Au XIXe siècle, au menu des activités de la fête familiale de Noël figuraient, bien entendu, les repas festifs. L’abondance et la variété des mets servis demeuraient les deux grandes caractéristiques prévalant lors de ces réjouissances. Qu’elle soit en milieu urbain ou en milieu rural, qu’elle appartienne à la bourgeoisie ou au monde ouvrier, chaque famille s’organisait, à la mesure de ses moyens, pour garnir sa table des plats les plus appétissants.

En milieu rural où l’on retrouvait souvent des familles nombreuses, les préparatifs pour le réveillon et le dîner de Noël débutaient généralement en novembre avec les boucheries d’automne. Deux semaines avant Noël, la mère, secondée de ses filles aînées, mettait la main à la pâte pour préparer de délicieuses pâtisseries. En milieu urbain cependant, les préparatifs commençaient plutôt vers le 10 décembre avec l’achat des denrées et victuailles qui seront apprêtées pour ces deux repas plantureux.


Au XIXe siècle, au menu des activités de la fête familiale de Noël figuraient, bien entendu, les repas festifs. L’abondance et la variété des mets servis demeuraient les deux grandes caractéristiques prévalant lors de ces réjouissances. Qu’elle soit en milieu urbain ou en milieu rural, qu’elle appartienne à la bourgeoisie ou au monde ouvrier, chaque famille s’organisait, à la mesure de ses moyens, pour garnir sa table des plats les plus appétissants.

En milieu rural où l’on retrouvait souvent des familles nombreuses, les préparatifs pour le réveillon et le dîner de Noël débutaient généralement en novembre avec les boucheries d’automne. Deux semaines avant Noël, la mère, secondée de ses filles aînées, mettait la main à la pâte pour préparer de délicieuses pâtisseries. En milieu urbain cependant, les préparatifs commençaient plutôt vers le 10 décembre avec l’achat des denrées et victuailles qui seront apprêtées pour ces deux repas plantureux.


© 1995, RCIP-Réseau canadien d'information sur le patrimoine. Tous droits réservés.

Au XIXe siècle, en France comme au Canada, dès que les grands froids commençaient à s’installer en novembre, on « faisait boucherie ». On abattait ainsi porc, bœuf, veau et volailles afin d’approvisionner la maisonnée en viandes de toutes sortes. Ces boucheries d’automne devaient suffire à combler les besoins de la famille durant tout l’hiver. Il fallait aussi prévoir une gamme de mets variés, et ce en quantité suffisante, pour les nombreux repas festifs ayant cours durant le cycle des douze jours et la période de carnaval qui s’en suivait.

Durant ces jours de boucherie, on dépeçait les animaux en diverses pièces de viande. Ainsi, les filets, les rôtis, les jambons et jambonneaux, les côtelettes, les palerons, les socs ou échinées, les poulets et la fameuse dinde étaient mis à congeler dans des récipients hermétiques enfouis dans la neige ou encore étaient accrochés dans la « dépense », sorte de chambre froide servant autrefois de réfrigérateur. On prenait soin de faire macérer dans la saumure quelques gros morceaux de lard qu’on plaçait dans des jarres de grès, en prévision des soupes et des fèves Pour en lire plus
Au XIXe siècle, en France comme au Canada, dès que les grands froids commençaient à s’installer en novembre, on « faisait boucherie ». On abattait ainsi porc, bœuf, veau et volailles afin d’approvisionner la maisonnée en viandes de toutes sortes. Ces boucheries d’automne devaient suffire à combler les besoins de la famille durant tout l’hiver. Il fallait aussi prévoir une gamme de mets variés, et ce en quantité suffisante, pour les nombreux repas festifs ayant cours durant le cycle des douze jours et la période de carnaval qui s’en suivait.

Durant ces jours de boucherie, on dépeçait les animaux en diverses pièces de viande. Ainsi, les filets, les rôtis, les jambons et jambonneaux, les côtelettes, les palerons, les socs ou échinées, les poulets et la fameuse dinde étaient mis à congeler dans des récipients hermétiques enfouis dans la neige ou encore étaient accrochés dans la « dépense », sorte de chambre froide servant autrefois de réfrigérateur. On prenait soin de faire macérer dans la saumure quelques gros morceaux de lard qu’on plaçait dans des jarres de grès, en prévision des soupes et des fèves au lard à préparer pour les menus quotidiens.

Durant cette période d’activité intense, on préparait également toute la charcuterie destinée, entre autres, au réveillon et au dîner de Noël. Selon les recettes traditionnelles transmises de mère en fille depuis des générations, on apprêtait les boudins rouges ou blancs, les saucisses, les plârines ou crépinettes, les boulettes de viande hachée finement qu’on servait en ragoût avec les pattes de porc, les tourtières ou tourtes, les cretons ou rillettes et les têtes en fromage ou fromages de porc.

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Au départ, en France et au Canada, ce repas nocturne, pris au retour de la messe de Minuit, consistait en une simple collation se limitant à des biscuits ou à un morceau de tourtière, accompagnés d’une boisson chaude. Avec les années, cette collation se transforma peu à peu en un repas plus copieux et plus élaboré. À l’occasion de ce réveillon, pris essentiellement en famille, on y servait à peu près les mêmes mets qu’au dîner de Noël.

Au Canada, la coutume du réveillon de Noël varie selon les familles, les époques et les milieux culturels. Chez les francophones vivant majoritairement en milieu rural, le réveillon de Noël semble inexistant jusqu’aux années 1930, où les réjouissances familiales commencent à prendre forme avec la commercialisation de cette fête.

Chez les anglophones et les citadins, par contre, le réveillon de Noël commença à faire partie des réjouissances familiales beaucoup plus tôt, soit vers 1875. La tendance à festoyer la nuit de Noël s’accentuera de plus en plus avec la coutume du sapin décoré et celle de la distribution des cadeaux.


Au départ, en France et au Canada, ce repas nocturne, pris au retour de la messe de Minuit, consistait en une simple collation se limitant à des biscuits ou à un morceau de tourtière, accompagnés d’une boisson chaude. Avec les années, cette collation se transforma peu à peu en un repas plus copieux et plus élaboré. À l’occasion de ce réveillon, pris essentiellement en famille, on y servait à peu près les mêmes mets qu’au dîner de Noël.

Au Canada, la coutume du réveillon de Noël varie selon les familles, les époques et les milieux culturels. Chez les francophones vivant majoritairement en milieu rural, le réveillon de Noël semble inexistant jusqu’aux années 1930, où les réjouissances familiales commencent à prendre forme avec la commercialisation de cette fête.

Chez les anglophones et les citadins, par contre, le réveillon de Noël commença à faire partie des réjouissances familiales beaucoup plus tôt, soit vers 1875. La tendance à festoyer la nuit de Noël s’accentuera de plus en plus avec la coutume du sapin décoré et celle de la distribution des cadeaux.


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Diorama de la Veillée Calendale

Scène reconstituée de la veillée de Noël, en Provence, avec le gros souper qui est servi sur les trois nappes (Nativité, Éirconcision, Épiphanie) et éclairé par les trois chandelles, symbole de la Trinité. C'est un dîner maigre composé de produits du mas : escargots, carde et céleri à l'anchoiade, muge aux olives... et treize desserts : cachat, fougasse, pommes, poires, prunes, figues, raisins, amandes, noix, cédrats confits, coing, nougat blanc et noir...

Photo : B. Delgado
Collection : Museon Arlaten, Arles, France

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Au Canada, contrairement au réveillon, le dîner de Noël (ici, repas du midi) faisait partie des traditions familiales, tant chez les francophones que chez les anglophones. Pour l’occasion, parents et amis ne manquaient jamais de figurer en grand nombre sur la liste des invités.

Plus qu’en toute autre circonstance, l’abondance et la variété des mets étaient de mise pour cette grande fête familiale. Le menu comprenait évidemment la soupe aux pois ou aux légumes du potager, les viandes présentées sous différentes formes, de même que certaines pâtisseries servies uniquement à l’occasion de Noël. Pour arroser ce copieux repas et égayer la fête, les boissons importées ou de fabrication domestique étaient également servies en quantité plus que suffisante.

Aujourd’hui, ce repas s’est déplacé au soir et peut même être donné un autre jour en raison de contraintes imposées aux invités, telles que santé, distances et déplacements, caprices du climat...


Au Canada, contrairement au réveillon, le dîner de Noël (ici, repas du midi) faisait partie des traditions familiales, tant chez les francophones que chez les anglophones. Pour l’occasion, parents et amis ne manquaient jamais de figurer en grand nombre sur la liste des invités.

Plus qu’en toute autre circonstance, l’abondance et la variété des mets étaient de mise pour cette grande fête familiale. Le menu comprenait évidemment la soupe aux pois ou aux légumes du potager, les viandes présentées sous différentes formes, de même que certaines pâtisseries servies uniquement à l’occasion de Noël. Pour arroser ce copieux repas et égayer la fête, les boissons importées ou de fabrication domestique étaient également servies en quantité plus que suffisante.

Aujourd’hui, ce repas s’est déplacé au soir et peut même être donné un autre jour en raison de contraintes imposées aux invités, telles que santé, distances et déplacements, caprices du climat...


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Grandement apprécié des Anglais, le wassail accompagnait les copieux repas de Noël. Ce terme dériverait de l’expression Waes haeil qui, en langue vernaculaire, signifie « be thou well » or « to your health » (à votre santé). Cette boisson douce, servie dans de grands bols, fut remplacée au XVIIIe siècle par le punch, constitué de jus de fruits et de spiritueux fortement alcoolisés. L’ale ou la bière, de même que le porter étaient également à l’honneur lors de ces réjouissances familiales.

Chez les francophones mieux nantis, on achetait quelques vins importés de France, de même que des liqueurs et spiritueux. Toutefois, pour une large proportion de la communauté francophone, les vins et la bière de fabrication domestique remplaçaient ces alcools trop dispendieux. Au moyen de recettes transmises de génération en génération, on fabriquait, à partir de l’automne, des vins de « patates » (pommes de terre), de cerises à grappe, de rhubarbe, de salsepareille et, bien entendu, la fameuse « bière de malt » faite à base d’orge cultivée dans ses Pour en lire plus
Grandement apprécié des Anglais, le wassail accompagnait les copieux repas de Noël. Ce terme dériverait de l’expression Waes haeil qui, en langue vernaculaire, signifie « be thou well » or « to your health » (à votre santé). Cette boisson douce, servie dans de grands bols, fut remplacée au XVIIIe siècle par le punch, constitué de jus de fruits et de spiritueux fortement alcoolisés. L’ale ou la bière, de même que le porter étaient également à l’honneur lors de ces réjouissances familiales.

Chez les francophones mieux nantis, on achetait quelques vins importés de France, de même que des liqueurs et spiritueux. Toutefois, pour une large proportion de la communauté francophone, les vins et la bière de fabrication domestique remplaçaient ces alcools trop dispendieux. Au moyen de recettes transmises de génération en génération, on fabriquait, à partir de l’automne, des vins de « patates » (pommes de terre), de cerises à grappe, de rhubarbe, de salsepareille et, bien entendu, la fameuse « bière de malt » faite à base d’orge cultivée dans ses propres champs. Servies en grandes rasades, ces boissons étaient considérées comme un signe d’hospitalité et de cordialité au temps des fêtes.


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Parmi la grande variété de viandes et de charcuteries, la dinde farcie occupe certainement une place de choix dans le menu traditionnel de Noël. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce mets ne nous est pas parvenu des pays européens. De fait, avant d’être domestiquée, la dinde vivait à l’état sauvage dans le sud de l’Ontario, dans certaines régions du Québec, dans plusieurs États américains et même au Mexique. Au début du XVIe siècle, les Espagnols rapportèrent en Europe cet oiseau du Mexique. Bientôt, il fut domestiqué en Espagne, en France et en Angleterre.

Si, chez les francophones du Canada, la dinde est depuis longtemps considérée comme un mets traditionnel du temps des fêtes; chez les anglophones, c’est plutôt l’oie rôtie et farcie qui était servie comme plat de résistance au dîner de Noël.

Le plat sans doute le plus ancien dont les anglophones raffolent à l’époque des fêtes est la mince pie, dont l’origine remonte au Moyen Âge. Cette tarte, de forme oblongue, renfermait dans sa recette originale un mélange de volaille, faisan, perdrix et lapin hachés finement. Plus tard, on y Pour en lire plus
Parmi la grande variété de viandes et de charcuteries, la dinde farcie occupe certainement une place de choix dans le menu traditionnel de Noël. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce mets ne nous est pas parvenu des pays européens. De fait, avant d’être domestiquée, la dinde vivait à l’état sauvage dans le sud de l’Ontario, dans certaines régions du Québec, dans plusieurs États américains et même au Mexique. Au début du XVIe siècle, les Espagnols rapportèrent en Europe cet oiseau du Mexique. Bientôt, il fut domestiqué en Espagne, en France et en Angleterre.

Si, chez les francophones du Canada, la dinde est depuis longtemps considérée comme un mets traditionnel du temps des fêtes; chez les anglophones, c’est plutôt l’oie rôtie et farcie qui était servie comme plat de résistance au dîner de Noël.

Le plat sans doute le plus ancien dont les anglophones raffolent à l’époque des fêtes est la mince pie, dont l’origine remonte au Moyen Âge. Cette tarte, de forme oblongue, renfermait dans sa recette originale un mélange de volaille, faisan, perdrix et lapin hachés finement. Plus tard, on y ajouta du sucre, des pommes, du cidre, des raisins, des oranges et citrons confits. Avec le temps, on finit par supprimer les viandes pour ne conserver que les ingrédients sucrés.




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Contrairement au réveillon généralement réservé aux membres de la famille immédiate, le dîner de Noël accueillait parents et amis autour de la grande table commune. Dans plusieurs familles, la règle voulait que les fils et les filles mariés soient invités, le jour de Noël, à dîner à la maison paternelle de l’un ou l’autre des conjoints. Les jours suivants, les enfants mariés recevaient à tour de rôle les membres de leur famille respective, en plus des oncles, tantes et cousins qui s’amenaient en visite pour la période des fêtes.

Jusqu’à tout récemment, Noël donnait lieu à de grandes réjouissances familiales. On profitait d’ailleurs de cette période pour se visiter entre parents et amis. Les invités demeuraient parfois même plusieurs jours chez les uns ou les autres.

Aujourd’hui, les contraintes sociales de toute nature amènent des changements d’heure, de lieu ou du nombre des participants à ces réjouissances, mais les célébrations de Noël sont encore parmi les plus importantes dans la conscience collective.

Contrairement au réveillon généralement réservé aux membres de la famille immédiate, le dîner de Noël accueillait parents et amis autour de la grande table commune. Dans plusieurs familles, la règle voulait que les fils et les filles mariés soient invités, le jour de Noël, à dîner à la maison paternelle de l’un ou l’autre des conjoints. Les jours suivants, les enfants mariés recevaient à tour de rôle les membres de leur famille respective, en plus des oncles, tantes et cousins qui s’amenaient en visite pour la période des fêtes.

Jusqu’à tout récemment, Noël donnait lieu à de grandes réjouissances familiales. On profitait d’ailleurs de cette période pour se visiter entre parents et amis. Les invités demeuraient parfois même plusieurs jours chez les uns ou les autres.

Aujourd’hui, les contraintes sociales de toute nature amènent des changements d’heure, de lieu ou du nombre des participants à ces réjouissances, mais les célébrations de Noël sont encore parmi les plus importantes dans la conscience collective.


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La journée de Noël ne pouvait se terminer sans qu’une veillée de circonstance n’ait lieu. Ainsi, les chants de Noël, les danses mais aussi les contes et légendes agrémentaient-ils cette soirée. D’autres éléments, telles la bûche de Noël et les décorations intérieures, ajoutaient une note de plus à cette ambiance particulière du temps des fêtes.

À cette veillée de Noël, il n’était pas rare d’y voir une cinquantaine de personnes, et souvent même plus, entassées dans la maison paternelle pour participer à ces réjouissances familiales, que nul ne voulait manquer.

La journée de Noël ne pouvait se terminer sans qu’une veillée de circonstance n’ait lieu. Ainsi, les chants de Noël, les danses mais aussi les contes et légendes agrémentaient-ils cette soirée. D’autres éléments, telles la bûche de Noël et les décorations intérieures, ajoutaient une note de plus à cette ambiance particulière du temps des fêtes.

À cette veillée de Noël, il n’était pas rare d’y voir une cinquantaine de personnes, et souvent même plus, entassées dans la maison paternelle pour participer à ces réjouissances familiales, que nul ne voulait manquer.


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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • découvrir comment les gens, les événements et les idées du passé ont une incidence sur le présent;
  • décrire certaines traditions de Noël au Canada ainsi que leur évolution, et en fournir des exemples;
  • comparer les traditions de Noël selon les cultures, notamment chez les francophones et les anglophones, et aussi à travers le temps;
  • comprendre que les cultures matérielle et populaire reflètent les changements historiques.

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