« Rien dans sa vie ne l’honore plus que la façon dont il l’a quittée. »

William Shakespeare, Macbeth

De toutes les images qui sollicitent et déroutent l’imagination occidentale, il n’y en a pas de plus puissante que celle du Christ crucifié. Le fait cru et brutal de sa mort éveille encore en nous des imges d’horreur : clous plantés dans les poignets et les pieds, couronne d’épines blessant le front, côté transpercé et saignant, nudité, moquerie des badauds. Cette image - d’une inhumanité incommensurable, l’image d’un Dieu souffrant et mourant par amour pour l’humanité - a captivé l’esprit médiéval, lui fournissant un trésor de sens symboliques. Pour les théologiens et aussi pour les gens ordinaires du Moyen-Âge, la croix était le symbole de la terrible puissance de Dieu, de la victoire de Dieu sur la mort et le mal. Elle était aussi l’image de la sagesse, de la charité et de la patience Pour en lire plus
« Rien dans sa vie ne l’honore plus que la façon dont il l’a quittée. »

William Shakespeare, Macbeth

De toutes les images qui sollicitent et déroutent l’imagination occidentale, il n’y en a pas de plus puissante que celle du Christ crucifié. Le fait cru et brutal de sa mort éveille encore en nous des imges d’horreur : clous plantés dans les poignets et les pieds, couronne d’épines blessant le front, côté transpercé et saignant, nudité, moquerie des badauds. Cette image - d’une inhumanité incommensurable, l’image d’un Dieu souffrant et mourant par amour pour l’humanité - a captivé l’esprit médiéval, lui fournissant un trésor de sens symboliques. Pour les théologiens et aussi pour les gens ordinaires du Moyen-Âge, la croix était le symbole de la terrible puissance de Dieu, de la victoire de Dieu sur la mort et le mal. Elle était aussi l’image de la sagesse, de la charité et de la patience de Dieu qui a accepté de souffrir entre les mains de ceux qu’il était venu racheter. Par-dessus tout, elle était le signe de l’incompréhensible amour de Dieu pour l’humanité.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Mort du Christ sur la croix

Le mouvement frénétique qui anime la peinture de Coypel exprime avec une immédiateté viscérale les terribles bouleversements et les ouragans démolisseurs qui ont accompagné la Crucifixion du Fils de Dieu.

Coypel

Peinture
Acc. No. 96/139. PMA:J99.1634.
© Collection Musée des beaux-arts de l'Ontario


Montage sur la croix

L'incroyable variété d'images cruciformes d'une Église à l'autre, et d'une région à l'autre, manifeste la riche symbolique de la croix chrétienne.

The Provincial Museum of Alberta

Photographie
J99.1969
© The Provincial Museum of Alberta


« Chante, ma langue, la glorieuse bataille, chante la fin du combat. Désormais, au-dessus de la croix, du trophée, sonne haut le lai triomphant; dis comment Christ le rédempteur du monde, victime, a gagné la bataille. »

Venantius Fortunatus, Hymne Pange, lingua

Après la conversion de l’Empire romain à la foi chrétienne en 312 apr. J.-C., le symbolisme théologique de la croix a en quelque sorte épousé la grammaire politique et militaire de Rome. Dans l’Empire récemment christianisé, le signe de la croix a pris les dimensions d’un talisman mystique, irradiant la terrible puissance de Dieu et permettant à ceux qui le possédaient de vaincre des armées par le seul pouvoir spirituel. Le symbole de la croix s’est si profondément imprimé dans l’esprit d’Hélène, mère de Constantin, qu’elle s’est mise à la recherche de la vraie croix, qu’elle aurait retrouvée, selon la tradition. La légende veut que des cl Pour en lire plus
« Chante, ma langue, la glorieuse bataille, chante la fin du combat. Désormais, au-dessus de la croix, du trophée, sonne haut le lai triomphant; dis comment Christ le rédempteur du monde, victime, a gagné la bataille. »

Venantius Fortunatus, Hymne Pange, lingua

Après la conversion de l’Empire romain à la foi chrétienne en 312 apr. J.-C., le symbolisme théologique de la croix a en quelque sorte épousé la grammaire politique et militaire de Rome. Dans l’Empire récemment christianisé, le signe de la croix a pris les dimensions d’un talisman mystique, irradiant la terrible puissance de Dieu et permettant à ceux qui le possédaient de vaincre des armées par le seul pouvoir spirituel. Le symbole de la croix s’est si profondément imprimé dans l’esprit d’Hélène, mère de Constantin, qu’elle s’est mise à la recherche de la vraie croix, qu’elle aurait retrouvée, selon la tradition. La légende veut que des clous de cette croix aient été plantés dans le heaume de Constantin et sur la bride de son cheval, et des morceaux de la croix ont été incrustés dans la statue de Constantin Ier à Constantinople. Ce symbole des allégeances religieuses de l’Empire a exercé un réel pouvoir dans ce monde ; il a agi comme une force capable de mettre les ennemis en déroute et de protéger les villes comme beaucoup de personnes en ont été témoins jusqu’à nos jours.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Vénération de la Croix

Reçue solennellement avec un hymne de louange, la croix a été transportée à l'église du Saint-Sépulcre.

Gustave Doré (1832-1883)
19e siècle
Gravure
PMA:J99.1895
© The Provincial Museum of Alberta


« Par conséquent, dit-il, nous sommes clairement arrivés au Christ que nous confessons être à la fois Dieu et homme, et être mort pour nous. »

Anselme de Cantorbéry, Pourquoi Dieu s’est fait homme

Au Moyen-Âge, le signe de la croix ne symbolisait pas seulement la puissance de Dieu. C’était aussi une image de Sa sagesse. Plus précisément, la croix était perçue comme un symbole de la solution au dilemme divin : comment les humains arriveraient-ils vraiment à expier la désobéissance volontaire à Dieu commise par tant de générations ? Nombre de théologiens médiévaux - et surtout Anselme de Cantorbéry (v. 1033-1109) - se sont penchés sur ce problème. Voici comment Anselme énonce le problème : la justice de Dieu exige une rétribution, mais la miséricorde de Dieu veut la rédemption de l’homme; la première détruirait l’homme, tandis que la dernière saperait les fondements mo Pour en lire plus
« Par conséquent, dit-il, nous sommes clairement arrivés au Christ que nous confessons être à la fois Dieu et homme, et être mort pour nous. »

Anselme de Cantorbéry, Pourquoi Dieu s’est fait homme

Au Moyen-Âge, le signe de la croix ne symbolisait pas seulement la puissance de Dieu. C’était aussi une image de Sa sagesse. Plus précisément, la croix était perçue comme un symbole de la solution au dilemme divin : comment les humains arriveraient-ils vraiment à expier la désobéissance volontaire à Dieu commise par tant de générations ? Nombre de théologiens médiévaux - et surtout Anselme de Cantorbéry (v. 1033-1109) - se sont penchés sur ce problème. Voici comment Anselme énonce le problème : la justice de Dieu exige une rétribution, mais la miséricorde de Dieu veut la rédemption de l’homme; la première détruirait l’homme, tandis que la dernière saperait les fondements moraux de l’univers. Seul un être capable d’expier les péchés des êtres humains en tant qu’homme et dont l’expiation aurait une valeur infinie en tant que Dieu pourrait satisfaire à la fois la justice et la miséricorde divines. Cet être, c’était Jésus-Christ, l’homme, le Dieu, dont les souffrances et la mort avaient racheté les péchés de l’humanité et rétabli l’ordre cosmique.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Crucifixion

La représentation du Christ crucifié entre deux voleurs symbolise deux attitudes humaines contradictoires : la propension à nier, même face à la mort, et l'ouverture à une nouvelle vie au moment de mourir. Le voleur sur la gauche et le voleur sur la droite représentent ces deux attitudes humaines.

Maître de Jativa

Huile sur panneau
Acc. no. 95/146. PMA:J99.1715.
© Collection Musée des beaux-arts de l'Ontario


Couronnement de la Vierge avec saint Anselme et d'autres saints

Ardent défenseur de l'Église et doué d'une intelligence pénétrante, saint Anselme se retrouve en bonne compagnie dans cette peinture : saint Augustin est debout devant lui en face des rois David et Salomon.

Francesco Francia (c. 1450-1517/18)

PMA: J99.1793
© The Provincial Museum of Alberta


« J’attribue la cause de cette floraison stérile à un système d’éducation [des femmes] fondé sur des livres écrits par des hommes qui, attribuant plus volontiers aux femelles de leur espèce le titre de femme que celui d’humain, ont préféré voir en elles des maîtresses séduisantes plutôt que des femmes affectueuses et des mères sensées »

Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la femme

En 1653, Marguerite Bourgeoys, membre de la Congrégation de Notre-Dame de Troyes, s’est embarquée pour la Nouvelle-France pour aller enseigner aux enfants. Plusieurs années auparavant, à l’âge de vingt ans, elle avait eu une vision pendant une procession à Troyes. À partir de ce moment-là, elle savait que, comme la Vierge Marie, elle serait une missionnaire de Jésus. Plus tôt, Jean-Jacques Olier et saint Pierre Fourier avaient établi que l’instruction des femmes était déficiente. Sainte Margue Pour en lire plus
« J’attribue la cause de cette floraison stérile à un système d’éducation [des femmes] fondé sur des livres écrits par des hommes qui, attribuant plus volontiers aux femelles de leur espèce le titre de femme que celui d’humain, ont préféré voir en elles des maîtresses séduisantes plutôt que des femmes affectueuses et des mères sensées »

Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la femme

En 1653, Marguerite Bourgeoys, membre de la Congrégation de Notre-Dame de Troyes, s’est embarquée pour la Nouvelle-France pour aller enseigner aux enfants. Plusieurs années auparavant, à l’âge de vingt ans, elle avait eu une vision pendant une procession à Troyes. À partir de ce moment-là, elle savait que, comme la Vierge Marie, elle serait une missionnaire de Jésus. Plus tôt, Jean-Jacques Olier et saint Pierre Fourier avaient établi que l’instruction des femmes était déficiente. Sainte Marguerite s’est consacrée à l’éducation des jeunes filles parce qu’elle était convaincue que, si l’on ne favorisait pas l’épanouissement de chaque jeune fille, le sang du Christ aurait été répandu en vain et chaque goutte de ce sang aurait comme été versée inutilement.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Sainte Marguerite Bourgeoys

Marguerite Bourgeoys (1620-1700), fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, a été publiquement vénérée comme sainte avant sa mort. Sa vision de l'image de Dieu dans tous les enfants, surtout les petites filles, a contribué à modifier l'image de l'enfant et de la femme en France et au Québec.

Pierre Le Ber
vers 1700
Peinture
© Musée Marguerite-Bourgeoys


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • définir le sens de la croix à travers l’histoire occidentale à l’aide d’exemples.

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