Jacques Perron – Le processus de conception de Défilement

Transcription

J'ai photographié quelqu'un, et puis j'ai mis la diapositive dans un projecteur. Je l'ai projetée très très gros, et j'ai filmé, en vidéo, les deux yeux. Seulement que les yeux, et puis séparés. Jamais les deux ensemble. Séparés, tu sais? Donc là, si c'était gros, c'est-à-dire que le grain de la photo diapositive était déjà éclaté, j'y ajoutais le pixel médium vidéo, tu sais? Ça fait que là, ça c'est un frottement pour moi. C'est une zone d'échange, c'est une matière signifiante là. Rien que là, il se passe quelque chose déjà. Tu sais? Et je suis parti avec la cassette, je suis arrivé chez Diamond, et puis c'est mon « raw material » ça, c'était ma matière de base. La boucle de défilement fait 6 minutes quelques secondes, je pense, tu sais? Mais j'avais deux heures et demi de matériel, j'avais deux heures et demi de matériel là, et puis « raw raw » là, comme tantôt là, tu sais? Là, mais quand même, une bande d'images, appelez ça une réserve, une bande d'images, tu sais? J'ai travaillé, travaillé pendant des semaines, à tous les jours, j'y allais, et puis je faisais des mouvements, et puis je faisais des mouvements, et puis je faisais des mouvements, et puis après ça j'ai visionné la bande pendant des jours et des jours, j'ai isolé les mouvements qui m'intéressaient. On les a remontés, et puis remontés, et puis remontés, et puis j'ai rétréci, rétréci, avant d'arriver à le, tu sais, le « best of » là, (rire)… C'est une façon de parler…c'est-à-dire tous les mouvements qui étaient ce que je cherchais, tu sais? Qui étaient ce que je cherchais à partir de ce que je vous ai dit tantôt, tu sais, quel genre d'effet, quel genre d'émotion je voulais mettre dans cette œuvre-là, tu sais?