Christine Davis – Perception de Tlön

Christine Davis – Perception de Tlön

Transcription

Notamment, plusieurs croient que la chose tout entière est projetée, et lorsque je leur réponds : « Eh bien non ! Il s'agit de vrais papillons! », ils ne me croient pas jusqu'à ce qu'ils aillent faire un tour et voient l'écran de côté. Alors, une fois de plus, je veux dire que vous pourriez le dire de façon matérielle... ça fait partie de la même impulsion. Ce que j'entends par ça, c'est que je veux que les gens s'arrêtent et démantèlent le tout. Vous voyez? Tout d'abord, vous pourriez arriver sur le fait et penser que c'est merveilleux et de toute beauté, et puis vous pourriez alors vous poser la question qui suit : « Ouais, mais pourquoi et comment? » Alors, c'est la même chose, pas vrai? Il s'agit de systèmes de connaissances, non? Ceci vient incarner cette impulsion de façon matérielle.

Intervieweur : Vous avez bien raison. Lorsque nous nous approchons de votre œuvre, nous ne faisons pas la distinction immédiatement, à savoir qu'il y a du matériel en question. Ce que j'entends par là, c'est dans le sens du vrai monde des choses, et de prime abord, vous croyez vraiment que toute cette affaire est une projection.

Oui, c'est entièrement projeté.

Intervieweur : Alors, si vous êtes très intéressé par ce genre de choses, c'est presque comme si vous étiez en train de jouer un jeu avec le spectateur... d'une façon quelconque, et que vous vous intéressez à cette semi-fausse lecture, ou ...

Eh bien, je crois que je suis réellement... et oui, et c'est ce genre de bascule entre la perception, l'hallucination et la cognition, et ce genre de cycle, qui se poursuit sans cesse. Ce que j'entends par ça, c'est que c'est qu'il est bien de... je veux dire qu'ils ont mené toutes ces expériences en matière d'hallucinations et de drogues, et je crois qu'il est important de ne pas perdre le fil, de ne pas perdre de vue la possibilité d'une hallucination. N'est-ce pas? Parce que c'est alors que ça nous mène à un autre monde que, selon moi, nous ne devrions pas perdre, si vous préférez. Vous savez?

Intervieweur : Et dans cette même veine, juste pour revenir sur ce sujet, à la technologie, la nature de l'image projetée, les diapos par opposition aux films, par opposition à la projection vidéo, par exemple... pourriez-vous nous parler juste un peu de cet aspect? De votre intérêt particulier pour les diapos?

Eh bien, dans le cas des diapos, je les perçois comme si elles avaient un genre de réalisme indiciaire, vous savez, ce que la projection vidéo n'a tout simplement pas. C'est comme si cette lumière physique touche une surface à un moment particulier dans le temps, et qu'elle réagit à toutes les conditions, vous voyez? Le ventilateur, la poussière, la porte qui s'ouvre et se ferme, et si vous projetez une vidéo, tout cet aspect temporel change pour moi. Ça n'existe tout simplement pas dans le même temps et dans le même espace, de la même façon, vous voyez? Alors, le tout a trait au lien entre le temps et le mouvement, si vous préférez.