba (à l’est du lac Winnipeg, dans la région d’Interlake et dans certaines parties de la prairie du Nord) et en Saskatchewan se désigne par ce mot.

Les légendes célestes des Anishinabes font partie d’un système complexe de croyances spirituelles. La connaissance des étoiles est intégrée à de nombreux aspects de leur culture, notamment les légendes, le symbolisme et les traditions religieuses.

Certains chefs spirituels ont une connaissance spéciale des étoiles et des planètes. Autrefois, ces astronomes autochtones se servaient de leurs connaissances pour orienter les affaires quotidiennes de leur communauté.

Les Anishinabes se sont donné des moyens de communiquer avec les forces puissantes des cieux. Les légendes et enseignements traditionnels issus de cette communication entre les mortels et le monde des esprits se sont transmis de génération en génération depuis la nuit des temps. À titre d’exemple, l’un des symboles les plus puissants de la force vitale est le soleil. Le besoin de sa présence pour la survie est mis en évidence dans la légende d’autrefois intitulée La capture du soleil.

Aujourd’hui, les légendes des Anishinabes du centre de l’Amérique du Nord qui figurent dans ce projet sont rappelées et dites par des conteurs respectés. À partir des premières neiges, les familles se rassemblent autour de leurs aînés pendant les longues soirées d’hiver : c’est le temps des légendes. En été, alors que les plantes sont en vie et que les animaux vagabondent, ces légendes ne sont pas racontées car les êtres que sont les plantes et les animaux pourraient les entendre et être offensés. Les conteurs ne parlent de ces choses qu’en hiver, pendant que les esprits se reposent.

Dans notre culture anishinabe, seuls nos « astronomes », dont certains portent le titre de Wabeno-innin (les « hommes de l’Étoile du matin » ou les « hommes de l’aube ») jouissent du privilège d’avoir une connaissance complète du Monde céleste. Leurs connaissances ont en grande partie un caractère sacré et ne sont utilisées que dans des circonstances particulières à caractère religieux.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Légendes racontées autour d'un feu de camp

Les Anishinabes du centre de l'Amérique du Nord

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


Selon les enseignements de la culture anishinabe, du centre de l'Amérique du Nord, la première de toutes les mères, Nokomis ou notre Grand-Mère la Lune, habite dans les cieux près de sa fille, notre Mère la Terre. De là, Nokomis surveille ses enfants et les conduit doucement dans la nuit. Notre Mère la Terre nourrit tous ses enfants et en prend soin dans les mondes végétal, animal et humain. La vie vient de notre Mère la Terre et y retourne pour compléter son cycle. Chaque jour, notre Grand-Père le Soleil, celui « qui apporte le matin », donne lumière et chaleur à ses enfants. Ensemble, notre Mère la Terre et notre Grand-Père le Soleil donnent la vie en cadeau à tous. Les battements du cour de notre Mère la Terre ont leur écho dans les battements de tambour des Anishinabes. Même le loup, qui chante à la Lune, nous ordonne de ne pas oublier que nous venons de Nokomis, notre Grand-Mère.
Selon les enseignements de la culture anishinabe, du centre de l'Amérique du Nord, la première de toutes les mères, Nokomis ou notre Grand-Mère la Lune, habite dans les cieux près de sa fille, notre Mère la Terre. De là, Nokomis surveille ses enfants et les conduit doucement dans la nuit. Notre Mère la Terre nourrit tous ses enfants et en prend soin dans les mondes végétal, animal et humain. La vie vient de notre Mère la Terre et y retourne pour compléter son cycle. Chaque jour, notre Grand-Père le Soleil, celui « qui apporte le matin », donne lumière et chaleur à ses enfants. Ensemble, notre Mère la Terre et notre Grand-Père le Soleil donnent la vie en cadeau à tous. Les battements du cour de notre Mère la Terre ont leur écho dans les battements de tambour des Anishinabes. Même le loup, qui chante à la Lune, nous ordonne de ne pas oublier que nous venons de Nokomis, notre Grand-Mère.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Kiwetinanang, le Gardien du Nord

Kiwetinanang, le Gardien du Nord, apporte l'hiver et la longévité.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


Wapananag, la Gardienne de l'Est

Wapananag, la Gardienne de l'Est, apporte la vie nouvelle, la renaissance et la guérison, avec le lever du soleil et le début d'une nouvelle journée.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


Zhawananang, la Gardienne du Sud

Zhawananang, la Gardienne du Sud, apporte la régénération, la nourriture et la chaleur.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


Ninkape-anang, le Gardien de l'Ouest

Ninkape-anang, le Gardien de l'Ouest, apporte la sagesse et la longévité.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


La Lune

La force de gravité maintient la Lune en orbite autour de la Terre.

NASA / U.S. Geological Survey

© NASA / U.S. Geological Survey


La Terre

La Terre

NASA

© NASA


Sept sœurs ignorent les instructions de leur père et descendent sur la Terre dans un panier.

Les Anishinabes, du centre de l’Amérique du Nord, croient que sept sœurs firent fi des instructions de leur père (la Lune) et descendirent sur la Terre dans un panier pour danser et chanter alors que leur père était « bas dans le ciel ». Lors d’une de leurs visites, l’une des jeunes femmes fut capturée par un homme et en tomba amoureuse. Le couple fut emporté vers le monde céleste dans un panier que les sœurs de la mariée avaient fait descendre jusqu’à la Terre. Même s’il désapprouvait ce mariage, notre Grand-Père le Soleil, par amour pour sa fille, permettait au couple de visiter la Terre de temps à autre. Quant aux autres sœurs, notre Grand-Père le Soleil les envoya vivre loin de la Terre, et depuis ce jour il est difficile de les voir.

Un conteur de la réserve du Fort Alexandre (Manitoba), au Canada, a expliqué l’apparition et la disparition du groupe d’étoiles de Pour en lire plus
Sept sœurs ignorent les instructions de leur père et descendent sur la Terre dans un panier.

Les Anishinabes, du centre de l’Amérique du Nord, croient que sept sœurs firent fi des instructions de leur père (la Lune) et descendirent sur la Terre dans un panier pour danser et chanter alors que leur père était « bas dans le ciel ». Lors d’une de leurs visites, l’une des jeunes femmes fut capturée par un homme et en tomba amoureuse. Le couple fut emporté vers le monde céleste dans un panier que les sœurs de la mariée avaient fait descendre jusqu’à la Terre. Même s’il désapprouvait ce mariage, notre Grand-Père le Soleil, par amour pour sa fille, permettait au couple de visiter la Terre de temps à autre. Quant aux autres sœurs, notre Grand-Père le Soleil les envoya vivre loin de la Terre, et depuis ce jour il est difficile de les voir.

Un conteur de la réserve du Fort Alexandre (Manitoba), au Canada, a expliqué l’apparition et la disparition du groupe d’étoiles des Pléiades avec les saisons par la légende de sept enfants qui aimaient danser et jouer.

Selon les Anishinabes, du centre de l’Amérique du Nord, sept enfants préféraient danser et jouer au lieu d’aider leurs parents au camp. Leur mère alla demander conseil à propos de ce problème. On lui dit de mettre des pierres sur leur nourriture, dans l’espoir que les enfants apprécieraient la valeur du travail s’ils devaient enlever les pierres de leur nourriture avant de la manger. Malheureusement, ce plan ne fonctionna pas. Un jour, les enfants dansèrent si fort qu’ils aboutirent dans le ciel où l’on peut les voir aujourd’hui. On peut les voir clairement en hiver, mais pas en été. On croit que, pendant les mois d’été, où les humains font des cérémonies et des danses, les enfants se joignent à eux, puis retournent dans les cieux au début de l’hiver.

Pour les Anishinabes, les Pléiades sont aussi le groupe d’étoiles du « trou dans le ciel » et sont étroitement liées à des croyances religieuses.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Les sept filles de la Lune et du Soleil

Les sept filles de la Lune et du Soleil.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


L'un des sept enfants qui aimaient danser et jouer

L'un des sept enfants qui aimaient danser et jouer.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


Le groupe d'étoiles des Pléiades

Quelquefois, plus particulièrement vers la fin de l'enfance des étoiles, quelques traces de filaments de nébuleuse réfléchissent la lumière de leur descendance stellaire : on les appelle les nébuleuses à réflexion.

Robert Gendler

Robert Gendler © 2002


La légende de la Martre est inhabituelle car la plupart des légendes des Anishinabes qui se rapportent à cette constellation en parlent comme d'un grand ours. La martre est un petit animal de la taille d'un renard et parent de la belette.

La Martre était une grande chasseresse. Elle vivait dans le monde de l'hiver avec les humains, les oiseaux et d'autres animaux. L'hiver était souvent si rigoureux qu'ils manquaient de nourriture.

Les Anishinabes, du centre de l'Amérique du Nord, disent que de nombreux animaux mouraient de froid et de faim pendant l'hiver. Un jour, la Martre décida que leur seul espoir était d'aller dans le monde de l'été et d'en rapporter le temps chaud. Mais les villageois et les animaux du monde de l'été ne voulaient pas partager leur bien. La Martre convoqua donc tous les animaux et les oiseaux de l'hiver pour discuter de ce qu'il fallait faire. Le Rat musqué, qui vivait entre les deux saisons, était le seul à savoir que l'été était caché dans une île lointaine. Au centre de cette île, il y ava Pour en lire plus
La légende de la Martre est inhabituelle car la plupart des légendes des Anishinabes qui se rapportent à cette constellation en parlent comme d'un grand ours. La martre est un petit animal de la taille d'un renard et parent de la belette.

La Martre était une grande chasseresse. Elle vivait dans le monde de l'hiver avec les humains, les oiseaux et d'autres animaux. L'hiver était souvent si rigoureux qu'ils manquaient de nourriture.

Les Anishinabes, du centre de l'Amérique du Nord, disent que de nombreux animaux mouraient de froid et de faim pendant l'hiver. Un jour, la Martre décida que leur seul espoir était d'aller dans le monde de l'été et d'en rapporter le temps chaud. Mais les villageois et les animaux du monde de l'été ne voulaient pas partager leur bien. La Martre convoqua donc tous les animaux et les oiseaux de l'hiver pour discuter de ce qu'il fallait faire. Le Rat musqué, qui vivait entre les deux saisons, était le seul à savoir que l'été était caché dans une île lointaine. Au centre de cette île, il y avait une cabane, et sur un mur de cette cabane était accroché le sac de l'été. Personne de pouvait s'en approcher car il était jalousement gardé par la Grue et la Grenouille. Même lorsque toutes les créatures de l'été partaient à la chasse, ces deux gardes restaient toujours derrière pour surveiller le sac. Dès que quelque chose s'approchait de l'île, tous les chasseurs sautaient dans leurs canots pour aller voir ce que c'était. Il serait très difficile pour les animaux de l'hiver d'obtenir le sac de l'été.

Un plan fut élaboré, et vint le temps où la Martre et ses amis devaient passer à l'action. Le Hibou vola vers la cabane où la Grue et la Grenouille gardaient leur précieux trésor. Il se posa à terre et regarda à l'intérieur pour voir où le sac était accroché. Ensuite, le Rat musqué fut envoyé pour gruger les pagaies des chasseurs jusqu'au point de rupture. Le meilleur nageur de tous les animaux à longues pattes, le Caribou, commença à nager vers l'île. Dès que les chasseurs l'aperçurent, ils sautèrent dans leurs canots et pagayèrent vers lui. Le Caribou nagea le plus vite possible en s'éloignant de l'île jusqu'à ce que les pagaies se brisent et que les chasseurs soient en rade sur l'eau. Le Caribou revint alors par derrière dans la cabane et prit la Grenouille et la Grue par surprise. Il s'empara rapidement du sac et courut jusqu'à ce qu'il retrouve les animaux de l'hiver. Ils se relayèrent pour porter le sac secret de l'été dans leur monde. Lorsque les animaux de l'été eurent enfin dérivé vers la rive, ils se mirent à suivre la trace des aminaux de l'hiver afin de récupérer le sac secret de l'été. Ils finirent par voir la Martre qui portait le sac. La Martre alla vers les arbres pour échapper aux animaux de l'été mais elle ne put pas grimper assez haut pour éviter les flèches des chasseurs, et l'une d'elles finit par l'atteindre.

La flèche emporta la Martre dans le ciel sombre du nord, et avec elle le sac secret de l'été. Depuis lors, les animaux de l'été et ceux de l'hiver se sont entendus pour partager les saisons de manière à ce que chacun ait six mois d'hiver et six mois d'été.

Le Créateur savait que la Martre voulait protéger ses amis contre la famine et la mort. Il empêcha donc la Martre de retomber sur la Terre et la plaça parmi les étoiles. Chaque année, la Martre traverse le ciel. Lorsque la flèche la touche, elle roule sur le dos dans le ciel d'hiver. Lorsque l'hiver est presque terminé, elle se remet sur ses pieds et recommence à donner du temps chaud sur la Terre.

De tels enseignements nous rappellent que la survie et le bien-être harmonieux de toute la création dépend du partage et du respect des Nobles Lois de la Nature.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

Animation

Animation de l'histoire de la Martre

Vidéo

La légende de la constellation de la Martre est l’une des préférées des Anishinabes et est souvent racontée par les grand-pères qui vivent de la chasse et de la trappe.

Cette légende explique l’origine des saisons et met en évidence l’importance de la collaboration, de la détermination, du don de soi et du partage pour la survie.

Elle nous enseigne aussi que chaque élément de la création possède des talents propres pour le bien de tous.

La légende de la Martre est assez inhabituelle car la plupart des légendes qui se rapportent à cette constellation la présentent comme un Grand Ours.

La martre est en fait un petit animal de la taille d’un renard et parent de la belette.

La Martre était une grande chasseresse. Elle vivait dans le monde de l’hiver avec les humains, les oiseaux et d’autres animaux. L’hiver était souvent si rigoureux que tous manquaient de nourriture.

De nombreux animaux mouraient de froid et de faim pendant l’hiver. Un jour, la Martre décida que leur seul espoir était d’aller dans le monde de l’été et d’en rapporter le temps chaud.

Mais les villageois et les animaux du monde de l’été ne voulaient pas partager leur bien.

La Martre convoqua donc tous les animaux et les oiseaux de l’hiver pour discuter de ce qu’il fallait faire.

Le Rat musqué, qui vivait entre les deux saisons, était le seul à savoir que l’été était caché dans une île lointaine.

Au centre de cette île, il y avait une cabane, et sur un mur de cette cabane était accroché le sac de l’été.

Personne ne pouvait s’en approcher car il était jalousement gardé par la Grue et la Grenouille.

Même lorsque toutes les créatures de l’été partaient à la chasse, ces deux gardes restaient toujours derrière pour surveiller le sac.

Dès que quelque chose s’approchait de l’île, tous les chasseurs sautaient dans leurs canots pour aller voir ce que c’était.

Il serait extrêmement difficile pour les animaux de l’hiver de prendre possession du sac de l’été.

Un plan fut élaboré, et vint le temps où la Martre et ses amis devaient passer à l’action.

Cette nuit-là, le Hibou vola vers la cabane où la Grue et la Grenouille gardaient leur précieux trésor. Il se posa à terre et regarda à l’intérieur pour voir où le sac était accroché.

Ensuite, le Rat musqué fut envoyé pour gruger les pagaies des chasseurs jusqu’au point de rupture. Le meilleur nageur de tous les animaux à longues pattes était le Caribou.

Il commença à nager vers l’île. Dès que les chasseurs l’aperçurent, ils sautèrent dans leurs canots et pagayèrent vers lui.

Le Caribou nagea le plus vite possible en s’éloignant de l’île jusqu’à ce que les pagaies se brisent et que les chasseurs soient en rade sur l’eau.

Le Caribou revint alors par derrière dans la cabane et prit la Grenouille et la Grue par surprise.

Il s’empara rapidement du sac et courut jusqu’à ce qu’il retrouve les animaux de l’hiver. Ils se relayèrent pour porter le sac secret de l’été dans leur monde.

Lorsque les animaux de l’été eurent enfin dérivé vers la rive, ils se mirent à suivre la trace des animaux de l’hiver afin de récupérer le sac secret de l’été.

Ils finirent par voir la Martre qui portait le sac.

La Martre alla vers les arbres pour échapper aux animaux de l’été mais elle ne put pas grimper assez haut pour éviter les flèches des chasseurs, et l’une d’elles finit par l’atteindre.

La flèche emporta la Martre dans le ciel sombre du nord, et avec elle le sac secret de l’été.

Depuis lors, les animaux de l’été et ceux de l’hiver se sont entendus pour partager les saisons.

Le partage se fit de manière à ce que chacun ait six mois d’hiver et six mois d’été.

Le Créateur savait que la Martre voulait protéger ses amis contre la famine et la mort. Il empêcha donc la Martre de retomber sur la Terre et la plaça parmi les étoiles.

Chaque année, la Martre traverse le ciel. Lorsque la flèche la touche, elle roule sur le dos dans le ciel d’hiver.

Lorsque l’hiver est presque terminé, elle se remet sur ses pieds et recommence à donner du temps chaud sur la Terre.

Réseau canadien d'information sur le patrimoine

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003


Pour le peuple anishinabe, du centre de l’Amérique du Nord, le Soleil est l’un des symboles les plus puissants de la force vitale. La nécessité de sa présence pour la survie est mise en évidence dans la légende ancestrale de la capture du Soleil.

Cette légende fut racontée aux premiers explorateurs européens et on la raconte toujours dans la province du Manitoba, au Canada.

Selon la culture des Anishinabes, du centre de l’Amérique du Nord, il y a longtemps, lorsque les animaux régnaient sur la Terre, une orpheline vivait à l’orée de la forêt avec son minuscule petit frère nommé Pikojigiiwizens. Elle prenait bien soin de lui car il était si petit qu’un oiseau aurait pu l’emporter. Un jour, elle lui fabriqua un arc et des flèches et lui dit de tuer quelques Wabanagozi ou juncos ardoisés, afin qu’elle puisse lui faire un beau manteau. Quelque temps plus tard, pendant que sa soeur était sortie marcher dans la forêt, le petit garçon suivit un sentier qu’elle lui ava Pour en lire plus
Pour le peuple anishinabe, du centre de l’Amérique du Nord, le Soleil est l’un des symboles les plus puissants de la force vitale. La nécessité de sa présence pour la survie est mise en évidence dans la légende ancestrale de la capture du Soleil.

Cette légende fut racontée aux premiers explorateurs européens et on la raconte toujours dans la province du Manitoba, au Canada.

Selon la culture des Anishinabes, du centre de l’Amérique du Nord, il y a longtemps, lorsque les animaux régnaient sur la Terre, une orpheline vivait à l’orée de la forêt avec son minuscule petit frère nommé Pikojigiiwizens. Elle prenait bien soin de lui car il était si petit qu’un oiseau aurait pu l’emporter. Un jour, elle lui fabriqua un arc et des flèches et lui dit de tuer quelques Wabanagozi ou juncos ardoisés, afin qu’elle puisse lui faire un beau manteau. Quelque temps plus tard, pendant que sa soeur était sortie marcher dans la forêt, le petit garçon suivit un sentier qu’elle lui avait dit d’éviter. Bientôt fatigué, il se coucha sur un monticule où le Soleil avait fait fondre la neige et s’endormit rapidement. Pendant qu’il dormait, le Soleil abîma son manteau en peau d’oiseau. Lorsque le garçon se réveilla et vit son manteau endommagé, il se mit en colère contre le Soleil. « Ne pense pas que tu es trop haut, cria-t-il, je vais me venger. » Le Soleil brilla très fort dans ses yeux et le brûla. Pendant vingt jours, le petit garçon pleura la perte de son manteau et resta immobile sans manger. Finalement, il demanda à sa soeur de lui faire un piège car il voulait capturer le Soleil. Elle tressa une corde avec une masse de fils clairs. Le petit garçon installa son piège à l’endroit précis où le Soleil toucherait la terre à son lever. Le Soleil fut pris au piège et ne put se dégager malgré tous ses efforts.

Comme le Soleil ne se levait pas, les animaux prirent peur. Ils convoquèrent une réunion du conseil pour décider qui pourrait aller couper la corde. C’était une opération dangereuse car le Soleil brûlerait sûrement quiconque s’aventurerait trop près. Même le petit Pikojigiiwizens essaya, mais le Soleil était trop chaud. Une minuscule souris offrit son aide. Les animaux se moquaient d’elle mais ils finirent par accepter sa proposition. La souris grimpa sur la corde du piège, le plus près possible du Soleil, et commença à ronger la corde. La chaleur lui brûlait la fourrure, les yeux, les pieds et les mains. Le piège fut enfin rompu. Le Soleil monta dans le ciel, et la Terre fut à nouveau inondée de lumière et de chaleur. Lorsque la souris redescendit sur la Terre, les animaux constatèrent qu’elle était devenue une taupe - ses yeux étaient presque fermés à cause des rayons aveuglants du Soleil.

Depuis ce temps, la taupe préfère vivre dans l’obscurité.

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003

La capture du Soleil

Une corde fut tressée avec une masse de fils clairs, pour faire un piège destiné à capturer le Soleil.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


La capture du Soleil

Après avoir grimpé sur le piège aussi près que possible du Soleil, la souris commença à ronger la corde.

Le Musée du Manitoba

© Le Musée du Manitoba


Animation

Animation de l'histoire de l'ours.

Vidéo

Nimishomis, grand-père, d’où viennent la Lune et les étoiles? Qui les a mises là? Grand-père, s’il te plaît, raconte-moi leur histoire.

Noshins, mon petit-fils, je ne sais pas tout, mais je connais les choses qui m’ont été enseignées par mes ancêtres. Je peux te raconter certaines légendes maintenant, car c’est l’hiver.

En été, alors que toutes les plantes sont éveillées et que les animaux vagabondent, nous ne pouvons pas parler de ces choses car les esprits pourraient nous entendre dire quelque chose qui les offense.

Nous pouvons raconter ces légendes seulement en hiver, pendant que les esprits se reposent.

Nimishomis, parle-moi des étoiles. Comment sont-elles allées là-haut?

Dans les temps anciens, Noshins, il n’y avait aucune étoile. Il y avait seulement deux lunes et le Soleil.

Un jeune garçon, appelé Petit-Ours, vivait avec son grand-père, nommé Grand-Ours, dans le monde céleste.

Une nuit, assis près du feu avec son grand-père, comme toi et moi maintenant, Petit-Ours lui posa des questions à propos des deux lunes.

Y a-t-il des gens qui vivent sur ces lunes? Et pourquoi avons-nous deux lunes alors qu’une seule suffit?

Le grand-père mit dans le feu une offrande de tabac que lui avait remise son petit-fils, pour honorer les esprits et leur manifester du respect. Il commença ensuite à instruire Petit-Ours à propos des deux mondes qui possédaient chacun une lune.

Il y a longtemps, nous partagions le Soleil avec l’autre monde, car tout était équitable et les gens vivaient en harmonie.

Avec le temps, les choses commencèrent à changer et le diable conquit rapidement le monde.

Les personnes bonnes fuirent et vinrent dans notre monde mais le diable les suivit.

Il tentait de contrôler notre vie et notre monde, et notre peuple pria pour appeler le Créateur à l’aide. Le Créateur eut pitié de nous et renvoya le peuple du diable dans son monde, loin du Soleil. Il prit leur lune et les laissa dans l’obscurité.

Le Créateur annonça ensuite à notre peuple qu’un jour viendrait un enfant qui aurait le pouvoir de faire de la place dans le ciel pour chacun de nous.

Une fois accomplie sa tâche sur la Terre, l’enfant aurait une place particulière dans les cieux auprès de son père, Grand-Ours.

Petit-Ours était fasciné et ne pouvait pas oublier cette histoire. Une nuit, il fit un rêve à propos de son arc et de sa flèche, et ce rêve le perturba beaucoup.

Le lendemain matin, Petit-Ours demanda à son grand-père quelle était la signification de ce rêve. Après un long silence, le grand-père dit enfin :

Noshins, tu dois te préparer à ce qui va t’arriver. Ni toi ni personne ne peut modifier ta destinée.

Un jour, Petit-Ours se sentit obligé d’aller sur la grosse colline située à l’extérieur du village.

Prenant son arc et sa flèche, il embrassa son grand-père pour lui faire ses adieux et grimpa jusqu’au sommet de la colline.

Se tenant bien droit, Petit-Ours visa soigneusement la plus brillante des deux lunes.

De toutes ses forces, il étira le plus possible la corde de son arc.

Lorsqu’il relâcha, la flèche s’envola dans le ciel et atteignit la Lune. Il y eut une énorme explosion, et la Lune éclata comme du verre en millions de morceaux.

Petit-Ours fut frappé d’émerveillement lorsqu’il vit le ciel rempli de nouvelles étoiles. C’est à ce moment-là qu’il se rendit compte de la signification de son rêve.

Pour une dernière fois, il regarda la cabane de son grand-père et murmura…

Adieu, Grand-père.

L’excitation qu’il ressentait accélérait les battements de son cœur à mesure que son esprit montait dans le ciel vers les étoiles et son père.

Réseau canadien d'information sur le patrimoine

© Le Réseau canadien d'information sur le patrimoine, 2003


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • être en mesure de raconter des histoires de la culture anishibabe sur les objets dans l’espace ;
  • comprendre l’importance de l’astronomie pour les Anishibabes ;
  • comprendre et interpréter des histoires communiquées à l’aide de textes, d’images et de supports sonores.

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