Que nous révèlent les carottes de glace sur l’histoire du climat?

Dans l’hémisphère nord, il a été possible d’obtenir de longs relevés climatologiques à partir de carottes de glace prélevées au Groenland ou des dans les îles arctiques du Canada, de la Norvège et de la Russie. Par opposition, l’histoire du climat à long terme de la région du nord-ouest du Pacifique nous est presque inconnue. Les carottes de glace provenant du mont Logan pourraient combler cette lacune.

La nouvelle carotte de glace provenant du sommet du mont Logan (col PR).
carottes de glace
Photo © Ressources naturelles Canada



Comme le montre la figure ci-contre, la nouvelle carotte de glace provenant du sommet du mont Logan (col PR) contient un relevé climatologique qui est radicalement différent de ceux qui proviennent des carottes de glace de la région arctique.

Le relevé climatologique provenant du sommet du mont Logan (col PR).
Les historiques de température
Photo © Ressources naturelles Canada



Ces graphiques illustrent les variations du rapport entre les isotopes lourds et les isotopes légers d’oxygène dans les cristaux de glace provenant de tranches (couches) successives de carottes de glace. Au Groenland et dans l’Arctique canadien, le rapport est largement déterminé par la température de l’air au moment de la chute de neige, de sorte que les relevés climatologiques sont assez semblables à des relevés historiques de température.

Le graphique du bas illustre l’historique de la température reconstruit à partir de la carotte de glace profonde du GRIP (Greenland Ice Core Project) au Groenland, qui recouvre les ~115 000 dernières années. (Reference to GRIP record). La dernière période glaciaire (qu’on appelle Wisconsinien en Amérique du Nord et McConnell au Yukon) a pris fin il y a environ 11 550 ans et a été suivi de l’actuelle période interglaciaire, l’Holocène.

Le graphique du centre illustre l’Holocène sur une plus grande échelle. Les historiques de température provenant des carottes de glace du Groenland et de l’est de l’Arctique sont similaires : elles indiquent des températures plus élevées qu’à l’heure actuelle entre ~10 000 à 7000 ans avant aujourd’hui, suivies par une longue période de refroidissement graduel. Les scientifiques pensent que le refroidissement à long terme est causé par une variation de l’orbite de la Terre (cycles de Milankovitch). Il s’agit là du long glissement naturel du climat de la Terre vers la prochaine période glaciaire.

Dans l’hémisphère nord, l’Holocène tardif a été marqué par une période plutôt froide et orageuse qui s’est échelonnée du ~14e jusqu’au milieu ou à la fin du 19e siècle; on appelle souvent cette période Petit Âge glaciaire. Au cours de cette période, les glaciers ont progressé et la couverture de glaces de mer s’est étendue. Depuis lors, les températures sont à la hausse. Le réchauffement s’est accentué vers la fin du 20e siècle, très probablement en raison de l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère de la Terre.

Le relevé climatologique provenant du sommet du mont Logan (col PR) est illustré par le graphique de la partie supérieure. Le même paramètre (rapport entre les isotopes d’oxygène) et la même échelle sont employés, et pourtant, ce relevé est de toute évidence très différent de ceux qui proviennent des carottes de glace de l’Arctique (graphique du centre). Pourquoi donc le relevé provenant des carottes du mont Logan est-il si différent? Poursuivez votre lecture ici