Le goût des crèches est attesté en France dès le XVIIe siècle. Dans les maisons aristocratiques et bourgeoises, on voit apparaître des préfigurations de la crèche domestique, sous la forme de boîtes vitrées décorées, appelées grottes ou rocailles.

On y trouve des représentations de l’Enfant Jésus ou des scènes de la vie du Christ et des saints. Les figurines, réalisées en cire, en mie de pain ou en verre filé, apparaissent dans un décor imaginaire de fleurs, de cascades d’animaux évoquant le paradis. Les crèches napolitaines connaissent notamment un grand succès. Avec l’apparition des santons provençaux au XVIIIe siècle, la crèche familiale prend davantage d’envergure, certaines comptant même parfois une quarantaine de personnages différents.

Au Québec, la crèche de Noël faisait déjà partie de nos traditions religieuses au début de la Nouvelle-France. Toutefois, c’est seulement à partir de 1875 qu’elle commença à pénétrer dans les maisons et à s’intégrer aux usages familiaux. Avant même qu’on prit l’habitude de dresser un sapin de Noël, la crèche occupait déjà une place de choix dan Pour en lire plus
Le goût des crèches est attesté en France dès le XVIIe siècle. Dans les maisons aristocratiques et bourgeoises, on voit apparaître des préfigurations de la crèche domestique, sous la forme de boîtes vitrées décorées, appelées grottes ou rocailles.

On y trouve des représentations de l’Enfant Jésus ou des scènes de la vie du Christ et des saints. Les figurines, réalisées en cire, en mie de pain ou en verre filé, apparaissent dans un décor imaginaire de fleurs, de cascades d’animaux évoquant le paradis. Les crèches napolitaines connaissent notamment un grand succès. Avec l’apparition des santons provençaux au XVIIIe siècle, la crèche familiale prend davantage d’envergure, certaines comptant même parfois une quarantaine de personnages différents.

Au Québec, la crèche de Noël faisait déjà partie de nos traditions religieuses au début de la Nouvelle-France. Toutefois, c’est seulement à partir de 1875 qu’elle commença à pénétrer dans les maisons et à s’intégrer aux usages familiaux. Avant même qu’on prit l’habitude de dresser un sapin de Noël, la crèche occupait déjà une place de choix dans les intérieurs domestiques.

La coutume de monter une crèche sous le sapin se généralisa au cours des années 1930. De nombreuses familles confectionnèrent elles-mêmes des étables pour abriter les personnages achetés dans le commerce. Par la suite, on vit apparaître au pied du sapin les villages constitués de maisonnettes dispersées autour de la crèche.


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Crèche

Papier imprimé. Il s'agit de l'une des crèches éditées en planches à découper par l'imprimerie Wentzel de Wissembourg.

Photo : Musée Alsacien, Strasbourg, France
Collection : Musée Alsacien, Strasbourg, France
XIXe siècle
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À l’origine, la crèche familiale se limitait aux personnages de la Nativité. Au Québec, les premiers personnages de la crèche étaient fabriqués en cire par les congrégations religieuses.

Puis, au XVIIIe siècle, apparut dans le Midi de la France une petite industrie qui se mit à fabriquer tous les personnages de la crèche. Le véritable essor des santons est lié à la Révolution qui interdit la Messe de Minuit et les crèches d’église. Les marseillais étaient restés très fidèles à leurs crèches et créèrent des « crèches publiques », réalisées par des particuliers qui les faisaient visiter. L’usage se développa alors de monter une crèche dans chaque foyer.

Grâce au travail d’habiles artisans, les fameux santons de Provence, apparus pour la première fois à la foire de Noël à Marseille en 1803, gagnèrent rapidement la faveur populaire : ils concurrençaient les santons de cire, plus raffinés, mais aussi plus coûteux. Bientôt, ces petits personnages aux couleurs vives garnirent les crèches provençales, mais aussi celles du Dauphiné, du Roussillon et du Languedoc.

En 1798, Louis Lagnel conçut des moules Pour en lire plus
À l’origine, la crèche familiale se limitait aux personnages de la Nativité. Au Québec, les premiers personnages de la crèche étaient fabriqués en cire par les congrégations religieuses.

Puis, au XVIIIe siècle, apparut dans le Midi de la France une petite industrie qui se mit à fabriquer tous les personnages de la crèche. Le véritable essor des santons est lié à la Révolution qui interdit la Messe de Minuit et les crèches d’église. Les marseillais étaient restés très fidèles à leurs crèches et créèrent des « crèches publiques », réalisées par des particuliers qui les faisaient visiter. L’usage se développa alors de monter une crèche dans chaque foyer.

Grâce au travail d’habiles artisans, les fameux santons de Provence, apparus pour la première fois à la foire de Noël à Marseille en 1803, gagnèrent rapidement la faveur populaire : ils concurrençaient les santons de cire, plus raffinés, mais aussi plus coûteux. Bientôt, ces petits personnages aux couleurs vives garnirent les crèches provençales, mais aussi celles du Dauphiné, du Roussillon et du Languedoc.

En 1798, Louis Lagnel conçut des moules en plâtre pour fabriquer ses santons. Cette nouveauté technologique révolutionna complètement cette industrie artisanale. Favorisant la production de masse, elle permit une plus grande diffusion des produits lors des foires aux santons. L’œuvre de Lagnel a influencé les santonniers jusqu’à nos jours, que ses modèles aient été copiés ou surmoulés.

Jusqu’en 1945, la grande majorité des santons étaient faits d’argile crue, qu’on laissait sécher à l’air libre. Par la suite, on se mit à cuire l’argile afin de la rendre plus résistante. Aux personnages classiques de la crèche s’ajoutèrent, à chaque année, les personnages de la pastorale, les caractères traditionnels des petits métiers de la ville ou de la campagne provençale : la fileuse, la laitière, le tambourinaire, le pescadou (pêcheur), la marchande de fougasses, le pèlerin et bien d’autres encore.

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Berger

Santon de Pierre Pagano. Personnage de la crèche provençale. Argile crue peinte

Photo : Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), Paris, France

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Santon : Paysanne

Santon de Pierre Pagano. Personnage de la crèche provençale. Argile crue peinte

Photo : Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), Paris, France
Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), Paris, France

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Vierge Marie

Personnage de la crèche provençale, Vierge agenouillée. Argile crue peinte

Photo : Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), Paris, France
Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), Paris, France

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L’histoire des maisonnettes que l’on retrouve au pied des sapins de Noël reste difficile à cerner. Certains croient cependant que leur apparition s’est faite au même moment que l’arrivée des premiers santons, vers la fin du XVIIIe siècle.

On sait par ailleurs que les Moraves, d’origine germanique, qui émigrèrent aux États-Unis et fondèrent la ville de Bethléem (en Pennsylvanie) en 1741, conservèrent leur coutume de décorer la crèche de Noël. Appelée putz (de l’allemand putzen : décorer), cette tradition consiste à ajouter plusieurs éléments de décor à la crèche : des douzaines et parfois des centaines de personnages, des maisons, des cascades d’eau, des ponts, des palissades, des fontaines et même des jardins, créant ainsi des paysages imaginaires.

Au Canada, dès le début du XXe siècle, on retrouvait dans le commerce de petits bâtiments produits en série. Vers 1920, l’Allemagne en exportait déjà de grandes quantités en Amérique et, à partir de 1930, le Japon faisait de même.

Élément complémentaire et indispensable, les tapis couvrant le pied du sapin apparuren Pour en lire plus

L’histoire des maisonnettes que l’on retrouve au pied des sapins de Noël reste difficile à cerner. Certains croient cependant que leur apparition s’est faite au même moment que l’arrivée des premiers santons, vers la fin du XVIIIe siècle.

On sait par ailleurs que les Moraves, d’origine germanique, qui émigrèrent aux États-Unis et fondèrent la ville de Bethléem (en Pennsylvanie) en 1741, conservèrent leur coutume de décorer la crèche de Noël. Appelée putz (de l’allemand putzen : décorer), cette tradition consiste à ajouter plusieurs éléments de décor à la crèche : des douzaines et parfois des centaines de personnages, des maisons, des cascades d’eau, des ponts, des palissades, des fontaines et même des jardins, créant ainsi des paysages imaginaires.

Au Canada, dès le début du XXe siècle, on retrouvait dans le commerce de petits bâtiments produits en série. Vers 1920, l’Allemagne en exportait déjà de grandes quantités en Amérique et, à partir de 1930, le Japon faisait de même.

Élément complémentaire et indispensable, les tapis couvrant le pied du sapin apparurent sur le marché vers 1913. Conçus au départ pour protéger les planchers de la cire coulant des chandelles, les premiers tapis manufacturés arboraient un père Noël conduisant un traîneau tiré par huit rennes. Dans un pays nordique comme le Canada, la ouate s’avérait très utile pour simuler les grandes étendues de neige. Vers 1930, les papiers crêpés à motifs de pierres ou de briques vinrent remplacer ces tapis artisanaux.


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Crèche et village de Noël

Crèche et village au pied de l'un des trois sapins dressés dans le hall d'entrée du Musée de la civilisation lors de l'exposition Noël ancien, présentée en décembre 1993.

Photo : Musée de la civilisation, Pierre Soulard, 1993
Collection : Musée de la civilisation, Québec, Canada
siècle
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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • découvrir comment les gens, les événements et les idées du passé ont une incidence sur le présent;
  • décrire certaines traditions de Noël au Canada ainsi que leur évolution, et en fournir des exemples;
  • comparer les traditions de Noël selon les cultures, notamment en France et au Canada, et aussi à travers le temps.

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