Centre d'interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha
Musée virtuel du Canada

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Préparation des terres

Préparation des terres

Gravure démontrant l'aménagement d'un village iroquoien avec ses bâtiments et ses terres cultivées.

Gravure de l'aménagement d'un village iroquoien

Chez les populations iroquoiennes, l'agriculture impliquait une organisation particulière de l'espace domestique qui reposait sur une division sexuelle du travail. Les activités agricoles se pratiquaient généralement à partir du mois d'avril avec le dégagement des clairières servant à l'aménagement des aires de culture. Respectant les consignes données par les femmes, les hommes accomplissaient les travaux de débroussaillage, d'abattage et d'écorçage des arbres avec leurs haches de pierre avant la semaison printanière. En raison de la nature des sols dans les environs du site Droulers/Tsiionhiakwatha, un travail d'épierrage était nécessaire avant d'entreprendre les semis. La présence de plusieurs amoncellements de pierres à proximité du village constituerait des témoins éloquents d'une telle pratique.

Les Iroquoiennes pratiquaient une culture sur brûlis qui consistait à défricher partiellement le terroir forestier en y coupant sommairement les arbres. Alors que certains troncs pouvaient servir de bois de chauffage, les branches et les débris végétaux étaient brûlés au pied des souches laissées dans le sol. Certaines clairières de culture pouvaient être aménagées sur de grandes superficies, alors que d'autres étaient simplement de petites parcelles, séparées de bosquets et sillonnées de nombreux sentiers. Cependant, cette agriculture extensive itinérante causait un épuisement rapide des sols entraînant le déplacement périodique des champs cultivés et des villages.

Les femmes travaillaient manuellement la terre avec une houe en bois (ona'rate) ou avec une spatule en os qu'elles utilisaient pour soulever et briser les mottes afin de sarcler le terreau. Ensuite, elles aménageaient de petits monticules d'environ un mètre de diamètre. C'est dans chacune de ces petites buttes que les femmes plantaient année après année de 6 à 10 grains de maïs avec l'aide d'un bâton à fouir. Avant leur mis en terre, les grains de maïs auront macéré dans une décoction d'herbes permettant ainsi d'amorcer la germination tout en les rendant indigestes pour les corneilles, fléau des champs. Les femmes plantaient généralement beaucoup de maïs afin d'en avoir suffisamment pour trois ou quatre ans, ce qui permettait d'accumuler un surplus en prévision des années de mauvaise récolte. Après quelques semaines, les haricots et ensuite les courges étaient alors plantés à la base des plants de maïs, sur des monticules de terres favorisant ainsi la culture des Trois Sœurs.

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?


Les activités agricoles des Iroquoiens du Haut-Saint-Laurent témoignent de l'ancienneté de l'exploitation et de la transformation du milieu naturel de la région.

Au moment de l'occupation du site Droulers/Tsiionhiakwatha (entre l'an 1450 et 1500), les aires cultivées se trouvaient sur des terres plus basses et les champs s'étendaient à plus de deux kilomètres autour de l'espace villageois. En moyenne, un acre (environ 5 200 m2) d'espace cultivé est nécessaire pour subvenir aux besoins annuels d'un individu.

Au site Droulers/Tsiionhiakwatha, une superficie cultivée d'environ deux km2 aurait pu suffire aux besoins alimentaires d'une population de 400 à 500 individus.

Reproduction d'une hache en pierre polie emmanchée, dont la tête est attachée au manche de bois à l'aide d'une lanière de cuir.

Reproduction d'une hache en pierre polie emmanchée