Centre d'interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha
Musée virtuel du Canada

Mode de vie au gré des saisons

PrésentationPréparation des terres | Les Trois Sœurs | Le temps des récoltesPêche, chasse et cueillette

Les Trois Sœurs

Les Trois Sœurs

Photos des Trois Sœurs (du haut vers le bas) : haricots, maïs et courge.

Les Trois Sœurs :
haricots, maïs et courge
(de haut en bas)
À l'arrivée des Européens sur le continent nord-américain, la culture du maïs est étroitement associée à celle des haricots et des courges. Constituant la base de l'alimentation des populations iroquoiennes et fournissant une importante proportion de l'apport calorifique quotidien, cette triade végétale est appelée les « Trois Sœurs » (Kionhekwa) par les Iroquois. Issue du mythe iroquois de la Création, une légende veut que les Trois Sœurs, trois inséparables, aient poussé sur la tombe de la Mère Terre, morte d'avoir accouché de jumeaux. Ces plantes ont permis de nourrir les jumeaux et d'assurer la survie de la population iroquoise.

Quelques semaines après la culture du maïs, les femmes iroquoiennes sèment les haricots et les courges sur les monticules. La culture des Trois Sœurs est une technique relativement simple et performante qui procure de nombreux avantages agricoles. Ainsi, les monticules permettent un meilleur drainage et favorisent la croissance des germes en offrant plus de surface aux rayons de soleil. Alors que les tiges de maïs servent de tuteur permettant aux haricots de grimper vers la lumière, ces derniers fixent l'azote dans le sol, ce qui est bénéfique au maïs et aux courges. Les courges, avec leurs grandes feuilles, tapissent le sol du monticule permettant ainsi de conserver l'humidité et de réduire la croissance des mauvaises herbes. Sur le plan nutritionnel, l'association des Trois Sœurs demeure gagnante car la faible teneur du maïs en lysine – une acide aminé – est compensée par le haricot, riche en protéines et en acides aminés.

Originaire du sud-ouest du Mexique, le maïs (Zea mays) est une graminée issue d'une mutation d'une petite plante sauvage à épi appelée « téosinte » (Zea mays parviglumis) et sa domestication serait survenue il y a plus de 5000 ans. Depuis son point d'origine, différentes variétés de maïs se sont répandues vers le sud des États-Unis, en passant par le Mississipi, puis vers le nord-est de l'Amérique du Nord via les Grands-Lacs et le fleuve Saint-Laurent. Lors de l'arrivée des Européens, pas moins de 300 variétés de maïs étaient connues en Amérique.

Le haricot (Phaseolus vulgaris), tout comme le maïs, est originaire du Mexique et sa domestication remonte à plus de six millénaires. Son introduction dans le nord-est du continent a été plus tardive et ce n'est que vers l'an 1200 de notre ère que cette légumineuse grimpante fait son apparition chez les Iroquoiens. La dernière des Trois Sœurs, la courge (Cucurbita pepo), pourrait partager ses origines de l'Amérique centrale ou de l'est de l'Amérique du Nord. Chose certaine, elle est déjà présente dans l'alimentation de populations amérindiennes de l'État de New York vers l'an 600 de notre ère.

Photo de la tête d'une fleur de tournesol.

Fleur de tournesol

Les Iroquoiens de Saint-Anicet cultivaient également le tournesol (Helianthus annuus) qui servait notamment à produire une huile utilisée dans certaines cérémonies pour enduire le corps et les cheveux. Originaire de l'ouest de l'Amérique du Nord, la domestication du tournesol remonterait à environ 3000 ans et son introduction chez les Iroquoiens pourrait précéder celle du maïs. Des restes anciens de pollens de maïs et de tournesol ont été identifiés dans l'analyse du sol excavé entre certains monticules de pierres découverts dans les environs du site Droulers/Tsiionhiakwatha. D'autres fruits sauvages faisaient également partie de l'alimentation des Iroquoiens de Saint-Anicet comme la cenelle, le prunier, le cerisier, le raisin sauvage, les framboises et les bleuets.

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?


Une autre plante était largement prisée par les Iroquoiens, le tabac (Nicotiana rustica). Cette plante, originaire d'Amérique du Sud, était principalement cultivée par les hommes dans des petites parcelles situées en retrait des champs de maïs ou à proximité des maisons-longues.

Ce sont généralement les aînés qui cultivaient le tabac entre les mois d'avril et août. L'utilisation du tabac servait à des fins médicinales, rituelles et sociales.

Sur le site Droulers/Tsiionhiakwatha, l'imposante collection de pipes en argile cuite témoigne de l'importance de l'usage de cette plante dans les traditions des Iroquoiens de Saint-Anicet.

Gravure ancienne montrant trois hommes faisant la culture du tabac et fumant.

Gravure montrant la culture du tabac