« Polycarpe, évêque de Smyrne (décédé vers 155) est arrêté au cours d’un festival public et ses accusateurs lui demandent : " Quel mal y a-t-il à dire ’César est le Seigneur’ et à offrir de l’encens si c’est pour sauver ta vie ? " Et Polycarpe, qui est mort au bûcher à cause de sa foi, leur répond : " Pendant quatre-vingt-six ans, j’ai été le serviteur [de Jésus-Christ], et il ne m’a jamais fait aucun mal. Alors comment puis-je blasphémer mon Roi qui m’a sauvé " ? »

Le martyre de Polycarpe

Quand Ponce Pilate demande à Jésus s’il est roi, il lui pose une question qui a nourri la réflexion des penseurs chrétiens et non chrétiens depuis le Ier siècle. Le Christ est-il roi ? S’il l’est, sur quel royaume exerce-t-il sa royauté ? La pertinence de ces questions avait quelque chose de déchirant dans le contexte de l’Empire romain où Pour en lire plus
« Polycarpe, évêque de Smyrne (décédé vers 155) est arrêté au cours d’un festival public et ses accusateurs lui demandent : " Quel mal y a-t-il à dire ’César est le Seigneur’ et à offrir de l’encens si c’est pour sauver ta vie ? " Et Polycarpe, qui est mort au bûcher à cause de sa foi, leur répond : " Pendant quatre-vingt-six ans, j’ai été le serviteur [de Jésus-Christ], et il ne m’a jamais fait aucun mal. Alors comment puis-je blasphémer mon Roi qui m’a sauvé " ? »

Le martyre de Polycarpe

Quand Ponce Pilate demande à Jésus s’il est roi, il lui pose une question qui a nourri la réflexion des penseurs chrétiens et non chrétiens depuis le Ier siècle. Le Christ est-il roi ? S’il l’est, sur quel royaume exerce-t-il sa royauté ? La pertinence de ces questions avait quelque chose de déchirant dans le contexte de l’Empire romain où les rapports entre foi et pouvoir avaient constamment à être renégociés. Après le déclin de cet empire, de très nombreux auteurs se sont posé la question de la royauté du Christ, aboutissant à diverses positions philosophiques - souvent contradictoires - sur les implications politiques de la vie et des enseignements de Jésus. Les questions que soulèvent la royauté de Jésus ont suscité de houleux débats et fait couler beaucoup de sang, sans qu’une solution définitive ne paraisse imminente, voire possible. Reste donc à revenir - et à revenir sans cesse - à la question que le procureur romain à posée à un paysan galiléen il y a deux mille ans : « Tu es donc roi ? »

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Le Christ roi

Cette sculpture capte de façon saisissante les aspects ironiques de la royauté du Christ : alors que le visage de Jésus est celui de l'homme des douleurs, sa couronne d'épines s'est transformée en couronne royale.

Jean Julien Bourgault (1897-1967)
vers 1968
Sculpture
PMA:J99.1516
© Collection Musée de la civilisation, dépôt du Séminaire de Québec


« … je suis crucifié avec le Christ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. »

Ga 2, 19-20.

À qui les chrétiens doivent-ils allégeance, au Christ ou à César ? La façon dont les membres de la communauté ecclésiale primitive répondaient à cette question fondamentale déterminait s’ils restaient en vie ou étaient envoyés à la mort. L’histoire des premiers chrétiens baigne dans une rivière de sang, le sang des martyrs qui refusaient de rejeter le Christ roi et de se soumettre à César, l’empereur. La liste de ces martyrs est longue. Mentionnons le noble évêque Polycarpe (v. 69-v. 155), incapable de maudire le Sauveur à qui il devait le salut; les saintes Perpétue (203) et Félicité (203), qui se sont donné un dernier chaste baiser avant d’être sauvagement livrées aux bêtes dans l’arène; et Blandine (177), l’intrépide esclave, qui oppos Pour en lire plus
« … je suis crucifié avec le Christ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. »

Ga 2, 19-20.

À qui les chrétiens doivent-ils allégeance, au Christ ou à César ? La façon dont les membres de la communauté ecclésiale primitive répondaient à cette question fondamentale déterminait s’ils restaient en vie ou étaient envoyés à la mort. L’histoire des premiers chrétiens baigne dans une rivière de sang, le sang des martyrs qui refusaient de rejeter le Christ roi et de se soumettre à César, l’empereur. La liste de ces martyrs est longue. Mentionnons le noble évêque Polycarpe (v. 69-v. 155), incapable de maudire le Sauveur à qui il devait le salut; les saintes Perpétue (203) et Félicité (203), qui se sont donné un dernier chaste baiser avant d’être sauvagement livrées aux bêtes dans l’arène; et Blandine (177), l’intrépide esclave, qui opposa une résistance presque surhumaine à ses tortionnaires au point de les épuiser. Pendant près de trois cents ans après la crucifixion de Jésus, les chrétiens ont dû professer leur foi en en assumant toutes les conséquences existentielles, répondant à des questions qui déterminaient non seulement la façon dont ils vivaient mais, dans bien des cas, celle dont ils mouraient.

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L'Homme des Douleurs

L'image de Jésus comme « Roi de Gloire », le roi au-dessus de tous les rois temporels, a inspiré un grand nombre de chrétiens des premiers temps qui y ont trouvé la force de demeurer inébranlables dans leur foi, en dépit des persécutions politiques et du martyre.

The Provincial Museum of Alberta

Lithographie
PMA:J99.1933
© The Provincial Museum of Alberta.


Couronnes de mariage

Les martyrs chrétiens témoignent d'une vie remplie de grâce; ils ont préféré la couronne du martyre au reniement de cette grâce. Pour les chrétiens orthodoxes roumains qui ont réalisé ces couronnes de mariage, le saint mariage est une sorte de martyre : la mort du moi qui donne naissance à une nouvelle vie de partage total avec la personne aimée.

The Provincial Museum of Alberta.

PMA.J99.1970.
© The Provincial Museum of Alberta


« Tu vaincras par ce signe ! »

Eusèbe, Vie de Constantin

À la veille de la bataille du pont Milvius, en 312, l’empereur romain Constantin Ier déclare avoir eu une vision - une croix de lumière resplendissant dans les cieux au-dessus du soleil, portant l’inscription « Tu vaincras par ce signe » ! C’est ainsi que l’éblouissante vision spirituelle de l’empereur - dont la sincérité est mise en doute par de nombreux chercheurs - remit en fait l’Empire romain entre les mains du Christ. Un des grands empires du monde aurait pour maître un roi crucifié couronné d’épines et trônant sur un arbre. Pourtant, Constantin et le monde romain sur lequel il régnait ne sont jamais totalement devenus un empire chrétien. Les anciens vices ont persisté, des sénateurs païens continuant à détenir un vaste pouvoir politique et les symboles et rites païens demeurant partout apparents - même dans la grande ville de Constantinople el Pour en lire plus
« Tu vaincras par ce signe ! »

Eusèbe, Vie de Constantin

À la veille de la bataille du pont Milvius, en 312, l’empereur romain Constantin Ier déclare avoir eu une vision - une croix de lumière resplendissant dans les cieux au-dessus du soleil, portant l’inscription « Tu vaincras par ce signe » ! C’est ainsi que l’éblouissante vision spirituelle de l’empereur - dont la sincérité est mise en doute par de nombreux chercheurs - remit en fait l’Empire romain entre les mains du Christ. Un des grands empires du monde aurait pour maître un roi crucifié couronné d’épines et trônant sur un arbre. Pourtant, Constantin et le monde romain sur lequel il régnait ne sont jamais totalement devenus un empire chrétien. Les anciens vices ont persisté, des sénateurs païens continuant à détenir un vaste pouvoir politique et les symboles et rites païens demeurant partout apparents - même dans la grande ville de Constantinople elle-même. La royauté chrétienne était pleine de contradictions et de paradoxes, mais aucune n’était plus gênante que celle-ci : le Serviteur souffrant était monté sur le trône du pouvoir royal.

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La Vision de la croix de Constantin

Les immenses fresques de Raphaël expriment clairement les entreprises politiques et philosophiques de la papauté de son époque aussi bien que l'histoire de la vision de la Croix par Constantin avant la bataille du pont Milvius.

Raphaël et Giulio Romano (1483-1520 and c.1499-1546)
vers 1509-1510
Fresque, Vatican.
PMA:J99.1694
© The Provincial Museum of Alberta


« Tels orphelins, Seigneur, ne me font point pitié:
Il faut de celui-ci conserver l’amitié,
Ou s’efforcer de le détruire,
Avant que la griffe et la dent
Lui soit crue, et qu’il soit en état de nous nuire. »

Jean de la Fontaine, Les Fables, Le lion

Attendue par tout un royaume, la naissance de Louis Dieu-Donné, futur roi de France, le 15 septembre 1638, exauçait la totalité des prières des fidèles. Cette naissance, plus de 20 ans après le mariage de Louis XIII à Anne d’Autriche, avait été prédite par sœur Marguerite du Saint-Sacrement, une carmélite de Beaune. Dans les couvents, le culte de l’Enfant-Jésus représenté en petit roi couronné, sceptre en ma Pour en lire plus
« Tels orphelins, Seigneur, ne me font point pitié:
Il faut de celui-ci conserver l’amitié,
Ou s’efforcer de le détruire,
Avant que la griffe et la dent
Lui soit crue, et qu’il soit en état de nous nuire. »

Jean de la Fontaine, Les Fables, Le lion

Attendue par tout un royaume, la naissance de Louis Dieu-Donné, futur roi de France, le 15 septembre 1638, exauçait la totalité des prières des fidèles. Cette naissance, plus de 20 ans après le mariage de Louis XIII à Anne d’Autriche, avait été prédite par sœur Marguerite du Saint-Sacrement, une carmélite de Beaune. Dans les couvents, le culte de l’Enfant-Jésus représenté en petit roi couronné, sceptre en main et reposant dans les bras de sa Sainte Mère, prit son essor. Ainsi, le futur roi, très tôt orphelin, destiné à un règne glorieux, était reconnu comme une concrétisation du pouvoir divin, comme représentant de Dieu sur terre.

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Vierge à l'enfant

À l'instar de nombreuses représentations de Louis XIV, le Roi-Soleil, la représentation de la Vierge et de l'Enfant de François-Noël Levasseur irradie une brillante luminosité.

François-Noël Levasseur (1703-1794)
vers 1775
Sculpture
PMA:J99.1521
© Musée du Quebec


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • décrire les difficultés des Chrétiens durant les premiers siècles après la crucifixion du Christ ;
  • discuter le concept du Christ étant un roi.

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