Parmi les nombreuses décorations embellissant aujourd’hui nos intérieurs à l’époque des fêtes, il s’en trouve encore certaines dont les origines remontent au début de la chrétienté. Le cierge ou les chandelles de Noël en sont un exemple des plus éloquents. Depuis les premiers temps du christianisme, on allumait la veille de Noël un grand cierge symbolisant le Christ, Lumière du monde. On le laissait brûler pendant toute la nuit de la Nativité. Cette ancienne coutume perdure encore dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Angleterre, en Irlande et au Danemark. Au Canada, même si nous avons quelque peu oublié sa signification, plusieurs familles conservent néanmoins l’habitude d’allumer des chandelles décorées de branches de pin ou de sapin lors du réveillon ou du dîner de Noël.

Quant à cette belle couronne de sapin que nous suspendons à nos portes et fenêtres, elle serait issue de la tradition germanique. En Autriche et dans le sud de l’Allemagne, chaque famille tresse, pour le premier dimanche de l’Avent, une grosse couronne de branches de sapin puis y ajoute un ruban rouge et des pommes de pin.

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Parmi les nombreuses décorations embellissant aujourd’hui nos intérieurs à l’époque des fêtes, il s’en trouve encore certaines dont les origines remontent au début de la chrétienté. Le cierge ou les chandelles de Noël en sont un exemple des plus éloquents. Depuis les premiers temps du christianisme, on allumait la veille de Noël un grand cierge symbolisant le Christ, Lumière du monde. On le laissait brûler pendant toute la nuit de la Nativité. Cette ancienne coutume perdure encore dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Angleterre, en Irlande et au Danemark. Au Canada, même si nous avons quelque peu oublié sa signification, plusieurs familles conservent néanmoins l’habitude d’allumer des chandelles décorées de branches de pin ou de sapin lors du réveillon ou du dîner de Noël.

Quant à cette belle couronne de sapin que nous suspendons à nos portes et fenêtres, elle serait issue de la tradition germanique. En Autriche et dans le sud de l’Allemagne, chaque famille tresse, pour le premier dimanche de l’Avent, une grosse couronne de branches de sapin puis y ajoute un ruban rouge et des pommes de pin.

Cette habitude de décorer nos maisons pour Noël remonte en fait à la seconde moitié du XIXe siècle. Vers 1860, des marchands montréalais offraient des feuilles de houx et des boules de gui à leurs riches clients pour décorer leurs maisons. On confectionnait aussi des guirlandes entrelacées de fleurs, qu’on suspendait aux cadres des miroirs, aux linteaux des portes et aux tablettes des cheminées. On disposait également sur les tables des corbeilles de fleurs séchées, de fleurs en cire ou en papier. Plus tard, elles seront remplacées par des poinsettias, introduits en Amérique par le botaniste américain Joel Robert Poinsett qui découvrit cette plante au Mexique en 1825, alors qu’il était ambassadeur.


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Toute veillée de Noël se devait d’être agrémentée  de chants de Noël, mais aussi de chansons populaires. Évidemment, toute la gamme des cantiques religieux y passait. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs été colligés par Ernest Gagnon, qui fut l’un des premiers au Québec à s’y intéresser. Sa collecte de cantiques fit d’ailleurs l’objet de recueils intitulés Cantiques populaires du Canada français, édités en 1897 et 1906.

Outre les cantiques religieux, on chantait également des noëls anciens comme « D’où viens-tu bergère? ». Ernest Myrand publia un recueil de ces noëls anciens de la Nouvelle-France.

Des vieux noëls français, en passant par les christmas carols américains, dont le fameux « White Christmas » popularisé par Bing Crosby, on arrivait aux chansons populaires plus récentes telles que « Le petit renne au nez rouge », « Petit papa Noël » et « Vive le vent », pour ne nommer que celles-là. Même si elles ne faisaient pas partie des chants de Noël traditionnels, d’autres chansons folkloriques, à boire ou à r Pour en lire plus

Toute veillée de Noël se devait d’être agrémentée  de chants de Noël, mais aussi de chansons populaires. Évidemment, toute la gamme des cantiques religieux y passait. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs été colligés par Ernest Gagnon, qui fut l’un des premiers au Québec à s’y intéresser. Sa collecte de cantiques fit d’ailleurs l’objet de recueils intitulés Cantiques populaires du Canada français, édités en 1897 et 1906.

Outre les cantiques religieux, on chantait également des noëls anciens comme « D’où viens-tu bergère? ». Ernest Myrand publia un recueil de ces noëls anciens de la Nouvelle-France.

Des vieux noëls français, en passant par les christmas carols américains, dont le fameux « White Christmas » popularisé par Bing Crosby, on arrivait aux chansons populaires plus récentes telles que « Le petit renne au nez rouge », « Petit papa Noël » et « Vive le vent », pour ne nommer que celles-là. Même si elles ne faisaient pas partie des chants de Noël traditionnels, d’autres chansons folkloriques, à boire ou à répondre, n’en figuraient pas moins au répertoire des veillées du temps des fêtes.


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Chanson de Noël

Texte d'une chanson de Noël illustrée, avec partition de chant et de piano. Mention en haut du feuillet : Chanson de Noël ; Poésie d'Armand Sylvestre et musique d'André Wormser

Photo : Musée national des arts et traditions populaires (MNATP)
Musée national des arts et traditions populaires (MNATP)

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En France, au Moyen Âge, la culture traditionnelle puise au cœur des Évangiles apocryphes d’innombrables récits de Noël. Cette tradition orale mettra des siècles avant de constituer un genre littéraire véritable. Ces histoires, contes et légendes sont articulés autour de nombreux motifs, des histoires de trésors, de morts qui reviennent hanter les vivants, et autour de la nuit des Merveilles pendant laquelle les animaux ont le don de la parole. Selon les régions, le conte de Noël français s’inspire de la géographie, de la faune, de la flore ou de la vie quotidienne. Ainsi, la très belle légende de la sauge met en vedette la sainte Famille et trois plantes que l’on retrouve en Provence. De la même manière, le conte du petit ramoneur retrace la vie des pauvres gens.

À la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, le conte de Noël sera reconnu comme un genre littéraire, grâce à l’écrivain anglais Charles Dickens et à son célèbre récit : A Christmas Carol.

Au Canada français, les contes empruntent le chemin des camps de bûcherons. On y retrouve des récits d’origine française où des punitions sont inflig Pour en lire plus

En France, au Moyen Âge, la culture traditionnelle puise au cœur des Évangiles apocryphes d’innombrables récits de Noël. Cette tradition orale mettra des siècles avant de constituer un genre littéraire véritable. Ces histoires, contes et légendes sont articulés autour de nombreux motifs, des histoires de trésors, de morts qui reviennent hanter les vivants, et autour de la nuit des Merveilles pendant laquelle les animaux ont le don de la parole. Selon les régions, le conte de Noël français s’inspire de la géographie, de la faune, de la flore ou de la vie quotidienne. Ainsi, la très belle légende de la sauge met en vedette la sainte Famille et trois plantes que l’on retrouve en Provence. De la même manière, le conte du petit ramoneur retrace la vie des pauvres gens.

À la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, le conte de Noël sera reconnu comme un genre littéraire, grâce à l’écrivain anglais Charles Dickens et à son célèbre récit : A Christmas Carol.

Au Canada français, les contes empruntent le chemin des camps de bûcherons. On y retrouve des récits d’origine française où des punitions sont infligées aux mécréants qui refusent la charité à autrui la nuit de Noël, d’autres où des âmes charitables sont récompensées pour leur bonté envers les démunis. On parle aussi des personnages de la sainte Famille et de héros fantastiques comme Tom Caribou, sans oublier les légendes de loups-garous, de feux-follets et de chasses-galeries.

La version québécoise de la chasse-galerie est un canot d’écorce emportant dans le ciel des bûcherons, désireux de rentrer chez eux pour la veillée de Noël. Pour y parvenir, ils pactisent avec le diable. Un des compères oubliant son serment provoque la chute du canot en prononçant le nom de Dieu.


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Le Noël du petit ramoneur

Conte de Noël en six cartes postales sur un poème de Marcel Houjan. Version cruelle du conte de Noël moderne, où un petit ramoneur noirçi met ses sabots dans la cheminée et s'endort en rêvant que l'âtre sera rempli de jouets. Mais à son réveil, les sabots sont vides.

Photo : Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), Paris, France
Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), Paris, France

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La chasse-galerie

Ce dessin à la plume, de Henry Julien, intitulé le Canot d'écorce qui vole, illustre l'une des légendes de Noël les plus répandues au Québec dans la tradition orale.

Photo : Musée du Québec
Collection : Musée du Québec, Quebec City, Canada

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Tandis que les bourreaux du roi Hérode, féroces et tout couverts de sang, fouillaient la région de Bethléem pour égorger les petits enfants, Marie se sauvait à travers les montagnes de Judée, serrant le nouveau-né sur son cœur tremblant. Joseph courait à l’avant lorsqu’ils apercevaient un village, pour y demander l’hospitalité ou même un peu d’eau pour baigner le petit. Hélas, les gens étaient ainsi faits, dans ce pays si triste, que personne ne voulait rien donner, ni eau, ni abri, pas même une bonne parole.

Or, tandis que la pauvre mère se trouvait ainsi seule, assise au bord du chemin pour allaiter le petit, tandis que son époux menait l’âne à boire à un puits communal, ne voilà-t-il pas que des cris se firent entendre à peu de distance. En même temps, le sol trembla sous le galop des chevaux approchants.

- Les soldats d’Hérode !

Où se réfugier ? Pas la moindre grotte, ni le plus petit palmier.
Il n’y avait près de Marie qu’un buisson où une rose s’ouvrait.

« Rose, belle rose, supplia la pauvre mère, épanouis-toi bien et cache de tes pétales cet enfant que l’o Pour en lire plus
Tandis que les bourreaux du roi Hérode, féroces et tout couverts de sang, fouillaient la région de Bethléem pour égorger les petits enfants, Marie se sauvait à travers les montagnes de Judée, serrant le nouveau-né sur son cœur tremblant. Joseph courait à l’avant lorsqu’ils apercevaient un village, pour y demander l’hospitalité ou même un peu d’eau pour baigner le petit. Hélas, les gens étaient ainsi faits, dans ce pays si triste, que personne ne voulait rien donner, ni eau, ni abri, pas même une bonne parole.

Or, tandis que la pauvre mère se trouvait ainsi seule, assise au bord du chemin pour allaiter le petit, tandis que son époux menait l’âne à boire à un puits communal, ne voilà-t-il pas que des cris se firent entendre à peu de distance. En même temps, le sol trembla sous le galop des chevaux approchants.

- Les soldats d’Hérode !

Où se réfugier ? Pas la moindre grotte, ni le plus petit palmier.
Il n’y avait près de Marie qu’un buisson où une rose s’ouvrait.

« Rose, belle rose, supplia la pauvre mère, épanouis-toi bien et cache de tes pétales cet enfant que l’on veut faire mourir, et sa pauvre mère à demi-morte. » 
La rose, en fronçant le bouton pointu qui lui servait de nez, répondit :
"« Passe vite ton chemin, jeune femme, car les bourreaux en m’effleurant pourraient me ternir. Vois la giroflée, tout près d’ici. Dis-lui de t’abriter. Elle a assez de fleurs pour te dissimuler.

- Giroflée, giroflée gentille, supplia la fugitive, épanouis-toi bien pour cacher de ton massif cet enfant condamné à mort et sa maman épuisée. » 
La giroflée, tout en secouant les petites têtes de son bouquet, refusa sans même s’expliquer :
« Va, passe ton chemin, pauvresse. Je n’ai pas le temps de t’écouter. Je suis trop occupée à partout me fleurir. Va voir la sauge, tout près d’ci. Elle n’a rien d’autre à faire que la charité.

- Ah ! Sauge, bonne sauge, supplia la malheureuse femme, épanouis-toi pour cacher de tes feuilles cet innocent dont on veut la vie et sa mère, à demi-morte de faim, de fatigue et de peur. » 

Alors tant et si bien s’épanouit la bonne sauge qu’elle couvrit tout le terrain et de ses feuilles de velours fit un dais, où s’abritèrent l’Enfant Dieu et sa mère.
Sur le chemin, les bourreaux passèrent sans rien voir. Au bruit de leurs pas, Marie frissonnait d’épouvante, mais le petit, caressé par les feuilles, souriait. Puis, comme ils étaient venus, les soldats s’en allèrent.

Quand ils furent partis, Marie et Jésus sortirent de leur refuge vert et fleuri.
« Sauge, sauge sainte, à toi grand merci. Je te bénis pour ton bon geste dont tous désormais se souviendront. » 

Lorsque Joseph les retrouva, il avait de la peine à soutenir le train de l’âne tout ragaillardi par une vaste platée d’orge qu’un brave homme lui avait donnée.
Marie remonta sur la bête en serrant contre elle son enfant sauvé. Et Michel, l’archange de Dieu, descendit des hauteurs du ciel pour leur tenir compagnie et leur indiquer le plus court chemin par lequel se rendre en Égypte, tout doucement, à petites journées.

C’est depuis ce temps-là que la rose a des épines, la giroflée des fleurs malodorantes, tandis que la sauge possède tant de vertus guérissantes :

Comme l’on dit en Provence :
« Celui qui n’a pas recours à la sauge
Ne se souvient pas de la Vierge. »



Joseph Roumanille (repris par M. Toussaint-Samat) Légendes et récits du temps de Noël.

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • découvrir comment les gens, les événements et les idées du passé ont une incidence sur le présent;
  • décrire certaines traditions de Noël au Canada ainsi que leur évolution, et en fournir des exemples;
  • comparer les traditions de Noël selon les cultures, notamment chez les francophones et les anglophones, et aussi à travers le temps;
  • comprendre que les cultures matérielle et populaire reflètent les changements historiques;
  • reconstituer les histoires et les légendes associées à Noël.

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