Les tropes étaient des antiennes dialoguées introduites à certains passages de la liturgie des messes de Noël et de l’Épiphanie pour les rendre plus vivantes et plus accessibles aux fidèles.
Les tropes se transformèrent progressivement en drames ou jeux liturgiques qui prirent des développements si spectaculaires et si profanes dans les représentations de scènes bibliques que l’Église les bannit progressivement de la liturgie, des églises, pour les reléguer sur le parvis.
Les tropes étaient des antiennes dialoguées introduites à certains passages de la liturgie des messes de Noël et de l’Épiphanie pour les rendre plus vivantes et plus accessibles aux fidèles.
Les tropes se transformèrent progressivement en drames ou jeux liturgiques qui prirent des développements si spectaculaires et si profanes dans les représentations de scènes bibliques que l’Église les bannit progressivement de la liturgie, des églises, pour les reléguer sur le parvis.
À l’origine des drames liturgiques se trouvent les tropes, dont nous avons gardé la trace dans des manuscrits des XIe et XIIe siècles : les tropaires.
Les drames, inspirés d’épisodes bibliques, mettent en scène l’adoration des bergers ou la procession des mages. Les représentations prennent trop d’ampleur et un caractère trop profane pour l’Église qui bannit dans un premier temps ces manifestations des églises, avant de les interdire en 1548 à Paris, puis en 1677 dans toute la France.
En prenant un caractère profane, le drame devient mystère. Son interdiction va favoriser d’une part l’essor des cantiques en français ou en langue régionale, ainsi que des pastorales qui seront, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la manifestation la plus populaire des célébrations de Noël, d’autre part l’abandon des crèches d’église.
À l’origine des drames liturgiques se trouvent les tropes, dont nous avons gardé la trace dans des manuscrits des XIe et XIIe siècles : les tropaires.
Les drames, inspirés d’épisodes bibliques, mettent en scène l’adoration des bergers ou la procession des mages. Les représentations prennent trop d’ampleur et un caractère trop profane pour l’Église qui bannit dans un premier temps ces manifestations des églises, avant de les interdire en 1548 à Paris, puis en 1677 dans toute la France.
En prenant un caractère profane, le drame devient mystère. Son interdiction va favoriser d’une part l’essor des cantiques en français ou en langue régionale, ainsi que des pastorales qui seront, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la manifestation la plus populaire des célébrations de Noël, d’autre part l’abandon des crèches d’église.
En France, au Moyen Âge, les drames liturgiques, les mystères et les jeux qui se jouaient primitivement dans les églises, puis sur les parvis, sont à l’origine des crèches vivantes. Les premières crèches d’église apparues dès le XVe siècle en Italie, et au XVIe siècle en France, ont remplacé de manière statique et théâtrale les jeux scéniques des liturgies médiévales.
L’introduction de l’imprimerie entraîne une évolution importante de la culture européenne. Grâce au livre, les Bibles et les chants de Noël deviennent accessibles à tous.
Les chants de Noël sont le trait le plus répandu de la célébration populaire de la Nativité. Dès le XVIe siècle, ils sont attestés dans toutes les provinces et, parce qu’ils sont détachés de la liturgie (en latin), commencent à être édités dans les langues régionales et diffusés par les colporteurs. Les Bibles de Noël ont connu de très nombreuses éditions dans la littérature de colportage du XVIIe au XIXe siècle. Les colporteurs vendaient également des estampes qui représentaient la Nativité et comportaient des cantiques.
Premier du Pour en lire plus
En France, au Moyen Âge, les drames liturgiques, les mystères et les jeux qui se jouaient primitivement dans les églises, puis sur les parvis, sont à l’origine des crèches vivantes. Les premières crèches d’église apparues dès le XVe siècle en Italie, et au XVIe siècle en France, ont remplacé de manière statique et théâtrale les jeux scéniques des liturgies médiévales.
L’introduction de l’imprimerie entraîne une évolution importante de la culture européenne. Grâce au livre, les Bibles et les chants de Noël deviennent accessibles à tous.
Les chants de Noël sont le trait le plus répandu de la célébration populaire de la Nativité. Dès le XVIe siècle, ils sont attestés dans toutes les provinces et, parce qu’ils sont détachés de la liturgie (en latin), commencent à être édités dans les langues régionales et diffusés par les colporteurs. Les Bibles de Noël ont connu de très nombreuses éditions dans la littérature de colportage du XVIIe au XIXe siècle. Les colporteurs vendaient également des estampes qui représentaient la Nativité et comportaient des cantiques.
Premier du cycle des douze jours, Noël donnait le ton aux réjouissances des fêtes. Avec Noël, débutait le cycle des veillées qui se déroulaient jusqu’à la fête des Rois.
Au Canada, après le repas du soir, on recevait, à tour de rôle, parents, amis et gens du voisinage pour chanter, danser et s’amuser pleinement au son des airs joyeux qu’offraient les violonneux, accordéonistes, guitaristes et autres.
Sans doute à cause de leur petit côté latin, les Québécois avaient le sens de la fête et ne se faisaient jamais prier pour exécuter une gigue, entonner une chanson, raconter un conte ou une histoire amusante afin de divertir l’assemblée. Ces « veillées du bon vieux temps », comme on les appelle encore aujourd’hui, étaient empreintes d’entrain et de bonne humeur. Ces réjouissances familiales marquaient non seulement la célébration de la naissance du Sauveur, mais elles signifiaient également la fin de cette longue période d’abstinence et de pénitence imposée par l’Église durant l’Avent.
En Nouvelle-France, la célébration de la fête de la Nativité nous vient des missionnaires et des colons français. C’est donc à ces premiers arrivants que les Amérindiens et les francophones doivent la traditionnelle messe de Minuit et ses cantiques ou vieux noëls, dont certains remontent au Moyen Âge.
Pour les anglophones, qu’ils soient protestants ou catholiques, la célébration de cette fête religieuse faisait déjà partie de leurs us et coutumes lorsqu’ils arrivèrent au pays au XVIIIe siècle.
La plus ancienne mention de la célébration de la fête de Noël chez les Amérindiens remonte à 1641. Le missionnaire jésuite Jean de Brébeuf, qui vivait chez les Hurons de la baie Georgienne depuis 1626, a composé, dans leur langue, un cantique de Noël racontant la naissance de l’Enfant Jésus.
Désirant leur faire comprendre le sens réel du grand mystère de la Nativité, le père Brébeuf adapta son récit, écrit en vers, aux particularités de la culture amérindienne. Ainsi, l’Enfant Jésus était emmailloté dans des peaux de lièvre plutôt que dans des langes de lin, il reposait dans une cabane d’écorce et non dans une mangeoire; des chasseurs remplacèrent les bergers et, enfin, trois chefs indiens furent substitués aux Rois mages qui, à la place de l’or, de l’encens et de la myrrhe, offrirent des pelleteries au divin Enfant.
Le Jesous Ahatonnia (Jésus est né) de Jean de Brébeuf constitue le premier cantique de Noël canadien. Même si le père Brébeuf a péri lors du massacre des Hurons par les Iroquois en 1649, son noël lui a survécu. Les survivants de la Huronie, venus s’installer à Lorette près de Québec, transmirent ce ca Pour en lire plus
La plus ancienne mention de la célébration de la fête de Noël chez les Amérindiens remonte à 1641. Le missionnaire jésuite Jean de Brébeuf, qui vivait chez les Hurons de la baie Georgienne depuis 1626, a composé, dans leur langue, un cantique de Noël racontant la naissance de l’Enfant Jésus.
Désirant leur faire comprendre le sens réel du grand mystère de la Nativité, le père Brébeuf adapta son récit, écrit en vers, aux particularités de la culture amérindienne. Ainsi, l’Enfant Jésus était emmailloté dans des peaux de lièvre plutôt que dans des langes de lin, il reposait dans une cabane d’écorce et non dans une mangeoire; des chasseurs remplacèrent les bergers et, enfin, trois chefs indiens furent substitués aux Rois mages qui, à la place de l’or, de l’encens et de la myrrhe, offrirent des pelleteries au divin Enfant.
Le Jesous Ahatonnia (Jésus est né) de Jean de Brébeuf constitue le premier cantique de Noël canadien. Même si le père Brébeuf a péri lors du massacre des Hurons par les Iroquois en 1649, son noël lui a survécu. Les survivants de la Huronie, venus s’installer à Lorette près de Québec, transmirent ce cantique à leurs descendants qui, un siècle plus tard, le chantaient encore. C’est le père Villeneuve, un autre jésuite, qui en a consigné les paroles alors qu’il les entendit chanter cet hymne religieux.
Aujourd’hui encore, les Hurons, comme bien d’autres nations amérindiennes, continuent de célébrer la fête de la Nativité au même titre que celle de sainte Anne (26 juillet), la grand-mère de Jésus, qu’ils vénèrent comme leur patronne.
Se voulant une interprétation du Jesous Ahatonnia du père Jean de Brébeuf, cette crèche est constituée d'une maison longue iroquoienne recouverte d'écorces. Vu l'importance des points cardinaux dans la culture amérindienne, quatre tribus provenant de directions différentes ont été choisies pour personnifier les bergers et les Mages. Cette crèche est installée dans la chapelle du village des Hurons-Wendake.
Photo : Musée de la civilisation, Québec, Pierre Soulard, 1995
Musée de la civilisation, Quebec
© 1995, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.
Dès les débuts de la Nouvelle-France, la fête de Noël faisait l’objet d’une célébration essentiellement religieuse. Ainsi, en 1645, des colons français se réunissaient dans la petite église de Québec pour assister à la messe de Minuit. À cette occasion, ils entonnèrent Chantons Noé, un vieux chant de Noël qu’ils avaient ramené de leur pays natal. Hérités du Moyen Âge, les mots Noé ! Nau ! servaient encore à désigner Noël.
À cette époque, la coutume voulait que l’on distribue le pain bénit à l’assemblée venue assister à la messe de Minuit. Cependant, la distribution et surtout le privilège de préparer ces pains donnaient parfois lieu à des querelles entre les habitants.
Un incident à ce sujet est d’ailleurs relaté dans les Relations des jésuites de 1660. À Noël, les soldats ayant été chargés de la fabrication de ces pains s’amenèrent à l’autel, au moment de l’Offrande, en faisant retentir flûtes et tambours, ce qui choqua vivement l’évêque de Québec. Mais les soldats lui ayant apporté un chanteau de pain, monseigneur leur remit deux pots d’eau-de-vie et une livre (454 g) de tabac. Pour en lire plus
Dès les débuts de la Nouvelle-France, la fête de Noël faisait l’objet d’une célébration essentiellement religieuse. Ainsi, en 1645, des colons français se réunissaient dans la petite église de Québec pour assister à la messe de Minuit. À cette occasion, ils entonnèrent Chantons Noé, un vieux chant de Noël qu’ils avaient ramené de leur pays natal. Hérités du Moyen Âge, les mots Noé ! Nau ! servaient encore à désigner Noël.
À cette époque, la coutume voulait que l’on distribue le pain bénit à l’assemblée venue assister à la messe de Minuit. Cependant, la distribution et surtout le privilège de préparer ces pains donnaient parfois lieu à des querelles entre les habitants.
Un incident à ce sujet est d’ailleurs relaté dans les Relations des jésuites de 1660. À Noël, les soldats ayant été chargés de la fabrication de ces pains s’amenèrent à l’autel, au moment de l’Offrande, en faisant retentir flûtes et tambours, ce qui choqua vivement l’évêque de Québec. Mais les soldats lui ayant apporté un chanteau de pain, monseigneur leur remit deux pots d’eau-de-vie et une livre (454 g) de tabac.
Carton de tapisserie, gouache sur toile chevronnée, 253 x 284,5 cm. Avec son pendant, l'Adoration des rois Mages, cette œuvre constitue un diptyque.
Photo : Musée de la civilisation, Québec, Pierre Soulard, 1995
Musée de la civilisation, Québec
XXe siècle
© 1995, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.
Au XIXe siècle, la fête de Noël avait encore, pour la majorité des anglophones, une forte connotation religieuse. Tout comme les francophones, les tenants de la culture anglaise voyaient en Noël la célébration de la naissance de Jésus, tandis que le jour de l’An était davantage réservé aux étrennes et aux réjouissances familiales.
Vers la fin du XIXe siècle, toutefois, la tendance à remettre les cadeaux et à festoyer à Noël semble prendre le pas sur le jour de l’An. La célébration de Noël et de la Nativité chez les Anglo-Saxons perd peu à peu son sens religieux au profit du caractère communautaire et commercial de cette fête. Chez les francophones, par contre, ce glissement du sacré au profane s’effectuera plus tardivement, soit après la Première Guerre mondiale.
Au XIXe siècle, la fête de Noël avait encore, pour la majorité des anglophones, une forte connotation religieuse. Tout comme les francophones, les tenants de la culture anglaise voyaient en Noël la célébration de la naissance de Jésus, tandis que le jour de l’An était davantage réservé aux étrennes et aux réjouissances familiales.
Vers la fin du XIXe siècle, toutefois, la tendance à remettre les cadeaux et à festoyer à Noël semble prendre le pas sur le jour de l’An. La célébration de Noël et de la Nativité chez les Anglo-Saxons perd peu à peu son sens religieux au profit du caractère communautaire et commercial de cette fête. Chez les francophones, par contre, ce glissement du sacré au profane s’effectuera plus tardivement, soit après la Première Guerre mondiale.