La Banque des fermiers de Rustico
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La Banque des fermiers de Rustico

 

La Banque des fermiers de Rustico

La loi constituant la Banque des fermiers de Rustico reçoit la sanction royale

La loi a été envoyée en Angleterre afin que la reine Victoria y appose sa signature. Il aura fallu plus d'un an pour obtenir la sanction royale et démarrer les activités de la Banque. Lord Newcastle, le secrétaire d'État aux colonies, a été stupéfait par la petitesse de la banque. Le capital initial a été fixé à 1 200 livres anglaises. Selon le taux de change officiel, 1 000 « livres de l'Île » équivalaient à 800 livres sterling, ou à un peu moins de 3 900 dollars américains d'or. Une autre disposition de la loi allouait une augmentation graduelle du capital jusqu'à 21 000 livres anglaises. Lord Newcastle a écrit ceci au gouverneur:

Leurs Seigneuries constatent que ces provisions inhabituelles ne fournissent pas une garantie solide aux promoteurs du projet, et qu'avant de soumettre la loi à la confirmation de Sa Majesté, elles désirent qu'on leur présente un rapport sur la question. [Traduction libre.]

La réponse reçue du gouverneur en janvier 1864 n'a pas tenu compte du fond de la demande de Newcastle et rapporta simplement la représentation des gens de Rustico en ces termes: Ils conçoivent respectueusement que la garantie de la responsabilité des promoteurs du projet ne doit pas être évaluée en fonctionde la petitesse du capital initial ni du montant permis d'augmentation du capital, mais, comme il en est pour toutes les lois sur les banques, par les conditions de la loi elle-même. [Traduction libre.]

D'autres arguments furent invoqués portant que les responsabilités des actionnaires de la Banque des fermiers étaient tout aussi rigoureuses sinon plus que celles des deux autres banques déjà reconnues. Quant à l'abbé Belcourt, il soutenait que la solidité de la banque ne devait pas être jaugée en fonction du montant peu élevé du capital proposé, mais, comme pour les lois des autres banques, par les conditions de la loi elle-même. Il maintenait que celles-ci étaient aussi rigoureuses à l'égard des de la responsabilité des actionnaires que celles des autres banques incorporées par l'assemblée législative de l'Île.

Les arguments ont eu gain de cause et le lieutenant-gouverneur a été avisé de l'assentiment de Sa Majesté, le 7 avril 1864.

La plus petite banque à charte au Canada

Compte tenu du capital, la Banque des fermiers a été la plus petite banque à obtenir sa charte au Canada et possiblement de tout l'Empire britannique. La banque a finalement commencé ses opérations en mai 1864.

L'abbé Belcourt avait prévu un local convenable pour accueillir la banque. Elle a été logée au départ dans le presbytère, car la construction de la salle paroissiale qui devait l'abriter n'était pas encore finie. La construction de la salle paroissiale, un édifice imposant, a débuté en 1861. L'immeuble a été construit en grès rouge de l'Île, un matériau rarement utilisé à l'Île. Les murs étaient d'une épaisseur de 14 pouces et les poutres, de 12 pouces carrés. Le temps que l'abbé Belcourt avait passé avec les gens de la place lui a appris l'importance des symboles, et ce n'était pas pour rien que la banque fut construite en pierres. La construction de la salle paroissiale s'est terminée en 1867, et la banque a été aménagée dans une des pièces du rez-de-chaussée. La banque payait un petit loyer à la paroisse pour son local.

Le capital initial de la banque a été fixé à 1 200 livres sterling, l'équivalent de moins de 3 900 $. Les parts ont été établies à 1 livre sterling ou à environ 4 $.

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La reine Victoria, 1887

La Banque des fermiers a reçu l'assentiment royal le 7 avril 1864. La reine Victoria, 1887, image d'archives de Wikipédia.

 Certificat d’une part de la Banque des fermiers originale

Une part de la Banque des fermiers valant une livre sterling, datée du 11 juillet 1866. Collection de la Banque des fermiers.

Annonce de  l'ouverture de la Banque des fermiers de Rustico

Annonce de la Banque des fermiers de Rustico dans la Royal Gazette du 8 février 1865. Royal Gazette, 1865, Archives publiques de l'Île-du-Prince-Édouard.

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