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Contamination - Saguenay : Un fjord exceptionnel !

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Musée du Fjord

Le cas du mercure | Les hydrocarbures aromatiques | Les composés organochlorés | La contamination des bélugas

Les hydrocarbures aromatiques

Depuis les années 1940, les alumineries ont grandement contribué à l’essor économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Encore aujourd’hui, elles en sont le moteur économique. Conséquences: hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), présents dans la fumée noirâtre des cheminées. Ces substances sont des molécules produites par la combustion de charbon, de pétrole, de bois, de tabac et de papier. Les alumineries qui utilisaient des cuves Söderberg produisaient des quantités considérables de HAP, soit environ 2 kilogrammes par tonne d’aluminium. Au cours des 35 ou 40 années où ces fourneaux ont fonctionné, des milliers de tonnes de HAP qui ont été emportées par le vent sur des grandes distances et se sont retrouvées dans le bassin versant du Saguenay.

Il n’y a pas que ces polluants et " l’inconscience collective " qui ont conduit à des opérations encore plus dommageables pour l’environnement.
À partir des années 1960, on avait installé des filtreurs dans les usines. On filtrait et on retenait donc des particules riches en HAP pour améliorer la qualité de l’air dans les secteurs des cuves. Ces filtreurs étaient irrégulièrement nettoyés et les eaux de lavage envoyées dans la rivière Saguenay pendant un certain temps. Comme vous le savez, la rivière Saguenay est une eau vive et les eaux chargées de particules de HAP sont rapidement descendues jusque dans le fjord. L’ensemble des activités industrielles et urbaines a donc contribué à la production et au dépôt de centaines de tonnes de HAP dans le fjord entre 1946 et 1976.

À partir de 1972, période du réveil environnemental : les rejets hydriques ont progressivement diminué et on a cessé d’envoyer les égouts d’épuration directement dans la rivière pour les diriger vers des bassins de décantation. Si on établit une coupe en profondeur de la couche de sédiments et qu’on y analyse des HAP totaux, on retrouve d’abord un niveau très faible dit " préindustriel " soit avant 1940. Par la suite, on observe une rapide et importante augmentation des HAP dans les sédiments. À partir de 1972, il se produira une réduction à la suite des nouvelles méthodes d’épuration et l’application de lois environnementales. Ce n’est qu’à partir de 1981 que les apports au fjord ont vraiment retrouvé des niveaux de salubrité considérés comme moins dommageables pour le milieu. Dans les sédiments du fjord, les niveaux actuels restent tout de même bien supérieurs à celui dit préindustriel.

Poisson ouvert

Seuls quelques organismes comme les bivalves (moules, myes) peuvent véritablement bioaccumuler les HAP en quantité importante. Ces dernières filtrent constamment les particules en suspension, mais sont incapables de métaboliser les HAP, ce qui entraîne une accumulation de ces substances dans leurs tissus.

Par contre, les poissons et les mammifères sont capables de métaboliser (digérer et assimiler) les particules contaminées dont le benzo(a)pyrène, ce HAP davantage étudié et qui est produit en grande quantité par les fumées d’usine ainsi que par le chauffage domestique au bois.

Des chercheurs ont démontré la prolifération de tumeurs chez certains poissons exposés à des sédiments contaminés par des HAP. Cependant, il est impossible d’établir un lien direct entre la présence des HAP dans le Saguenay et la santé des mammifères marins évoluant à l’embouchure du fjord. Certaines maladies détectées chez les bélugas pourraient bien être liées à la présence des HAP dans leur alimentation, mais le lien de cause à effet reste à établir et présente certains obstacles importants en termes scientifiques. En effet, il est impossible de poursuivre nos expériences sur les bélugas eux-mêmes.

Chercheurs

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