« Jésus est le 'miroir du cœur paternel [de Dieu], en dehors duquel nous ne voyons rien qu'un juge courroucé et terrible'. »

Martin Luther, Le Grand Catéchisme

Quand Martin Luther a refusé de désavouer son intrépide critique de l'Église catholique - « C'est ma position, je ne peux en avoir une autre » [traduction]- il a lancé un débat qui peut avec raison être considéré comme l'un des plus importants débats intellectuels et culturels de la civilisation occidentale. La Réforme a inspiré certaines des réflexions les plus novatrices et controversées de l'histoire de notre culture. Un grand nombre de ces débats portaient sur Jésus et sa relation à la triade classique du Beau, du Vrai et du Bien. Pratiquement tous les penseurs s'entendaient pour voir en Jésus le miroir de la Vérité - spirituelle et intellectuelle -, mais ce consensus s'effritait sur la question de savoir comment Jésus était le miroir du Beau et du Bien. En Pour en lire plus
« Jésus est le 'miroir du cœur paternel [de Dieu], en dehors duquel nous ne voyons rien qu'un juge courroucé et terrible'. »

Martin Luther, Le Grand Catéchisme

Quand Martin Luther a refusé de désavouer son intrépide critique de l'Église catholique - « C'est ma position, je ne peux en avoir une autre » [traduction]- il a lancé un débat qui peut avec raison être considéré comme l'un des plus importants débats intellectuels et culturels de la civilisation occidentale. La Réforme a inspiré certaines des réflexions les plus novatrices et controversées de l'histoire de notre culture. Un grand nombre de ces débats portaient sur Jésus et sa relation à la triade classique du Beau, du Vrai et du Bien. Pratiquement tous les penseurs s'entendaient pour voir en Jésus le miroir de la Vérité - spirituelle et intellectuelle -, mais ce consensus s'effritait sur la question de savoir comment Jésus était le miroir du Beau et du Bien. En essayant de situer Jésus dans les domaines de l'esthétique et de la politique, Martin Luther (1483-1546) et Jean Calvin (1509-1564) ont une nouvelle fois tenté de répondre à la question qui a sollicité et dérouté les penseurs chrétiens depuis la naissance de la foi : Quelle est la place de Jésus dans l'ordre mondial séculier ?

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Les réformateurs

Cette représentation des principales figures qui réclamaient une réforme de l'Église aux XIVe, XVe et XVIe siècles s'attache à la revendication essentielle de la Réforme : le retour à la Biblia Sacra, les Saintes Écritures, comme source unique de la foi, de la croyance et de la pratique.

Artiste inconnu
vers 1886
Gravure
PMA:J99.1886
© The Provincial Museum of Alberta.


« Ils viennent et lui disent : 'Maître, … est-il permis ou non de payer l'impôt à César ?'… Jésus leur dit : 'Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu'. »

Mc 12, 14 et 17

Le profond remaniement des idées, des institutions et de la société civile que fut la Réforme a trouvé en Martin Luther un puissant interprète. Dégoûté par les travers décadents de l'Église catholique, Luther a réclamé des réformes fondées sur l'exemple de Jésus, Miroir de l'Éternel. La façon dont Luther voyait en Jésus le reflet du divin a eu d'énormes répercussions sur la culture et l'histoire de l'Occident. Il croyait que le Royaume du Christ n'était pas de ce monde et donc qu'il devait y avoir une séparation de l'Église et de l'État, des principes régissant la vie du chrétien et des devoirs du citoyen. Il voyait aussi en Jésus le reflet Pour en lire plus
« Ils viennent et lui disent : 'Maître, … est-il permis ou non de payer l'impôt à César ?'… Jésus leur dit : 'Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu'. »

Mc 12, 14 et 17

Le profond remaniement des idées, des institutions et de la société civile que fut la Réforme a trouvé en Martin Luther un puissant interprète. Dégoûté par les travers décadents de l'Église catholique, Luther a réclamé des réformes fondées sur l'exemple de Jésus, Miroir de l'Éternel. La façon dont Luther voyait en Jésus le reflet du divin a eu d'énormes répercussions sur la culture et l'histoire de l'Occident. Il croyait que le Royaume du Christ n'était pas de ce monde et donc qu'il devait y avoir une séparation de l'Église et de l'État, des principes régissant la vie du chrétien et des devoirs du citoyen. Il voyait aussi en Jésus le reflet du Beau et croyait que les arts devraient servir à louer Dieu. Ces idées ont une immense influence sur l'Église et la culture dans laquelle elle était imbriquée.

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Martin Luther avec une colombe

La colombe qui descend sur la tête du Père de la Réforme, Martin Luther, renvoie aux représentations de la Pentecôte dans l'Église primitive lorsque le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres. Pour de nombreuses personnes, la Réforme est apparue comme une nouvelle Pentecôte.

Hans Baldung (1484/5-1545).
Martin Luther: Acta et res gestae
vers 1520
Gravure sur bois
PMA:J99.1765.
© The Provincial Museum of Alberta


« Le Christ donc est le Miroir dans lequel nous devons contempler notre propre élection et où nous pouvons le faire sans tromperie. »

Jean Calvin, L'Institution de la religion chrétienne

À l'instar de Luther, Jean Calvin a mis l'accent sur la primauté de l'Écriture comme source de la doctrine et du salut par la grâce plutôt que par les bonnes œuvres. Mais il estimait que l'utilisation de l'art pour louer Dieu risquait de conduire à l'idolâtrie, tandis que la séparation de l'Église et de l'État était la négation d'une vérité incontournable, à savoir que même si le Royaume de Dieu était distinct des pouvoirs civils de l'État, ce dernier ne pouvait utiliser ses moyens et atteindre ses fins qu'en conformité avec la foi chrétienne. Cette conception calviniste des liens inextricables entre religion et politique a eu de grandes répercussions et, en février 1554, a conduit la magistrature en poste à Genève à accepter de Pour en lire plus
« Le Christ donc est le Miroir dans lequel nous devons contempler notre propre élection et où nous pouvons le faire sans tromperie. »

Jean Calvin, L'Institution de la religion chrétienne

À l'instar de Luther, Jean Calvin a mis l'accent sur la primauté de l'Écriture comme source de la doctrine et du salut par la grâce plutôt que par les bonnes œuvres. Mais il estimait que l'utilisation de l'art pour louer Dieu risquait de conduire à l'idolâtrie, tandis que la séparation de l'Église et de l'État était la négation d'une vérité incontournable, à savoir que même si le Royaume de Dieu était distinct des pouvoirs civils de l'État, ce dernier ne pouvait utiliser ses moyens et atteindre ses fins qu'en conformité avec la foi chrétienne. Cette conception calviniste des liens inextricables entre religion et politique a eu de grandes répercussions et, en février 1554, a conduit la magistrature en poste à Genève à accepter de « vivre selon les principes de la Réforme » et, fondamentalement, à rendre les lois de la cité conformes aux lois du Christ. Ce qui unissait Luther et Calvin, c'était leur désir de réformer l'Église selon leur façon de comprendre Jésus, Miroir de l'Éternel.

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Jean Calvin

Calvin, le plus grand penseur de la Réforme, est représenté dans son bureau entouré de textes bibliques. Sa grave solennité et les livres et la peinture de Genève qui décorent les murs renvoient à une représentation populaire chez les catholiques, celle de saint Jérôme dans son bureau.

The Provincial Museum of Alberta

Gravure
PMA:J99.1877
© 2000, RCIP. Tous droits réservés.


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • décrire la théologie de Martin Luther et de John Calvin ;
  • expliquer les points de vue à l’aide d’exemples, du Christ dans la Réforme.

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