La naissance, la croissance, la reproduction et la mort sont les étapes transcendantales de l’existence humaine. Chaque groupe et chaque culture les célèbrent selon leur conception particulière du monde qui les entoure.

Au Mexique, le premier et le deux novembre se commémorent comme les « jours des morts », célébration qui constitue un événement de première importance dans le calendrier social, agricole et religieux.

La coutume de faire des offrandes aux morts est un exemple du creuset de races du Mexique moderne. Surtout pour les communautés autochtones et rurales, le mort est un être dont les besoins fondamentaux doivent être satisfaits par des offrandes, une coutume préhispanique qui se perpétue dans la tradition d’aujourd’hui. D’autre part, il est nécessaire de l’aider à « bien mourir » au moyen des services et prières prescrits par la tradition catholique.

Dans une telle perspective, la coutume très particulière de faire des offrandes aux morts revê Pour en lire plus
La naissance, la croissance, la reproduction et la mort sont les étapes transcendantales de l’existence humaine. Chaque groupe et chaque culture les célèbrent selon leur conception particulière du monde qui les entoure.

Au Mexique, le premier et le deux novembre se commémorent comme les « jours des morts », célébration qui constitue un événement de première importance dans le calendrier social, agricole et religieux.

La coutume de faire des offrandes aux morts est un exemple du creuset de races du Mexique moderne. Surtout pour les communautés autochtones et rurales, le mort est un être dont les besoins fondamentaux doivent être satisfaits par des offrandes, une coutume préhispanique qui se perpétue dans la tradition d’aujourd’hui. D’autre part, il est nécessaire de l’aider à « bien mourir » au moyen des services et prières prescrits par la tradition catholique.

Dans une telle perspective, la coutume très particulière de faire des offrandes aux morts revêt une grande importance puisque, ironiquement, c’est à travers le culte des morts que se renforcent les liens de parenté, les échanges économiques, l’unité et l’identité, à l’échelle non seulement de la famille et de la localité, mais aussi de la culture nationale.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

La conquête de la région d’Oaxaca se fit d’une manière relativement pacifique, à cause des alliances formées par les autochtones avec les Espagnols en vue de vaincre leurs oppresseurs aztèques.

En 1529, Hernán Cortés fut nommé marquis de la vallée d’Oaxaca. Pour protéger ses domaines contre les colons espagnols, Cortés conféra le statut de ville à l’ancienne garnison des troupes aztèques dans la région, nommée Huaxyácac en langue aztèque.

Oaxaca, appelée Antequera pendant les temps coloniaux, fut peuplée par les mêmes groupes autochtones qui habitaient dans la vallée, les Zapotèques, les Mixtèques et les Aztèques, qui opposaient une image cristallisée de leur identité au nouvel ordre de vie qu’on leur imposait.

Le 25 avril 1532, la Couronne espagnole reconnut officiellement la ville d’Oaxaca, qui en très peu de temps acquit une grande importance à cause de sa position stratégique à mi-chemin ent Pour en lire plus
La conquête de la région d’Oaxaca se fit d’une manière relativement pacifique, à cause des alliances formées par les autochtones avec les Espagnols en vue de vaincre leurs oppresseurs aztèques.

En 1529, Hernán Cortés fut nommé marquis de la vallée d’Oaxaca. Pour protéger ses domaines contre les colons espagnols, Cortés conféra le statut de ville à l’ancienne garnison des troupes aztèques dans la région, nommée Huaxyácac en langue aztèque.

Oaxaca, appelée Antequera pendant les temps coloniaux, fut peuplée par les mêmes groupes autochtones qui habitaient dans la vallée, les Zapotèques, les Mixtèques et les Aztèques, qui opposaient une image cristallisée de leur identité au nouvel ordre de vie qu’on leur imposait.

Le 25 avril 1532, la Couronne espagnole reconnut officiellement la ville d’Oaxaca, qui en très peu de temps acquit une grande importance à cause de sa position stratégique à mi-chemin entre les villes de Puebla et de Guatemala.

L’évangélisation de la région fut l’oeuvre des Dominicains, qui y arrivèrent en 1529. Il en résulta un syncrétisme religieux, c’est-à-dire une combinaison des croyances et des coutumes préhispaniques et catholiques. La notion d’une autre vie dans l’au-delà fut assimilée par les traditions autochtones, mais sous une forme conceptuelle modifiée.

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À partir du XVIe siècle, les sources écrites nous ont fourni des données importantes sur les traditions funéraires des anciens Mexicains, de même que sur leurs croyances à propos de la mort.

Les corps qu’ils enterraient appartenaient aux personnes qui avaient eu une mort sacrée. C’était le cas de ceux qui, élus par le dieu de la pluie, Tláloc, avaient péri à cause d’une maladie liée à l’eau (la goutte, la lèpre, le rhumatisme), ou encore noyés ou frappés par la foudre. Ils allaient jouir d’une vie comblée de plaisirs à Tlalocan, lieu de fertilité et d’abondance. Le Chichihualcuauhco était l’endroit sacré où se trouvait un arbre avec des fruits en forme de seins féminins pour nourrir les enfants morts avant d’être sevrés. On enterrait ces enfants en face du grenier de la maison.

Les guerriers morts au combat et les femmes qui avaient perdu la vie lors de leur premier accouchement étaient les serviteurs du Soleil Pour en lire plus
À partir du XVIe siècle, les sources écrites nous ont fourni des données importantes sur les traditions funéraires des anciens Mexicains, de même que sur leurs croyances à propos de la mort.

Les corps qu’ils enterraient appartenaient aux personnes qui avaient eu une mort sacrée. C’était le cas de ceux qui, élus par le dieu de la pluie, Tláloc, avaient péri à cause d’une maladie liée à l’eau (la goutte, la lèpre, le rhumatisme), ou encore noyés ou frappés par la foudre. Ils allaient jouir d’une vie comblée de plaisirs à Tlalocan, lieu de fertilité et d’abondance. Le Chichihualcuauhco était l’endroit sacré où se trouvait un arbre avec des fruits en forme de seins féminins pour nourrir les enfants morts avant d’être sevrés. On enterrait ces enfants en face du grenier de la maison.

Les guerriers morts au combat et les femmes qui avaient perdu la vie lors de leur premier accouchement étaient les serviteurs du Soleil. Chaque matin, les guerriers le recevaient et l’accompagnaient sur son trajet vers le zénith ; après quoi ils le confiaient aux femmes mortes pendant l’accouchement, qui l’accompagnaient à travers le ciel jusqu’à son coucher et son passage au monde d’en bas. Après quatre années d’une telle existence, ces êtres étaient transformés en colibris ou papillons.

Une autre forme de traitement des morts était la crémation, qu’on appliquait aux personnes décédées d’une maladie ou de mort naturelle sans avoir été élus par les dieux.

La crémation avait lieu quatre jours après le décès. Le mort commençait ensuite un voyage périlleux de quatre ans vers Mictlán, situé dans la neuvième couche sous la terre, au bout du monde souterrain. À la fin du voyage, il devait traverser une rivière à l’aide d’un chien, et il se présentait alors devant Mictlantecuhtli, seigneur des enfers. Selon certaines sources, ces âmes avaient la responsabilité d’accompagner le Soleil pendant son voyage nocturne à travers le monde souterrain.

À côté de tous les cadavres, on déposait des aliments et des boissons, des objets quotidiens et rituels, et un chien sacrifié. Les objets étaient offerts au mort par des membres de la famille pour l’aider à faire face aux risques auxquels il s’exposait après la mort corporelle. Les anciens Mexicains croyaient que toutes les choses qui nous entourent possédaient une essence, et que cette essence invisible était ce qui maintenait en vie le coeur du défunt.

Dans le calendrier des Mexica (les anciens habitants de Mexico, c’est-à-dire les Aztèques), il y avait deux mois dédiés aux célébrations des morts. Il y avait d’abord le neuvième mois, pour célébrer les enfants morts, puis le dixième mois, consacré aux morts adultes, grande célébration des morts, occasion du sacrifice de nombreux hommes dans une ambiance très solennelle. Ce n’était que pendant ces célébrations que les morts revenaient à la terre et récupéraient leurs nécessités vitales, et que par conséquent ils avaient besoin des provisions qu’on leur offrait.

L’introduction du catholicisme modifia le parcours de l’âme immortelle des défunts pour le diriger vers deux destinations possibles : le Ciel ou l’Enfer. De cette façon on arrivait à une appréciation différente de la mort, puisque l’aspect le plus important était la façon dont la personne avait vécu. La terreur de la mort et de l’Enfer étaient des éléments fondamentaux de la nouvelle religion qui imposa ces vestiges de la doctrine médiévale.

Si les ordres religieux présentèrent au Nouveau Monde l’horreur de mourir sans avoir mérité le Ciel, les soldats et les civils conservèrent la coutume de la danse, de la musique et des feux d’artifice dans les funérailles d’enfants qui, à leur avis, allaient directement au Ciel puisqu’ils étaient sans péché. Jusqu’à nos jours, on dit au revoir aux « petits anges » avec un sentiment de joie, tandis qu’on pleure la mort des adultes.

La fusion de traits culturels autochtones et espagnols a donné lieu à un nouveau culte et à des cérémonies mortuaires nouvelles, par lesquels l’Église commémore tous ceux qui se trouvaient sur le chemin du salut. De ce processus syncrétique sont nées les célébrations des morts telles qu’on les connaît aujourd’hui.

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L'évangélisation d'Oaxaca

L'évangélisation d'Oaxaca.

INAH

MEXIQUE
© INAH


« Ce que les anciens habitants et dirigeants de cette terre ont dit, c’est que les âmes des défunts qui allaient aux enfers appartenaient aux personnes mortes d’une maladie. »

« Après avoir préparé et enveloppé le cadavre dans un linceul, ils tuaient son chien et amenaient les deux à un endroit où il les incinéraient ensemble. »

« Au bout de quatre ans, les obsèques étaient achevées et accomplies, selon leur coutume... »

« ...après, le défunt part et il passe par les neuf enfers où il traverse une rivière très large appelée Chiconahuapan. Là-bas, des chiens vivent et courent sur les berges de la rivière que traversent les défunts montés sur les petits chiens. »

« Ils racontent que, arrivé au bord de la rivière, le défunt regarde d’abord son chien. Si celui-ci reconnaît son maître, il se jette tout de suite à l’eau et nage vers lui, puis lui fait traverser Pour en lire plus
« Ce que les anciens habitants et dirigeants de cette terre ont dit, c’est que les âmes des défunts qui allaient aux enfers appartenaient aux personnes mortes d’une maladie. »

« Après avoir préparé et enveloppé le cadavre dans un linceul, ils tuaient son chien et amenaient les deux à un endroit où il les incinéraient ensemble. »

« Au bout de quatre ans, les obsèques étaient achevées et accomplies, selon leur coutume... »

« ...après, le défunt part et il passe par les neuf enfers où il traverse une rivière très large appelée Chiconahuapan. Là-bas, des chiens vivent et courent sur les berges de la rivière que traversent les défunts montés sur les petits chiens. »

« Ils racontent que, arrivé au bord de la rivière, le défunt regarde d’abord son chien. Si celui-ci reconnaît son maître, il se jette tout de suite à l’eau et nage vers lui, puis lui fait traverser la rivière sur son dos. »

« ...Seul le chien au poil vermeil pouvait faire passer les défunts sur son dos sans problème, dans cet endroit du neuvième enfer où aboutissaient et périssaient les défunts. »

Frère Bernardino de Sahagún

Codex de Florence, XVIe siècle

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Selon diverses sources, les anciens Celtes divisaient l’année en quatre trimestres qui débutaient aux dates suivantes : le premier novembre, le premier février, le premier mai et le premier août. Ces dates marquaient les jours où il fallait honorer ses engagements financiers. On considérait que la veille de ces dates était une nuit de sorcières par excellence, et le premier novembre conserve cette connotation même jusqu’à nos jours dans le nord de l’Europe occidentale. La forme anglaise médiévale de cette fête s’appelait « Allhallows Eve » (veille de la Toussaint).

Selon la tradition, cette fête marquait la fin de l’été et le début du nouvel an. On allumait des feux dehors pour chasser les mauvais esprits, et c’était le moment de renouveler les lois et les engagements sociaux. Déjà à cette époque, on connaissait l’image du crâne taillé dans un navet.

(L’anthropologue León Ferrer, 1991)

Depuis le IXe siècle, Pour en lire plus
Selon diverses sources, les anciens Celtes divisaient l’année en quatre trimestres qui débutaient aux dates suivantes : le premier novembre, le premier février, le premier mai et le premier août. Ces dates marquaient les jours où il fallait honorer ses engagements financiers. On considérait que la veille de ces dates était une nuit de sorcières par excellence, et le premier novembre conserve cette connotation même jusqu’à nos jours dans le nord de l’Europe occidentale. La forme anglaise médiévale de cette fête s’appelait « Allhallows Eve » (veille de la Toussaint).

Selon la tradition, cette fête marquait la fin de l’été et le début du nouvel an. On allumait des feux dehors pour chasser les mauvais esprits, et c’était le moment de renouveler les lois et les engagements sociaux. Déjà à cette époque, on connaissait l’image du crâne taillé dans un navet.

(L’anthropologue León Ferrer, 1991)

Depuis le IXe siècle, on commémorait la fête des Fidèles défunts dans certains monastères européens. Au XIIe siècle, Saint Odilon abbé l’établit comme commémoration officielle au monastère de Cluny. On raconte qu’un des religieux du monastère entendit les cris de rage lancés par les démons quand les prières des religieux leur arrachaient les âmes des défunts qu’ils torturaient. En conséquence, Saint Odilon ordonna que, dans tous les monastères sous sa juridiction, on commémore le 2 novembre comme la fête des Fidèles défunts et qu’on dise des messes pour tous ceux qui étaient morts depuis le début du monde. Plus tard, les Dominicains du monastère de Valence se virent obligés de dire trois messes pour cette commémoration, afin de satisfaire toutes les demandes d’aide pour les âmes du purgatoire formulées par les membres de leurs familles, coutume qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours.

(José María Bradomín, 1984)

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • découvrir la culture et les traditions de l’état d’Oaxaca, au Mexique ;
  • faire ressortir la succession des cultures qui se chevauchent dans le temps et l’espace ;
  • à l’aide d’exemples tirés de la culture mexicaine, examiner l’influence du colonialisme sur les peuples autochtones et les cultures traditionnelles.

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