Section fjord Section histoire Section environnement Courriel Crédits Accueil
Section anglais
Hommes devant camp de bûcheron

Peuplement - Saguenay : Un fjord exceptionnel !

Musée virtuel du Canada
Histoire
Préhistoire
Découvreurs
Domaine du Roy
Peuplement
Carte géographique



Musée du Fjord

(1838 à nos jours)

À partir du milieu du XIXe siècle, la vocation de la région basculera avec l’arrivée de groupes socioprofessionnels.

Le peuplement de la région se fera au moment où le commerce des fourrures et l’agriculture seront en chute dans la vallée du Saint-Laurent. L’industrie forestière en profitera pour se développer alors que l’Angleterre devra se tourner vers ses colonies pour s’alimenter en bois. Un groupe d’individus de Charlevoix, soit de La Malbaie et de Baie-Saint-Paul, exploitera cette manne forestière tout en réglant le problème des terres surpeuplées. Ils feront donc des démarches auprès des instances gouvernementales afin d’obtenir des droits de coupe au Saguenay–Lac-Saint-Jean. La Société des Vingt-et-Un venait de naître et obtiendra son permis de coupe en octobre 1837.

Au printemps de 1838, la goélette de Thomas Simard quitte La Malbaie. En cours de route, on débarque des hommes aux Petites-Îles, à l’Anse-au-Cheval et à l’Anse-Saint-Jean. Pour chaque secteur, ils commenceront rapidement la construction des premiers moulins à scie. Puis quatorze hommes accosteront à Grande-Baie, future paroisse de Saint-Alexis, le 11 juin 1838. Ils monteront un abri de fortune et entreprendront l’exploration de la pinière entre la rivière Ha ! Ha ! et la rivière à-Mars.

Photo bûcheron saguenéen

En octobre de la même année, un autre groupe d’hommes, de femmes et d’enfants s’installeront à Grande-Baie. Cet événement marque le début du peuplement permanent au Saguenay. Les premières semaines furent très pénibles : moins de pins blancs que prévus, nuée de moustiques, rigueur du climat, maladie et mortalité.

Photo Maison Fortin

Qu’à cela ne tienne, en quelques mois seulement, la colonie s’accroîtra jusqu’à compter 67 personnes dont cinq familles. Les nouveaux arrivants et arrivantes s’organiseront rapidement !

On construit une écluse près de l’embouchure de la rivière Ha ! Ha ! et on coupe le bois nécessaire à l’érection d’un moulin. Afin d’assurer leur transport et celui de leur bois, nos pionniers se lancent dans la construction de goélettes. Profitant des avantages qu’offre la voie maritime du Saguenay, la vie économique tournera autour du quai de Bagotville dont les entrepreneurs locaux bénéficieront eux aussi. Le quai de Grande-Baie servira aussi au chargement des madriers de bois en direction de l’Angleterre pour le compte du richissime William Price.

Photo Price Brothers & Co.

Les saisons définissent la survie des familles. À l’automne, les chantiers représentent pour le colon et sa famille, leur seule source de subsistance. Au printemps, il fera de la drave. Puis à l’été, il pratiquera une agriculture de base sur sa terre.

Photo rue Victoria

Malgré l’austérité de la vie et du milieu, plus d’un millier d’habitants et d’habitantes occuperont trois pôles urbains dès 1845 : Grande-Baie, les abords de la rivière à-Mars et Anse-à-Benjamin. Les institutions religieuses et scolaires accompagnent cette croissance démographique. Dès que l’économie se porte mieux, on ouvre des paroisses et des écoles. Avec ses dix scieries et ses trois villages dont l’Anse-Saint-Jean, Grande-Baie et Bagotville, la région prend rapidement son essor économique.

" Le recensement officiel et général de 1871 indique un effectif global de plus de 17,500 habitants en 1871. Pour l’essentiel, cette population fut mise en place en l’espace de trente ans, le volume de population antérieur à 1840 étant négligeable. De 1861 à 1871, le gain est de 7,000 personnes ; au flot de l'immigration s’ajoute maintenant le produit de la croissance naturelle : les naissances sont nombreuses. " 1

Le début du XXe siècle sera marqué par l’avènement de la grande industrie particulièrement sur les rives de l’Anse-à-Benjamin en 1902. La Battle Island Paper Company de New York, devient la première compagnie industrielle d’importance à investir dans la baie des Ha ! Ha !. La nécessité d’un port en eaux profondes devient alors une priorité. La Compagnie de pulpe de Chicoutimi orientera l’emplacement de ses services ferroviaires vers la baie des Ha ! Ha !. On y construira donc un chemin de fer vers les installations portuaires de Bagotville.

Photo flottage du bois

Haut de page

Suite

1 Pépin, Pierre-Yves, Le Royaume du Saguenay en 1968, ministère de l’Expansion économique régionale, Ottawa, 1969, p.42.