Faune sauvage

Répercussions de la construction et du fonctionnement des barrages sur la faune et les poissons

Les poissons

Perte de l'habitat des rivières et des cours d'eau

L'inondation des cours d'eau et des rivières de plus faible altitude diminue la quantité de frai et d'alevinage et la surface d'habitat optimal d'hiver pour un certain nombre de poissons, en particulier les saumons rouges et les truites arc-en-ciel.

Obstacles au déplacement des poissons

Les barrages présentent un obstacle physique à la remontée des poissons. Les poissons anadromes qui passent la majeure partie de leur vie dans l'eau de mer mais viennent en eau douce pour frayer (comme les salmonidés) sont concernés. En 1941, l'achèvement du barrage de Grand Coulee sur le Columbia, dans l'état du Washington, a créé une barrière permanente pour trois espèces de saumon de mer qui, auparavant, remontaient vers le nord jusqu'au Canada pour frayer. Il existe de nombreuses autres espèces dans ce cas, comme la truite, la lotte de rivière et l'esturgeon.

Modifications de la productivité

Les barrages ont pour conséquences l'accroissement initial du niveau des substances nutritives dans un réservoir qui vient d'être créé à la suite d'une inondation et la décomposition subséquente du matériel végétal qui libère des éléments nutritifs dans l'eau. Ce qui favorisera provisoirement le développement de certaines espèces.

Ce débordement de productivité terminé, le réservoir peut devenir oligotrophe, autrement dit les eaux sont relativement pauvres en substances nutritives. Les causes en sont multiples: les barrages d'amont créent une barrière pour les éléments nutritifs qui suivent le cours vers l'aval (voir substances retenues) et/ou un changement de la vitesse de l'eau. Les rivières à écoulement libre transportent des sédiments d'un bout à l'autre des écosystèmes. Dans le cas des rivières endiguées, les sédiments tombent au fond du réservoir et sont retirés du réseau alimentaire.

Avec le temps, tous les réservoirs voient leur productivité piscicole décliner. Une fois la retenue établie, ils conservent leurs substances nutritives pendant les 20-30 premières années puis celles-ci diminuent. Moins un cours d'eau possède de substances, plus faible est la diversité des espèces.

Modifications de la limpidité de l'eau

Généralement, l'eau des réservoirs est plus limpide que celle des rivières car l'écoulement plus faible de l'eau permet aux sédiments et aux substances nutritives de se déposer dans le fond. Lorsque la limpidité s'accentue, la lumière pénètre davantage (par rapport à un cours d'eau dont l'écoulement est rapide), ce qui favorise la croissance du phytoplancton (organismes végétaux microscopiques).

Le changement de la limpidité de l'eau peut avoir des conséquences directes sur le nombre des espèces de poissons. Ainsi, il est plus facile pour les piscivores (poissons amateurs de poissons) comme les truites arc-en-ciel, les gerrards et les ombles à tête plate etc. de voir leurs proies. Le contraire est aussi vrai pour ce qui est des espèces qui essayent d'échapper aux prédateurs, comme le saumon rouge.

Retenue des substances nutritives

Les barrages forment un obstacle physique pour les substances nutritives qui s'écoulent en aval. Le phosphore et le nitrogène (provenant de l'érosion des montagnes) sont piégés en amont du barrage; ils se déposent dans le fond et sont retirés du réseau alimentaire.

Changements de la température de l'eau

L'eau en aval du réservoir est modifiée par le bassin de stockage en amont. Si l'eau libérée provient des niveaux les plus profonds et les plus froids du réservoir, la température de l'eau en aval peut baisser, si l'eau vient de la surface, réchauffée par le soleil, la température de l'eau en aval peut monter, particulièrement en été.

Il arrive aussi que, pendant le fonctionnement du barrage, les gaz contenus dans l'eau se dissolvent au contact de l'air: l'eau déborde du déversoir et récupère le nitrogène et l'oxygène de l'air qui se trouve au fond du bassin situé au-dessous. Les bulles de gaz qui pénètrent les vaisseaux sanguins des poissons peuvent entraîner des troubles, susceptibles de provoquer la mort, comparables aux accidents de décompression qui arrivent aux plongeurs en eau profonde.

La faune

La terre et l'eau ont un rapport écologique étroit. Les répercussions de la construction d'un barrage sur la faune ne sont peut-être pas aussi évidentes que sur les poissons, mais elles existent. Par exemple:

La perte de l'habitat

Des zones de faible altitude sont rayées de la carte, et, par là même, l'habitat des fonds de vallée où la diversité des espèces est souvent remarquable. Parfois les réservoirs permettent la formation de plus grandes surfaces de terres humides, mais le plus souvent l'inondation des fonds de vallée aboutit à une nette diminution des terres humides, des zones riveraines et des forêts claires.

L'habitat de nombreuses espèces, comme le chevreuil et l'orignal, doit être situé à une faible altitude pour qu'elles puissent se reproduire et passer l'hiver- ce qui en retour convient également à leurs prédateurs comme les couguars. Lorsque ces zones sont inondées, on peut constater des pertes écologiques.

Cette perte d'habitat peut toucher une grande diversité d'animaux, et pas seulement ceux que l'on associe d'habitude à une altitude peu élevée, à l'habitat des terres humides, comme les amphibiens. Par exemple, les chauves-souris qui descendent de zones-dortoirs plus élevées pour se nourrir d'insectes dans les terres humides ou encore les chèvres sauvages des montagnes qui descendent dans les fonds de vallée à la recherche de terres salines.

Un habitat dégradé, une production réduite

Les barrages provoquent la réduction ou l'élimination des cycles normaux de crues, en isolant radicalement le cours d'eau de sa plaine inondable environnante. Pendant les crues nivales (crues de printemps et d'été), les barrages préviennent la formation de dépôts nutritifs sur la plaine inondable et dans les zones riveraines, ce qui a pour effet de diminuer la productivité de poissons, d'insectes et d'autres espèces sauvages.

Changements de productivité

Un grand nombre de créatures terrestres dépendent de la productivité aquatique. Ainsi, localement, les balbuzards, les ours, les aigles à tête blanche se nourrissent de saumon rouge; on observe que leur population diminue depuis la construction des barrages.

Obstacles au déplacement et aux migrations

Les vastes réservoirs peuvent créer un obstacle majeur aux mouvements migratoires, qu'ils soient importants ou mineurs, et cela conduit à une fragmentation de la population et à une perte de la diversité des espèces. De vastes étendues d'eau peuvent fausser les configurations de déplacement traditionnelles pour certaines espèces migratoires comme le caribou; la perte de la fonction des cours d'eau à cause du fonctionnement des barrages peut enfin accroître la mortalité.

Création de micro-climats

La présence de grandes étendues d'eau peut accentuer l'humidité du climat local et susciter des hivers plus chauds et des étés plus frais, ce qui peut modifier la végétation et la diversité des espèces autour des réservoirs.

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Poissons
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