La Banque des fermiers de Rustico
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La Banque des fermiers de Rustico

 

La Banque des fermiers de Rustico

Les premiers directeurs étaient tous des fermiers et possiblement des pêcheurs acadiens de Rustico. Jérôme Doiron, un fermier, en a été le premier président et Maria Blanchard, une institutrice, était la caissière lorsque la banque a ouvert ses portes.

La banque ouvrait les mercredis après-midi lorsque les directeurs se réunissaient pour étudier les demandes de prêts. Les taux d'intérêt sur les prêts consentis par la banque étaient fixés à 7 p. 100 ou 8 p. 100 alors que les autres banques et bailleurs de fonds réclamaient jusqu'à 20 p. 100. On pouvait obtenir un prêt aussi petit que 35 $. La banque avait des agents à Tignish et à Baie-Egmont. Au début, la majorité des actionnaires étaient des Acadiens, mais une fois la banque bien établie, un grand nombre d'anglophones des environs en sont aussi devenus membres.

L'entreprise prend de l'essor

De 1867 à 1875, des dividendes de 10 p. 100 à 12 p. 100 ont été distribués aux membres, et l'entreprise était florissante. La loi constitutive autorisait la banque à émettre des billets à ordre pour deux fois le montant de son capital. La banque se trouvait ainsi en position de levier financier : un capital de 1 000 $ pouvait servir à prêter 2 000 $. Les emprunteurs recevaient des billets de banque qui étaient en général acceptés comme monnaie. En 1867, le capital s'élevait alors à plus de 8 200 $ et les billets émis en circulation totalisaient 15 600 $. Le capital n'a pas augmenté beaucoup plus par la suite et durant les dernières années de la banque, la somme des billets de banque émis a baissé jusqu'à un peu plus de 10 000 $.

Un agent de Rustico se rendait à Charlottetown une ou deux fois la semaine pour convertir et échanger des billets de banque. Ce système a servi les habitants de l'Île pendant trente ans et a été bien accepté partout dans la province.

La monnaie de la Banque des fermiers

La monnaie de la Banque des fermiers était imprimée en coupures de un, deux ou cinq dollars sur une face seulement et était gravée par une entreprise de New York. Des thèmes associés à la ferme figuraient sur les billets, sans doute dans le dessein d'inciter les gens à pratiquer l'agriculture. Le billet de un dollar arborait un laboureur avec son attelage de chevaux comme figure centrale; sur le billet de cinq dollars figuraient d'un côté, un cheval et un cochon buvant à une grande auge, et de l'autre, une vache et un veau.

Dès que la Banque des fermiers eut prouvé qu'elle était bien établie, les autres banques et institutions financières ont accepté sa monnaie. La banque a été bientôt établie solidement et sa monnaie a été acceptée partout.

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Reproduction du bureau de la Banque des fermiers

Bureau de la Banque des fermiers exposée au musée. 2008, Barry King.

Billet d'un dollar émis par la Banque des fermiers

Billet d'un dollar émis par la Banque des fermiers illustrant un fermier labourant la terre. Vers 1864, collection de la Banque des fermiers.

Billet de cinq dollars émis par la Banque des fermiers

Billet de cinq dollars émis par la Banque des fermiers avec l'image d'animaux buvant de l'eau. Vers 1864, collection de la Banque des fermiers.

Billet original de deux dollars émis par la Banque des fermiers

Billet de deux dollars émis par la Banque des fermiers représentant une scène de ferme. Vers 1864, collection de la Banque des fermiers.

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