Les tempêtes du Pacifique nord se forment en général à l’abri des «vagues» du courant-jet des latitudes moyennes et prennent la direction de l’ouest de l’Amérique du Nord. Lorsqu’elles se heurtent à la barrière que forment les montagnes côtières (par exemple dans le golfe d’Alaska), elles deviennent stationnaires, parfois pendant plusieurs jours, aspirant l’air humide du Pacifique vers la côte et l’intérieur du continent, jusqu’à ce que leur énergie soit épuisée. Lorsque les cyclones sont associés à des dépressions profondes (comme l’illustre la figure ci-dessous), ils peuvent aspirer l’humidité sur une très grande région du Pacifique nord, des latitudes subarctiques jusqu’à l’Équateur.

Caption for figure: Cyclone des latitudes moyennes stationnaire dans le golfe d’Alaska.

Devant le front de la tempête, l’humidité provient la plupart du temps des zones avoisinantes des latitudes nord (p. ex., du Golfe d’Alaska), tandis que l’humidité provenant des zones plus éloignées des latitudes sud (p. ex., du centre de l’océan Pacifique) est transportée derrière le front et alimentent les chutes de neige sur les parties les plus élevées des montagnes. C’est pourquoi la composition de la neige qui tombe sur le haut plateau du mont Logan reflète les conditions atmosphériques qui règnent sur la plus grande partie du nord de l’océan Pacifique. Lorsque le climat change, la force et la trajectoire des tempêtes qui apportent la neige sur les monts St-Elias varient elles aussi. C’est ainsi qu’à diverses époques par le passé, le contenu en vapeur d’eau des chutes de neige en haute altitude sur le mont Logan provenait de différents endroits du centre et du nord de l’océan Pacifique. Chaque source porte une «signature» qui lui est propre. Graduellement, cette neige se compacte pour former de la glace, conservant au passage les différences de composition dans les couches congelées de la calotte glaciaire. Cliquez ici pour en savoir plus sur les carottes glaciaires renferment des secrets sur le climat du passé.

Étant donné que le mont Logan s’élève à six kilomètres au-dessus de la surface de l’océan, il se trouve en plein dans la trajectoire des vents se déplaçant à grande vitesse qui transportent de la poussière et de la pollution de l’Asie de l’Est vers l’Amérique du Nord au-dessus de l’océan Pacifique. Par conséquent, il arrive que la neige sur le mont Logan soit parsemée de particules provenant des grandes tempêtes de poussière d’Asie. Cliquez ici pour en savoir plus...