« Mais à quoi ressemblait donc le soleil avant d'apparaître ? » [traduction]

Walter de la Mare

À l'origine, les premiers disciples de Jésus ont vu en Lui la gloire du peuple d'Israël; de même, l'Église primitive a perçu en Lui la lumière de la révélation attendue depuis longtemps par nombre de cultures païennes. Les penseurs chrétiens ont puisé dans la riche civilisation gréco-romaine un vaste éventail de symboles et d'idées qui annonçaient le Christ parmi les Gentils. Bien qu'il leur ait été impossible de le savoir à l'époque, les théologiens qui ont tenté de concilier leur croyance et les idées de leur temps ont amorcé le dialogue entre ce qui deviendrait les deux axes centraux de la civilisation occidentale, à savoir la culture gréco-romaine et la foi chrétienne.
« Mais à quoi ressemblait donc le soleil avant d'apparaître ? » [traduction]

Walter de la Mare

À l'origine, les premiers disciples de Jésus ont vu en Lui la gloire du peuple d'Israël; de même, l'Église primitive a perçu en Lui la lumière de la révélation attendue depuis longtemps par nombre de cultures païennes. Les penseurs chrétiens ont puisé dans la riche civilisation gréco-romaine un vaste éventail de symboles et d'idées qui annonçaient le Christ parmi les Gentils. Bien qu'il leur ait été impossible de le savoir à l'époque, les théologiens qui ont tenté de concilier leur croyance et les idées de leur temps ont amorcé le dialogue entre ce qui deviendrait les deux axes centraux de la civilisation occidentale, à savoir la culture gréco-romaine et la foi chrétienne.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Discours de saint Paul devant l'Aréopage

Saint Paul (décédé v. 65), appelé l'« apôtre des Gentils », a mené sa mission avec vigueur. Sa rencontre du Christ lui avait fait retrouver le sens de la vie et il se sentait un devoir de partager cette découverte avec les autres.

T. Shilippoteaux
19e siècle
Gravure
PMA:J99.1968.
© The Provincial Museum of Alberta.


« Il fallait donc que le bienheureux Job, qui annonçait le plus grand des mystères, l’Incarnation, figurât par sa vie celui qu’il décrivait par ses paroles; qu’il montrât par ce qu’il endurait ce que le Christ souffrirait…»

Grégoire le Grand, Morales sur Job, Préface, VI, 14

L’espoir et la prophétie messianiques ont été des traits distinctifs de la foi juive mais n’étaient nullement l’apanage de la communauté israélite. La Bible hébraïque parle de Job, de Jethro (beau-père de Moïse) et du prophète Balaam qui n’étaient pas des Juifs mais à qui le mystère divin avait été révélé. Pour l’Église primitive, ces « saints parmi les Gentils » annonçaient déjà le Christ, à l’instar des rois, des prophètes et des prêtres juifs. La remarquable histoire de Job, le juste affligé de souffrances inimaginables qui metta Pour en lire plus
« Il fallait donc que le bienheureux Job, qui annonçait le plus grand des mystères, l’Incarnation, figurât par sa vie celui qu’il décrivait par ses paroles; qu’il montrât par ce qu’il endurait ce que le Christ souffrirait…»

Grégoire le Grand, Morales sur Job, Préface, VI, 14

L’espoir et la prophétie messianiques ont été des traits distinctifs de la foi juive mais n’étaient nullement l’apanage de la communauté israélite. La Bible hébraïque parle de Job, de Jethro (beau-père de Moïse) et du prophète Balaam qui n’étaient pas des Juifs mais à qui le mystère divin avait été révélé. Pour l’Église primitive, ces « saints parmi les Gentils » annonçaient déjà le Christ, à l’instar des rois, des prophètes et des prêtres juifs. La remarquable histoire de Job, le juste affligé de souffrances inimaginables qui mettaient à l’épreuve sa foi en Dieu, était porteuse d’un message particulier pour des théologiens chrétiens comme saint Jérôme (v. 342-420), saint Augustin (354-430) et Grégoire le Grand (v. 540-604). Homme saint et juste, modèle de patience chrétienne dans la souffrance et annonciateur des terribles souffrances qui accableraient Jésus, Job a été perçu comme la figure emblématique de la présence de Dieu dans la communauté préchrétienne des Gentils.

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La prophétie de Balaam

Une des quatre bénédictions du peuple d'Israël proférées par Balaam a été interprétée par les chrétiens comme prophétisant la venue du Messie : « Je le vois - mais non pour maintenant, je l'aperçois - mais non de près. Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d'Israël. » (Nb 24, 17)

The Provincial Museum of Alberta
19e siècle
Gravure
PMA:J99.1964.
© Collection The Provincial Museum of Alberta.


« La Vierge nous revient … et le ciel nous envoie une race nouvelle… un enfant près de naître qui doit l’âge de fer changer en âge d’or… »

Virgile, IVe Bucolique, 6-9

Peu d’œuvres littéraires ou de discours philosophiques auraient pu offrir à l’Église une vision prémonitoire plus explicite de la vie de Jésus que la IVe Bucolique - communément appelée la Bucolique messianique - du poète romain Virgile. Dans ce remarquable ouvrage (écrit en fait pour célébrer l’empereur Auguste), Virgile parle de la naissance d’un « rejeton des dieux » et du rétablissement du monde. La venue de cet enfant mettrait fin à l’âge de fer pour l’humanité et ouvrirait la voie à un âge d’or dans lequel « s’il subsiste encore des traces de nos crimes, la terreur jamais plus n’accablera le monde » et où « tout sol produira tout ». Il é Pour en lire plus
« La Vierge nous revient … et le ciel nous envoie une race nouvelle… un enfant près de naître qui doit l’âge de fer changer en âge d’or… »

Virgile, IVe Bucolique, 6-9

Peu d’œuvres littéraires ou de discours philosophiques auraient pu offrir à l’Église une vision prémonitoire plus explicite de la vie de Jésus que la IVe Bucolique - communément appelée la Bucolique messianique - du poète romain Virgile. Dans ce remarquable ouvrage (écrit en fait pour célébrer l’empereur Auguste), Virgile parle de la naissance d’un « rejeton des dieux » et du rétablissement du monde. La venue de cet enfant mettrait fin à l’âge de fer pour l’humanité et ouvrirait la voie à un âge d’or dans lequel « s’il subsiste encore des traces de nos crimes, la terreur jamais plus n’accablera le monde » et où « tout sol produira tout ». Il était aussi question de la venue d’une Vierge, de l’écrasement du serpent et de l’abolition de l’antique fléau de la méchanceté inhérente à la nature humaine. Il n’est peut-être pas surprenant, donc, que Dante, plus de mille ans plus tard, ait dit de Virgile, son père spirituel et littéraire : « Par toi je fus poète, par toi chrétien. »

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Dante et Virgile parmi les Avares

Virgile, représentant la raison naturelle, guide Dante dans les régions les plus profondes de l'enfer pour lui montrer que la Rédemption est nécessaire.

Gustave Doré
vers 1868
Gravure
PMA:J99.1703
© Provincial Museum of Alberta


« Puis la déesse Circé dit : D’abord se présentent sur ta route les Sirènes, ces enchanteresses qui fascinent tous les hommes venus près de leur bord.

Malheur à l’imprudent qui s’arrête et qui écoute leurs chants […] Les Sirènes… captivent les mortels par la douce harmonie de leurs voix…

Toi, il t’est permis d’écouter ces chants, pourvu qu’on t’enchaîne… Au mât de ton navire ailé, pour jouir sans péril de ces voix mélodieuses. » - Homère, Odyssée, Chant XII, 56-84 passim

Homère, Odyssée, Chant XII, 56-84 passim

Parmi les nombreuses affinités que Clément d’Alexandrie (v. 150-v. 215) a explorées entre symbolisme païen et symbolisme chrétien, il y en a une qui r Pour en lire plus
« Puis la déesse Circé dit : D’abord se présentent sur ta route les Sirènes, ces enchanteresses qui fascinent tous les hommes venus près de leur bord.

Malheur à l’imprudent qui s’arrête et qui écoute leurs chants […] Les Sirènes… captivent les mortels par la douce harmonie de leurs voix…

Toi, il t’est permis d’écouter ces chants, pourvu qu’on t’enchaîne… Au mât de ton navire ailé, pour jouir sans péril de ces voix mélodieuses. » - Homère, Odyssée, Chant XII, 56-84 passim

Homère, Odyssée, Chant XII, 56-84 passim

Parmi les nombreuses affinités que Clément d’Alexandrie (v. 150-v. 215) a explorées entre symbolisme païen et symbolisme chrétien, il y en a une qui revêtait un intérêt spécial aux yeux des peuples marins du bassin méditerranéen, à savoir l’image d’Ulysse enchaîné au mât de son navire dans l’Odyssée d’Homère. Craignant d’être tenté par les sirènes, créatures mythiques dont les chants séducteurs menaient les marins à leur mort, Ulysse ordonne à ses hommes de se boucher les oreilles avec de la cire et de l’attacher au mât du navire. Selon les interprétations chrétiennes de ce mythe, Ulysse est un « type » ou une préfiguration du Christ et le mât est perçu comme une préfiguration de la croix. Comme Ulysse avait réussi à éviter tous les périls que courait son navire, ainsi Jésus conduit le navire de l’Église au travers de l’étroit passage séparant le péché de l’erreur. Et comme un mât avait permis à un navire de triompher des formidables orages de la mer, la croix - et tout ce qu’elle représentait - permettait à l’Église de sortir victorieuse de la bataille contre tous les vices et dépravations de ce monde.

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Ulysse attaché au mât

Pour Clément d'Alexandrie, la représentation d'Ulysse attaché au mât est une préfiguration du Christ cloué sur la croix.

The Provincial Museum of Alberta

Peinture sur vase grec
PMA:J99.1702
© The Provincial Museum of Alberta


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • identifier les prèsences pré-chrétienne de Dieu parmi les Gentils à l’aide d’exemples ;
  • identifier les prémonitions du Christ dans la littérature païenne à l’aide d’exemples.

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