La P.C.N.-O. dans le Nord

Histoires criminelles

La majorité des crimes commis durant les premières années de la P.C.N.-O. au Yukon étaient mineurs, essentiellement des délits de ventes d’alcool aux membres des Premières nations et des vols dans les camps miniers. En 1895, la peine habituelle pour la vente d’alcool aux autochtones était une amende allant jusqu’à 100 $ plus les frais judiciaires ou trois mois de travaux forcés. En ce temps-là, les travaux forcés consistaient en la coupe du bois, la construction de bâtiments, l’aide dans les cuisines ainsi que la cargaison pour les postes.

Durant la presque famine de 1897-1898, la P.C.N.-O. n’a emprisonné aucune personne n’ayant suffisamment de provisions a apporter en cellule, car les policiers devaient partager leurs rations avec les prisonniers. Si une personne n’avait pas assez de provisions, elle n’était pas arrêtée, mais les policiers la surveillaient périodiquement.

Avec la ruée des chercheurs d’or vers les champs aurifères du Klondike, le nombre et la sévérité des crimes ont augmenté. Les meurtres, les vols, les agressions et la possession d’armes à feu se sont multipliés. On s’occupait rapidement des personnes reconnues coupables qui étaient soit mises sous surveillance, soit expulsées du territoire et même du pays. Ces personnes recevaient un « billet bleu », un voyage par bateau, aller seulement,  à l’extérieur du territoire.

Avec l’accroissement de la population, Sam Steele, dans son rapport annuel de 1899, a recommandé que les fous et les condamnés devant purger de longues peines ne soient pas envoyés dans les prisons, car leur travail effectué au Fort Herchemer à Dawson (p. ex. : la coupe de bois, la construction de bâtiments, la réparation et l’amélioration des rues, le pelletage de la neige, le travail dans les cuisines, la construction de leur propre asile d’aliénés, etc.) était nécessaire à la P.C.N.-O.

Afin d’essayer de faire cesser les crimes sur le territoire, toute personne commettant la plus petite infraction passait devant le magistrat de police pour un procès et une détermination de la peine. En conséquence, les personnes troublant l’ordre public à la fin des années 1800 et au début des années 1900 était inculpées de diverses infractions tout aussi inhabituelles que singulières. La loi la plus stricte était probablement la loi du dimanche, selon laquelle il était illégal de travailler le dimanche pour les autre ou pour soi-même. Le chef de police Sam Steele a d’ailleurs arrêté un homme pour avoir coupé son propre bois de chauffage durant le jour du Seigneur.

Les infractions et peines énumérées ci-dessous figuraient régulièrement dans les rapports annuels de la P.C.N.-O. entre 1895 et 1904 :

Infraction : Peine

Être aliéné : Détention sous surveillance
Être sans ressources et fauteur de troubles : Expulsion du territoire ou du pays
Être une source de nuisance, vivre dans la saleté : Expulsion, nettoyage des lieux
Endommager un radeau : Amende de 5 $, plus la valeur des rondins
Gérer une maison de prostitution : Amende de 50 $, plus les frais judiciaires de 10 $ ou deux mois de travaux forcés
Être pensionnaire d’une maison de prostitution : Amende de 50 $, plus les frais de 10 $ ou deux mois de travaux forcés
Fréquenter une maison de prostitution : Amende de 5 $, plus les frais ou 14 jours de travaux forcés
Voler un chien : Frais et retour du chien
Blesser un chien : Amende de 5 $, plus les frais ou 14 jours de travaux forcés
Tuer un chien : Amende de 125 $, plus les frais ou deux mois de travaux forcés
Refuser de travailler : Deux jours de détention au pain et à l’eau
Refuser de travailler lors d’un incendie : Réprimande
Laisser s’éteindre des feux de broussailles : Amende de 25 $ et récompense du gouvernement de 50 $
Ne pas respecter l’ordre de quitter le village : Six mois de travaux forcés
Vendre de l’alcool un dimanche : Amende de 50 $, plus les frais
Pêcher un dimanche : Amende de 2 $, plus les frais ou sept jours de travaux forcés
S’adonner au jeu clandestin : Amende de 50 $, plus les frais
Tenir une maison de jeu (saloon, théâtre) : Amende
Errer sans but et bloquer le passage sur les trottoirs : Amende
Conduire de façon agressive : Amende
Autoriser une femme à entrer dans un bar : Amende
Polluer les cours d’eau : Amende
Vendre de la mauvaise nourriture impropre à la consommation : Amende
Exercer illégalement la profession de médecin : Amende de 25 $, plus les frais
Employer un langage inapproprié dans les rues : Amende de 5 $, plus les frais
Utiliser un langage infâme: Amende de 10 $, plus les frais ou deux mois de travaux forcés
Vivre à l’état de vagabond : Amende de 50 $, plus les frais ou un mois de travaux forcés
Tricher au jeu : Amende
Se rebeller sur un bateau à vapeur : S/O
Monter sans payer dans un bateau à vapeur : S/O
Jouer aux courses sur les trottoirs : S/O
Négliger de déblayer la neige des trottoirs : S/O
Permettre à un cheval de se promener en liberté dans les limites de la ville : S/O

Une série de crimes ont été commis durant les premières années et la section suivante décrit en détail certains incidents spécifiques.