Après le débarquement de Normandie en juin 1944, la bataille contre les forces allemandes n’est pas encore gagnée. En effet, la Kriegsmarine occupe toujours les ports français de l’Atlantique, d’où elle menace la flotte d’invasion ainsi que les convois chargés de ravitailler en munitions, en carburant et en vivres les troupes alliées combattant au sol. Le rôle de nombreux groupes d’escortes, et par le fait même de plusieurs marins, est alors d’intercepter les convois allemands et de maintenir le blocus des ports occupés par l’ennemi.

Gustave Guay, alors canonnier à bord du HMCS Saskatchewan, se remémore les nuits de surveillance au large des côtes françaises et l’un des combats qu’il a dû mener contre des navires de surface de la marine allemande. 


Dans la nuit du 5 au 6 juillet 1944, l’opération DREDGER est lancée. La mission du GE 12, dont fait partie le HMCS Saskatchewan, le HMCS Qu’Appelle, le HMCS Skeena et le HMCS Restigouche, consiste à intercepter des navire Pour en lire plus

Après le débarquement de Normandie en juin 1944, la bataille contre les forces allemandes n’est pas encore gagnée. En effet, la Kriegsmarine occupe toujours les ports français de l’Atlantique, d’où elle menace la flotte d’invasion ainsi que les convois chargés de ravitailler en munitions, en carburant et en vivres les troupes alliées combattant au sol. Le rôle de nombreux groupes d’escortes, et par le fait même de plusieurs marins, est alors d’intercepter les convois allemands et de maintenir le blocus des ports occupés par l’ennemi.

Gustave Guay, alors canonnier à bord du HMCS Saskatchewan, se remémore les nuits de surveillance au large des côtes françaises et l’un des combats qu’il a dû mener contre des navires de surface de la marine allemande. 


Dans la nuit du 5 au 6 juillet 1944, l’opération DREDGER est lancée. La mission du GE 12, dont fait partie le HMCS Saskatchewan, le HMCS Qu’Appelle, le HMCS Skeena et le HMCS Restigouche, consiste à intercepter des navires allemands chargés d’escorter les U-Boots qui entrent ou qui sortent de leur port d’attache, la base de sous-marins allemands de Brest. Le GE 12 sera secondé par un autre groupe d’escortes, le GE 14, qui se mettra en position au large pour attraper les U-Boots qui auraient réussi à s’échapper. Le combat débute lorsque le groupe d’escortes GE 12 aperçoit un convoi de quatre dragueurs de mines allemands et de deux U-Boots. Il s’ensuit une féroce mêlée où les navires s’affrontent à coups de torpilles et d’obus.

Monsieur Guay se souvient de la confusion qui régnait à bord : le bruit et la fumée causés par les explosions rendaient le combat difficile et son issue demeurera incertaine et mitigée. Du côté allemand, trois navires seront détruits, alors que les deux submersibles auront réussi à prendre la fuite. Deux navires de la marine canadienne seront endommagés, soit le HMCS Qu’Appelle et le HMCS Restigouche. Des hommes seront blessés et certains perdront la vie.

À bord du HMCS Saskatchewan, le jeune marin Dugald Leitch (V-35138), servant sur l’un des canons Oerlikon situés sur le pont, tombera à son poste de combat. Au retour de l’équipage à Plymouth, des funérailles seront célébrées en son honneur et, selon la tradition, une vente de ses effets personnels sera organisée, l’argent amassé étant remis à la famille du défunt. À cette occasion, Gustave Guay fera l’acquisition du Seamanship Manual de Dugald Leitch. Précieux souvenir d’un ami perdu, Monsieur Guay a conservé ce livre de matelotage.

L’opération DREDGER a marqué pour les Allemands l’infiltration graduelle des Alliés dans le golfe de Gascogne et une nouvelle phase dans la guerre anti-sous-marines côtière.

- Easton, Alan, 50 North Canada’s Atlantic Battleground, Toronto, The Ryerson Press, 1963, 287 p.
- Fournier, Julie, « Gustave Guay », Entrevues avec des vétérans canadiens-français de la Marine royale canadienne (Musée naval de Québec), [17 novembre 1998], 23 p.
- McAndrew, Bill, et al., Normandie 1944 L’été canadien, Montréal, Art Global, 1994, 162 p.
- Mosseray, Fabrice, Engagez l’ennemi (2e partie), « L’Encre de la Réserve navale », vol. 10, no 2, (septembre 2001), p. 18.

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Équipage du HMCS Saskatchewan

Équipage du HMCS Saskatchewan. Dans la première rangée, le deuxième à partir de la gauche : Gustave Guay

Collection Gustave Guay.
Collection Gustave Guay.

© Collection Gustave Guay


HMCS Saskatchewan

HMCS Saskatchewan. Photographie : Marine royale canadienne

Collection Musée naval de Québec.

© Collection Musée naval de Québec


Coupure de presse relatant l'opération Dredger menée dans la nuit du 5 au 6 juillet 1944 et impliquant entre autre le HMCS Sa

Dans un port canadien de la côte de l’est, 11, (P.C.)—Sortant justement d’un rude engagement avec quatre chalutiers allemands armés, au large de la côte française, un groupe d’officiers et d’hommes du H.M.C.S. Saskatchewan sont de retour au Canada pour jouir d’un congé bien mérité...

Collection Gustave Guay

© Collection Gustave Guay


Dans un port canadien de la côte de l’est, 11, (P.C.) – Sortant justement d’un rude engagement avec quatre chalutiers allemands armés, au large de la côte française, un groupe d’officiers et d’hommes du H.M.C.S. Saskatchewan sont de retour au Canada pour jouir d’un congé bien mérité.

Cette action, la première de la guerre dans laquelle une flottille d’unités entièrement canadiennes ait attaqué l’ennemi, fut livrée au large de Brest, à portée de canons de 11 pouces des batteries côtières allemandes du Cap St-Matthieu.

Les Allemands ont admis la perte de trois chalutiers, tandis que les destroyers canadiens subirent quelques pertes et de légers dommages. Le Saskatchewan eut un homme tué et six blessés; le Qu’Appelle eut un homme tué et 16 blessés; le Skeena, sept blessés. Le Restigouche n’éprouva aucune perte ni dommages.

À la suite de cet engagement, les trois destroyers ayant subi des pertes se dirigèrent vers un port Pour en lire plus
Dans un port canadien de la côte de l’est, 11, (P.C.) – Sortant justement d’un rude engagement avec quatre chalutiers allemands armés, au large de la côte française, un groupe d’officiers et d’hommes du H.M.C.S. Saskatchewan sont de retour au Canada pour jouir d’un congé bien mérité.

Cette action, la première de la guerre dans laquelle une flottille d’unités entièrement canadiennes ait attaqué l’ennemi, fut livrée au large de Brest, à portée de canons de 11 pouces des batteries côtières allemandes du Cap St-Matthieu.

Les Allemands ont admis la perte de trois chalutiers, tandis que les destroyers canadiens subirent quelques pertes et de légers dommages. Le Saskatchewan eut un homme tué et six blessés; le Qu’Appelle eut un homme tué et 16 blessés; le Skeena, sept blessés. Le Restigouche n’éprouva aucune perte ni dommages.

À la suite de cet engagement, les trois destroyers ayant subi des pertes se dirigèrent vers un port de l’Angleterre où les morts furent ensevelis et les blessés transportés à l’hôpital. Ils retournèrent ensuite à leur poste dans la Manche.

Le H.M.C.S. Qu’Appelle, commandé par le commandant « Sandy » MacKillop, R.N., dirigeait la course qui mena la flottille aux approches du port de Brest, le matin du 7 juillet dernier. Suivaient en ligne le Saskatchewan, le Skeena et le Restigouche. La bataille s’engagea et il y eut de durs échanges d’artillerie. Les chalutiers ennemis furent mis en feu et coulèrent rapidement. On ne recueillit aucun survivant.

Le commandant du Saskatchewan, le capitaine de corvette Allan Herbert, Easton, D.S.O., R.C.N.R., de Halifax, déclara que ce fut « une chaude bataille » et exprima sa fierté à l’égard de son équipage : « Chaque homme se conduisit avec honneur ».

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Emblème du HMCS Saskatchewan

Emblème du HMCS Saskatchewan. Devise :Ready and confident.

Collection Musée naval de Québec.

© Collection Musée naval de Québec


Objectifs d'apprentissage

  • comprendre la participaton et le rôle de la Marine canadienne au cours de la Seconde Guerre mondiale.
  • examiner les contributions, les sacrifices et les expériences de personnes qui ont participé à des actions navales pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • préciser les endroits où la Marine canadienne est intervenue pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • évaluer les armes et la technologie mises en œuvre dans la guerre en mer.

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