Centre d'interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha
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Pêche, chasse et cueillette

Pêche, chasse et cueillette

Séchage de peaux animales à l'extérieur d'une maison-longue, suspendues sur une pôle horizontale de bois.

Séchage de peaux animales à l'extérieur d'une maison-longue

Même si la production agricole occupe une place prépondérante dans l'économie des Iroquoiens du Saint-Laurent, l'exploitation des ressources sauvages demeure importante dans les activités de subsistance de ces populations. Entre 20 et 30 % de l'apport calorifique quotidien proviendrait des produits combinés des activités complémentaires de la pêche, de la chasse et de la cueillette. Les Iroquoiens perpétuent ainsi des habitudes de subsistance transmises au fil des générations par leurs ancêtres nomades. Sur le site Droulers/Tsiionhiakwatha, l'analyse d'un échantillon de restes squelettiques témoigne de la prépondérance d'os de poissons, suivi de restes de mammifères et des ressources aviaires.

Alors que les femmes sont affairées aux champs, les hommes iront à la pêche au printemps, par intermittence jusqu'à l'automne, lors de la saison du frai et de la migration de certaines espèces. Sur le site Droulers/Tsiionhiakwatha, les principales ressources halieutiques exploitées sont l'esturgeon jaune, l'anguille, le chevalier blanc, la laquaiche argentée, le brochet, la barbotte brune, le doré jaune et la perchaude. Convoitées pour leur importante source de protéines, ces ressources diversifiaient l'alimentation et rehaussaient le goût des bouillons.

Les activités de la pêche s'avèrent d'autant plus importantes que la sédentarité iroquoienne en serait étroitement liée. La prévisibilité de la disponibilité de certaines ressources halieutiques et le retour des populations humaines aux mêmes emplacements de pêche, saison après saison, sont des facteurs qui auraient largement contribué à une plus grande sédentarité des populations iroquoiennes au cours des siècles. Avec la proximité fleuve Saint-Laurent et ses nombreux tributaires, le territoire des Iroquoiens de Saint-Anicet recelait sans aucun doute d'importantes ressources halieutiques. Dans la région, de nombreux hameaux et petits campements de pêche sont dispersés dans les environs de l'espace villageois Droulers/Tsiionhiakwatha.

Gravure d'une battue de cerfs vers un enclos où ils seront capturés.

Battue de cerfs vers un enclos

Essentiellement masculines, les activités liées à la chasse sont désormais limitées à la saison froide mais elles demeurent néanmoins indispensables. En plus d'ajouter des viandes rouges protéinées au régime alimentaire des Iroquoiens, les produits de la chasse procurent cuir et fourrures pour la confection de vêtements et de couvertures. L'espèce de prédilection était sans contredit le cerf de Virginie, attiré par les clairières aménagées pour les aires cultivées. On le chasse avec l'arc et la flèche, une technologie efficace et relativement nouvelle car son introduction dans le nord-est du continent américain remonterait au premier millénaire de notre ère (au début du Sylvicole supérieur). Le chien, seul animal domestiqué par les Iroquoiens, était également utilisé lors des expéditions de chasse ou encore à l'occasion de grandes battues pour diriger et cerner le gibier vers un enclos ou une clairière. Sur le site Droulers/Tsiionhiakwatha, les analyses ostéologiques préliminaires ont permis l'identification du cerf de Virginie, du castor, de l'ours noir et du rat musqué.

Photos d'une fraise et de bleuets (de gauche à droite).

Fraise et bleuets

La cueillette est aussi une activité essentielle car elle garantit notamment un complément vitaminique vital dans l'alimentation des populations iroquoiennes. Alors que certains arbres et arbustes produisent une grande variété de fruits comestibles, on entretient framboisiers, fraisiers, bleuets à proximité des espaces cultivés, notamment dans les tourbières de la région où ces espèces se trouvent en abondance. Dans la région de Saint-Anicet, la faible acidité des sols a été favorable à la conservation des restes organiques et plus de 20 000 graines carbonisées ont été recueillies lors des fouilles du site Droulers/Tsiionhiakwatha. Des analyses préliminaires ont révélé la présence de graines ou de partis de fruits carbonisés : de cenelle (Crataegus), de prunier sauvage (Prunus americana), de noyer cendré (Juglans cinerea), de cerisier de Pennsylvanie (Prunus pensylvanica), de vigne des rivages (Vitis riparia) et de cerisier à grappe (Prunus virginiana).

Enfin, les femmes accordent aussi une attention particulière à la sélection et à la cueillette de plantes et racines recherchées pour leurs propriétés curatives. Ces activités témoignent d'excellentes connaissances en botanique et relève d'un savoir médical révélateur transmis de génération en génération.

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?


L'élutriation

Dans le cadre de l'école de fouilles, la méthode de l'élutriation a été utilisée lors de la fouille des structures identifiées sur le site Droulers/Tsiionhiakwatha. Il s'agit d'une méthode de tamisage à l'eau qui permet de récupérer les restes organiques comme les graines, les petits fragments de charbon de bois, les petits os et les arêtes de poisson. Sous l'action de l'eau, les sédiments se dissolvent et tombent au fond, laissant flotter à la surface les éléments plus légers non solubles qui sont ensuite finement triés.

Archéologue fouillant le sol à l'aide d'une truelle.

Fouille archéologique