La P.C.N.-O. dans le Nord

Mythes

Sous l’influence des auteurs et des créateurs de programmes radiophoniques et télévisuels, l’Ouest américain et le Nord canadien sont devenus synonymes d’un monde romantique. Les membres de la Police à cheval du Nord-Ouest étaient représentés comme des héros plus grands que nature pouvant être insérés dans un scénario de film western sans grand changement à l’histoire. Si le programme ou le film tentait de dépeindre la réalité canadienne, alors la mission de paix, d’ordre et de justice était accomplie avec une politesse pondérée.

La Gendarmerie royale du Canada et ses prédécesseurs ont été représentés, au début dans des livres et des revues, et ensuite dans des films, à la radio, à la télévision et dans la publicité. Les drames radiophoniques et télévisés mettant en scène la GRC avaient une façon intéressante d’amplifier la vérité pour créer une image fantastique en utilisant une combinaison d’événements historiques canadiens et américains sans tenir compte de la chronologie historique ou de la géographie.

Les premiers programmes radiophoniques étaient des versions adaptées en feuilleton de longs audiodrames dont chaque épisode se terminait en plein suspense pour s’assurer que les auditeurs écoutent la suite. Ce format a eu un impact sur le type de drames. Durant la fin des années 1940, les drames feuilletons ont cédé la popularité à des programmes en un seul épisode et les scénarios sont devenus plus compliqués, sinon plus profonds.

Les programmes radiophoniques étaient extrêmement populaires et cette popularité s’est transférée directement à la télévision et dans d’autres médias comme les illustrés et les bandes dessinées dans les journaux. Durant les années 1950, un programme télévisé d’une demi-heure, intitulé Sergeant Preston of the Yukon, était directement tiré du programme radiophonique du même nom. Au même moment, une série autorisée d’illustrés sur le sergent Preston était imprimée. L’illustré a commencé avec des couvertures peintes mais, après le début des programmes télévisés, sur les couvertures figuraient des photos en couleurs tirées des émissions. Une bande dessinée dans les journaux, basée sur l’émission de télévision, a paru entre 1981 et 1984.

Les films populaires sur les gendarmes ont aussi servi de pâture à la télévision. La série de films sur le sergent Renfrew a été présentée sous forme de feuilletons à la télévision en 1953 avec de nouvelles introductions rédigées pour ce média. Du nouveau matériel – environ 13 nouveaux épisodes – a été composé pour la télévision, et certains programmes consistaient en une combinaison de nouveau et de vieux matériel. Dans « Get Your Man », James Newill, dans le rôle du sergent Renfrew, explique comment son père, gendarme de la Police à cheval du Nord-Ouest, a été tué par des contrebandiers et l’émission utilise un retour en arrière édité du film Renfrew of the Royal Mounted. Les idées étaient peut-être ténues, mais l’action était rapide.

Au fil des années, des gendarmes célèbres et mythiques sont apparus sous de nombreux formats. Le personnage principal du film King of the Mounted a fait sa première apparition dans une nouvelle écrite par Zane Grey, le célèbre écrivain américain de westerns. M. Grey a utilisé le personnage pour écrire à l’intention des journaux une bande dessinée que son fils, Romer Grey, a développée. La bande dessinée a paru de 1935 à 1939. Le film, King of the Royal Mounted, a été réalisé en 1940.

Le gendarme dans les films était un héros favori du peuple, même s’il était souvent impossible à distinguer du cowboy américain. Dans le milieu des années 1940, Russel Hayden a joué de nombreux personnages de gendarme, même si sa popularité est essentiellement attribuable à son rôle de copain de Hopalong Cassidy. Le gendarme de la GRC continue d’être un personnage favori dans les films même si, au lieu d’être le héros de drames moraux ou de thrillers remplis d’action tournant involontairement au comique, le gendarme des films modernes figure dans des comédies qui caricaturent la Gendarmerie royale du Canada dans son zèle et son endurance.