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Les Acadiens de l'Île-du-Prince-Édouard

 

Période    1720-1758

Port-la-Joye

Port-la-Joye - les débuts (1720-1758)

Port-la-Joye était l'un des huits premiers établissements acadiens visés par le recensement de 1735. Les sept autres étaient : Havre-Saint-Pierre (l'actuel St. Peter's), Havre-aux-Sauvages (l'actuel Savage Harbour), Trois-Rivières (l'actuel Brudenell Point), Rivière-du-Nord-Est (l'actuel Hillsborough River), Tracadie, Malpeque et Pointe-de-l'Est (l'actuel East Point). Selon le recensement de 1735, on comptait à l'Île-Saint-Jean 162 Acadiens (soit 32 p. 100 de la population) parmi les 432 colons.

Premiers peuplements acadiens

La première période d'installation des Acadiens à l'Île-du-Prince-Édouard s'étala de 1720 à 1758.

Les autorités françaises encouragèrent activement les Acadiens vivant sous le pouvoir britannique depuis 1713 en Acadie, ancienne colonie française, à émigrer à l'Île-Saint-Jean. Il incombait au comte de Saint-Pierre, entrepreneur de Normandie et fondateur de la Compagnie de l'Île-Saint-Jean, d'amener les colons à s'installer dans l'île. Le comte trouva cette mission plutôt difficile, car beaucoup d'Acadiens, craignant que la Compagnie de l'île de Saint-Jean exerce son droit et exige un loyer, hésitaient à déménager à l'Île-Saint-Jean.

Néanmoins, un petit nombre d'Acadiens s'installèrent à l'Île-Saint-Jean, d'abord à Port-la-Joye, le centre administratif de la colonie.

Premières familles acadiennes

Les premiers Acadiens à s'installer à l'Île-Saint-Jean arrivèrent à Port-la-Joye en 1720. Il s'agissait de la famille de Michel Haché Gallant et d'Anne Cormier, les ancêtres des Haché et des Gallant d'aujourd'hui en Amérique du Nord, et de Pierre et Joseph Martin.

Tout porte à croire que Michel Haché Gallant était tenu en haute estime. À son arrivée à Port-la-Joye, il fut immédiatement nommé directeur du port. Dans une lettre qu'il rédigea en 1737, Louis Du Pont Duchambon - nommé plus tard commandant de la forteresse de Louisbourg à l'île Royale (aujourd'hui le Cap-Breton) -, souligna le bon renom de Michel Haché Gallant en ces termes :

[Traduction] Par respect pour les résidents, je ferai tout mon possible pour apporter autant de gens que je peux, car les résidents actuels de Port-la-Joye ne sont pas dignes de mention à l'exception de la famille Galans [sic] qui occupe quatre maisons. Il n'y a presque plus personne. Les gens ont quitté ou quittent, car ils meurent de ne pas avoir assez à manger. Je ne peux comprendre pourquoi nous avons choisi cet endroit comme le principal établissement puisqu'il s'agit de la partie de l'île où la terre et la mer sont improductives. Si c'était un bon endroit, nous pourrions avoir beaucoup de gens pour défricher la terre. Mais sans une telle aide, nous ne pouvons rien faire.

En 1824, six familles acadiennes vivaient à Port-la-Joye, toutes apparentées aux premiers colons Gallant et Martin. Cependant, malgré l'importance stratégique de l'établissement et de sa distinction comme centre administratif de l'Île-Saint-Jean, la majorité des colons acadiens construisirent leur maison ailleurs.

Conflits et troubles

Comme centre politique de la colonie française et garnison de base, Port-la-Joye était une cible de choix pour ses adversaires en temps de conflit. En 1744, la France et la Grande-Bretagne étaient de nouveau en guerre. l'année suivante, la forteresse de Louisbourg à l'île Royale (aujourd'hui le Cap Breton) tomba sous les attaques de la milice de la Nouvelle-Angleterre. Le désastre incita les Français à abandonner Port-la-Joye, que l'armée britannique détruisit par la suite.

Quatre ans plus tard, la France récupéra l'Île-Saint-Jean, et Port-la-Joye redevint le centre administratif de l'île. Toutefois, la communauté agricole ne se reconstitua jamais entièrement, et la présence des Acadiens resta fort limitée à Port-la-Joye jusqu'en 1758, au moment où les Britanniques s'en servirent comme base pour chasser les Acadiens de l'île.

Peinture de la lecture de l'ordre de la Déportation des Acadiens, lu par Winslow à Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse.

Le Déportation de 1755.

Le siège de Louisbourg. Peinture par John Brooks.

La défaite de Louisbourg 1745

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