Sur le mont Logan, la rareté des rochers accessibles combinée à l’éloignement de la montagne, à sa haute altitude et aux conditions météo sévères rendent difficile la recherche géologique sur le terrain. Le roc est en effet largement exposé sur des falaises inaccessibles sous lesquelles le glacier présente de grandes crevasses, ou est surplombé de glace (séracs). Sur le haut plateau du mont Logan et les crêtes adjacentes, de petites zones rocheuses émergent de la neige et de la glace (nunataks) et bon nombre d’entre elles ont reçu la visite des géologues. Des échantillons de roche ont aussi été rapportés par les alpinistes puis étudiés dans les laboratoires universitaires. Ces études, combinées aux cartes géologiques du mont Logan et à la recherche effectuée dans l’ensemble des monts St-Elias nous aident à comprendre cette ceinture montagneuse toujours active. Vous trouverez dans la présente section de l’information sur la géologie locale du mont Logan et sur les effets de la tectonique des plaques sur les tremblements de terre et le soulèvement de la montagne.

Le mont Logan tel que nous le voyons aujourd’hui est entouré d’un champ de glace de 300 mètres d’épaisseur, mais sous cette glace, la montagne est essentiellement formée de roche granitique. Les géologues nomment de type de roche «diorite quartzique» parce qu’elle est composée d’environ 20 % de quartz, 65 % de feldspath rose et blanc, et 15 % de mica biotite brun. Seule la partie supérieure de cet énorme massif granitique est exposée; cette masse fait plus de 60 km de longueur et 20 km de largeur; c’est donc ce qu’on appelle un batholithe. La roche fondue s’est refroidie il y a environ 153 millions d’années (au Jurassique) après avoir pénétré dans des roches sédimentaires et volcaniques qui s’étaient formées il y a environ 270 millions d’années (au Trias précoce). Seule de petites parcelles de roches sédimentaires et volcaniques subsistent encore : englouties dans la diorite quartzique, elles révèlent aux géologues la nature qui existait à cet endroit avant l’intrusion.
Le nunatak situé à proximité du col Northwest.
Nunatak près du col du nord-ouest
Photo © Gouvernement du Yukon
Le nunatak situé à proximité du col Northwest.


Ces parcelles de roches sédimentaires et volcaniques ont été transformées par la chaleur du magma en mouvement en schiste, une roche foncée et feuilletée. Ce processus porte le nom de métamorphisme de contact.

Les falaises de roche qui forment des contreforts sur le flanc sud du mont Logan et du sommet King sont pour la majeure partie composées de schiste argileux de couleur foncée, de grès et de siltite de la formation de Chugach. Ils ont été déposés dans un milieu marin profond entre 70 et 100 millions d’années avant notre ère (au Crétacé). Ces roches sédimentaires sont juxtaposées au batholithe plus ancien du mont Logan, le long de la faille Border Ranges. À une époque ultérieure, les deux types de roche ont subi l’intrusion du granit. Ce corps plus petit, qu’on appelle le «pluton du sommet King», est composé d’un granit d’une teinte plus pâle contenant 35 % de quartz, 50 % de feldspath de deux types, et 15 % de biotite noir, même si l’on note parfois une variation de la composition. Ce granit fondu s’est refroidi il y a 51 millions d’années. Le violent contact des deux types de roches intrusives est visible dans les falaises au nord de la fosse King.
Roche exposée le long de la fosse King.
Roche exposée le long de la fosse King
Photo © Charlie Roots