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Contamination - Saguenay : Un fjord exceptionnel !

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Musée du Fjord

Le cas du mercure | Les hydrocarbures aromatiques | Les composés organochlorés | La contamination des bélugas

Le cas du mercure

Le mercure est un polluant typique au Saguenay et il fut le premier problème à y être rapporté. Les premiers rapports scientifiques des années 1970 à 1975 sont effectivement très alarmants. La fameuse crevette du Saguenay était contaminée à des niveaux de 10 à 20 fois supérieurs à la norme canadienne. Par la suite, cette crevette servira à indiquer le taux de pollution dans les eaux du fjord. Par des analyses faites sur des poissons ou sur d’autres crustacés, on y découvre alors 12 ppm (parties par million) de mercure. Ces résultats n’ont jamais été rendus publics.

Crevette du Saguenay

Quand on a commencé à trouver des quantités considérables de mercure dans les crevettes, les chercheurs se sont mis à s’intéresser aux sédiments. On y soupçonnait la présence de mercure puisque la crevette nordique (Pandalus borealis) est une espèce qui se nourrit principalement sur le fond marin. C’était donc de là que devait provenir le mercure bioaccumulé. Rapidement, on y trouve d’importantes quantités de mercure dans les sédiments des secteurs plus profonds du fjord.

Si on déverse des égouts contenant du mercure dans un milieu aqueux, celui-ci peut s’adsorber à des oxydes métalliques, à des argiles et à d’autres particules minérales puis tomber lentement au fond. Deux phénomènes peuvent alors se produire : la remobilisation ou l’enfouissement. La remobilisation est un terme technique provenant de la géochimie qui veut dire que le mercure peut être remis en suspension et en circulation. Si le mercure ne s’adsorbe pas à des particules d’oxyde ou d’argile, il peut se fixer à des particules organiques. Vivantes ou mortes, ces particules sont composées de bactéries, de phytoplancton, de zooplancton ou de divers débris provenant de plantes et d’organismes en décomposition. Si le mercure prend la route organique, il peut s’ensuivre un phénomène biochimique très particulier qui s’appelle la biométhylation. Il s’agit de la modification du mercure inorganique par l’intervention de bactéries qui le transforment en méthylmercure. Alors que le mercure inorganique est relativement peu toxique pour la plupart des organismes aquatiques et pour les êtres humains, le méthylmercure est pour sa part extrêmement toxique. Il peut se bioaccumuler au plancton qui se trouve au début de la chaîne alimentaire marine. Tôt ou tard, le méthylmercure finira par atteindre le fond et s’enfouir, mais il peut de nouveau être libéré et remis en circulation dans l’eau. Ces mécanismes de retour sous forme inorganique et méthylée, bien que la source de pollution soit coupée, continueront à agir. Même si on arrête les rejets, le mercure se recyclera de lui-même et ce n’est qu’après des décennies que le nettoyage naturel se réinstallera. Nous reviendrons sur la notion de temps de dépollution en lien avec les autres métaux et contaminants qui se trouvent dans les eaux du fjord.

L’industrialisation et l’urbanisation émettent aussi d’autres polluants, dont le plomb, le zinc, le cuivre et le cadmium. Ce sont des métaux toxiques toujours présents en rapport aux activités humaines d’industrialisation et d’urbanisation. Que ce soit par l’industrie lourde ou légère ou par la circulation automobile, on retrouve nécessairement tous ces métaux dans les environnements aquatiques. Ils sont donc présents dans le fjord, quoique à un degré moindre que le mercure. Au cours des années 1970, on a trouvé de ces métaux dans les sédiments, mais encore une fois, on ne dispose d’aucune mesure d’analyse sur les organismes vivant dans le fjord concernant ces métaux à cette période.

© Copyright Musée du Fjord 2002.