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PRÉCURSEURS

CHARLES AUBERT DE LA CHESNAY (1632-1702) ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC
CHARLES AUBERT DE LA CHESNAY
(1632-1702) ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC

La première découverte d'un site archéologique au Québec peut être attribuée à Samuel de Champlain qui en 1608, dans ses récits de voyage, décrit les vestiges de campement de Jacques Cartier situé en bordure de la rivière Saint-Charles.

Une centaine d'années plus tard, on parle déjà d'objets amérindiens anciens découverts dans des labours.

 

NAISSANCE D'UN INTÉRÊT

À partir de 1850 et pendant plusieurs décennies, ce sont surtout des antiquaires, des « naturalistes » et des historiens locaux qui s'intéressent aux objets préhistoriques tirés du sol québécois en tant que curiosités à collectionner. Dès 1859, des amateurs consciencieux commencent à rédiger des notes plus substantielles à propos de leurs trouvailles.

Au début du 20e siècle, il existe deux sociétés d'archéologie au Québec; la Quebec Society of the Archaeological Institute of America (1910-1914) et la Société d'Archéologie et de Numismatique de Montréal (1862- ).

C'est toutefois à William John Wintemberg, archéologue du Musée national de l'Homme, que l'on doit, au cours des années 1920 et 1930, les premiers véritables efforts en matière de reconnaissances et de fouilles archéologiques au Québec. Ses recherches dans la vallée du Saint-Laurent, sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine se démarquent du simple ramassage d'objets anciens par un souci de reconstruction du passé. Ses travaux positionnent le passé québécois dans le contexte du développement culturel préhistorique déjà documenté ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Durant les décennies qui suivent, des archéologues professionnels américains, anglais et danois étudient l'origine des Amérindiens et des Inuits ainsi que leurs modes d'adaptation à l'environnement. Ils tentent également d'établir une chronologie de l'occupation du territoire.

 

UN OEIL SCIENTIFIQUE

SIR JOHN WILLIAM DAWSON VERS 1859-60 ARCHIVES NOTMAN, MUSÉE McCORD MONTRÉAL
SIR JOHN WILLIAM DAWSON
VERS 1859-60
ARCHIVES NOTMAN, MUSÉE McCORD
MONTRÉAL

Un des premiers personnages à se démarquer des antiquaires est sir John William Dawson, géologue de grande réputation et recteur de l'Université McGill de 1855 à 1893. En 1860, il publie un rapport à propos de certaines trouvailles faites par des ouvriers, près du campus de l'Université. Il s'agit d'artefacts et de squelettes amérindiens qui, selon lui, indiquent l'emplacement du village iroquois d'Hochelaga, visité par Jacques Cartier en 1535.

Des recherches subséquentes ont cependant démontré que ces vestiges proviennent d'une occupation amérindienne plus ancienne.

 

CONNAÎTRE SON PASSÉ LOCAL

À partir des années 1950, un plus grand nombre de gens d'ici commencent à s'intéresser à l'archéologie du Québec. C'est à ce moment que l'Archaeological Association of Quebec (1954-1962), un groupe d'archéologues amateurs, entreprend des reconnaissances et des fouilles dans le sud-ouest du Québec.

À partir de 1959, les sociétés francophones d'archéologues amateurs prolifèrent un peu partout dans la province et sont fortement stimulées par l'enthousiasme de plusieurs abbés.

Une société voit le jour à Trois-Rivières, la Société d'archéologie de la Mauricie. Certains de ses membres initient la création du premier musée d'archéologie, inauguré en 1963, et qui publie les Cahiers d'archéologie québécoise.

Entre 1950 et 1960, divers travaux importants sont réalisés par des chercheurs de l’Université McGill sur des sites dans la région de Tadoussac, par des archéologues amateurs dans le Haut-Saint-Laurent et par des chercheurs du musée national de l'Homme dans le Nord du Québec.

 

DES TRAVAUX QUI OUVRENT LA VOIE

Le début de la formation d'archéologues professionnels à l'Université de Montréal permet la fondation, en 1965, de la Société d'Archéologie Préhistorique du Québec (SAPQ). Ces étudiants entreprennent des recherches avant même l'embauche, au Département d'anthropologie, d'un préhistorien attaché à l'étude du Québec. Les membres de cette association jouent des rôles de premier plan sur des sites importants comme la Pointe-du-Buisson sur la rive sud de Montréal, Mandeville à Tracy et La Martre en Gaspésie.

Leurs travaux ouvrent la voie à des projets de recherche dirigés par des archéologues de l'Université de Montréal dans les décennies suivantes.

 

DÉBUT D'UNE PROFESSION

NORMAN CLERMONT PHOTO: MARIE-ÈVE BRODEUR
NORMAN CLERMONT
PHOTO: MARIE-ÈVE BRODEUR

Ce n'est qu'à partir des années 1960 qu'une archéologie professionnelle se développe au Québec. Les universités mettent sur pied des programmes de formation et des projets de recherche pendant que le ministère des Affaires culturelles applique une législation garantissant la protection, la conservation et la mise en valeur du patrimoine culturel.

En 1961, le Centre d'Études Nordiques de l'Université Laval est fondé. L'année suivante, l'Université de Montréal crée le Département d'anthropologie et amorce la formation d'archéologues professionnels. Dans la même foulée, en 1963, l'Université McGill ouvre son Département d'anthropologie. En 1966, l'Université du Québec recrute deux professeurs en archéologie amérindienne et inuit.

À la même époque, d'importants programmes d'inventaires sont mis sur pied par la Direction de l'archéologie et de l'ethnologie du ministère des Affaires culturelles. S'amorce du même coup un répertoire des sites archéologiques du Québec qui a pour but de recenser et de cartographier tous les sites archéologiques connus sur le territoire québécois et de répertorier les rapports archéologiques produits dans le cadre de la Loi sur les biens culturels.

Le vaste projet de développement hydroélectrique de la Baie James, amorcé en 1972, conduit à des opérations de grande envergure ayant pour but le sauvetage des vestiges archéologiques de cette région. Le projet a eu un impact majeur sur l'avancement de l'archéologie au Québec, en particulier au plan de l'expertise de terrain des étudiants, des innovations dans les méthodes de terrain et de la création de firmes de consultants.

 

EXPERTISE QUÉBÉCOISE

CHARLES MARTIJN, 1994 PHOTO: YVES CHRÉTIEN
CHARLES MARTIJN, 1994
PHOTO: YVES CHRÉTIEN

Les archéologues de la province de Québec occupent des postes au sein de la fonction publique et parapublique. D'autres se sont joints au secteur de l'éducation mais la majorité d'entre eux se retrouve dans l'entreprise privée au sein de firmes professionnelles ou oeuvrent à titre de consultants. L'expertise québécoise se développe et est même exportée à l'étranger.

Des méthodes originales d'intervention sur le terrain et d'analyse ont été mises au point ici : constitutions de collections de comparaisons pour l'origine des matières premières lithiques et ostéologiques animale et humaine, interprétation de l'art rupestre, datation, prospection, étude sur la technologie et l'origine de la céramique, recherche en archéologie expérimentale, archéologie subaquatique, analyses polliniques, applications des sciences de la terre à l'archéologie, mise en valeur des découvertes et muséologie, sans oublier les compétences en restauration et conservation développées au sein du Centre de conservation du Québec.

 

ENQUÊTES À POURSUIVRE

AÎNÉ INUIT INDIQUANT LES CAMPEMENTS  TRADITIONNELS DE CHASSE AU PHOQUE  D'EAU DOUCE (DÉTAIL) PROJET GRANDE-BALEINE, 1992 PHOTO: DANIEL CHEVRIER, ARCHÉOTEC INC.
AÎNÉ INUIT INDIQUANT LES CAMPEMENTS
TRADITIONNELS DE CHASSE AU PHOQUE
D'EAU DOUCE (DÉTAIL)
PROJET GRANDE-BALEINE, 1992
PHOTO: DANIEL CHEVRIER, ARCHÉOTEC INC.

Malgré les efforts collectifs ayant permis d'enrichir nos connaissances du passé, l'archéologie préhistorique est encore loin d'avoir complété ses enquêtes. Dans ce parcours, les archéologues professionnels multiplient leurs interventions à la grandeur du territoire et élargissent leur complicité avec plusieurs autres disciplines.

Des projets de recherches intensifs dans plusieurs régions du Québec permettent d'élaborer des concepts, des théories et des représentations propres à notre territoire et à son histoire culturelle.

Les préhistoriens concentrent également leurs efforts vers une meilleure diffusion des résultats de leurs recherches auprès d'un public élargi et vers une plus forte implication des communautés autochtones dans l'étude de leur histoire.

 

© Centre d'exposition, Université de Montréal 2006. Tous droits réservés. Questions/commentaires?

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