« Ou bien nous servons l’Inconditionnel, ou bien un monstre hitlérien imposera une convention d’airain pour faire le mal. » [traduction]

W. H. Auden, Christmas 1940 (Noël 1940)

L’histoire du monde est remplie d’atrocités perpétrées au nom de Jésus - les Croisades, les pogromes contre les Juifs, le conflit qui déchire actuellement l’Irlande du Nord. Une question surgit alors inévitablement : est-ce bien cela que nous a enseigné le maître de l’amour divin ? Jésus voulait-il que le sang soit répandu ? Les guerres de Religion sanglantes qui ont suivi la Réforme ont posé un grave problème existentiel aux penseurs chrétiens. Alors que ces guerres faisaient rage, aucun des camps ne semblait disposé à faire la moindre concession. Ceux qui se disaient chrétiens mettaient à mort d’autres chrétiens. Jésus est-il venu annoncer un message d’amour ou bien est-il venu apporter un glaive ? En cherchant à donner un sens a Pour en lire plus
« Ou bien nous servons l’Inconditionnel, ou bien un monstre hitlérien imposera une convention d’airain pour faire le mal. » [traduction]

W. H. Auden, Christmas 1940 (Noël 1940)

L’histoire du monde est remplie d’atrocités perpétrées au nom de Jésus - les Croisades, les pogromes contre les Juifs, le conflit qui déchire actuellement l’Irlande du Nord. Une question surgit alors inévitablement : est-ce bien cela que nous a enseigné le maître de l’amour divin ? Jésus voulait-il que le sang soit répandu ? Les guerres de Religion sanglantes qui ont suivi la Réforme ont posé un grave problème existentiel aux penseurs chrétiens. Alors que ces guerres faisaient rage, aucun des camps ne semblait disposé à faire la moindre concession. Ceux qui se disaient chrétiens mettaient à mort d’autres chrétiens. Jésus est-il venu annoncer un message d’amour ou bien est-il venu apporter un glaive ? En cherchant à donner un sens aux atrocités commises au nom des différences ethniques et religieuses au Kosovo, nous reposons la même question : est-ce bien cela que nous a enseigné le Prince des pédagogues ?

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Statue gisante du Christ

Cette statue est une des stations de la Croix qui établit une association mythique entre les souffrances de Jésus et celle du peuple polonais.

Medrek Czeslaw
vers 1992
Relief en céramique
© The Provincial Museum of Alberta


Le père Kolbe

Alors qu'il était emprisonné dans un camp de concentration allemand, le frère franciscain Maksymilian Kolbe a offert sa vie pour celle d'un autre prisonnier condamné à mort. Acceptant cette offre, les Nazis ont laissé Kolbe mourir de faim. L'homme qu'il avait sauvé a survécu à la guerre et Kolbe a été canonisé en 1982.

Czeslaw Medrek
vers 1993
Relief en céramique
PMA:J99.1999.
© The Provincial Museum of Alberta


« Quelle grande ville nous avons livrée au pillage et à la destruction ! » [traduction]

Sultan Mahomet II

En 1453, après des années de conflits haineux entre musulmans et chrétiens, le sultan Mahomet II envahissait Constantinople, l’une des villes les plus sacrées de la chrétienté. Quand ses armées ont réussi à défoncer les murs de la ville, tout un pan de croyances chrétiennes sur la guerre commençait aussi à s’effondrer et à se dissoudre. Il fallut attendre presque 100 ans, mais dans la Confession d’Augsbourg, en 1530, les penseurs chrétiens ont adopté une approche de la guerre totalement opposée à celle qui avait prévalu au temps des Croisades. Les Croisades chrétiennes avaient glorifié l’idée de la guerre menée au nom du Christ; dans la Confession d’Augsbourg les chrétiens qui suivaient Luther affirmaient qu’il fallait distinguer les responsabilités du chrétien et de l’ Pour en lire plus
« Quelle grande ville nous avons livrée au pillage et à la destruction ! » [traduction]

Sultan Mahomet II

En 1453, après des années de conflits haineux entre musulmans et chrétiens, le sultan Mahomet II envahissait Constantinople, l’une des villes les plus sacrées de la chrétienté. Quand ses armées ont réussi à défoncer les murs de la ville, tout un pan de croyances chrétiennes sur la guerre commençait aussi à s’effondrer et à se dissoudre. Il fallut attendre presque 100 ans, mais dans la Confession d’Augsbourg, en 1530, les penseurs chrétiens ont adopté une approche de la guerre totalement opposée à celle qui avait prévalu au temps des Croisades. Les Croisades chrétiennes avaient glorifié l’idée de la guerre menée au nom du Christ; dans la Confession d’Augsbourg les chrétiens qui suivaient Luther affirmaient qu’il fallait distinguer les responsabilités du chrétien et de l’Église de celles du citoyen et de l’État. Les chrétiens pouvaient combattre, mais plus au nom de Jésus, le Prince de la Paix.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Mahomet II devant les murs de Constantinople en 1453

La dimension frénétique de l'image de Doré - le cheval dressé, le fracas des vagues qui se brisent, les navires assiégés - exprime bien la grande importance spirituelle et historique de la conquête de Constantinople par Mahomet en 1453.

Gustave Doré
19e siècle
Gravure
PMA:J99.1897
© Die Kreuzzüge und die Kultur ihrer Zeit (Les croisades dans la culture de leur temps)


« Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre…»

Mt 5, 39

De tous les groupes chrétiens issus de la Réforme dite radicale des XVIe et XVIIe siècles, les anabaptistes ont sans doute été parmi les plus radicaux. Ils affirmaient que les vrais disciples du Christ devaient une obéissance absolue à Dieu, un « abandon » au message et à la volonté du Christ. Pour vivre le commandement de perfection du Christ, selon eux, il fallait absolument rejeter toutes les formes de violence. Il fallait aussi faire en sorte que sa vie imite celle de Jésus dans le menu détail - y compris ses souffrances et sa mort horribles. À partir de 1525, tous les anabaptistes d’Europe ont commencé à être martyrisés pour leur foi. C’était d’une ironie morbide : les groupes du XVIe siècle qui croyaient le plus fermemen Pour en lire plus
« Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre…»

Mt 5, 39

De tous les groupes chrétiens issus de la Réforme dite radicale des XVIe et XVIIe siècles, les anabaptistes ont sans doute été parmi les plus radicaux. Ils affirmaient que les vrais disciples du Christ devaient une obéissance absolue à Dieu, un « abandon » au message et à la volonté du Christ. Pour vivre le commandement de perfection du Christ, selon eux, il fallait absolument rejeter toutes les formes de violence. Il fallait aussi faire en sorte que sa vie imite celle de Jésus dans le menu détail - y compris ses souffrances et sa mort horribles. À partir de 1525, tous les anabaptistes d’Europe ont commencé à être martyrisés pour leur foi. C’était d’une ironie morbide : les groupes du XVIe siècle qui croyaient le plus fermement en la paix ont été ceux qui ont été le plus brutalement persécutés.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Baptême mennonite

Le baptême mennonite était le premier pas sur la voie d'un christianisme radical qui exigeait le renoncement à toutes les valeurs du monde et l'« abandon » à la volonté de Dieu en toutes choses.

Bernard Picard
vers 1723
Gravure
© Collection The Provincial Museum of Alberta


« … il est donc étrange que les hommes, qui sont faits à l'image de Dieu, soient tombés si bas qu'ils préfèrent ressembler à des lions rugissants… et à des sangliers déchaînés, plutôt qu'à des créatures rationnelles douées de raison. » [traduction]

Robert Barclay, Apology (Apologie)

Ayant vu le jour dans le creuset des bouleversements sociaux rapides qui ont caractérisé l'Angleterre du XVIIe siècle, les quakers sont arrivés dans un monde en proie à de féroces polémiques politiques et à la violence. Dans ce lourd contexte politique et social, George Fox (1624-1691), le fondateur et chef charismatique des quakers, affirmait courageusement que la Société des Amis (nom que les quakers portaient à l'époque) ne participerait plus à aucune guerre. Fox voyait dans la guerre un sous-produit de la concupiscence et soutenait que l'utilisation d'armes charnelles dans la poursuite de désirs temporels était un Pour en lire plus
« … il est donc étrange que les hommes, qui sont faits à l'image de Dieu, soient tombés si bas qu'ils préfèrent ressembler à des lions rugissants… et à des sangliers déchaînés, plutôt qu'à des créatures rationnelles douées de raison. » [traduction]

Robert Barclay, Apology (Apologie)

Ayant vu le jour dans le creuset des bouleversements sociaux rapides qui ont caractérisé l'Angleterre du XVIIe siècle, les quakers sont arrivés dans un monde en proie à de féroces polémiques politiques et à la violence. Dans ce lourd contexte politique et social, George Fox (1624-1691), le fondateur et chef charismatique des quakers, affirmait courageusement que la Société des Amis (nom que les quakers portaient à l'époque) ne participerait plus à aucune guerre. Fox voyait dans la guerre un sous-produit de la concupiscence et soutenait que l'utilisation d'armes charnelles dans la poursuite de désirs temporels était un acte contraire à la perfection que le Christ réclamait de ses disciples. L'esprit de pacifisme égalitaire et d'amitié des quakers - qui subsiste encore de nos jours - a été transplanté en Amérique où il a suscité l'établissement de relations d'égal à égal avec les populations autochtones.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Réunion des Amis à Londres vers 1770

Les membres de la Société des Amis se réunissaient pour tenter de préciser ce que pouvait signifier 'vivre dans la perfection du Christ', suivre Jésus sur la voie du pacifisme.

The Provincial Museum of Alberta
vers 1770
Huile
PMA:J99.1845
© The Provincial Museum of Alberta


Réunion des Quakers à Londres : Une femme prend la parole

L'égalité des sexes aux réunions de prière des quakers était célèbre parce que très rare dans les églises au XVIIIe siècle.

Bernard Picard
vers 1723
Gravure
PMA:J99.1988
© The Provincial Museum of Alberta


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • décrire l’attitude du Christianisme envers la guerre avant et après les Croisades, au nom du Christ ;
  • expliquer la théologie des Anabaptistes et des Quakers sur la guerre et la violence.

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