Daniel Dion, La minute de vérité (1991)

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Baladeur vidéo SONY (32cm x 13cm x 7cm), pellicule vidéo sur une cassette vidéo 8 mm, batteries rechargeables, durée : 100 secondes La minute de vérité en entreposage, version originale, équipement Sony. La minute de vérité en entreposage, version mise à jour, équipement Casio. Vue de l'installation de l'exposition (avec le nouveau modèle Casio)

Entrevues

Vidéo Daniel Dion

Dans l'extrait vidéo suivant, Daniel Dion discute de ses expériences dans le domaine artistique.

Notes biographiques des artistes

Daniel Dion

Né en 1958 à Montréal, Québec, Daniel Dion a étudié en communications à l'Université du Québec à Montréal. Dion travaille avec la photographie, la vidéo, la performance et l'installation. Il aime combiner sa passion pour l'art, la spiritualité et la technologie à l'environnement voisin. En compagnie de Su Schnee, Dion a fondé OBORO, un centre d'expositions et de productions multidisciplinaires dédié à la production et à la présentation de l'art, des pratiques contemporaines et des nouveaux médias, situé à Montréal.

Dion a présenté des expositions solos au Centre international d'art contemporain de Montréal, au Musée d'art contemporain de Montréal, au Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa) et à la Vancouver Art Gallery. Il a aussi exposé en Europe et en Asie et a pris part à des échanges artistiques interculturels en Inde, à Cuba et au Japon.

Su Schnee

Su Schnee est née à Toronto, Ontario, en 1959. Elle a étudié au Capilano College of Art and Design, North Vancouver, et à la Vancouver School of Art (maintenant appelée Emily Carr University of Art + Design). Les œuvres de Schnee combinent différents médiums, comme la peinture et le dessin.

Schnee a exposé ses œuvres au Canada et en Europe. Elle a présenté des expositions solos à la Centrale Galerie Powerhouse et à OBORO (Montréal), au Museo de Bellas Artes de Bilbao (Espagne), et à la Helen Pitt Gallery (Vancouver).

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Vidéo Daniel Dion

Dans l'extrait vidéo suivant, Daniel Dion discute de ses expériences dans le domaine artistique.

Œuvre

Créée en collaboration avec Schnee, La minute de vérité de Dion est une installation vidéo, se composant d'un baladeur vidéo fixé au mur. D'une durée de 100 secondes, le montage vidéo comprend des images et des séquences d'eau, d'arbres ondoyants, d'une randonnée chaotique dans un sentier en forêt, d'un feu et de boules chinoises de méditation roulant dans le creux d'une main. Un composant audio émet des sons produits par un métronome et un synthétiseur qui résonne en crescendo. Durant la vidéo, une voix répète, en anglais, douze fois le mantra qui suit : « Soixante-dix-sept milliards d'humains ont vécu sur cette planète ». La séquence vidéo se termine comme suit : « Quatre milliards y vivent maintenant. »

Dion décrit La minute de vérité comme une sensibilisation au fait que maintes personnes vivent sur cette planète et à la prise de conscience que nous faisons tous partie de quelque chose de plus grand que nous. Il définit l'expérience de regarder La minute de vérité comme « une minute avec soi-même, une minute avec ce qui nous entoure, une minute pour respirer, une minute pour penser, ou peut-être ne pas penser ».Note de bas de page 1 Lorsque l'œuvre est exposée, un énoncé artistique de Dion l'accompagne :

« La minute de vérité est celle que vit la race humaine depuis des millions d'années; celle qui se déroule tous les jours de notre vie; celle qui nous fait prendre conscience de l'immensité d'où notre conscience émane. Il s'agit à la fois d'un poème et d'un canon, d'un tournoiement qui relate la virtualité de notre existence : Seventy billion human beings have lived on this planet, four billion live here now. »

Le contenu de La minute de vérité est dépassé sur le plan historique. La phrase répétée « Soixante-dix-sept milliards d'êtres humains ont vécu sur cette planète. Quatre milliards y vivent maintenant » n'est plus exacte. La population mondiale a augmenté considérablement depuis la création de l'œuvre en 1991. En 2008, elle avait déjà dépassé 6,7 milliards d'humains.

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Baladeur vidéo SONY (32cm x 13cm x 7cm), pellicule vidéo sur une cassette vidéo 8 mm, batteries rechargeables, durée : 100 secondes

Daniel Dion
La minute de vérité
1991
Baladeur vidéo SONY (cm x 13cm x 7cm), pellicule vidéo sur une cassette vidéo 8 mm, batteries rechargeables, durée : 100 secondes
Musée des beaux-arts de Montréal
Achat, legs Harold Lawson, Marjorie Caverhill, Harry W. Thorpe et Mona Prentice Bequests
Photo MBAM, Brian Merrett

Vidéo Daniel Dion

Vidéo: Daniel Dion, La minute de vérité (1991).

Vidéo Daniel Dion

Dans l'extrait vidéo suivant, Daniel Dion décrit La minute de vérité (1991).

En coulisse

La section « en coulisse » se penche sur les modifications de la technologie et de l'installation apportées à La minute de vérité depuis son acquisition par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) en 1999. Si la vidéo est inchangée, l'équipement qui la présente a été mis à niveau en raison d'un bris d'équipement. Ce changement d'équipement a modifié l'installation de l'œuvre.

Changement dans l'équipement et l'installation

Lorsque le Musée des beaux-arts de Montréal a acquis La minute de vérité, l'œuvre était présentée à l'aide du baladeur vidéo portable Sony. Le matériel comprenait :

  • 1 baladeur vidéo Watchman Walkman de Sony
  • 1 cassette vidéo 8 mm
  • Piles rechargeables

Le baladeur vidéo Sony présentait la séquence de 100 secondes en boucle sur une cassette vidéo 8 mm dont la durée n'était que de 56 minutes. Afin de présenter l'œuvre, un technicien ou un guide animateur devait rembobiner la cassette lorsqu'elle se terminait. Alimenté par des piles, le modèle de Sony était simplement fixé au mur. Les piles devaient être remplacées et rechargées tout au long de l'exposition.

Le baladeur vidéo Sony est assez large par comparaison aux modèles d'aujourd'hui. Au début des années 1990, ce baladeur vidéo était considéré comme une innovation importante et un des premiers modèles de baladeur vidéo portatif. Sa technologie permettait de regarder une vidéo ou la télévision pendant un déplacement. Les utilisateurs devaient réaliser leurs propres cassettes, le matériel préenregistré n'existant pas en format vidéo 8 mm à l'époque.

La minute de vérité a seulement été exposée sur le baladeur vidéo Sony pour une courte période de temps en raison d'un bris d'équipement.

En 2002, l'équipement de l'œuvre a été remplacé par une technologie plus récente—un modèle de téléviseur portatif de Casio. Le matériel de la version actuelle (2008) de La minute de vérité comprend :

  • 1 téléviseur portatif de Casio
  • 1 DVD (vidéodisque numérique)
  • 1 lecteur de DVD

Le modèle de Casio est beaucoup plus petit que celui de Sony, mesurant près de la moitié de sa taille (14 x 9 x 4,3 cm), et présente la séquence vidéo sur DVD plutôt que sur la cassette vidéo de 8 mm initiale. À la différence du baladeur vidéo originel Sony, le Casio présente les vidéos au moyen d'un lecteur VHS ou DVD à connexion externe dissimulé derrière un mur. À la différence de la version sur cassette vidéo, celle sur DVD permet une lecture en continu.

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La minute de vérité en entreposage, version originale, équipement Sony.

Daniel Dion, La minute de vérité en entreposage, version originale, équipement Sony.

La minute de vérité en entreposage, version mise à jour, équipement Casio.

Daniel Dion, La minute de vérité en entreposage, version mise à jour, équipement Casio.

Défis en matière de conservation

L'écran original du baladeur vidéo Sony s'est abîmé six mois seulement après son acquisition par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Le réglage et le volume fonctionnaient parfaitement, mais pas l'écran. De nombreux techniciens ont en vain tenté de le réparer, rendant nécessaire le remplacement du modèle de Sony. Malheureusement, le baladeur vidéo Sony et les autres baladeurs vidéo de cette période de temps ne sont plus manufacturés. En conséquence, les techniques de conservation, soit l'émulation (du Sony au Casio) et la migration (de la cassette vidéo au DVD), ont été utilisées afin de reproduire au mieux l'œuvre d'origine.

Actualisation technologique

Pour Dion, la taille et le contexte technologique du baladeur vidéo sont des caractéristiques importantes de La minute de vérité. L'esthétique du baladeur vidéo représente la période à laquelle il a été conçu. Présenter l'œuvre sur une technologie actuelle comme un iPod n'est pas une option pour Dion, car l'historicité de l'œuvre se perdrait.

En 2002, Dion et le MBAM ont décidé de passer à une version plus récente du baladeur vidéo : le modèle Casio. Selon Dion, celui-ci imiterait le plus fidèlement l'apparence du baladeur vidéo original de Sony. Comme le Casio n'accepte pas de cassettes 8 mm, la séquence vidéo a aussi été migrée sur un DVD.

Le modèle Casio est plus petit que celui de Sony, et la qualité de l'écran est meilleure. Avec le modèle Sony, une personne devait se tenir directement devant La minute de vérité pour voir l'image convenablement. Le modèle Casio permet, en revanche, de voir l'image d'un angle latéral. Comme le baladeur vidéo Sony, le Casio n'est pas permanent et devra certainement être remplacé un jour. Richard Gagnier, Chef du Service de la restauration, a suggéré d'acquérir deux modèles Sony et un modèle Casio à garder en réserve jusqu'à ce qu'il s'avère nécessaire de changer l'équipement actuel. À l'automne 2008, les deux modèles étaient en vente sur ebay.

Le MBAM envisage la possibilité d'émuler l'écran vidéo d'origine qui a cessé de fonctionner. Cela supposerait d'enchâsser un nouvel écran plat ACL dans le boîtier original du baladeur vidéo Sony, ce qui conserverait l'esthétique et l'historicité du moniteur.

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Vue de l'installation de l'exposition (avec le nouveau modèle Casio)

Daniel Dion
La minute de vérité
1991
Vue de l'installation de l'exposition (avec le nouveau modèle Casio)
Repères : art canadien contemporain, dix ans d'acquisition
Le Musée des beaux-arts de Montréal
9 juin – 3 octobre 2004
Photo MBAM

Note en bas de page

Note en bas de page 1

Amanda Beattie, chercheuse et rédactrice; Émilie Boudrias, assistante de recherche DOCAM; Richard Gagnier, Chef du Service de la restauration. Musée des beaux-arts de Montréal. Entrevue avec Daniel Dion, 4 juin 2008.

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